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En circonscription au Burkina Faso (2/2) Communauté française – Ouagadougou (25 au 27 janv. 2021)

J’ai éprouvé beaucoup de plaisir à retourner au pays « des hommes intègres ». Le Burkina Faso doit faire face à d’innombrables défis. Il se classe aujourd’hui parmi les 10 pays les moins développés au monde et doit faire cohabiter 60 ethnies. La capitale Ouagadougou a vu croitre sa population de 180.000 à 2 millions d’habitants en 30 ans. Elle atteindra 6 millions dans 10 ans…

J’ai observé avec satisfaction le niveau d’implication de la France à travers son soutien aux dirigeants et au peuple burkinabè pour favoriser le développement, la sécurité et la démocratie.

J’ai retrouvé avec joie les trois élus de notre communauté : Martine Voron, Françoise L’Étang Yameogo et Ousmane Ouédraogo. Leurs témoignages m’ont été précieux et je salue leur action généreuse et profitable à nos compatriotes. +d’images

Communauté française – Action consulaire


Conseillers des Français de l’étranger

Le nombre des Français inscrits au consulat de Ouagadougou s’élève à 3423, constitué pour moitié de binationaux. Ce nombre a baissé de 7% en 2020, mais reste équivalent à celui de 2010 qui était de 3325.

Afin d’évoquer les problématiques des Français établis au Burkina Faso, le poste diplomatique m’avait organisé deux réunions en compagnie des conseillers des Français établis hors de France : Martine Voron ; Françoise L’étang Yaméogo et Ousmane Ouédraogo.

La première réunion autour du consul général Eric Belotti a porté sur les besoins de notre communauté en matière sociale, éducative et économique avec l’accompagnement de nos entrepreneurs affectés par la crise. +d’images

La seconde réunion, autour de l’ambassadeur Luc Hallade, portait sur l’initiative Choose Africa Resilience (voir ci-dessous).

Consulat

Visite du Consulat général de France en compagnie d’Eric Belotti et rencontre avec les agents du poste.

80% de notre communauté réside dans la capitale et 15% à Bobo-Dioulasso.

En 2020, le dispositif exceptionnel d’aide sociale en faveur des Français de l’étranger lié à la crise sanitaire a permis à 53 foyers de percevoir un secours occasionnel de solidarité pour près de 30.000 euros sur le second semestre.

Nous avons abordé les questions concernant la sécurité de nos compatriotes du fait du risque sécuritaire lié à l’expansion des zones d’action des groupes terroristes. Mais il ne faut pas négliger que nos ressortissants s’exposent également à des risques sanitaires et à des risques liés aux accidents de la route.

La circonscription consulaire est découpée en 25 îlots qui ont chacun un chef d’îlot à leur tête.

Impressionné par la chemise compilant le nombre de certificats de vie (98) signé par le consulat pour le seul mois de janvier 2021, il m’a été répondu que c’était exceptionnel : le consulat signe 50% des certificats en janvier et 50% tout au long des onze autres mois de l’année. +d’images

Sécurité

La sécurité des Français à l’étranger constitue pour moi une priorité d’action.

Depuis mon précédent passage, fin 2016 (compte-rendu), la carte du Burkina Faso affichée sur la page « Conseils aux voyageurs » du ministère des Affaires étrangères fait apparaître une nette dégradation de la situation sécuritaire.

Comme me l’a confié le chef d’état-major adjoint de la Gendarmerie nationale, l’ennemi ne s’en prend plus seulement aux militaires, mais aussi aux civils accusés de collaborer avec les forces de sécurité. Cela engendre des déplacements de population qui ne sont pas sans conséquences au niveau environnemental.

Afin de pouvoir appréhender la situation, l’ambassade m’a organisé plusieurs rendez-vous pour faire une analyse fondée sur les propos des militaires, tout comme ceux des personnes chargées de la sécurité intérieure.

Ainsi, j’ai eu l’opportunité d’avoir plusieurs points de vue en croisant les regards burkinabés et français. À chaque fois, le discours a été consensuel et sans équivoque. Sans Barkhane, la situation serait pire que ce à quoi nous assistons et l’effort doit donc se maintenir.

