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Nicolas Sarkozy célèbrera l’appel du 18 juin à Londres

Commémoration du 18 juin 2008. En arrière-plan, la statue du général de Gaulle. (de gauche à droite) Olivier Cadic, conseiller AFE ; Bertrand Cochery, consul général ; Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice des Français hors de France ; Maurice Gourdault-Montagne, ambassadeur de France et l’attaché de Défense à Carlton Garden.

Selon une information parue cette semaine dans l’hebdomadaire le Point, le président de la République se rendra dans la capitale britannique pour commémorer le 70ème anniversaire de l’appel du 18 juin 1940, premier discours du général de Gaulle sur les ondes de la BBC en invoquant cette flamme qui “ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.”

Le chef de l’Etat visitera les locaux occupés par le général de 1940 à 1943, au 4, Carlton Gardens. Sur place, une statue du fondateur de la France Libre a été érigée en 1993.

Nicolas Sarkozy sera attendu le soir même au mont Valérien pour une célébration nationale télévisée.

En effet, cette journée nationale rend hommage à “l’ensemble des résistants français, c’est-à-dire tous ceux qui ont refusé la défaite et continué à se battre, que cela soit dans les Forces françaises libres, à la tête d’un journal clandestin, sur les bancs de l’Assemblée consultative provisoire d’Alger ou dans un maquis.” ( JO Sénat du 2 juillet 2009 p.1823)

Ouverture de nouvelles classes de primaire à Fulham

Chacun se réjouira d’apprendre qu’à partir de la rentrée de septembre 2010, une annexe de l’école Marie d’Orliac composée de 4 classes sera ouverte dans l’enceinte de l’école St John’s, située sur Munster Road (Fulham).

Au regard des demandes d’inscription, les niveaux des classes ont été déterminés ainsi : 2 classes de C.P ; 1 classe de C.E1-C.E2 ; 1 classe de C.M1-C.M2.

Cette bonne nouvelle ne suffira tout de même pas à satisfaire tout le monde.

Moins d’un enfant sur deux a obtenu, à ce jour, son ticket d’entrée dans une des 4 écoles primaires françaises relevant du Lycée Charles de Gaulle (CDG), pour la rentrée prochaine.

En moyenne, la commission d’affectation du primaire, réunie le 13 avril dernier, a dû rejeter 56% des demandes d’inscription.

181 familles ont toutefois obtenu satisfaction sur un total de 412 dossiers traités par la commission (ci-joint le détail des demandes école par école).

Même cause, même conséquence : 2/3 des candidatures en maternelle ont été déboutées le mois dernier (Lire : “Inscriptions en maternelle à CDG : Deux tiers des demandes refusées !” du 14 avril 2010 ). Lors de cette commission du primaire, et suite à des désistements, 11 places de maternelle ont pu être affectées. Pour mémoire, seules 150 places avaient été attribuées pour 430 demandes d’inscription.

Lire aussi : Plan Ecole (9) : Augmenter le nombre de places dans les écoles françaises (objectif 1) du 22 juin 2008

Photo Flickr de Bertrudestein

Le “plan Kouchner” pour l’enseignement français à l’étranger

Bernard Kouchner souhaite présenter en conseil des ministres, avant l’été, son “plan de développement de l’enseignement français à l’étranger”, dont il nous a révélé la teneur lors des premières Rencontres mondiales de l’AEFE, la semaine dernière.

Avant d’aborder le futur de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), le ministère des Affaires étrangères a exprimé sa vive gratitude et sa fierté aux acteurs d’un réseau de 460 écoles, implantées dans 130 pays, qui contribuent à notre rayonnement national par l’éducation.

Le président de la République avait d’ailleurs confirmé, le 20 mars dernier, à l’occasion de la Journée internationale de la francophonie, que “la question des lycées et des écoles françaises, en cette période de disette budgétaire, est absolument incontournable et doit être sanctuarisée.” Nicolas Sarkozy s’est même félicité que 5.000 élèves supplémentaires s’inscrivaient chaque année dans le réseau AEFE (Lire : “Le président de la République réaffirme son attachement au réseau des écoles françaises à l’étranger”).

Question budget, Bernard Kouchner a rappelé que son ministère affectait plus de 500M€ à l’AEFE. Il a toutefois exprimé son inconfort face à l’engagement de gratuité pris par le chef de l’Etat en faveur des lycéens français de l’étranger. Le ministre est actuellement en recherche de solution budgétaire, en liaison avec deux parlementaires à qui il a demandé une “étude d’impact” (Geneviève Collot, députée de l’Essonne, membre de la commission des Affaires étrangères et présidente du groupe d’étude sur les Français de l’étranger et Sophie Joissains, sénatrice des Bouches-du-Rhône, membre de la commission de la Culture et de l’Education) .

S’il parvient à élargir la politique des bourses, Bernard Kouchner ne cache pas le “risque d’éviction progressive” des enfants de familles étrangères qui ne pourraient plus suivre la hausse des coûts de scolarité. Constat désolant qui bat en brèche le principe fondamental de mixité prôné par l’AEFE et la volonté du ministre d’une plus grande ouverture culturelle vers le pays d’accueil.

M. Kouchner a expliqué comment résoudre le dilemme suivant : rendre le modèle éducatif français toujours plus attractif dans un monde ouvert, tout en réduisant ses marges budgétaires. Rappelons que l’AEFE gère déjà 250.000 élèves, soit une augmentation de 50% en 20 ans.

C’est le point clé du plan Kouchner : il faudra “organiser une redistribution plus équitable des moyens entre les différents pays et zones géographiques.”

