En marge des travaux de l’AFE (Assemblée des Français de l’étranger) au ministère des Affaires étrangères, j’ai eu le plaisir de rencontrer Bernard Kouchner, vendredi dernier, au lendemain de la prise de position commune de Nicolas Sarkozy et David Cameron envisageant une possible intervention en Lybie.

L’ancien ministre des Affaires étrangères plaide pour le devoir d’ingérence. Cette idée dont il est le l’instigateur depuis la guerre du Biafra en 1968, fait son chemin, lentement certes. La diplomatie est par essence un jeu de patience, d’usure, une affaire de temps en somme. C’est tout le dilemme : tandis que les débats s’éternisent à la recherche d’un compromis sur la manière d’intervenir dans une situation de crise, le temps presse sur le terrain, chaque heure compte et se paie en vies humaines.

Si la violation des droits de l’homme, à fortiori les massacres ou la famine, légitiment « naturellement » une intervention destinée à faire cesser un drame, l’épineuse question tient au principe de légalité, comprenez le feu vert de l’ONU.

Aussi, le 10 mars, le Président français, Nicolas Sarkozy, et le Premier ministre britannique, David Cameron, ont adressé conjointement une lettre au Président du Conseil européen Herman Van Rompuy exprimant leur position quant aux violences dont sont victimes les civils libyens. Ils ont évoqué la possibilité de mise en place d’une zone d’exclusion aérienne qui devrait dès lors nécessiter une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU.