Une soirée exceptionnelle s’est déroulée au Ciné Lumière de l’institut  Français, le 7 décembre dernier, marquée par la présence de Daniel Cordier, héros de la Résistance, venu assister à la projection d’un documentaire retraçant ses exploits et intitulé « Daniel Cordier, la Résistance comme un roman ».

Suite au film, une conférence-débat animée par le professeur Julian Jackson s’est engagée autour du destin épique de Daniel Cordier, membre de la France libre en juin 1940, parachuté en France en 1942, puis secrétaire de Jean Moulin jusqu’à son arrestation en juin 1943. Quelle émotion de pouvoir entendre un témoin direct des événements livrer son sentiment sur l’auteur de la trahison…

En signant ce nouvel événement, Laurent Burin des Roziers, conseiller culturel de l’ambassade, marque à nouveau nos esprits et poursuit avec grâce le travail de mémoire de l’Institut qu’il dirige.

Je remercie Edouard Braine, consul général à Londres, de partager sur mon blog ses impressions personnelles et ses commentaires éclairés de passionné d’Histoire.

Un grand moment d’histoire de la Résistance à l’Institut Français du Royaume Uni,  par Edouard Braine

Décidément l’Institut Français de Londres assume son rôle de mémoire de la Résistance. Après avoir offert en octobre un concert du duo Clara Cernat-Thierry Huillet en l’honneur de Stéphane Hessel, il vient de projeter le film présentant la vie résistante de Daniel Cordier auprès de Jean Moulin dont il était le secrétaire.

Les commentaires de Daniel Cordier après la projection, imputant expressément la responsabilité de l’arrestation de Jean Moulin à Caluire à René Hardy relancent une polémique historique. Celle ci a visé les résistants gaullistes de l’armée secrète appartenant au groupe Combat et en particulier Jacques Baumel avec qui j’ai eu la chance de travailler au sein du Forum du Futur, cercle de réflexion qu’il présidait.

J’avais oublié les détails de l’arrestation de Jean Moulin et même craint, en entendant Daniel Cordier, que l’accusation visant Hardy (Didot pseudo de résistant) ne mette en cause l’honneur du grand résistant qu’a été Jacques Baumel. Malgré mon soulagement en réalisant mon erreur, la mise en cause de Hardy, qui n’a jamais été condamné malgré deux procès après guerre où sa culpabilité n’a jamais été établie, touche un point très sensible dans l’histoire de la Résistance.

Après avoir un peu « révisé le sujet » qui a été réactualisé par les propos de Daniel Cordier, je suis heureux de partager avec vous ce qui apparait comme le consensus minimal des historiens sur les éléments à peu près établis concernant la fin tragique de Jean Moulin : lire la suite du texte d’Edouard Braine