Nous avons eu l’occasion d’évoquer les disparités entre pays qui se justifiaient seulement par le poids d’un passé révolu (Lire : “Budget – Comment faire face enjeux du réseau AEFE ?” du 14 mars 2010)

Par ailleurs, le ministre Kouchner a dévoilé “deux grandes orientations novatrices” :

1 – La création d’un label “France-Education” : Il s’agit de valoriser des parcours éducatifs en français au sein même des établissements étrangers, dans le cadre de leur coopération avec le réseau AEFE.

2 – Attirer nos bacheliers vers notre enseignement supérieur : La fuite des cerveaux débute très tôt à l’étranger…. Sitôt bacheliers, nos petits Français filent dans les universités de leur pays d’accueil, tandis que nos élèves étrangers, eux, regagnent leur système national. Comment faire pour les orienter vers nos facs et nos grandes écoles ? “Nous allons tout faire”, a indiqué pour l’instant Bernard Kouchner.

Je serais très heureux que son plan trouve un écho favorable au gouvernement, car il me semble restaurer les principes fondamentaux de l’AEFE (universalité, ouverture, mixité….) tout en intégrant les nouveaux enjeux auxquels la France est confrontée (globalisation, crise, nouvelles technos…).

Enfin, pour l’anecdote, j’avoue avoir été sensible à l’hommage que le ministre a rendu aux élus à l’AFE (que j’ai l’honneur de représenter au conseil d’administration de l’AEFE) en les qualifiant d’avocats permanents et convaincants de notre réseau scolaire.

Discours de Bernard Kouchner du 9 avril 2010 aux Rencontres mondiales de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) qui célébrait ses 20 ans.

Kentish Town (14) : les parents d’élèves de l’Ile aux Enfants séduits par le projet

L’Association des parents d’élèves (APE) de l’Ile aux Enfants s’est livrée à un brillant exercice de démocratie participative en interrogeant les 124 familles de l’école sur divers sujets sensibles. A l’arrivée, un taux de participation remarquable de 65%, soit 81 familles qui ont retourné leur formulaire.

On ne peut que louer cette initiative de Quitterie Jarrosson, présidente de l’APE, qui a eu l’amabilité de me transmettre les résultats statistiques et les commentaires des parents, dont je vous invite à découvrir avec quel sérieux et pertinence ils s’impliquent dans l’avenir de l’établissement.

Cette enquête m’a beaucoup éclairé sur la perception du projet Kentish Town par les parents d’élèves. Quel ravissement de lire tous ces commentaires qui tournent au plébiscite ! J’en aurais eu envie, mais la modestie m’empêche d’en reproduire les plus éloquents. Ils sont la reconnaissance du Plan Ecole, mené par notre ambassadeur en associant toutes les parties prenantes de notre communauté.

L’ile aux enfants intégrera donc les locaux de Kentish Town en septembre 2011.

Une bonne moitié des familles se déclare en attente d’explication sur le thème de la gouvernance de la future école, des frais de scolarité, du cursus scolaire ou encore sur l’aménagement des activités sportives. La fermeture les PSM et MSM, petites et moyennes sections des maternelles suscite un sujet de colère pour certains parents. Fait rare, car le taux de mécontentement oscille entre 0% à 4% suivant les questions. En cause cette décision qui est tombée comme un couperet : seule la grande section survivra au déménagement à Kentish Town.

L’explication tout entière réside dans la capacité d’accueil de Kentish Town : 700 élèves maximum. L’ordre des priorités est le suivant : 50 enfants en maternelle (2 classes de 25 en GSM), 290 élèves au primaire (CP, CE1et2, CM1et2), 360 collégiens au secondaire (3ème à la 6ème).

Le Plan Ecole avait deux objectifs prioritaires. Créer un nouveau collège à Londres et sauver l’Ile aux Enfants qui risquait de disparaître si elle ne pouvait pas se relocaliser. Le site de Kentish Town permet de répondre à ces deux priorités.

On se veut néanmoins rassurant. Pour les plus petits, des initiatives privées se profilent.

L’APE de l’Ile aux Enfants a formalisé les réponses aux questions les plus pertinentes des parents issues de l’enquête. Je vous invite à lire ce document synthétique et sérieux en annexe du document joint.

98% des parents souhaitent que l’APE les informe régulièrement sur les évolutions du projet. On peut dire que c’est réussi. Chapeau bas !

Résultats du questionnaire sur Kentish Town, organisé par l’APE de l’Ile aux Enfants (mars 2010)

Information aux parents au sujet de Kentish Town (avril 2010)

Photo Flickr de 3fold

Inscriptions en maternelle à CDG: Deux tiers des demandes refusées !

Un chiffre, un seul chiffre qui fait froid dans le dos : 65% des demandes d’inscriptions en maternelle pour Charles de Gaulle et ses annexes à Londres viennent d’être rejetées par manque de place !

Nouvelle démonstration, s’il en était besoin, de l’absolue nécessité d’ajouter 500 places par an dans nos écoles françaises au Royaume-Uni, ce qui constitue le premier objectif du Plan Ecole et qui concerne l’enseignement primaire et secondaire (Lire aussi : “Plan Ecole (9) : Augmenter le nombre de places dans les écoles françaises (objectif 1)” du 22 juin 2008).