Côté Burkinabé :
– Entretien avec le chef d’état-major adjoint de la Gendarmerie nationale
– Entretien avec le secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN)
Côté français :
– Dîner « Sécurité Défense » autour de l’ambassadeur, en présence notamment de l’attaché de Défense et de l’attaché de Sécurité régional.
– Réunion de travail avec le Service de sécurité intérieure (SSI) comprenant l’attaché de Sécurité régional ; l’attaché de Sécurité adjoint ; le conseiller Terrorisme ; le conseiller Sureté Immigration ; le conseiller auprès de la DGPN ; le conseiller auprès de la DGPC ; le directeur des études ESEPC et le conseiller du chef d’état-major de la Gendarmerie nationale. +d’images

UFE

À l’occasion d’une soirée organisée par Martine Voron, conseillère des Français de l’étranger pour le Burkina Faso, j’ai eu l’opportunité de saluer son action et d’échanger avec une vingtaine de compatriotes entrepreneurs établis dans le pays.

Le cadre choisi par Martine était le restaurant Princess Yenenga dirigé par un compatriote qui a partagé avec moi les défis auxquels son activité est soumise depuis le début de la pandémie.

L’objectif était de faire connaître le programme Choose Africa Resilience, voté par le Parlement en juillet 2020, afin de venir en soutien aux TPE/PME en Afrique. Ce programme de soutien financier aux TPE/PME peut prendre la forme de prêts consentis par des banques partenaires à des TPE/PME, assortis de garanties accordées par l’AFD/Proparco pour les banques locales prêtant aux TPE/PME fragilisées.

J’ai eu le plaisir de retrouver des personnes rencontrées lors de mon passage à Ouagadougou fin 2016, mais aussi ailleurs en Afrique comme Francis Ambroise, DG des Brasseries Castel en poste précédemment à Madagascar.

Là encore, au sujet Barkhane, j’ai entendu un appel unanime à maintenir l’effort. Et pour cause, certains interlocuteurs m’ont raconté qu’un tiers de la superficie du pays leur était désormais inaccessible. +d’images

Santé

Centre Médical International (CMI)

Visite du Centre Médical International avec François Zougmoré, président de l’Association international de santé (AIS), les conseillers des Français de l’étranger : Martine Voron ; Françoise L’étang Yaméogo et Ousmane Ouédraogo ; le consul général Eric Belotti, le conseiller régional Santé Mondiale P-A Rubbo ; les membres du bureau de l’AIS et le personnel soignant.

Le CMI est géré par l’AIS, association de droit burkinabé.

Cette structure médicale de référence pour la communauté française a bénéficié de subventions de l’État français : 45.000€ (2019) et 50.000€ (2020).

Une subvention de 60.000€ a été accordée début 2021, afin de permettre d’acquérir du matériel d’assistance respiratoire pour permettre la prise en charge de patients atteints de la Covid.

Félicitations à tous les bénévoles et aux donateurs qui permettent de faire exister le CMI et au personnel de santé qui l’anime avec dévouement et compétence. +d’images

Entrepreneuriat – Diplomatie économique

Choose Africa Resilience

Rencontre autour de l’ambassadeur Luc Hallade qui a porté sur l’initiative Choose Africa Resilience, en présence de Patrice Chevalier, président des CCEF (DG PPI BF SA) ; D. Delpuech, Premier conseiller ; B. Alperte, cheffe du service économique ; L. Arnoux, COCAC ; G. Chausse, directeur de l’AFD Burkina.

Le Burkina Faso fait partie de la liste des 10 pays sélectionnés par l’Agence Française du Développement (AFD) pour bénéficier du dispositif « Choose Africa Résilience », via sa filiale Proparco.

Voté par notre Parlement en juillet 2020, dans le prolongement de l’initiative « Choose Africa » qui concrétise l’engagement pris à Ouagadougou par Emmanuel Macron, j’ai voulu évaluer la mise en route du dispositif sur le terrain, comme je l’avais fait au Cameroun le mois précédent (compte-rendu).

Le directeur de l’AFD a prévu de lancer une première réunion d’information, afin de présenter ces nouvelles mesures destinées à accompagner le financement des TPE/PME (prêts garantis auprès des banques locales) affectées par les conséquences de la pandémie, à laquelle il associera les élus et les conseillers du commerce extérieur.

Les élus sont désormais sensibilisés à ce programme et seront en première ligne pour suivre ses progrès, afin de vérifier si le volontarisme du gouvernement se concrétise sur le terrain. +d’images

La ruche

Visite de la Ruche, la maison des jeunes talents du Burkina Faso, qui a pris corps suite au discours d’Emmanuel Macron à Ouagadougou, le 28 novembre 2017. Le président aspirait « à un lieu accessible à tous (…) à destination de la jeunesse qui permette non seulement de l’accueillir mais de réussir, d’étudier, de faire, d’entreprendre, de s’informer, de se projeter vers le reste du monde. »

Inaugurée le 19 octobre 2018 par deux ministres des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian et Alpha Barry, j’ai découvert des espaces de travail confortables et modulables disposant d’une connexion haut débit.

