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Premières Rencontres des écoles FLAM, dimanche 16 juin à Londres

Ce sera une grande première et une journée passionnante en perspective pour toutes les personnes impliquées dans un programme Flam (Français langue maternelle) et, a fortiori, pour les membres des équipes pédagogiques.

Je vous invite à venir mettre en commun vos problématiques et vos ressources, dans ce cadre :

Premières Rencontres des Ecoles FLAM
Dimanche 16 juin 2013, de 10h00 à 18h00
dans les salons de l’Institut français à Londres

Le thème retenu cette année est le suivant : les défis des écoles FLAM. Les parents d’élèves qui ambitionnent d’ouvrir une de ces « petites écoles du samedi » ont tout intérêt à venir entendre ceux qui les ont précédés dans cette voie.

Divers ateliers et animations vous seront proposés au long de la journée qui se conclura par une table ronde. Enfin, cette session se poursuivra autour d’un buffet, permettant de nous retrouver ou de faire connaissance.

« Cette journée est une première en son genre car elle vous convie à partager vos expériences Flam, pédagogiques avant tout, mais pas exclusivement » nuance Yves Letournel, attaché de coopération pour le français à l’ambassade de France, et l’instigateur de ces « rencontres ».

Je partage avec Yves Letournel l’idée qu’il faut donner la parole à l’expérience. Chaque école Flam témoigne de sa spécificité et de sa propre ingéniosité pour dépasser les difficultés. Je me réjouis de l’esprit d’initiative des parents d’élèves du Royaume-Uni qui ont déjà créé une cinquantaine d’écoles, rassemblant 3000 jeunes élèves au service du rayonnement de la langue et de la culture françaises (lire : « Au Royaume-Uni, le nombre d’écoles Flam a été multiplié par 4 depuis 2008 ! » du 24 décembre 2011).

Ce développement vigoureux s’inscrit dans le cadre du troisième objectif du plan Ecole, né en 2008, et il s’accompagne du travail de terrain de vos élus et de l’Administration que vous aurez l’occasion de rencontrer le 16 juin prochain.

Fort de ce soutien qui ne saurait être remis en cause, nous souhaitons néanmoins avec Yves Letournel que ces rencontres soient le prélude d’une prise en main de ce genre d’événement par les écoles Flam, elles-mêmes. On peut imaginer dès à présent la création d’un comité d’organisation des Rencontres Flam 2014. « Il faut que ces écoles coordonnent leurs efforts et mutualisent leurs ressources », justifie Yves.

Qu’en pensez-vous ? Et si nous en parlions le 16 juin ?

Inscriptions – attention le nombre de place est limité ! –
Merci de laisser vos coordonnées et de préciser si vous participerez au buffet
Le programme détaillé vous parviendra dès qu’il sera finalisé
Adresse : yves.letournel@diplomatie.gouv.fr

Photo Flickr de Blue Funnies

L’héroïne de Woolwich

J’ai écrit jeudi dernier à Ingrid Loyau-Kennett, une mère de famille française établie au Royaume-Uni, pour saluer son courage et son sang froid.

Son acte héroïque fait la fierté de notre communauté.

Présente sur le lieu de l’attentat au sud-est de Londres, Ingrid Loyau-Kennett s’est d’abord approchée de la victime au sol pour tenter de lui prendre son pouls. Puis, elle s’est dirigée vers l’un des meurtriers pour dialoguer. « J’ai pensé qu’il valait mieux que les armes soient pointées sur une seule personne et non sur le reste des passants et des enfants qui commençaient à sortir des écoles », a-t-elle expliqué. Lire : « Ingrid Loyau-Kennett, la femme qui a défié les tueurs islamistes du soldat égorgé à Londres » – Direct matin du 23 mai 2013

Nous sommes solidaires de la peine des Britanniques et témoignons toute notre compassion aux proches de la victime, le soldat Lee Rigby.
Photo : Inside Croydon

Coup de chapeau à Avenue des Ecoles pour sa synthèse consacrée à la réunion du plan Ecole de l’UFE GB

Le site Avenue des Ecoles, dédié à l’éducation à Londres, vient de publier un remarquable compte-rendu de la réunion annuelle de l’UFE GB consacrée au plan Ecole.

Un grand merci à Sabine Cros et Anne Bioche, co-fondatrices du site pour la qualité de leur information. Je vous recommande de visiter leur site et de vous abonner à leur lettre d’information, si ce n’est déjà fait.

Lire le rapport : « Français de Londres, informez vous« .

Photo Flickr de Olivier Bacquet

Soutenez le « Primary French Project » pour favoriser l’apprentissage du français au Royaume-Uni dès l’âge de 7 ans

J’ai le grand plaisir de vous annoncer le lancement du « Primary French Project Partnership », un accord de coopération en faveur de l’apprentissage de la langue française dans les écoles primaires britanniques, impliquant trois organismes : l’Institut français du Royaume Uni, l’Association for Language Learning (ALL) et le Network for Languages.

Ces trois partenaires vont travailler dans la perspective du 1er septembre 2014, jour où une langue étrangère deviendra obligatoire dès l’âge de 7 ans dans l’enseignement britannique. L’objectif commun est de concevoir et diffuser une pédagogie pour le primaire (Key Stage 2 Programme of Study for Languages) incluant la formation des enseignants.

« C’est un projet magnifique » se félicite Yves Letournel, l’initiateur de cette démarche, attaché de coopération pour le français au service culturel de l’ambassade de France et à l’Institut français. Un projet dont les rôles sont partagés selon le savoir-faire et les avantages de chacun. « Grâce au Network for Languages et à l’Institut français, nous commencerons à former les futurs enseignants dès septembre 2013 ; tandis que le réseau de ALL diffusera l’information ». Soulignons l’importance stratégique du ALL, l’association des professeurs de langues étrangères, qui a prévu d’activer tous ses leviers de communication.

Pour élargir l’enseignement du français au sein du Royaume-Uni, Yves Letournel  a voulu une solution pérenne, propre à perdurer le jour où son mandat d’attaché linguistique prendrait fin. « 17.000 établissements où le français est enseigné, un seul attaché linguistique au mandat limité dans le temps… j’ai considéré qu’un partenariat avec nos collègues britanniques était la meilleure solution », sourit-il. Yves a également veillé à recruter une experte, Catherine Cheater, qui se concentre désormais sur ce dossier de partenariat.

La CultureThèque de l’Institut français deviendra le hub numérique au cœur de ce dispositif.

Dans le cadre de la préparation du « Curriculum des primary schools » pour la rentrée 2014, je vous propose de nous aider à diffuser ce communiqué (14-03-2013 Press ReleasePrimaryFrenchPartnership – fichier pdf) auprès de tous les acteurs de la vie scolaire : enseignants, parents, chefs d’établissement… et de leur communiquer cette adresse pour tout renseignement : primaryfrench@institutfrancais.org.uk.

Par cette action, vous favoriserez  le développement de l’apprentissage du français au Royaume-Uni.

 

Emploi : Un métro transmanche nommé désir !

Le 16 mai dernier notre ancien consul général à Londres Edouard Braine, aujourd’hui conseiller diplomatique du gouvernement, est venu rendre une visite toute amicale aux entrepreneurs français du Kent, à Ashford. Ayant prévu d’assister ce jour-là au « Red Carpet Day » de L’UFE Corporate, reporté au 10/10/13 à Paris, Edouard Braine a maintenu son déplacement pour retrouver sans attendre les créateurs d’emploi du Kent. Une démarche à laquelle s’est volontiers associée Catherine Fournier, maire de Fréthun, toujours en quête d’idées et bonnes pratiques pour développer l’emploi (lire : « Les 2èmes Rencontres jobs transfrontaliers tiennent leurs promesses » du 18 octobre 2011).

David Rosenberg, dirigeant de SBE que j’ai le bonheur de rencontrer régulièrement depuis une quinzaine d’années nous a une nouvelle fois ouvert ses portes. La société française de réparation d’appareils informatiques, premier employeur d’Ashford (Kent) se porte bien, remarquablement bien.

Chez SBE à Ashford (Kent), le 16 mai 2013 : David Rosenberg, directeur de SBE UK ; Olivier Cadic ; Edouard Braine, conseiller diplomatique du gouvernement ; Jean-Claude Cothias, Consultant en developpement International ; Catherine Fournier, maire de Fréthun

« C’est la dynamique anglaise qui booste les résultats du groupe SBE qui emploie 1,500 personnes », indique David. Il y a 18 mois, il a annoncé la création d’une filiale canadienne à Toronto lors de la conférence de l’UFE Corporate (lire : « Conférence UFE Corporate (1) : SBE marque les esprits » du 21 octobre 2011). « On est parti de zéro pour arriver à 400 personnes, en quelques mois », annonce David. Après avoir conquis sans coup férir 60% du marché canadien, l’Australie est désormais dans sa ligne de mire…

Seulement voilà, SBE peine à recruter ! Pourtant, à quelques battements d’ailes de mouette de ses ateliers d’Ashford, « Calais se débat dans un chômage structurel », déplore Edouard Braine. Constat, SBE compte très peu de collaborateurs français alors qu’ils sont une majorité venus des lointains pays d’Europe de l’Est.

C’est rageant, mais « le Pôle Emploi n’est pas linké avec le Job Center » résume David Rosenberg. Cet organisme continue de travailler le dos tourné à la mer au nom « des blocages institutionnels » soulignés par Edouard Braine.

Il n’en fallait pas moins pour raviver la conversation autour de ce merveilleux projet de « métro transmanche » pour lequel je milite depuis fin 2007. Rien à voir avec l’Eurostar, en termes de cible voyageur et de prix de transport.

Rappelons qu’il est question de créer une navette journalière entre le Calaisis et le Kent destinée à transporter des passagers pour un prix modique. Cela créerait une nouvelle génération de travailleurs transfrontaliers. Dans ce schéma, la région Nord-Pas-de-Calais mettrait à disposition des trains régionaux qui feraient l’aller-retour, en une demi-heure, entre la station TGV Calais-Fréthun et celle d’Ashford empruntant le tunnel sous la Manche seulement utilisé à la moitié de ses capacités !

Conquis par cette idée, Edouard Braine avait fait du métro transmanche un objectif majeur de notre plan Emploi.

Le métro transmanche verra-t-il bientôt le jour ? Les Français du Nord-Pas-de-Calais pourront-ils traverser la frontière le matin et rentrer chez eux le soir même, avec la même évidence que les Alsaciens employés en Allemagne ? Pourtant adoubé par le précédent gouvernement grâce au soutien de la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam (lire : « Le gouvernement acquiesce au projet de métro transmanche » du 14 décembre 2011), le chantier fait les frais des « conservatismes et petitesses françaises », stigmatise Edouard Braine

Avant de devenir un projet économique, le projet est éminemment politique. C’est dire s’il doit suivre une progression sinueuse contournant les rigidités administratives, esquivant les rivalités de personnes et aplanissant les querelles de clochers.

L’idée du métro transmanche a la force de l’évidence, mais il lui manque certainement un soutien populaire propre à interpeller les élus locaux, uniquement centrés sur des projets qui leur garantissent des retombées électorales personnelles, comme une crèche ou une ligne de tramway. Faciliter l’emploi au niveau régional grâce au métro transmanche ne peut aboutir sans une mobilisation de toutes les parties prenantes dans le cadre d’un plan qui converge vers l’intérêt général et seulement cela (lire : « Le métro transmanche s’invite sur France 3″ du 23 novembre 2011).

Catherine Fournier, Edouard Braine et moi-même sommes convaincus qu’il est urgent de recréer une dynamique d’optimisme et de réalisation en France. Ce projet constitue un merveilleux espoir de développement transfrontalier.

Depuis son retour en France, Edouard Braine mobilise toutes les énergies coté français pour repartir de l’avant.

Pour ma part, je participerai à un débat le jeudi 23 mai 2013 à Boulogne sur Mer, organisé par le Cercle Côte d’Opale Synergie. Ses animateurs Thaddée Segard et Thierry Degraeve militent sans relâche depuis des années en faveur de cette navette transmanche. Le thème : « les atouts et opportunités de la coopération transfrontalière ».

Frédéric Cuvillier, ministre chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, constatera alors que nous poursuivons tous notre action en faveur de ce métro transmanche avec ténacité et constance, dans un esprit de consensus et d’unité qui transcende tous les courants partisans !

Les médias se font l’écho de la 5ème réunion publique du plan Ecole de l’UFE GB

Les Echos, Le Petit Journal, Europe1, Radio Classique, Sud Radio, et même le 20 h00 de France 2… la problématique de l’enseignement français au Royaume-Uni suscite l’intérêt des médias et met en lumière le travail ardu et patient des acteurs du plan Ecole.

A l’origine de cette vague médiatique, la 5ème réunion publique annuelle sur le plan Ecole du 2 mai dernier, organisée par l’UFE GB, l’Union des Français de l’étranger de Grande-Bretagne et que j’ai eu l’honneur de co-animer avec Sophie Routier.

Dans le précédent billet, j’ai rendu compte en détail de l’évolution de l’objectif 1 du plan Ecole, initié en 2008, qui ambitionnait d’augmenter de 500 par an les places offertes dans l’enseignement français au Royaume-Uni (lire : « Plan Ecole : comment redynamiser l’enseignement français à l’étranger ? » du 10 mai 2013).

Cinq ans plus tard, la dynamique du plan Ecole a abouti à la création de 955 places soit près de 200 places par an, grâce en particulier à la création du Collège français bilingue de Londres (CFBL) à Kentish Town, avec en ligne de mire l’ouverture d’un établissement secondaire à Brent à la rentrée 2015 (lire : « Le troisième collège français de Londres ouvrira à Brent » du 19 décembre 2012).

Les progrès enregistrés par le plan Ecole sont historiques et chacun doit s’en réjouir. Mais le rythme trop lent du déploiement de l’enseignement français à Londres ne peut être ignoré. L’article des Echos de Nicolas Madeleine met opportunément l’éclairage sur les conséquences négatives de cette situation. Je ferai des propositions pour lever les obstacles au développement de l’enseignement en français à l’étranger lors de la prochaine assemblée générale du plan école prévue le 10/6/13.

A l’heure du bilan, je voudrais vous rappeler les deux autres axes de progression du plan Ecole :
Objectif 2 : Doubler en 5 ans le nombre d’établissements offrant un enseignement bilingue français-anglais au Royaume-Uni.
Objectif 3 : Faire des associations du programme Flam le premier maillon d’un enseignement bilingue.

« Les établissements bilingues et les écoles Flam : deux alternatives porteuses de sens », résume adroitement Caroline Boeuf, dans son article publié dans Le Petit Journal.

A propos de l’enseignement bilingue, la journaliste rappelle justement que « ce concept s’est déjà concrétisé avec l’ouverture en 2012 de l’École européenne de Culham, près d’Oxford. Une nouvelle école secondaire internationale verra également le jour en septembre prochain à Greenwich. Cet établissement bénéficiera, comme l’école de Culham, du statut de « free school », c’est à dire une école gratuite et non-sélective. » (Lire aussi : « Inauguration officielle de l’Europa School UK » du 30 septembre 2012 & « Feu vert pour l’International Academy of Greenwich, « Free School », inscrivez-vous avant le 11/02/13″ du 28 novembre 2012). Comme je l’avais souhaité lors de la réunion du comité de pilotage du plan Ecole, un groupe de travail de l’objectif 2 se réunira le 22/5/13 autour de Laurent Batut, conseiller culturel adjoint.

Au sujet du troisième objectif, le programme Flam, Français langue maternelle, « premier maillon d’un enseignement bilingue », j’ai rappelé qu’en 2007, le Royaume-Uni comptait douze écoles Flam. Yves Letournel, Attaché de coopération pour le français en recense trente-huit aujourd’hui. Ces associations, créées par des parents d’élèves, s’inscrivent dans ce réseau qui rassemble plus de 3000 élèves. Ces « petites écoles du samedi » s’adressent aux parents qui souhaitent que leurs enfants gardent un contact avec la langue française durant leur expatriation. » (Lire aussi : « Au Royaume-Uni, le nombre d’écoles Flam a été multiplié par 4 depuis 2008 ! » du 24 décembre 2011). Les prochaines rencontres FLAM auront lieu le 16/6/2013 à l’Institut Français à Londres.

Je vous invite à lire les articles suivants:

Les Echos
« A Londres, les écoles françaises sont prises d’assaut »
du 9 mai 2013
Plus de 700 demandes d’inscription n’ont pas pu être satisfaites. L’administration française est accusée de freiner les initiatives privées. Les écoles françaises de Londres n’ont pas assez de places pour accueillir l’afflux croissant d’enfants expatriés. Et l’administration française est un frein au développement de nouveaux établissements, même privés. C’est le message que martèle Olivier Cadic, un élu UDI à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) au Royaume-Uni. (…) Lire la suite de l’article de Nicolas Madelaine

Le petit Journal
« Plan Ecole – 5 ans, un bilan et des projets »
du 9 mai 2013
Jeudi 2 mai s’est déroulée la cinquième réunion annuelle du Plan École, un projet créé il y a cinq ans pour faire croitre le nombre de places dans l’enseignement français en Grande-Bretagne et impliquant différents acteurs de la la société civile. L’occasion de faire le bilan des initiatives menées pour améliorer la capacité de scolarisation des enfants français au Royaume-Uni (…) Lire la suite de l’article de Caroline Boeuf

Europe1
« Londres : les écoles françaises bondées »
du 10 mai 2013
Trop peu d’écoles françaises au Royaume-Uni ? C’est du moins ce que déplore Olivier Cadic, un élu UDI à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) au Royaume-Uni, interrogé par Les Echos. Selon lui, les écoles françaises de Londres n’ont pas assez de places pour accueillir le nombre croissant d’enfants expatriés. Et l’administration française rechigne à mettre en place de nouveaux établissements. Lire la suite de l’article

Photo Flickr de Amanda-Esque

Saisine du Conseil constitutionnel contre la prorogation du mandat des élus à l’AFE

La nuit dernière, l’Assemblée nationale a décidé de proroger d’une année supplémentaire le mandat des élus de l’AFE, l’Assemblée des Français de l’étranger, des zones Asie et Europe (série B). Au nom de leurs groupes, les députés Claudine Schmid (UMP) et Gilles Bourdouleix (UDI) se sont vivement opposés à cette loi qui « bouleverse une fois encore les calendriers électoraux et les modes d’élections ».

Ce texte avait été précédemment voté au Sénat, dans les mêmes termes, malgré la vive opposition des sénateurs UMP, UDI-centristes et non-inscrits.
C’est sans surprise que cette loi se retrouve désormais sur le bureau du Conseil constitutionnel, saisi ce matin par 97 sénateurs UMP, dont 8 représentants des Français de l’étranger (lire : « Réforme de l’AFE : passage en force du gouvernement » du 22 mars 2013).

On se souvient que le sénateur des Français établis hors de France, Christophe-André Frassa, soutenant la motion d’irrecevabilité de Joëlle Garriaud-Maylam, avait souligné en séance au Sénat que la discussion du projet de loi avait lieu le jour même où le gouvernement aurait dû publier l’arrêté convoquant les électeurs pour le renouvellement des élus appartenant à la série B, dont le mandat vient à échéance le 18 juin prochain (lire : « AFE : Un référé pour exiger la tenue des élections comme prévues ! » du 10 avril 2013).

Le recours devant les Sages peut se résumer en quatre points, finement motivés par les parlementaires dans un ultime espoir pour faire respecter les principes élémentaires du droit républicain (Saisine-CC_2013-05-15_PJL-Prorogation, fichier pdf) :
1. La prorogation remet en cause le droit constitutionnel de suffrage, ici au droit des électeurs d’exercer leur droit de suffrage selon une périodicité raisonnable
Le recours explique que « cette accumulation de mesures totalement inédite sème le trouble dans l’esprit des électeurs, qui n’ont plus aucune certitude sur la durée effective du mandat des candidats ou listes pour lesquels ils votent. Il y a donc ici une atteinte aux droits des électeurs garantis par l’article 3 de la Constitution. »
2. La prorogation a un caractère discriminatoire et viole le principe constitutionnel d’égalité
Il est ici question d’égalité des élus devant la loi, puisqu’il y a une différence de traitement entre les élus de la série A (zone Afrique-Amérique) et ceux de la série B (zones Asie et Europe).
3. La prorogation a pour effet de valider rétroactivement une illégalité flagrante de la législation en vigueur commise par le gouvernement, cette validation étant contraire à la Constitution
4. En cas de non-conformité à la Constitution de la loi déférée, on ne se trouverait pas devant un vide législatif, mais le Gouvernement aurait l’obligation de faire procéder aux élections de la série B

La saisine du Conseil constitutionnel est la suite logique du référé intenté auprès du conseil d’Etat qui l’a rejeté (lire : « AFE : Le conseil d’état rejette la requête du sénateur Frassa » du 12 avril 2013).

Comme je l’ai indiqué précédemment, rien n’empêchait le gouvernement de respecter cette année le calendrier des élections dans le cadre d’un mandat de 3 ans, afin de faire coïncider la fin du mandat des élus AFE Europe & Asie avec celui des élus AFE Afrique & Amérique.

Pour des raisons purement politiciennes, le gouvernement a tenu à précipiter la réforme de l’AFE (lire : « Les raisons cachées de la réforme de l’AFE » du 10 mars 2013).

En cas d’annulation par le Conseil constitutionnel de la prorogation du mandat, les élections de l’AFE devront être convoquées avant la fin de l’année.

Photo Flickr de ActuaLitté

La Casa, un nouveau prélèvement sur la retraite

Peut-être avez-vous remarqué un nouveau prélèvement sur votre retraite d’avril, versée en mai ? Il s’agit de la Casa, un joli acronyme qui signifie Contribution de solidarité pour l’autonomie.

Son taux s’élève à 0,3% et son but est de financer l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), autrement dit la prise en charge des personnes âgées privées de leur autonomie.

Ce nouveau prélèvement social, issu de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2013, est évoqué par la CNAV (Caisse nationale d’assurance vieillesse) dans sa nouvelle lettre d’information destinée aux Français de l’étranger (lire : LIFE_Avril-Mai_2013).

Heureusement, il est aussi question de revalorisation dans ce document entièrement consacré aux chiffres de la retraite 2013.

Pour en savoir plus sur les prélèvements sociaux, vous pouvez aussi consulter le site www.lassuranceretraite.fr

Photo Flickr de Pete Gibbons

Plan Ecole : comment redynamiser l’enseignement français à l’étranger?

L’UFE GB, l’Union des Français de l’étranger de Grande-Bretagne, a organisé jeudi 2/05/13 sa 5ème réunion publique annuelle sur le plan Ecole. J’ai co-animé la réunion avec Sophie Routier, en charge du pôle Enseignement au sein de l’UFE GB et membre du Board du collège français bilingue de Londres (CFBL).

Fidèle à mon engagement pris lors du lancement du plan Ecole, en juin 2008, cette réunion publique permet d’évaluer chaque année les progrès de cette action collective en faveur du développement de l’enseignement français au Royaume-Uni et d’en débattre avec tous ceux qui le souhaitent (lire : Texte Intervention OC 19 06 2008 d’Olivier Cadic, lors de la rencontre-débat UFE GB du 19 juin 2008 – ficher pdf).

Je remercie Sabine Paradis et Isabelle Faulkner co-fondatrices de l’EIFA (Ecole Internationale Franco-Anglaise) de nous avoir permis d’organiser notre dernière rencontre dans leurs locaux flambant neufs. Cette nouvelle école londonienne ouverte en janvier 2013 accueillera déjà plus de cent dix élèves dès la rentrée de septembre 2013. L’ouverture de l’EIFA marque l’arrivée à Londres de la Mission laïque française (MLF), deuxième opérateur français éducatif dans le monde dont le slogan est «deux cultures, trois langues».

En 2008, notre objectif initial était de créer 1500 places nouvelles dans l’enseignement français sur une période de trois ans, au rythme de 500 créations annuelles, pour s’ajuster au volume de la demande insatisfaite de l’époque. Le plan Ecole vise donc à trouver les moyens d’accroître l’offre par une démarche maitrisée et constante. Cinq ans plus tard, nous pouvons revendiquer la création de 955 places, soit une moyenne de 200 unités supplémentaires par an et une augmentation de 21% de la capacité d’accueil des établissements.