Le 23 mars dernier, la première commission d’Affectation de maternelle a examiné 430 dossiers pour répondre favorablement à 150 familles seulement, soit 35% des requêtes. Ces enfants ont été jugés admissibles pour Charles de Gaulle et ses annexes : André Malraux, Wix, Marie d’Orliac (ci-joint le tableau par écoles du nombre de refus et d’affections, publié sur le site du lycée)

Voilà pour les maternelles. Pour les plus grands, une commission de l’Elémentaire a eu lieu hier, 14 avril, et c’est à peu près du même ordre : 35% d’heureux élus.

Quant au niveau collège, juste pour vous donner une idée : les demandes d’inscription en 6ème représentent aujourd’hui l’équivalent de 17 classes ! Le lycée Charles de Gaulle ne peut offrir que 13 classes de 6ème à la rentrée prochaine.

Pour ceux qui n’ont pas reçu de réponse positive, il faut désormais attendre la prochaine réunion de la commission d’Affectation et compter sur des départs ou désistements…

500 nouvelles places par an, vous disais-je tout à l’heure….

Je me souviens qu’à la même époque, l’an dernier, lors d’une réunion du Plan Ecole, certains esprits chagrins doutaient du bien fondé d’ouvrir un nouveau collège à Londres, d’autant que la crise devait refroidir les ardeurs parentales.

Depuis, nous avons identifié et acquis le site de Kentish Town qui accueillera 3 classes de 6ème dès septembre 2011.

Certes, nous avons toujours la sensation de colmater les brèches, face au flot grossissant des demandes, mais le Plan Ecole gagne chaque jour en légitimité et il impose déjà de considérer un nouvel établissement succédant à celui de Kentish Town.

Photo Flickr de Darque 9

La scolarisation des enfants handicapés pose question dans le réseau de l’AEFE

En ce début d’année, la sénatrice des Français établis hors de France, Joëlle Garriaud-Maylam, s’était enquis de l’égalité des droits et des chances des enfants handicapés dans le réseau de l’AEFE, l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger, regroupant 460 écoles dans le monde.

La sénatrice avait posé une question écrite au ministères des Affaires étrangères, dont dépend l’AEFE, souhaitant ainsi mesurer les effets à l’étranger de la loi du 11 février 2005 en faveur des personnes handicapées.

En effet, Joëlle Garriaud-Maylam rapporte qu’en France les résultats sont probants puisque, depuis la rentrée 2009, ce sont 185.000 enfants handicapés qui sont scolarisés en milieu ordinaire, soit 38 % de plus qu’en 2005. Un succès notamment imputable à l’action de 22.000 auxiliaires de vie scolaire.

La sénatrice pense qu’un “bilan détaillé des actions actuellement menées en faveur de l’intégration des enfants handicapés dans les établissements français à l’étranger contribuerait également utilement à la réflexion sur les actions à mener de manière prioritaire”.

La réponse du ministère est arrivée. Vous pouvez la lire en pièce jointe.

Je me réjouis de constater en premier lieu que l’AEFE est sensible à la question et soucieuse de faciliter l’intégration scolaire de ces enfants.

En second lieu, j’apprécie que le budget d’action sociale du ministère des Affaires étrangères complète l’action de l’AEFE en matière d’accompagnement des enfants handicapés. En effet, il est précisé dans la réponse que sur 15,8M€ délégués aux comités consulaires en 2009 pour la protection et l’action sociale (CCPAS), 6,3M€ ont été versés sous forme d’allocations au bénéfice de 2.800 personnes handicapées, dont 700 enfants.

Par contre, je déplore que le ministère ne relève pas la suggestion d’un bilan détaillé des actions déployées en faveur des enfants handicapés. Demande fort pertinente de la sénatrice, car existe-t-il une autre manière de s’assurer que le droit pour chacun à une scolarisation en milieu ordinaire, exigée par le gouvernement, soit bien respectée ?

Et comment mesurer les progrès, même si je ne doute pas des bonnes intentions de l’AEFE ? Je suis d’autant plus perplexe que le ministère explique que “les dispositions du plan pluriannuel 2008-2012 de création de places en établissements pour personnes handicapées ne sont cependant que partiellement applicables aux établissements scolaires français à l’étranger. L’intégration d’élèves handicapés y reste en effet soumise aux possibilités pratiques et au contexte juridique local.”

Je compte bien aviver la proposition d’un bilan d’actions au sein du conseil d’administration de l’AEFE, dont je suis administrateur, représentant de l’AFE.

Copie de la question écrite de Joëlle Garriaud-Maylam et la réponse du ministère des Affaires étrangères et européennes (JO Sénat du 25/02/2010).

Photo Flickr de Ed and Lex

L’AEFE fête ses 20 ans !

Je viens d’assister aux premières Rencontres mondiales de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger), un événement d’envergure pour rendre un digne hommage aux 20 ans d’existence de cet établissement public, placé sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères et européennes.

Des représentants d’une centaine de pays sont venus au Palais des congrès de Paris, vendredi 9 et samedi 10 Avril, pour créer du lien, rendre témoignage ou participer à des ateliers sur l’enseignement “à la française” dans le monde, ses valeurs et ses exigences.

Deux jours exceptionnels, d’autant que c’est la première fois que l’AEFE réunit tous les acteurs et les partenaires de son réseau scolaire tentaculaire : 460 établissements, 250.000 élèves, 5.600 enseignants titulaires, répartis dans 130 pays !

Je reviendrai dans un prochain billet sur les thèmes évoqués, dont le rôle des parents dans la gestion des établissements scolaires du réseau AEFE.

Le programme des premières Rencontres de l’AEFE

Une nouvelle version de l’application “conseils aux voyageurs” pour téléphone mobile

On ne présente plus le service “conseils aux voyageurs” disponible sur le site du ministère des Affaires étrangères et européennes qui collationne pour chaque pays toute information utile sur la sécurité, la santé, les infrastructures de transport ou bien les conditions d’entrée/sortie.

