Lorsque nos amis belges reformatent leur réseau diplomatique et consulaire, ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Face aux mesures de rationalisation, on se dit qu’en comparaison les Français de l’étranger ne sont pas si mal lotis.

Les réformes structurelles annoncées par le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, impliquent de nombreuses fermetures de consulats (Johannesbourg, Casablanca, Toronto, Genève, Cologne, Lille, Strasbourg…), d’ambassades (Tripoli, Tallinn, Riga, Vilnius, Nicosie, Kaboul, Brastislava, Brazaville…) ou bureaux de coopération (Quito, La Paz). Source : Didier Reynders réorganise le réseau de postes diplomatiques belges.

NetworkAfin de maintenir « au niveau le plus haut possible » le service aux quelque 500.000 Belges de l’étranger (le pays compte 11 millions d’habitants), les missions seront transférées d’un poste à l’autre. Par exemple, les tâches des consulats généraux à Lille et de Strasbourg seront reprises par l’ambassade de Belgique à Paris, celles de Cologne par l’ambassade de Berlin. Plus au nord de l’Europe, la Lettonie sera couverte depuis Stockholm, la Lituanie depuis Varsovie, tandis que la Slovaquie et la Slovénie seront désormais du ressort de l’ambassade de Belgique de Vienne. Autres exemples en Afrique du Nord : la Libye déprendra désormais de Tunis ou encore l’Afghanistan relèvera d’Islamabad, capitale du Pakistan.

Soucieux de rationalisation, j’ai toujours marqué ma volonté de préserver la qualité de service offerte à mes compatriotes expatriés (lire : « Quelles évolutions pour notre réseau consulaire ? » du 22 décembre 2014). Par ailleurs, notre réseau doit être un relais de plus en plus actif au service nos intérêts économiques, éducatif ou culturels.

Au Portugal, il y a quelques jours, j’ai évoqué avec notre ambassadeur Jean-François Blarel la fermeture du consulat de Porto, essentiellement en termes d’opportunité de modernisation de nos pratiques, à l’image de ce qui existe déjà à l’étranger (lire : « Consulat d’Edimbourg : plébiscite pour une solution ’’à l’allemande’’  » du 21 décembre 2014).

On ne peut faire l’économie d’une telle démarche comme le prouve la forte mobilisation des Français d’Ecosse contre la transformation du consulat d’Edimbourg en simple consulat d’influence, les obligeant à se rendre à Londres à 600km pour tous les services de chancellerie (passeport, carte d’identité…). La pétition lancée par les conseillers consulaires de tous bords a dépassé 1500 signatures (il y a 5300 électeurs inscrits) (lire : « Les services de proximité du consulat d’Edimbourg menacés » du 29 novembre 2014).

Vous trouverez dans le document ci-joint les prévisions du ministère des Affaires étrangères, en date du 18 décembre 2014, en ce qui concerne la cartographie de ses implantations. En termes de fermetures pures et simples, seuls 3 consulats généraux sont concernés : Porto, Turin et Calgary au Canada. Les autres clôtures définitives programmées impliquent 4 antennes diplomatiques (Malawi, Gambie…) et 23 sections consulaires (Brunei, Honduras, Andorre, Seychelles, Paraguay, Zambie…). Lire : Evolution prévisionnelle de la cartographie des implantations dilplomatiques et consulaires – MAEDI – décembre 2014-1

Les autres opérations prévues sont regroupées sous les jargons de reformatage, développement de subsidiarité, colocalisation ou mutualisation des espaces… toutes visent à rationaliser et optimiser notre réseau.

Les élus et les administrés ne doivent pas subir cette évolution, mais l’accompagner en devenant force de proposition. Je parle de démocratie participative, une idée encore neuve mais prometteuse.

Photo Flickr de David R