La Ruche accueille Campus France, France Volontaires et un espace animé par l’IRD-Institut de Recherche et de Développement.

Les jeunes viennent y développer leurs projets dans un environnement stimulant leur créativité. +d’images

PADES/BF

À l’occasion de la visite de la Ruche, j’ai participé à la 2ème session de comité de pilotage du Projet d’Appui au Développement de l’Entrepreneuriat dans le Sahel-Burkina Faso (PADES/BF), lancé en septembre 2020.

Il vise en particulier à renforcer l’entrepreneuriat dans la chaîne de valeur de l’élevage dans la commune de Gorom Gorom, qui a accueilli plus de 30.000 personnes déplacées internes.

Grâce à cet appui, 240 porteurs de projets de cette localité bénéficieront de formation et d’équipements pour la mise en œuvre de leur activité pastorale.

La cérémonie a été présidée par Mahamourou Zan, représentant du ministre de la Jeunesse, et de la Promotion de l’entrepreneuriat des jeunes, accompagné de Ibrahim Ag Attahir, maire de la commune de Gorom Gorom ; Issa Tindano, 1er vice–président du conseil régional du Sahel ; Hamidou Idrissa Massa, haut-commissaire de la province de l’Oudalan ; Houcine Dahmane, conseiller régional pour l’Afrique de l’Ouest de l’ambassade de France et de Frédéric Bontems, envoyé Spécial Sahel pour la France.

Lors de mon intervention, fort de mon expérience d’entrepreneur, j’ai rappelé qu’il faut beaucoup de courage pour entreprendre dans une région touchée par l’instabilité.

Après avoir félicité le comité d’organisation qui permet à des jeunes gens, filles et garçons, de tenter leur chance, j’ai salué l’action de la France qui se tient aux côtés de ces entrepreneurs en herbe pour les accompagner dans leur démarche de création.

J’ai conclu mon propos en adressant mes voeux de prospérité et sécurité retrouvée aux communes et à toute la population du Sahel-Burkina Faso. +d’images

En circonscription au Burkina Faso (1/2) Diplomatie parlementaire – Ouagadougou (25 au 27 janv. 2021)

Pour mon deuxième déplacement au Burkina Faso, j’ai été accueilli à la Résidence par l’ambassadeur de France au Burkina Faso, Luc Hallade, qui a remarquablement organisé ma mission. +d’images

Nous avons évoqué les principaux thèmes de mon déplacement. Le volet diplomatie parlementaire avec la préparation du débat au Sénat sur l’opération Barkhane ;

Le volet communauté française comprenant deux axes : La sécurité de nos ressortissants ; le dispositif Choose Africa Resilience, déployé par l’AFD en faveur des TPE/PME ouvert à nos entrepreneurs installés localement.

Toute ma reconnaissance à Martine Voron, conseillère des Français de l’étranger, qui s’est fortement impliquée dans la préparation de ce déplacement pour en faire un succès.

Politique

Présidence du Faso

Je suis reconnaissant au président Roch Kaboré de m’avoir accordé un entretien au palais présidentiel de Kosyam à Ouagadougou, en présence de Luc Hallade, ambassadeur de France au Burkina Faso.

Plus de quatre ans après notre première rencontre (compte-rendu), le président du Faso m’a fait l’honneur de partager ses analyses sur l’opération Barkhane et la situation sécuritaire en cours au Burkina Faso et dans le Sahel. +d’images

Communiqué de presse de la présidence du Faso (lien) :
« (Ouagadougou, 25 janvier 2021). Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a reçu en audience ce matin, le Vice-président de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Armées du Sénat français, Olivier Cadic, par ailleurs sénateur représentant les français établis hors de la France.
« Je suis venu féliciter le président du Faso pour sa réélection et lui demander son avis sur le débat actuellement en France sur l’opération Barkhane en Afrique. Nous allons avoir un débat à Paris au Sénat le 9 février sur le sujet, et il me paraissait important que le président Kaboré puisse partager son regard sur cette question », a indiqué le sénateur français à sa sortie d’audience.
Selon lui, le président du Faso a relevé des apports positifs de la Force Barkhane dans la lutte contre le terrorisme dans l’espace G5 Sahel.
« Le président du Faso a une vraie vision, c’est pourquoi je pense qu’il était nécessaire de l’écouter. Il ne s’occupe pas seulement du court terme, mais il a cette vision de se projeter dans l’avenir», a souligné le sénateur. »