A la manière d’une agence de presse, des dépêches tombent constamment pour vous alerter de tout danger ou perturbation dont vous pourriez être victime dans votre pays de destination.

On imagine à quel point il est pertinent de recevoir ces informations au quotidien et gratuitement sur son mobile. C’est chose faite depuis longtemps au moyen d’une application iPhone, Ipod-Touch et téléphone sous Androïd avec un succès retentissant puisque 100.000 téléchargements ont été déjà enregistrés.

Le ministère annonce aujourd’hui une modernisation de son application “conseils aux voyageurs” pour téléphones mobiles, grâce à de nouvelles fonctionnalités comme l’accès aux différents pays via une carte du monde.

Par ailleurs, un système de “push” permettra aux voyageurs de recevoir instantanément les dernières actualités.

On annonce enfin que les possesseurs de Blackberry et de téléphones fonctionnant sous Windows Mobile seront les prochains bénéficiaires de ce service exceptionnel.

Crédit photo : ministère des Affaires étrangères

Maurice Gourdault-Montagne promu officier de la Légion d’honneur

Croix d'officier de la Légion d’honneur

L’ambassadeur de France au Royaume-Uni, Maurice Gourdault-Montagne, avance dans l’ordre de la légion d’honneur en passant du grade de chevalier à celui d’officier. Il figure dans la promotion de Pâques 2010 (JO du 4 avril).

J’ai lui ai adressé mes sincères et chaleureuses félicitations.

Il y a seulement quelques jours, je lui consacrais un billet, pour rendre hommage à son action décisive dans la création et le lancement du Plan Ecole : Maurice Gourdault-Montagne fait rimer ambassadeur et facilitateur (du 29 mars 2010)

Je vous renvoie également à un article récent du Petit Journal pour connaître le parcours de cet ancien ambassadeur de France au Japon : «Maurice Gourdault-Montagne, un ambassadeur hautement stratégique».

Crédit Photo : Alexvonf

Barcelone : Quand les parents se font entendre, l’AEFE écoute

Lors du dernier conseil d’administration de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger), j’ai soutenu la demande émanant des parents d’élèves du lycée français de Barcelone, dont je m’étais fait l’écho dans un précédent billet (Lire : “Barcelone : Les parents d’élèves s’insurgent contre la montée des frais de scolarité” du 8 mars 2010)

Il est un temps où il faut tenir compte des réalités.

Il serait injuste de faire pression sur les parents d’élèves en augmentant les frais de scolarité pour financer la construction d’un nouvel établissement sur la commune de Montgat, d’autant que certains protagonistes (collectivités locales, Commission européenne via le projet Iter) se sont désistés. Le remboursement d’un emprunt sur 15 ans induirait en effet d’une hausse des frais de scolarité comprise entre 40 et 60% sur 10 ans. De plus, sous l’effet de la crise, personne ne peut garantir le remplissage du site de Montgat imaginé pour recevoir 1200 élèves, allant du primaire au secondaire.

Le président de l’AEFE, Christian Masset, a entendu la requête des parents remarquablement relayée par François Denis, président de la FAPEE (Fédération des associations de parents d’élèves à l’étranger). Le 29 mars, M. Masset a soumis la renonciation au projet à un vote en procédure d’urgence absolue (à distance). En effet, l’Agence avait jusqu’au 6 avril pour répondre à l’appel d’offre public lancé par la mairie de Montgat pour la concession du terrain.

J’ai donc voté en faveur de la renonciation.

Bien entendu, j’ai préalablement pris l’avis des 5 élus de l’AFE en Espagne (Assemblée de Français de l’étranger), dont j’ai reçu un courriel qu’ils ont signé conjointement. Leur analyse recouvre heureusement la mienne, à l’aune de la crise qui sévit en Catalogne : «Le projet d’un nouveau lycée à Mongat répondait, il y a deux ans, au besoin avéré d’une plus grande mixité : le pourcentage de Français au lycée français de Barcelone était, en effet, très élevé notamment au niveau des petites classes. Il s’agissait de consolider la base de l’édifice en permettant aux Espagnols d’accéder plus facilement au système et d’en assurer la viabilité. C’est pourquoi nous nous étions prononcé en faveur du projet tout en alertant sur le financement qui, à l’époque, n’était pas clairement défini. Aujourd’hui, force est de constater que la situation a changé».

A la fin de leur message, mes collègues me prient d’être leur porte-parole au conseil d’administration de l’AEFE lorsqu’il faudra défendre le financement des travaux de rénovation du site existant de Pedralbes.

J’espère que cet épilogue aura pour conséquence directe une modération des frais de scolarité à Barcelone et valeur d’exemple pour d’autres pays.

Copie du courrier des conseillers AFE en Espagne : Francis Huss, Soledad Margareto, Monique Morales, Alain Naeder, Jean Nesins

Crédit photo : Dreamstorm

Kentish Town (13) : Approbation de la garantie de l’Etat, le 27 avril

Comme nous vous l’annoncions précédemment, le financement de la future école de Kentish Town sera garanti par l’Etat français.

Le comité des Prêts de l’Anefe (Association nationale des écoles françaises de l’étranger) s’était réuni le 22 février dernier pour approuver le projet.

J’ai eu l’occasion de remercier André Ferrand, président de l’Anefe et les membres du comité lors de l’Assemblée générale de l’Anefe qui s’est tenue à Paris le 01 mars.