Nous sommes encore loin de l’objectif initial.

Voici le bâtiment qui va accueillir le 3ème établissement secondaire français de Londres, à Brent, près de Wembley, en septembre 2015

Toutefois, il faut saluer le travail accompli avec la création du Collège français bilingue de Londres (CFBL) à Kentish Town et l’ouverture programmée à Brent, près de Wembley, d’un établissement qui représentera à la fois un troisième collège  et un second lycée à Londres, en septembre 2015. Forts de ces succès, qui rompent avec les années d’immobilisme, la mise en œuvre du plan Ecole fournira bien les 1500 places promises, au bout de sept ans certes, au lieu de trois…

Il faut se réjouir de tels progrès et je rends un vif hommage à tous ceux qui s’impliquent au quotidien dans le cadre du plan Ecole.

Nous devons également faire preuve d’humilité en considérant l’écart entre le résultat obtenu et le besoin non satisfait exprimé chaque année par les parents d’élèves. Environ 700 demandes ont été rejetées lors de la dernière rentrée. En interne l’AEFE parle de « taux de pression » sur les établissements quand les demandes d’inscription ne sont pas honorées. J’ai réclamé la communication de ces données en conseil d’administration à de nombreuses reprises… sans succès.

La frustration de centaines de familles qui ne trouvent toujours pas la possibilité de s’inscrire dans le réseau français s’exprime avec force et nous devons y être particulièrement sensibles.

Il va bien falloir débattre un jour des raisons profondes qui brident la capacité d’accueil de notre réseau d’enseignement à l’étranger. Une nouvelle circulaire du ministère de l’Education nationale du 10 avril 2013 prévoit que l’homologation d’une nouvelle école sera sujette à l’avis favorable du MAE (ministère des Affaires étrangères), auquel s’ajoute désormais l’avis de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger). Lien vers la circulaire : www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.html?cid_bo=71388

Or, l’AEFE est un établissement public national placé sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères. Elle pilote le réseau d’enseignement français à l’étranger, en charge notamment de fournir les personnels détachés par l’Education nationale. Mais elle demeure aussi le principal opérateur de ce réseau composé de 480 établissements. A l’image du lycée Charles de Gaulle de Londres, 75 de ces établissements sont gérés directement par l’Agence (les « établissements EGD »),  tandis que 156 écoles ont passé une convention avec l’AEFE (les « établissements conventionnés »), comme le CFBL ou Jacques Prévert, alors que tous les autres, soit 249 écoles, sont désignés comme « établissements partenaires ».

Peut-on être juge et partie ? N’y a-t-il pas un conflit d’intérêt à piloter un réseau dont on est le principal opérateur ?

Anne-Marie Descôtes, directrice de l’AEFE, nous avait laissé entendre que Londres ne saurait constituer une priorité pour l’AEFE lors de sa première visite au Royaume-Uni, le 14 novembre 2008.

C’est la raison pour laquelle, soulignons-le, le conseiller culturel adjoint a fait appel à la MLF (Mission laïque française) pour nous aider alors à créer le business plan et à monter le projet du CFBL. Une fois le plan bouclé, le bâtiment trouvé et le financement assuré, l’AEFE a pris la décision de devenir l’opérateur de ce nouvel établissement, et conservé son monopole sur l’enseignement secondaire à Londres. Clairement dit, sans le poste diplomatique et la MLF ce dossier n’aurait jamais abouti.

Pour l’EIFA, le cycle était le même. L’AEFE a tenté de décourager Sabine Paradis dans son projet. Soutenue par la MLF et les conseillers culturels adjoints, représentants locaux du MAE, la tenacité de Sabine a fini par payer. Lorsque l’EIFA a pu voir le jour, elle est restée loyale envers la MLF et a éconduit l’AEFE. Là encore sans l’action combinée du poste diplomatique et de la MLF, plus de 100 places nouvelles n’auraient pas vu le jour.

Revenons à la circulaire. En ayant la possibilité de contrôler dorénavant ce qui peut être homologué ou non, l’AEFE dispose d’un pouvoir exorbitant, celui d’empêcher la naissance de toute concurrence !

C’est une régression inacceptable pour tout républicain qui se respecte.

Depuis un an, le gouvernement socialiste légitime un retour vers un dirigisme insidieux et anachronique. L’opacité règne désormais à tous les niveaux. Les personnels de direction détachés me confient parfois leur malaise face aux pressions qui pèsent sur leur avenir professionnel s’ils ne font pas preuve de docilité. C’est navrant.

Afin d’apporter un nouvel élan au développement de notre enseignement à l’étranger, il faut
absolument découpler l’action de l’AEFE qui devrait se concentrer sur sa mission de pilotage
et, par conséquent, abandonner son rôle opérationnel, au profit d’acteurs tels que la MLF ou
divers organismes privés ou même publics étrangers.

La MLF a démontré sa souplesse, sa capacité d’adaptation à prendre en compte les besoins des familles françaises tout en valorisant la culture et la langue des pays d’accueil. Elle necessite moins d’argent public car sa structure et son mode de fonctionnement sont plus légers.

Nous devons garantir la liberté d’établissement de structures qui contribuent au rayonnement de la France à l’étranger et cesser de mettre des barrières à l’entrée de toutes les bonnes volontés!

Les conseils de France experts pour votre déclaration fiscale 2013

Intitulée  « Comment bien déclarer pour les expatriés français à l’étranger ? », la dernière newsletter de France experts est consacrée à l’impôt sur le revenu et l’ISF. Ce document tombe à point nommé pour nous apprendre que « la liste des changements est longue » et offrir une synthèse des évolutions fiscales 2013.

Comme le précise le document : les non-résidents fiscaux français sont assujettis à l’impôt en France sur certains revenus de source française et les revenus issus de la location d’un bien immobilier.

Je vous avais présenté il y a quelques mois France experts, un nouveau service créé à l’initiative de l’UFE (Union des Français de l’étranger) pour aider les expatriés à gérer leurs problèmes personnels, familiaux et patrimoniaux en France (lire : « L’UFE GB étoffe son conseil d’administration et présente France Experts » du 12 décembre 2012). France experts recouvre un réseau de 55 experts dirigé par Philippe Roisin.

