Que propose l’agence nationale « Invest in France » aux entreprises britanniques qui souhaitent conquérir le marché français ? Réponse : créer une filiale en France. Personne au Royaume-Uni ne s’en offusque. Au contraire.

A l’inverse, conseillez donc à une entreprise française d’ouvrir un établissement en Angleterre pour y exporter plus facilement ses biens et services, vous êtes immédiatement suspecté de tirer contre votre camp, d’être un mauvais Français, voire un traitre. L’article de Charles Gautier du Figaro est, à cet égard, révélateur à commencer par son titre persifleur (lire : « Ces patrons expatriés qui jouent les VRP de Sa Majesté à Paris », Le figaro du 10 octobre 2013).

Pour le fisc qui ne manque pas de flair, une odeur de soufre poursuit tout entrepreneur qui ose franchir nos frontières pour internationaliser ses activités en créant une filiale à l’étranger. Un nombre important d’exportateurs se plaignent à moi d’être l’objet de contrôles fiscaux tatillons. L’administration fiscale ne semble pas supporter que des Français puissent faire des affaires à l’étranger sans avoir à leur rendre des comptes. Certains ont même vu des fonctionnaires débarquer chez eux au petit matin sous les yeux interloqués de leur famille et de leurs voisins…

Le message est clair. Pour travailler à l’international, si vous ne voulez pas être suspecté d’être un fraudeur patenté, il faut quitter définitivement le pays avec armes et bagages, femme et enfants. Vous serez alors baptisé du titre d’exilé fiscal… c’est délirant !

Je me demande parfois si cette schizophrénie ambiante n’est pas davantage préjudiciable que notre taux de prélèvement obligatoire. L’Etat et les médias créent une bulle autour des Français pour les couper du réel. Tandis que de nombreux pays ont compris que la mondialisation était aussi une opportunité, la France enregistre 10.000 PME exportatrices en moins entre 2002 et 2012. Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, n’ose même pas imaginer un retour possible à l’excédent de notre commerce extérieur!

Le Royaume-Uni est notre premier excédent commercial depuis cinq ans. C’est ainsi : les Britanniques sont nos meilleurs clients. J’ai insisté sur ce fait au micro de Stéphane Soumier sur BFM Business TV au cours de son émission « Good morning Business », une heure avant le début du Red Carpet Day, le 10 octobre dernier.

Je le remercie de m’avoir donné la possibilité, en direct, de faire passer ces deux messages : il faut arrêter de stigmatiser les entrepreneurs français qui veulent exporter et il faut leur donner accès au premier pays européen en termes de prêts aux entreprises qui pèse, par ailleurs, 51% du capital risque européen.


Red carpet day : échange entre entrepreneurs… par BFMBUSINESS