J’ai salué le pragmatisme des représentants de Bercy qui a facilité le bon déroulement de ce dossier.

Reste la dernière étape à franchir : la tenue d’une commission interministérielle destinée à entériner la décision.

La date vient d’être fixée : cette commission paritaire se tiendra le 27 avril 2010 après-midi et réunira des représentants des ministères des Finances, de l’Education, et des Affaires étrangères, en présence d’Anne Barnaud, directrice de l’Anefe.

Lire aussi : Kentish Town (6) : Un modèle de financement inventif et pérenne (du 15 novembre 2009)

Photo Flickr de Agirregabiria 70

Maurice Gourdault-Montagne fait rimer ambassadeur et facilitateur

Je vous recommande la lecture de l’article “Maurice Gourdault-Montagne, un ambassadeur hautement stratégique” que vient de publier Le Petit Journal, sous la plume de Tiphaine Beausseron.

Maurice Gourdault-Montagne, Ambassadeur de France au Royaume-Uni depuis décembre 2007

Saviez-vous que M. Gourdault-Montagne était précédemment ambassadeur de France à Tokyo ? Son parcours diplomatique l’a conduit aux quatre coins du monde pour soutenir le développement économique et culturel de la France, en valorisant ses atouts auprès de décideurs locaux sur des sujets les plus divers.

Nommé il y a deux ans au Royaume-Uni, notre ambassadeur a été le personnage clé du lancement du Plan Ecole, soucieux d’y associer les représentants de notre communauté scolaire et ses élus.

Habile rassembleur, animateur bienveillant, il fallait ce fin diplomate pour tenir la partition avec rigueur, mais sans rigidité.

Samedi soir, l’Ambassadeur est revenu sur le Plan Ecole dans un discours s’adressant aux 400 convives réunis par l’Association des parents d’élèves (APL) pour une soirée de gala destinée à recueillir des fonds en faveur du lycée Charles de Gaulle et du Fond d’aide à la scolarité (Welfare Fund).

Le point d’orgue restera l’acquisition du site de Kentish Town pour en faire le second collège français de Londres, dès la rentrée 2011.

Il n’y avait pas eu de second collège à Londres depuis… 1915 !

De plus, ce site accueillera l’école maternelle et primaire londonienne l’Ile aux Enfants qui voit sa pérennité assurée.

Lire l’article du Petit Journal : “Maurice Gourdault-Montagne, un ambassadeur hautement stratégique”

Crédit photo Ambassade de France

Jacques Marie salue notre générosité envers Haïti

Jacques Marie, conseiller élu pour les Caraïbes, vient de m’adresser une lettre pour remercier tous les donateurs qui ont permis à l’Ahfadem (Association haïtienne d’aide aux familles démunies) de faire face à l’urgence, essentiellement dans le quartier “Mangeoire”, lieu déjà déshérité où 250 familles vivent encore sans toit.

Jacques oeuvre depuis 2004 à l’Ahfadem, dont trois membres ont perdu la vie dans le séisme, et il a dû redoubler d’efforts depuis le tremblement de terre pour se rendre encore plus secourable. C’est peu dire que ce héros ordinaire fait honneur à tous les conseillers de l’AFE pour son altruisme et sa vaillance.

Olivier Cadic et Jacques Marie, tous deux conseillers élus de l'AFE (Assemblée des Français de l'étanger)

Dans une ambiance de fin du monde où 10% de la population de Port-au-Prince a péri en quelques secondes, Jacques a naturellement fait appel à notre générosité. Chaque jour, grâce à nos soutiens, de la nourriture (riz, huile, spaghetti ou sucre) est distribuée aux plus nécessiteux. Mais notre conseiller n’a rien perdu de sa clairvoyance d’administrateur puisqu’il nous garantit, dans sa lettre, que nos dons ne seront pas saupoudrés, mais utilisés à des projets pérennes et tangibles afin de permettre à ces jeunes, en particulier, et au quartier, en général, de reprendre une vie communautaire normale et active, alliant respect, scolarité, formation et animation”.

En effet, on voit la vie reprendre petit à petit en Haïti, entre déblaiement des gravas, rétablissement de l’électricité ou distribution d’eau potable.

A l’instant présent, pour Jacques, le combat est incessant contre la pluie qui sévit depuis un mois. Il faut trouver des solutions de fortune, acheter des bâches ou des tentes pour abriter les familles, afin qu’elles puissent au moins dormir au sec.

Lettre de Jacques Marie du 25 mars 2010

Compte rendu des activités de l’Ahfadem, au 25 mars 2010

Le site de Hpfe, l’association “Haïti partenaires France Europe” pour recueillir vos dons

Lire aussi « Il faut tout reconstruire, à commencer par nous même pour continuer d’aller de l’avant » (Jacques Marie à Haïti) du 10 février 2010

Crédit photo OC

Le Président de la République réaffirme son attachement au réseau des écoles françaises à l’étranger

La sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam qui s’est fortement engagée sur la question de la francophonie m’a fait remarquer qu’au moment même où les acteurs du programme FLAM étaient réunis à Londres, ce samedi 20 mars, la France célébrait le 40ème anniversaire de la Francophonie.

Elle m’a confié que le Président de la République avait tenu à organiser ce jour-là une réception à l’Elysée pour marquer solennellement cet anniversaire, ce qui constituait à la fois une “première” et un signal très fort pour ces pays amis qui croient, peut être encore plus que nous, à cet espace de langue, de progrès et de valeurs partagées.