Je termine en vous rappelant que la date limite de la déclaration d’impôt sur le revenu (papier ou par Internet) est le dimanche 17 juin 2013, pour les non-résidents français habitant en Europe, dans les pays méditerranéens, en Afrique, au Canada et aux États-Unis.

Pour l’impôt sur la fortune (ISF) : seulement si votre patrimoine net taxable est supérieur ou égal à 2,57 millions euros, vous gagnez un mois supplémentaire pour adresser votre déclaration : 15 juillet 2013 (continent européen) ou 2 septembre 2013 (autres pays).

Lire la Newsletter : Newsletter France experts – mai 2013 (fichier pdf) et pour plus d’information assistance@france-experts.fr ou www.france-experts.fr

Photo Flickr de fxbodin.com

« Santiago Accessible », un raid original pour promouvoir l’accessibilité

Le Mobile Dream, un VTT écolo et ludique

Le « Mobile Dream » porte bien son nom. C’est le rêve incarné pour ceux qui vivent en fauteuil roulant, celui de déambuler en pleine nature à travers les sentiers de randonnées, même les plus escarpés, sans l’assistance d’un tiers et sans bruit.

Invention française, le Mobile Dream est un véhicule 100% électrique et écologique. Ses quatre roues motrices lui donnent le mordant d’un engin tout terrain.

Le Mobile Dream, co-inventé par Vincent Boury, champion paralympique de tennis de table, est techniquement au point. Le prochain enjeu est de nature industrielle pour lui permettre d’être vendu à un prix abordable. Au regard du potentiel économique de ce véhicule, unique en son genre, il serait dommage de rester au milieu du gué. Edouard Braine, conseiller diplomatique du gouvernement et ancien consul général à Londres, a présenté ce projet parmi d’autres devant la commission des Finances et Affaires économiques de l’AFE, le 5 mars dernier. Son action diplomatique est au service de notre économie. A ce titre, il sera au Royaume-Uni dans les jours à venir pour rechercher des investisseurs afin de favoriser la production en série du Mobile Dream.

Si le produit est révolutionnaire, il faut alors le prouver et le montrer à tous. Pour ce faire, Edouard Braine lance le « Santiago Accessible ». En son temps, André Citroën avait organisé la Croisière jaune pour  témoigner de l’avantage technique de ses voitures et de l’audace de ses équipes. Côté Edouard, on est géographiquement plus modeste et on parle davantage de pèlerinage que de raid.

Lancement de Santiago Accessible aux Trophées de l’accessibilité (de gauche à droite) : Vincent Boury, champion paralympique de tennis de table, Sir Philip Craven, président du Comité international paralympique (IPC), Edouard Braine, conseiller diplomatique du gouvernement, Olivier Cadic, Pierre Dagonnot, président de l’ADFE UK.

Santiago Accessible promet d’être une belle aventure civique sur le chemin de Saint-Jacques. Du 24 juillet au 4 août 2013, depuis la ville de Martel, au nord du Lot, en passant par le sanctuaire de Rocamadour, aujourd’hui inaccessible, 12 « pèlerins » handicapés, feront route sur leur Mobile Dream, pour rejoindre Gavarnie à la frontière espagnole. Des animations et manifestations les attendront à chaque étape. (www.santiagoaccessible.fr).

Pour soutenir cette initiative, vous pouvez adhérer à l’association (10€), faire un don, ou encore devenir sponsor officiel.

J’espère que les médias apporteront un coup de projecteur bienvenu sur le retard impressionnant que nous avons pris en matière d’accessibilité.  « La Grande-Bretagne a cinquante ans d’avance sur la France en matière d’ingénierie sociale ! », tonnait Edouard Braine, lors d’un récent séminaire de l’UFE Corporate (lire : « Tous égaux devant l’emploi au Royaume-Uni » du 19 novembre 2011).

Ce projet socialement responsable est parrainé par le regretté Stephane Hessel qui écrivait à propos de cet événement, pas plus tard que le 10 janvier dernier : « Le temps n’est plus où les pauvres “zandikapés” acceptaient de faire les frais de la condescendance sociale et de la générosité publique, en rasant les murs pour cacher un état dégradant et dangereux pour l’image d’une société vouée au culte de la beauté, de la jeunesse et de la conformité, régie par une représentation fallacieuse de la vie et du bonheur. »

Je vous encourage à regarder cette courte vidéo qui a été diffusée à la commission Finances de l’AFE, commentée par le sociologue Théodore Zeldin qui a eu ce mot merveilleux : « Nous sommes tous handicapés. Chacun d’entre nous a ses faiblesses et celui qui n’en a pas conscience est le plus handicapé de tous ! » (lire : « Conférence UFE Corporate (3) : Théodore Zeldin, l’Anglais qui adore la France » du 26 octobre 2011).

La politique commerciale de l’Union européenne au cœur de la 3ème Matinale de l’UDI

« Il faut passer du Free Trade au Fair Trade. » Cette formule de Jean Arthuis résume la problématique de la politique commerciale de l’Union européenne, thème de la 3ème matinale de l’UDI à laquelle j’ai participé à Paris, le 25 avril dernier.

Dans un contexte oppressant, lié à une croissance atone et une concurrence mondialisée, nos entreprises européennes doivent conquérir des marchés hors de l’Union. Sauf que nombre de pays émergents ne l’entendent pas de cette oreille.

En appeler au commerce équilibré, au Fair Trade, c’est devoir envisager la question du concept de réciprocité. « Une idée révolutionnaire », n’hésite pas à dire Viviane de Beaufort, professeur de droit européen à l’ESSEC.

Afin de développer les échanges internationaux, les états devraient s’accorder des avantages réciproques. Mais « des entraves toujours nouvelles apparaissent et elles sont de plus en plus sophistiquées », regrette Viviane de Beaufort. Même si les entreprises européennes ont accès de droit aux marchés publics sur d’autres continents, quelques normes locales viendront les écarter de fait, illustre-t-elle.

