Le dire c’est bien, le faire c’est mieux. « Le choc de simplification a eu lieu depuis longtemps au Royaume-Uni », lance Stéphane Rambosson, gérant du cabinet de chasseurs de têtes Veni Partners. Concrètement, il explique qu’il suffit d’une demi-journée à peine pour enregistrer une société ou encore que la feuille de paie ne comprend que 4 lignes…

Stéphane Rambosson, gérant de Veni Partners, a raconté le monde du travail britannique où, en définitive, tout vous incite à embaucher

Lors du Red Carpet Day du 10 octobre dernier, Stéphane Rambosson, par ailleurs conseiller du Commerce extérieur de la France au Royaume-Uni, a brossé un tableau décoiffant du marché du travail anglo-saxon, en termes de coût et de flexibilité.

« Le cout du travail au Royaume-Uni est structurellement plus faible et modulable », pose-t-il. Première comparaison brutale : le cout horaire anglais est de moins de 23€ (contre 36€ en France), pour une durée hebdomadaire légale de 48h (contre 35h en France). Ajoutons que le SMIC britannique s’élève à 1200€ par mois contre 1400€ en France

Et les fameuses charges patronales ? Vous en serez quitte avec 13.9%. Seulement !

Pour faire bonne mesure, Stéphane précise que les charges de licenciements sont faibles et que les salaires peuvent être aisément modulés en fonction de l’activité économique par deux dispositifs légaux : le gel des salaires et la réduction du temps de travail.

« La fluidité du marché de l’emploi au Royaume-Uni est une réalité », poursuit notre ancien banquier d’affaires, en décrivant un monde où la législation sociale est adaptée à la réalité économique, si crue soit-elle, afin de préserver l’outil productif. Par exemple, depuis avril 2012, le gouvernement Cameron permet de licencier sans aucun motif au cours des deux premières années d’embauche.

Par ailleurs, les procédures de licenciement pour suppression de poste sont aisées et le procédé des « zero-hours contracts » permet d’ajuster sa force de travail selon le niveau d’activité.

Du côté des salariés, si étonnant que cela paraisse, on ne raisonne pas en termes d’insécurité ou la précarisation forcée, mais on tire profit de la flexibilité pour évoluer, sinon changer de vie. « La requalification est courante au Royaume-Uni », illustre Stéphane Rambosson en racontant le cas d’une analyste de recherche devenue infirmière, presque du jour au lendemain. De plus, « une immigration professionnelle importante assure la diversité des compétences », ajoute-t-il, en évoquant notamment l’apport massif des pays de l’Est depuis l’élargissement de l’Union.

Encore une autre façon de voir le monde de l’autre côté du tunnel…