Vous trouverez, ci-dessous, un lien vers le discours du Président, où figure notamment ce paragraphe important pour nos établissements français à l’étranger :

« La question des lycées et des écoles françaises, en cette période de disette budgétaire, est absolument incontournable et doit être sanctuarisée. Chaque année, 5.000 élèves supplémentaires s’inscrivent dans des écoles et des lycées français. Ce n’est pas rien. Et j’attache une grande importance à cette ouverture de notre réseau. Je pense que désormais le fait que nos universités soient autonomes doit les conduire à l’internationalisation pour que la France continue à former les élites et les cadres du XXIème siècle ».

Intégrale de l’allocution de Nicolas Sarkozy à l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie, le samedi 20 mars 2010 à l’Élysée.

Crédit photo Elysée.fr

Plan Ecole (15) : Un nouveau diplôme pour valoriser l’apprentissage du français au sein des écoles FLAM

Chaque année, Vincent Gleize, attaché de coopération pour le français à l’ambassade réunit à Londres les personnes impliquées dans le programme FLAM (Français langue maternelle) au Royaume-Uni.

En ouverture de la journée, Michel Monsauret, conseiller culturel adjoint a rappelé le cadre et les progrès de ce qui constitue le troisième objectif du Plan Ecole.

Ces « petites écoles » du programme FLAM ou « écoles du samedi » se sont créées pour offrir aux populations françaises éloignées de Londres une exposition, une sensibilisation, une initiation et souvent un réel apprentissage de la langue et de la culture françaises. Le Plan Ecole a permis de coordonner ces structures au sein d’un réseau animé par le service culturel. Ainsi, en deux ans, le nombre de ces écoles est passé de 12 à 28 et le nombre d’enfants scolarisés de 747 à 1 246. Une croissance spectaculaire !

C’est pour moi un réel plaisir de participer à cette manifestation, et d’admirer l’extraordinaire engagement et dévouement de ces parents au service de notre langue et des enfants.

Présentation du diplôme DELF Prim par Dorothée Dupleix du CIEP (Centre international d’études pédagogiques)

Venus des quatre coins du Royaume-Uni, 50 participants étaient donc réunis ce samedi 21 mars au cinéma Lumière à l’Institut Français pour suivre la présentation de Dorothée Dupleix du CIEP (Centre international d’études pédagogiques).

Dorothée a présenté un programme destiné à valoriser l’apprentissage par l’intermédiaire de FLAM en proposant un diplôme aux enfants : le DELF Prim.

La première session du DELF Prim A1 s’est déroulée en juin 2009.

Expérimentée dans 12 pays, elle affiche un taux de 97% de réussite.

Le premier niveau répondant au code DELF Prim A1.1 constitue un diplôme accessible pour l’enfant destiné à lui donner l’envie de poursuivre l’apprentissage de notre langue.

Un grand merci à Dorothée pour la qualité de sa présentation et à Vincent Gleize qui permet ce partage des expériences au sein du réseau des petites écoles.

Pour plus d’information sur le DELF Prim

Crédit photo OC

Comment obtenir une équivalence de vos diplômes à l’étranger ?

Vous pourriez être concerné : comment faire valoir officiellement votre diplôme sur un autre territoire ? Au sujet de la reconnaissance de vos titres, deux cas peuvent se présenter :

1 – Obtenir une équivalence de diplôme étranger en France

Le principe juridique d’équivalence n’existe pas en France ! Vous pouvez obtenir une attestation de comparabilité pour un diplôme obtenu à l’étranger. C’est un document qui évalue le diplôme soumis par rapport au système français et que vous pouvez présenter à un employeur, à une administration organisatrice d’un concours ou à un établissement de formation.

2 – Obtenir une équivalence de diplôme français à l’étranger

Vous devez vous adresser au centre NARIC ou au centre ENIC du pays dans lequel vous souhaitez faire reconnaître votre diplôme. Les démarches sont différentes selon les pays.

Le centre ENIC-NARIC France est le centre français d’informations sur la reconnaissance académique et professionnelle des diplômes. Il existe un centre NARIC au Royaume Uni.

Pour les pays qui n’ont pas de centre ENIC ou NARIC, vous devez vous adresser à l’ambassade de France sur place qui vous indiquera la procédure à suivre.

Photo Flickr de Thomas Botrel

Les Français d’abord ! Un concept condamné à La Haye

Lycée Vincent van Gogh

Dans le réseau AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger), le lycée Vincent Van Gogh de La Haye est l’établissement affichant de loin les tarifs les plus élevés, à savoir près du double de ceux pratiqués par son homologue londonien.

Mon collègue à l’AFE, Tanguy Le breton, élu aux Pays-Bas, vient de me raconter les mésaventures judiciaires du lycée français de La Haye, en matière de discrimination :

« Après la plainte d’un parent d’élève (de nationalité allemande) qui s’était vu refuser, pour son enfant déjà précédemment inscrit en petite section, l’accès à la filière bilingue français/anglais en maternelle en septembre dernier au motif que les critères d’admission donnaient priorité aux Français, aux fratries (enfants qui ont déjà un frère ou une sœur scolarisé dans l’établissement), aux enfants du personnel, puis aux autres enfants francophones et enfin aux Néerlandais, le lycée français vient d’être jugé responsable de discrimination par la Commissie Gelijke Behandeling, l’équivalent néerlandais de la HALDE français (Lire les détails)

Le lycée de La Haye vient donc de convoquer un conseil d’établissement extraordinaire, le 6 avril prochain, pour redéfinir les critères d’admission, aussi bien pour la filière bilingue que pour la filière classique, c’est à dire l’établissement en général. »

Sommes-nous à l’abri d’une pareille déconvenue à Londres, à l’examen des critères d’attribution des places ?