Quand la bise fut venue…

Comment en sommes-nous arrivés à ce déséquilibre ? Pourquoi l’Union ne se protège-t-elle pas en réaction ? Nous nageons en plein dilemme…

L’Europe a longtemps ouvert ses marchés, notamment publics, dans l’idée que cette démarche « vertueuse » allait créer un effet d’entrainement. C’était du temps où « nous étions puissants » pour s’adonner au Free Trade, justifie la professeure de droit, mais « depuis dix ans la globalisation a changé le contexte. Les émergents veulent, eux aussi, leur place au soleil et pratiquent des règles différentes »…

Le rapport de Mario Monti demandé par le président Barroso (« Une nouvelle stratégie pour le marché unique » – mai 2010) a provoqué une prise de conscience. Faut-il emboiter le pas au Japon, au Canada ou encore aux USA sur la voie du néoprotectionnisme ? En aucun cas, pense chaque adhérent ou sympathisant de l’UDI présent dans l’assistance (lire : « Naissance de l’UDI, sous le signe de l’Europe » du 26 octobre 2012).

Il serait en effet aberrant de restreindre l’entrée à nos marchés, d’autant que nous avons besoin d’acheter de l’énergie et que 30 millions d’emplois sont directement liés à l’exportation. Il ne faut pas pour autant renoncer à les contrôler, préconise Mme de Beaufort, notamment en élaborant de nouveaux instruments communautaires pour redonner à l’Europe une posture plus offensive (règles anti subvention, anti dumping, contrôle des investissements directs étrangers, etc.).

Asseoir de nouvelles règles du jeu, plus équitables, est vital pour les exportations françaises qui dépendent essentiellement de grands contrats portés par nos champions nationaux du type Areva, Bouygues ou Alsthom.

Chacun pour soi et l’Europe pour tous

Pour autant, à l’heure où l’Union devrait resserrer les rangs pour restaurer sa puissance de négociation collective, on assiste à un désengagement alarmant de certains pays qui n’ont plus d’industrie à défendre ou même de l’Allemagne qui redoute des mesures de rétorsion des pays émergents, tel que la Chine !

Cette réaction en ordre dispersé exaspère Jean Arthuis pour qui l’Europe est devenue le « kaléidoscope de nos petites turpitudes nationales » à contretemps d’une mutation qui va finir par nous marginaliser : « la mondialisation c’est l’organisation du monde en grands espaces, l’Europe en est un », ponctue le vice-président de l’UDI.

La capacité d’influence de l’Europe est-elle irrémédiablement en déclin ? Ce sujet n’est plus juridique mais politique, conclut Viviane de Beaufort

Toujours pas de pilote dans l’avion

Olivier de La Roussilhe, membre de la DG Trade à la Commission de Bruxelles, rappelle alors que si l’Union pèse toujours 25% du PNB mondial, l’érosion se profile puisque cette part passerait à 13% en 2030 et 8,6% 2050, selon certaines estimations. « Il faut être plus mordant dans les négociations sur les marchés mondiaux », nous interpelle-t-il, en s’indignant qu’il n’y ait pas de politique industrielle européenne. Pas plus que de gouvernance de la zone euro, nous l’avons vu lors d’une précédente matinale de l’UDI (lire : « Les Matinales « Europe » de l’UDI : un bouquet de propositions pour redonner force et couleur à l’Union européenne » du 23 février 2013).

Jean Arthuis, sénateur : « La mondialisation c’est l’organisation du monde en grands espaces, l’Europe en est un. »

« Il faut un pilotage de l’Europe, abonde Jean Arthuis, à travers une vraie délégation et une souveraineté partagée. »

Débarquant tout juste de Corée par avion, Jean Claude Beaujour, avocat spécialisé en droit international, a eu le mérite de replacer le débat « sur le terrain, où nos entreprises françaises n’arrivent pas à être compétitives… en dépit de tout l’arsenal juridique. »

L’export pour les Nuls

Accompagnant au quotidien les entreprises qui exportent, Jean Claude Beaujour s’insurge évidemment contre les barrières juridiques et techniques et postule que « l’Union doit parler d’une voix en Asie ». Il observe toutefois que les Coréens décrochent aujourd’hui des marchés du seul fait de leur haut niveau de savoir-faire, reléguant les industriels français qui n’ont pas réalisé les investissements nécessaires, ni la formation du personnel dans certains secteurs.

Ainsi, un pétrolier français se fait actuellement construire une plate-forme en Corée pour exploiter du pétrole en Angola. Il y a 2000 emplois à la clé sur 4 ans. Le coût aurait été équivalent en France, mais la compétence fait défaut.

Autrement dit, la politique commerciale de l’Union européenne est une chose, la capacité des entreprises française en est une autre. « Les Indiens ou les Coréens s’implantent dans une région et restent dix ans, tandis que nous, Français, avons une vision à court terme » A l’export, l’amateurisme ne paie pas. On ne peut pas décrocher un gros marché en misant sur un coup de pouce de son ambassadeur ou encore en confiant les négociations à un jeune Volontaire international en entreprise.

Des européennes contre l’Europe ?

Un constat partagé par Jean Arthuis, en partie imputable à ces « boulets aux pieds » que se trainent nos entreprises nationales. Le sénateur rappelle que la France détient le record de la faiblesse des marges au sein des 17 états membres de la zone euro !  « Nos entreprises ont donc du mal à trouver des partenaires en capitaux propres » et fatalement « leur potentiel de production sera fragilisé », déplore-t-il.

Le projet pour la France passe indubitablement par un projet européen vivifié et qui nous aidera à faire sauter nos archaïsmes nationaux. Jean Arthuis prévient que « la démagogie va tourner à plein régime » lors des prochaines élections européennes. L’UDI devra être en mesure de « démontrer les bienfaits » de l’Europe face au scepticisme ambiant et à la tentation du repli national.

Photo Flickr de Niccolò Caranti

Retrouvez-moi dimanche soir, à 19h, sur French Radio London

Dimanche 28 avril 2013, j’aurai le plaisir d’être l’invité d’Antoine L’heureux dans son émission consacrée à l’Europe, sur French Radio London, à 19h00 (20h00, heure française).

