Axelle Lemaire, fraichement élue députée d’Europe du Nord, aura été bien involontairement le centre d’un couac gouvernemental, dont la presse parisienne a fait ses choux gras.

Invitée du Grand journal de Canal+ pour illustrer les nouveaux visages de l’Assemblée nationale, les responsables de la chaine lui apprennent que François Hollande cherche à la joindre d’urgence. Ils vont se parler hors antenne pendant la diffusion du Zapping.

En effet, le président de la république cherche à la hâte un ministre délégué des Français de l’étranger : il est 19h40 et l’annonce du nouveau gouvernement était prévue avant 19h00. Axelle Lemaire décline l’offre.

Vous pensiez que dans un monde « normal », le choix des membres d’un gouvernement était précédé de mures réflexions, de questionnements poussés sur les aptitudes respectives des candidats pressentis. Moi aussi.

Cette précipitation est aussi drapée de mystère : pour quelles raisons François Hollande a-t-il voulu accoler à son gouvernement une novice en politique ? Ce premier choix a plongé de nombreux élus socialistes dans la perplexité, notamment les sénateurs qui s’étaient copieusement investis dans la campagne présidentielle. Faute de préséance, ingratitude, coup de com’ ? Chacun y allait de son avis, samedi dernier à Paris, lors de la réunion des élus de l’AFE. Un parlementaire socialiste ma confié, devant plusieurs élus de l’opposition, que l’intronisation ministérielle de cette néophyte aurait été « catastrophique » pour le moral des troupes.

Quoi qu’il en soit, on aurait longtemps gaussé sur le caractère agité et improvisateur de Nicolas Sarkozy s’il s’était permis de téléphoner sur un plateau télé pour boucler au finish un casting ministériel en court-circuitant son premier ministre. Le tout pour se prendre un râteau. Dans le cas de François Hollande, tout est « normal ».

Photo Flickr de Brenda Anderson