Il est formellement exprimé que les Français passent devant les Francophones (Ci-joint la liste des priorités).

J’ai donc écrit au proviseur du lycée Charles de Gaulle pour attirer son attention sur le risque juridique et lui suggérer d’amender ses critères lors de son prochain conseil d’établissement.

Crédit Photo : site du lycée Vincent van Gogh

EGD (7) : A quoi sert un conseil d’administration si ses décisions ne sont pas exécutées ?

J’ai participé au conseil d’administration de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) ce lundi 15 mars.

Lors du dernier conseil en date du 25 novembre 2009, il avait été décidé que le responsable Europe de l’AEFE se déplacerait à Londres pour étudier les attentes du groupe de travail du Plan Ecole sur l’EGD (voir Extrait du compte-rendu du CA de l’AEFE). Ce groupe revendique davantage de souplesse et de réactivité au profit du lycée Charles de Gaulle soumis à la gestion directe de l’AEFE.

Malgré mes relances, cette rencontre n’a jamais eu lieu.

Le fonctionnaire qui aurait dû appliquer une décision émanant du conseil d’administration me déclarait au début de notre réunion qu’il ne l’avait pas fait de manière délibérée.

Stupéfait, j’ai pris la parole en ces termes lorsque l’ordre du jour s’y est prêté :

« Monsieur le Président,

Lors du conseil d’administration de l’AEFE du 25/11/09, au point 1 des questions diverses, il a été décidé que le responsable Europe de l’AEFE devait se déplacer pour rencontrer le groupe de travail de Londres afin d’examiner les améliorations demandées concernant le fonctionnement de cet EGD.

Cette décision n’a pas été exécutée.

Il n’y a plus de temps à perdre ! Londres, comme ailleurs, subit une hausse des frais de scolarité débridée.

Le mode de gestion propre à l’EGD est responsable par son manque de réactivité et de capacité à entendre des dysfonctionnements redondants soulignés par les usagers.

Il importe d’étudier rapidement les alternatives à ce mode de gestion.

Je vous prie de demander à Mme la directrice de prendre toutes les dispositions nécessaires pour que M. Elbisser se rende à Londres sans délai pour rencontrer le groupe de travail du Plan Ecole.»

En effet, l’AEFE affiche la nécessité d’augmenter à nouveau les frais de scolarité sur Londres. Cela va encore accroître la proportion des élèves rejetés du système par manque de moyens financiers.

C’est le résultat d’une décision stratégique et politique prise à la va-vite et en dépit des propositions émises par les différents acteurs du Plan Ecole du Royaume-Uni.

J’espère que la raison va triompher et que l’AEFE va nous dépêcher très vite son représentant pour examiner les attentes exprimées à Londres.

Lire aussi EGD (6) : L’AEFE va venir à Londres pour rencontrer le groupe de travail sur l’EGD (27 nov 2009)

Lire aussi EGD (1) : Les dessous pas chics d’un sigle autocratique (25 sept 2009)

Crédit photo OC

Budget – Comment faire face enjeux du réseau AEFE ?

Après avoir brossé le décor général du budget de la France lors de la première partie de son intervention au cours de la 12ème session de l’AFE à Paris, le représentant du ministère du Budget, Arnaud Phelep, a évoqué les enjeux auxquels est confrontée l’AEFE. En prise avec les préoccupations budgétaires des conseillers AFE, M. Phelep a porté un regard critique sur le réseau d’établissements de l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger (AEFE) en nous exhortant à réfléchir à son redéploiement vers plus d’efficience et d’économie.

Il pense que 3 questions devront trouver leur réponse :

1 – Le réseau recouvre-t-il nos objectifs ?

Ce réseau s’articule entre 451 écoles sur 130 pays, réunissant près de 250.000 élèves. Pour l’entretenir, l’Etat va consacrer 421M€ en 2010 , soit +8,7M€ que l’an dernier (le double de ce qu’autoriserait l’inflation prévisionnelle de 1,2%).

Quelle est la meilleure façon de propager notre culture et notre pédagogie dans le monde ? Faut-il ouvrir de nouvelles enseignes, par exemple ? Est-ce suffisant de disposer de 451 instituts ?

Comparés à nous, nos voisins font pâle figure : 23 établissements pour l’Espagne, 84 pour Royaume-Uni ou 132 seulement pour l’Allemagne. A noter que les Etats-Unis ne comptabilisent même pas 200 écoles, soit deux fois moins que la France…

Et pourtant…. le réseau AEFE ne couvre pas la carte de nos expatriés : on ne dénombre que 6 établissements en Asie et un seul en Amérique latine, contre 23 établissements au Maroc ! Ou bien encore, 12% des enfants français expatriés vivent aux USA, mais ils ne représentent que 5% des élèves scolarisés dans le réseau.

Le poids de notre histoire (coloniale) explique certaines disparités, mais peut-on imaginer une nouvelle donne ? Quel est aujourd’hui le pilotage stratégique de l’AEFE ? Comment assumer un développement vers de nouvelles zones émergentes ?

2 – Les moyens humains sont-ils bien répartis ?

L’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger (AEFE) dénombre 1200 expatriés, 600 enseignants et 600 personnel d’encadrement.

Il faut savoir qu’un enseignant expatrié coûte 4 fois plus cher qu’un résident local (titulaire de la fonction publique, évidemment).