Vidéo de la conférence de presse (3’25) :

Revue de presse :

Articles parus dans Sidwaya, Aujourd’hui au Faso et l’Observateur
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Ministre des Affaires étrangères

Comme lors de mon précédent passage en 2016 à Ouagadougou, j’ai eu l’honneur d’être à nouveau reçu par Alpha Barry, ministre des Affaires étrangères, tout juste reconduit dans ses fonctions par le président Kaboré.

J’étais accompagné par Luc Hallade, ambassadeur de France et Dominique Delpuech, Premier conseiller.

Le ministre a souligné que Barkhane est un des éléments les plus forts de notre coopération et de notre amitié, « au regard du prix du sang ». Le Burkina Faso reconnait la prouesse militaire de l’armée française, « faisant énormément avec si peu sur un si vaste territoire ». Les baisses d’effectifs de Barkhane envisagées l’inquiètent à titre personnel, car les besoins de cette opération se font toujours sentir sur le terrain.

Le ministre a remercié la France et l’Union européenne, les deux principaux partenaires bilatéraux et multilatéraux du Burkina Faso. Je me réjouis de son message chaleureux et sans ambiguïté de soutien à l’opération Barkhane. +d’images

Président de l’Assemblée nationale

Entretien avec le Président de l’Assemblée nationale (PAN), Alassane Bala Sakandé, en compagnie de Luc Hallade, ambassadeur de France et de Dominique Delpuech, Premier conseiller, suivi d’une visite de l’hémicycle, lors de ma seconde journée à Ouagadougou.

L’Assemblée nationale du Burkina a connu un profond renouvellement, puisqu’elle compte 90 nouveaux députés sur 127.

J’ai félicité le PAN qui a été reconduit au perchoir à l’unanimité des élus moins deux voix. Sa personnalité chaleureuse et son expérience ont assurément contribué à lui permettre d’obtenir un tel consensus.

Au sujet de sa perception de l’opération Barkhane, le PAN m’a d’abord confié que l’armée française était la bienvenue au Sahel et qu’elle se battait pour une juste cause : « Il faut la féliciter pour cela, d’autant plus que des hommes meurent sur le terrain ».

Lors de la campagne électorale, le PAN s’est rendu dans les cinq régions du pays les plus affectées par l’insécurité pour parler aux populations qui accumulaient les frustrations depuis plusieurs années. Celui-ci indique qu’il ne faut pas penser que le Burkina Faso connait une guerre de religions, car les fauteurs de troubles sont souvent plus des bandits que des idéologues, comme on l’observe ailleurs dans la région.

Il considère cependant que le danger est réel et compare le Burkina Faso à « une digue » face au terrorisme islamique. Son pays est condamné à le repousser pour éviter que toute la région ne s’embrase.

Devant la presse présente à l’issue de la visite, j’ai exprimé ma gratitude pour les propos très réconfortants du PAN sur l’action de la France au Sahel et salué son engagement à suivre la voie du Président du Faso dans sa volonté de mener à bien son entreprise de réconciliation nationale. +d’images

Délégation de l’Union européenne

Profitant de la venue à Ouagadougou de Frédéric Bontems, ambassadeur envoyé spécial de la France pour le G5 Sahel, Luc Hallade, ambassadeur de France au Burkina Faso, a convié les chefs de mission des États membres de l’Union européenne pour une rencontre à la Résidence de France.

Wolfram Vetter, ambassadeur et chef de délégation de l’Union européenne au Burkina Faso, était accompagné des ambassadeurs d’Allemagne, du Danemark, de Belgique, du Luxembourg, des Pays-Bas, de l’Autriche, d’Italie et de Suède.

Belle opportunité pour la France de partager des éléments d’information sur le prochain sommet du 15 février à N’Djamena et de prendre en compte la perception de nos partenaires européens.

Les propos de Frédéric Bontems ont démontré l’intérêt et la contribution de l’UE aux progrès de l’opération Barkhane.

Je me suis rendu le lendemain à la délégation de l’Union Européenne en compagnie de Nicolas Courtin, Deuxième conseiller. Accueillis par Wolfram Vetter, nous avons échangé sur les actions de l’UE en faveur de la paix, la stabilité et la sécurité.

