A l’occasion de la Semaine de la langue française et de la Francophonie, notre ambassadeur, Bernard Emié, a réuni ses homologues des pays francophones le 20 mars dernier, à l’Institut français, pour « célébrer ensemble notre amour de la langue et de la culture françaises ».

Bernard Emié a aussi convié un immense ambassadeur de la langue française : l’humour.

Bernard Emié, ambassadeur de France au Royaume-Uni, s'est prêté au jeu « Dis-moi dix mots »

Bernard Emié, ambassadeur de France au Royaume-Uni, s’est prêté au jeu « Dis-moi dix mots »

Il a pratiqué un petit exercice de style en écho à l’opération « Dis-moi dix mots ». Le jeu consiste à s’approprier dix mots imposés et donner libre cours à sa créativité à travers toute production intellectuelle ou artistique. L’occasion était trop belle pour un esprit espiègle de ne pas chambarder un peu une allocution officielle en la parsemant de mots aussi improbables que ouf, zigzag, tohu-bohu, timbré ou faribole.

Cette trouvaille de notre ambassadeur pour « ambiancer » la soirée a joliment servi l’esprit de la francophonie, si inhérent à l’inventivité lexicale. Dans son discours, il a égrené diverses initiatives et mis à l’honneur ses contributeurs, comme le bureau Wallonie, auteur d’un questionnaire Vive la Francophonie  à destination de tous les établissements du second cycle en Angleterre et au Pays de Galles.

En évoquant la capacité d’initiative de l’Institut français, Bernard Emié a parlé du projet de restauration de sa bibliothèque de style Art déco, patrimoine classé, qui « participe pleinement au rayonnement de la francophonie ».  Les nouvelles sont bonnes puisque la première phase des travaux a été lancée mi-janvier, grâce au concours de généreux mécènes. Au cœur de cette campagne de levée de fonds, l’ambassadeur a salué l’« implication » décisive de Marc Mourre, président du Trust des Amis de l’Institut.

En effet, £800.000 ont déjà été récoltés qui permettront de rendre sa décoration d’origine à la salle de lecture de l’Institut (parquets, vitraux, boiseries) qui est la plus grande bibliothèque française à l’étranger. Il ne s’agit que d’une première étape, comme nous l’avait expliqué Laurent Burin des Roziers qui dirige l’Institut (lire : « L’Institut français de Londres sollicite votre participation pour rénover sa médiathèque » du 09 juin 2013). Afin de créer un « pôle étude et création » ou agrandir la bibliothèque pour enfants, des fonds supplémentaires sont nécessaires. Merci d’adresser vos dons en vous rendant sur cette page internet dédiée chez BigGive.

Puisque cette superbe bibliothèque demeure ouverte au public pendant sa rénovation, l’ambassadeur n’a pas manqué d’inviter tout un chacun à venir « s’enlivrer » en pareil endroit !

En guise d’attraction, Laurent Burin des Roziers et son équipe avaient organisé des joutes d’improvisation entre 2 équipes de 5 comédiens, impressionnants de facilité dans l’imagination et le jeu collectif. Certains venaient de France et d’autres de beaucoup plus loin : Canadiens, Québécois, Belges, Suisses ou Libanais, mais tous partagent la même ambition de faire fructifier un héritage commun : la langue de Molière. Et pour cause, les matches d’improvisation sont une création spécifiquement francophone : la Ligue nationale d’improvisation est née au Québec en 1977 !

J’ai eu l’honneur d’assister à ce spectacle assis aux côtés de l’ambassadrice du Liban, Inaam Osseiran, qui est diplômée de droit français. Nous avons échangé quelques mots lors du cocktail auquel l’ambassadeur nous avait convié à boire à « tire-larigot », trouvant là matière à placer le dernier mot de sa liste, en cette fin de journée internationale de la francophonie effervescente et fraternelle.