Il serait souhaitable de se fixer une doctrine d’emploi pour favoriser la ressource la moins onéreuse. Par exemple, limiter l’expatriation aux postes d’encadrement (proviseur, adjoint, agent comptable) ou bien aux pays “difficiles” qui justifient une incitation salariale.

Est-ce le cas au Maroc où travaillent 148 expatriés (soit 12% de l’effectif expatrié) ou bien en Espagne où sont détachées 48 personnes ?!

En poussant encore le bouchon, sur le terrain pédagogique, faut-il absolument qu’un élève scolarisé à Vierzon ou à Mogadiscio suive un programme cloné à l’identique ? Quid des classes bilingues ou de l’ouverture au monde ?

3 – La structure du réseau est-elle adaptée ?

Sur 451 établissements dépendants de l’AEFE dans le monde, on dénombre 77 écoles au statut EGD (établissement en gestion directe), 166 conventionnés et 208 homologués.

Le recours aux EGD constitue le “droit commun”, déplore Arnaud Phelep. Or, un établissement en gestion directe (EGD) coûte en moyenne 20% de plus à l’Agence qu’une école conventionnée. Et pour cause, dans ce système tout est géré depuis Paris, de la mutation d’un prof au remplacement d’une chaise…

Je partage l’avis du représentant de Bercy qui soutient que la gestion directe devrait devenir l’exception, notamment lorsqu’un pays d’accueil exige ce genre de structure ou bien s’il existe une impossibilité de constituer localement un comité de gestion. Est-ce le cas dans un seul pays d’Europe occidentale ? Non. Et pourtant, 27 EGD y sont implantés, soit un quart du total !

Le système de gestion directe est rarement utilisé par nos partenaires : zéro cas pour l’Allemagne ou seulement 21 établissements pour l’Espagne.

Dès lors, M. Phelep propose une stricte définition des critères (EGD, conventionnés, homologués) et la sortie de la gestion directe pour tous les établissements dont cela ne se justifie pas.

J’abonde dans le sens de M. Phelep lorsqu’il suggère le recours à d’autres formules pédagogiques (classe bilingue, accord de partenariat…) sur le modèle de ce que font nos partenaires européens pour développer leur réseau.

Présentation de M. Arnaud Phelep au sujet de l’AEFE

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Photos  Fickr de Luc Legay

Budget – Comme les arbres, la dette de la France ne montera pas jusqu’au ciel

La 12ème session de l’AFE s'est tenue dans les nouveaux locaux du ministère des Affaires étrangères, ancien site de l'Imprimerie nationale (rue de la Convention, Paris 15ème)

J’ai eu le plaisir de prononcer le discours pour accueillir Arnaud Phelep à l’occasion de son audition devant la Commission finances de l’Assemblée de Français de l’étranger (AFE) le 2 mars 2010.

J’avais fait sa connaissance lors du conseil d’administration de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). Arnaud Phelep siège en qualité de représentant du ministère du Budget.

Ses propos sur le budget de l’AEFE et la nécessaire responsabilisation des acteurs m’ont paru mériter d’être partagés avec les élus à l’AFE. Aussi, lors de la 12ème session de l’AFE, nous avons reçu, pour la première fois, des représentants du ministère du Budget.

Arnaud Phelep a saisi l’occasion de partir du contexte général pour arriver au particulier (les comptes de l’AEFE, par exemple) avec beaucoup de clarté et d’acuité.

Depuis 35 ans, la France n’a pas connu de budget excédentaire et sa dette s’est creusée chaque année pour atteindre 1400 milliards, dont 42 pour la seule charge de la dette.

La France ou l’Allemagne sont des pays de confiance, à condition de pas faillir à leur parole. En janvier dernier, dans le cadre de son programme de stabilité 2010-2013, notre pays s’est engagé auprès des marchés à ramener son déficit public à 3% du PIB en 2013 (nous en serons à 8,7% fin 2010). On l’a vu récemment avec la Grèce, les marchés sanctionnent le surendettement. Chaque année, le gouvernement français doit emprunter pour financer son déficit et rembourser ses dettes arrivant à échéance. Si nous perdions la confiance des investisseurs, nous ne pourrions plus bénéficier de taux privilégiés. Concrètement, la variation de 1% du taux d’emprunt aurait un impact de 3 milliards d’euros de dépenses supplémentaires pour la France.

Côté recettes, il faut tenir compte de la volonté politique de ne pas augmenter le taux des prélèvements obligatoires, au delà du niveau d’avant la crise. Cela me paraît d’ailleurs aujourd’hui impossible puisque depuis l’an dernier, selon le magazine Forbes, la France a déjà la pression fiscale la plus lourde du monde.

Il faut donc réduire la dépense publique, un sujet qui concerne 3 grands acteurs : l’Etat (290Mds€), les collectivités locales (200Mds€) et la Sécurité sociale (451Mds€) représentant, à elle seule, la moitié du bugdet national !

En avril prochain, Eric Woerth, ministre du Budget, présentera un plan d’action complet pour réduire les dépenses, incluant une réduction des niches fiscales et sociales à hauteur de 2Mds€ par an.

Depuis 2002 déjà, le budget de l’Etat est contraint : on ne peut pas dépenser davantage que l’inflation. L’inflation prévisionnelle 2010 se situe à 1,2%.

Il est donc nécessaire de dire à quel ministère et sur quelle ligne budgétaire on doit prendre pour financer les besoins nouveaux.

Car, comme les arbres, la dette de la France ne montera pas jusqu’au ciel !

Vous trouverez, ci-joint, la première partie de la présentation d’Arnaud Phelep.

Crédit photo OC