Nous avons aussi évoqué les récentes élections présidentielles et législatives dans laquelle l’Union européenne s’est investie avec son programme d’appui au processus électoral. +d’images

Développement

ONG & AFD

A la faveur de la venue à Ouagadougou de Frédéric Bontems, ambassadeur envoyé spécial de la France pour le G5 Sahel, je me suis joint à deux réunions de travail dédiées à l’action de développement dans la région :

1 – A l’ambassade de France : rencontre avec les ONG humanitaires françaises (Action contre la faim, Acted, Première urgence international, Solidarité international, Oxfam, Médecins du Monde, Alima, Handicap International).

Face à la dégradation de la situation humanitaire au Burkina Faso, liée aux conséquences du changement climatique, aux pressions démographiques et à la dégradation sécuritaire, l’aide humanitaire française s’élève à près de 10M€ en 2020.

Les financements sont répartis entre l’aide bilatérale en soutien à des ONG locales et internationales (3.5M€) et les contributions aux organisations internationales (6M€).

D’après les représentants des ONG, les habitants du Sahel vivent une crise humanitaire majeure. Ils déplorent toujours plus de déplacés internes sans abri ou disposant d’un abri inadéquat.

L’État ne serait plus présent sur 30% du territoire. Leur objectif est donc d’avoir accès à ces zones pour organiser l’assistance humanitaire.

2 – Au siège de l’AFD : suivi de l’avancement du programme « 3 Frontières » dans les provinces du Nord et du Sahel, en présence notamment de Laurence Arnoux, conseillère culturelle ; Houcine Dahmane, conseiller régional de Coopération pour l’Afrique de l’Ouest ; Gilles Chausse, directeur AFD Burkina ; Amadou Barry, chef de projet 3F au GRET.

Le portefeuille de l’AFD au Burkina Faso compte 21 projets en cours d’exécution.

Le projet 3 Frontières (projet multi-pays de 33 M€) vise à contribuer aux efforts de stabilisation et de paix dans les territoires transfrontaliers du Burkina Faso, Mali et Niger, via un soutien au développement socio-économique et au renforcement de la cohésion sociale, tout en combinant appui aux collectivités locales, aux organisations de producteurs et associations.

Le projet a déjà permis la réalisation de certaines activités : dotations aux producteurs, construction de bâtiments administratifs, formations auprès d’organisations de producteurs. Au Burkina Faso, il concerne 24 communes des régions du Nord et du Sahel, pour un montant de 12M€. +d’images

Coopération

Inauguration du siège de la PAF

Participation à l’inauguration et à la visite du siège de la police aux frontières (PAF), en présence du ministre de la Sécurité, Ousséni Compaoré et de notre ambassadeur Luc Hallade.

J’ai été très sensible au discours du ministre Compaoré qui a remercié l’ambassade de France pour sa participation financière afin d’offrir un siège, flambant neuf et équipé, à la Division de la Police des Frontières de la DGPN burkinabè.

Le ministre a apprécié la fonctionnalité des locaux et le niveau d’équipement du bâtiment, destiné à améliorer les conditions de travail du personnel et de permettre à ceux-ci d’assurer leurs missions de manière performante. Un bel ouvrage qui contribue à renforcer les liens de partenariat entre nos deux pays. +d’images

HEBDOLETTRE n°115 – ÉDITO : L’éternelle détérioration encourageante (commerce extérieur) – UNION EUROPÉENNE – Interview de JC Lagarde (pdt UDI) – Élections à l’étranger : mon intervention salue les ÉLUS CONSULAIRES – CYBERSECURITE : ma communication au sujet de la cyberattaque de la plateforme Ariane du MEAE / Ma question à Jean-Yves Le Drian + réponse / Mes 3 cyber-priorités pour 2019 – BREXIT : ma question à Nathalie Loiseau + sa réponse – Colloque HYDRO-DIPLOMATIE : mon discours d’ouverture (Tigre et Euphrate) – L’écho des CIRCOS de Janvier 2018 – En circonscription en ÉTHIOPIE – Addis Abeba (9-11 janv. 2019) – En circonscription à DJIBOUTI (05-08 janv. 2019) – MEDIAS : France 2 : JT 20H / TV5 (24 heures chrono de l’International) / Ici Londres / French Morning London

Lire : l’HEBDOLETTRE n°116 – 12 fév. 2019Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Edito de l’HebdoLettre n°116

L’éternelle détérioration encourageante

Annoncé le 7 février dernier à -59,9 Mds d’euros, le déficit du commerce extérieur s’aggrave. Le solde 2018 est le 4ème plus mauvais résultat enregistré au cours des 30 dernières années, derrière les années de crise (2011-2013).

Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, s’est pourtant félicité d’une performance « encourageante ». Et d’ajouter dans un communiqué que « les exportations françaises continuent de progresser. Hors facture énergétique, le déficit commercial se résorbe de plus de 12% ».

En fait, ce déficit commercial hors énergie 2018 est notre deuxième plus mauvais résultat dans ce domaine. En matière de commerce extérieur français, la seule certitude est la tonalité constamment positive de nos déclarations pour annoncer… des résultats décevants.

Voici comment Christine Lagarde, ministre déléguée au Commerce extérieur présentait ses résultats devant l’Assemblée nationale le 14 février 2007 : « Le montant du déficit est donc de 29 milliards d’euros, soit 7 milliards de plus qu’en 2005 – mais moins que l’augmentation de la facture pétrolière entre 2005 et 2006. Ainsi, hors aggravation de la facture pétrolière, la tendance est à la réduction du déficit. »

Erreur ! Un an plus tard, la balance du commerce extérieur hors énergie avait chuté de plus de 15 Mds€. Fin 2012, Nicolas Sarkozy laissera à son successeur un déficit pointant à -15,3 Mds€.

En septembre 2013 à Londres, Nicole Bricq, alors ministre du Commerce extérieur, annonçait qu’elle devait équilibrer la balance commerciale (hors énergie) de la France, d’ici la fin du quinquennat de François Hollande. Objectif : combler le trou créé sous Nicolas Sarkozy. Raté !

Le gouvernement socialiste a renouvelé la performance de ses prédécesseurs et doublé le déficit dans ce domaine avec -36,2 Mds€ en 2017. Un record ! Match nul entre les protagonistes des deux quinquennats dans tous les sens du terme.

Visuel HL110

Il y a près d’un an, j’accueillais Christophe Lecourtier, DG de Business France, et Arnaud Vaissié, président du réseau CCIFI, pour débattre avec nos conseillers consulaires de la stratégie gouvernementale en faveur de l’export des PME, présentée par Edouard Philippe. Le double objectif annoncé par le Premier ministre était de rationaliser le réseau d’appui à l’exportation, à travers la création d’un guichet unique, et aussi d’augmenter le nombre des entreprises exportatrices en visant le chiffre de 200.000 d’ici la fin du quinquennat.

Dans son communiqué, Jean-Baptiste Lemoyne déclare que « le nombre d’entreprises exportatrices est à son plus haut niveau depuis 2003. » Ce nombre est de 125.283 en 2018… soit seulement 206 de plus qu’en 2014.

Si les mesures techniques décidées en faveur de l’export par le gouvernement vont dans le bon sens, j’avais pointé, dès l’an dernier, l’absence de corrélation entre les mesures proposées et le nécessaire rétablissement de la balance commerciale à court terme.

Sans décisions fiscales et sociales fortes, nos entreprises persisteront à organiser leurs opérations internationales depuis des pays à l’environnement plus favorable, tandis que nos ministres continueront à commenter quelques statistiques flatteuses pour cacher la forêt du déficit. Découvrir l’HebdoLettre n°116

En circonscription en Éthiopie – Addis Abeba (9-11 janv. 2019)

Première visite en Éthiopie qui se définit comme le pays qui a 13 mois de soleil !

Je remercie Frédéric Bontems, ambassadeur de France auprès de l’Éthiopie, qui m’a accueilli à la Résidence et facilité mon parcours.

Lors de mes rencontres avec les autorités, la construction du barrage géant, dit de la Renaissance, sur le Nil bleu fut régulièrement évoquée. Ce projet hydroélectrique est une source de crispations politiques avec certains pays traversés par les eaux du Nil.

Des problématiques qui me sont devenues familières après avoir co-organisé, avec Fadi Comair, président de Medurable, quatre éditions d’un colloque consacré à « l’hydro-diplomatie et le changement climatique pour la paix en Mésopotamie » : Oronte (2015), Jourdain (2016), Nil (2017) et Tigre & Euphrate (2018).

Politique

Ministre de l’eau

Rencontre avec Frehiwot Woldehanna, ministre de l’Eau, entouré d’une équipe d’experts de son ministère pour évoquer l’avancée des travaux du fameux barrage de la Renaissance. Ce projet est déterminant pour le développement du pays qui fonde ses ressources énergétiques sur l’hydroélectricité.

Ce barrage est source de tension avec l’Égypte qui craint la baisse du débit du Nil. La visite du Premier ministre Abiy Ali Ahmed au Caire en juin dernier, suivie d’une rencontre tripartite des ministres de l’Eau égyptien, éthiopien et soudanais, à Addis Abeba, le 25 septembre 2018 ont permis d’aplanir les dissensions : un accord sur le plan de remplissage du barrage entre les trois pays est sur la table, attendant l’accord de l’Égypte. + d’images

Ministère des Affaires étrangères

Entretien privilégié avec Hirut Zemene, secrétaire d’Etat au ministère des Affaires étrangères pour évoquer la politique étrangère d’Abiy Ali Ahmed, depuis sa prise de fonctions en avril 2018.

Il faut déjà mettre à l’actif du nouveau Premier ministre, âgé de 42 ans, un rapprochement historique avec l’Érythrée qui a conduit à signer un accord de paix.

Mme Zemene s’est réjouie de la perspective d’un déplacement du président Macron en Éthiopie, en mars prochain, saluant sa jeunesse et son volontarisme réformateur, des qualités se reflétant chez son Premier ministre. + d’images

Parlement

Réunion avec Mohammed Yusuf Omer, pdt du groupe d’amitié parlementaire Éthiopie-France, et Tesfaye Daba Wakjira, pdt de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale éthiopienne.

Mes interlocuteurs se réjouissent de la pacification des rapports avec leurs voisins érythréens, mais toute leur attention se porte sur le déplacement de 3 millions d’habitants à l’intérieur du pays et aux frictions intérieures qui en découlent.

Nous avons évoqué le barrage de la Renaissance qui va être le plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique. Une fierté nationale associée à un grand effort collectif : les parlementaires m’ont confié que chacun est tenu de contribuer à son financement. Dans leur cas, cela représente 5 mois de salaire…

Rappelons qu’en Éthiopie, le revenu par habitant est l’un des plus faibles du monde (174ème rang sur 187).

L’ambassade de France a organisé cette rencontre dans le restaurant-hôtel Le Louvre, tenu par un compatriote, point de ralliement de notre communauté lors de la dernière la coupe du monde de football. + d’images

Ambassadeur de l’Union européenne

L’ambassadeur de l’UE, Johan Borgstam, a souligné les avancées du pays en matière de démocratisation depuis le changement de régime. Le Premier ministre, Abiy Ali Ahmed, s’attelle aussi à libéraliser certains secteurs de son économie.

Cela étant, Johan Borgstam ne m’a pas caché les nombreuses fragilités de l’Éthiopie, à commencer par l’augmentation de sa dette publique, même au regard d’une croissance de 8% environ.

Classé parmi les pays les moins avancés (PMA), l’Éthiopie s’est fixé pour but de rejoindre le groupe des pays à revenus intermédiaires en 2025. + d’images

Entrepreneuriat

CAFE et CCEF

Une trentaine d’entreprises françaises sont présentes en Éthiopie. Elles y emploient près de 3000 personnes. J’ai rencontré les membres du bureau exécutif du CAFE (Club d’affaires franco-éthiopien) et quelques CCEF (Conseillers du commerce extérieur France).

Si leurs préoccupations sont liées au climat des affaires (le manque de devises, les contrôles fiscaux aux redressements vertigineux…), nos entrepreneurs s’entendent sur l’étendue des perspectives offertes par ce marché de 100 millions d’habitants.

Du reste, avec un solde commercial excédentaire pour la France (791,6 M€ en 2017), l’Éthiopie est devenue le 3ème marché de la France et son premier excédent commercial en Afrique subsaharienne.

Mais pour prétendre s’implanter avec succès, il faut être une PME de taille significative, a soutenu Olivier Poujade, fondateur du cabinet conseil Eastgate (14 personnes).

Par ailleurs, j’ai dîné avec dix VIE (Volontaires internationaux en entreprise) qui ont tous témoigné avec enthousiasme de leur expérience dans ce pays. + d’images

Ethiopian Airlines

Créée il y a plus de 70 ans, Ethiopian Airlines est devenue une véritable institution sur le continent africain. 315 vols décollent chaque jour de la capitale, aux allures d’un gigantesque hub. La compagnie a transporté 11 millions de passagers en 2018 et 400.000 tonnes de fret.

Henok Teffera, VP stratégie planning et alliances, m’a confié que sa flotte allait s’étoffer de 24 Airbus. 10 appareils ont déjà été livrés !

Après le siège social, j’ai visité le centre d’entraînement des pilotes, doté de simulateurs de vols correspondant à tous les types d’appareils en service chez Ethiopian Airlines. C’est là que j’ai eu le bonheur de piloter, comme en vrai, un Airbus 350 en le faisant décoller et atterrir sur l’aéroport d’Heathrow. Mémorable !

J’ai ponctué ma visite avec l’Académie de formation du personnel de bord qui accueille 4000 élèves par an. + d’images

Communauté française

Ambassade

En marge de ses missions, notre ambassadeur de France en Éthiopie, Frédéric Bontems, cherche des solutions pour entretenir et valoriser les 37 hectares de végétation de sa Résidence.

Le poste diplomatique serait en mesure de réaliser ses propres recettes en encaissant des loyers propres à financer l’entretien de ses espaces et à les valoriser pour conforter notre action, sans puiser dans les deniers publics. Mais cela nécessiterait de revenir sur les principes de la comptabilité publique… Mon dossier prioritaire en Ethiopie sera l’appui à l’Ambassade pour que l’exemple de la résidence d’Adis-Abeba serve à améliorer la gestion de notre parc immobilier à l’étranger (ambassades, résidences…), instrument de notre rayonnement.+ d’images

Consulat

Notre consul, Julien Riom, m’a fait visiter ses installations, en compagnie de Dominique Petit, conseiller consulaire qui réside à Addis Abeba.

Un millier de nos compatriotes sont enregistrés au consulat et 10.000 Français tout de même viennent chaque année visiter le pays. La haute altitude (2500 mètres pour la capitale) provoque parfois des crises cardiaques dans un contexte sanitaire assez éloigné de nos standards nationaux.

Le service des visas, lui, a doublé sa production en deux ans pour atteindre 5000 visas délivrés en 2018. Le taux moyen de refus s’élève à 25% et même 75% pour les demandes de regroupement familial. + d’images

Enseignement

Lycée Guebre-Mariam

Accueilli par Jean-Christophe Torres et l’équipe de direction, j’ai fait la visite du lycée franco-éthiopien Guebre-Mariam, géré par la MLF (Mission laïque française).

Créé en 1947, l’établissement accueille 1821 élèves de la maternelle au lycée.

C’est une immense fierté que le général de Gaulle soit venu deux fois sur place : en 1953, puis en 1966 lorsqu’il est devenu président de la République.

Ma visite a été suivie d’une rencontre-débat avec M. Groume, président de l’association des parents d’élèves et Mme Amakaletch, présidente de l’association des anciens élèves, ainsi que des représentants élus du personnel au conseil d’établissement.

Pour terminer, j’ai eu le plaisir de discuter avec les représentants des élèves. Ils m’ont dit que l’augmentation des frais universitaires en France, pour les étrangers, les incitaient à envisager d’autres destinations… + d’images

Culture

Alliance française

Alliance française d’Addis Abeba est l’une des plus belles du monde.

Présidée par Amde Akalework et dirigée par Christian Merer, elle attire 4000 étudiants en langue française. Une démarche d’apprentissage du français via le numérique a été engagée.

L’Alliance assure également un programme de formation des enseignants, à travers un diplôme universitaire « français langue étrangère ».

J’ai pu prendre la mesure de l’impact culturel de cette AF, puisqu’elle organisait, le soir de mon passage, un concert qui a réuni plus d’un millier de personnes. + d’images

Culture

Centre français des études éthiopiennes & Musée

Créée en 1955, la Mission archéologique en Éthiopie est devenue, en 1997, le Centre français des études éthiopiennes (CFEE). J’ai échangé avec l’équipe des chercheurs au sein de leur siège à Addis Abeba.

Le Dr Clément Menard, secrétaire scientifique et archéologue, m’a fait une visite guidée du musée national d’Éthiopie, en présence de Bertrand de Seissan de Matignon, Deuxième conseiller.

Le musée est réputé pour ses fossiles hominidés, comme Lucy ou Selam. Sur place, le CFEE a fait un remarquable travail de mise en valeur qui conduit tous les publics à être fasciné par ces fossiles.

Le monde entier connait Lucy dont le squelette, complet à 40%, est vieux de 3,2 millions d’années. Cette australopithèque a été découverte en 1974 sur le site de Hadar en Éthiopie. + d’images