Vous pouvez écouter French Radio London sur votre radio DAB dans le Grand Londres ; sur www.frenchradiolondon.com, ainsi qu’avec l’application FRL sur votre IPhone

Il y a quelques jours seulement, FRL m’avait consacré un moment d’antenne pour évoquer le « Red Carpet Day », un événement qui se tiendra le 16 mai 2013 à Ashford pour informer les entrepreneurs des avantages offerts par le Royaume-Uni (lire : « French Radio London annonce le Red Carpet Day » du 23 avril 2013).

L’UFE GB vous invite à la 5ème réunion annuelle du plan Ecole, le jeudi 2 mai 2013

Sept ans de réflexion ! Mais aussi d’action, vous le savez. Pour répondre aux attentes de nombreux parents expatriés, je lançais en 2006 au nom de l’UFE GB, l’idée d’un plan Ecole au Royaume-Uni impliquant la société civile le plus largement possible.

La première réunion consacrée au plan se déroula quinze mois plus tard (lire : « Plan Ecole : On va enfin commencer ! » du 09 octobre 2007). Chaque année depuis le lancement du plan Ecole, à l’exception de 2012 pour cause de campagne électorale, l’UFE GB organise une réunion publique pour exposer les progrès de cette démarche et se confronter aux attentes de chacun.

J’ai donc le plaisir de vous convier, en compagnie de Sophie Routier, à notre prochain rendez-vous à Londres organisé par l’UFE GB, Union des Français de l’étranger de Grande-Bretagne :

5ème réunion publique annuelle
Bilan et perspectives du plan Ecole
Jeudi 2 mai 2013 – de 18h30 à 20h00
EIFA, Portland Place W1 Westminster
Entrée libre

Inscription obligatoire auprès de Sophie Routier : sophie@routier.co

Vous noterez que nous nous réunirons dans les locaux de l’EIFA, Ecole Internationale franco-anglaise, située à Marylebone, ouverte en janvier dernier par Sabine Paradis-Dehon et Isabelle Faulkner (lire : « L’EIFA, une nouvelle école maternelle et primaire bilingue à Londres » du 26 janvier 2013).

En 2011, à la veille de l’ouverture du CFBL, Collège français bilingue de Londres, la capacité d’accueil était au cœur des préoccupations de la 4ème réunion annuelle UFE du plan Ecole (lire : « La capacité d’accueil au cœur des préoccupations de la 4ème réunion annuelle UFE du plan Ecole » du 26 mai 2011)

Sophie Routier et Olivier Cadic devant le futur lycée français à Brent

La création d’un troisième établissement secondaire à Brent, près de Wembley, permettra d’atteindre l’objectif n°1 du plan Ecoles, soit la création de 1.500 places supplémentaires dans l’enseignement français au Royaume-Uni. Nous évoquerons aussi le fait que ce plan aura facilité la création de près de 50 petites écoles FLAM et œuvré au développement de filières bilingues dans les écoles britanniques.

Si la capacité d’accueil demeure une préoccupation, d’autres sujets brulants seront traités, tels que l’évolution des frais de scolarité dans les établissements de l’AEFE, Agence pour l’enseignement français à l’étranger, les conséquences de la réforme des bourses, les effets de la création du futur établissement de Wembley ou encore le rôle des écoles homologuées dans le réseau AEFE.

Une réunion passionnante et porteuse d’avenir qui va mobiliser toutes les parties prenantes dans l’enseignement français outre-Manche.

Photo Flickr de Enokson

French Radio London annonce le « Red Carpet Day »

Antoine L’heureux, journaliste de French Radio London a très justement résumé l’esprit du Red Carpet Day : un meeting entre des chefs d’entreprises français en Grande-Bretagne qui ont réussi et des entrepreneurs français qui envisagent de développer une activité au Royaume-Uni.

Venir en aide aux Français désireux de s’installer à l’étranger est la mission de l’Union des Français de l’étranger (UFE), dont je préside la branche britannique et qui organise la manifestation (lire : « Bienvenue au Red Carpet Day, le 16 mai 2013, à Ashford ! » du 30 mars 2013).

Le 16 mai approche et je suis reconnaissant à la radio française de Londres d’avoir relayé l’événement.

Notre ambition et notre singularité consiste à donner une réponse au plus près des attentes des participants qui voudraient développer leurs affaires ou bien initier un projet particulier. Aussi, nous voulons privilégier l’échange direct avec les entrepreneurs implantés au Royaume-Uni, mais également avec des experts de tout type dans le cadre de speed dating.

Si vous souhaitez lever des fonds, exporter ou encore comprendre comment les choses fonctionnent au quotidien pour une famille expatriée, les uns et les autres vous apporteront un éclairage personnel et circonstancié qu’il est impossible de trouver sur internet ou dans un livre.

Vous découvrirez que ces Français du Royaume-Uni, opérant dans les secteurs plus divers, ont souvent développé des approches qui sortent parfois des sentiers battus.

Je vous donne rendez-vous à Ashford, jeudi 16 mai, au milieu de la communauté d’affaires française, en présence de Gérard Pelisson, Président de l’UFE Monde et co-fondateur du groupe Accor.

Ecouter l’interview d’Olivier Cadic sur French Radio London : ITW drive Time FRL– – fichier audio MP3 (7m – avril 2013)

Photo Flickr de fab’s_photos

La plus grande « richesse » de France s’expatrie

Le tableau des offres d’emploi au centre Péguy

Elle en a rêvé, elle l’a fait. La plus grande « richesse » de France s’expatrie lentement… mais surement. Qui est-elle ? Sa jeunesse. Un jeune français sur quatre est au chômage. 27% d’entre eux sont prêts à quitter la France pour trouver un emploi, chiffre en forte hausse depuis l’an dernier. Nous les voyons débarquer au quotidien au centre Charles Péguy de Londres, où les inscriptions ont progressé de 40% au premier trimestre de 2013 par rapport à 2012.

La majorité des inscrits possède un diplôme de type Bac+2 / Licence. Ils ne sont donc pas concernés par les « contrats d’avenir » du gouvernement Ayrault qui sont réservés aux jeunes peu ou pas diplômés. Ils n’espèrent plus rien des « contrats de génération », énième aide à l’emploi.

Ces jeunes qui partent décident de se construire ailleurs leur propre contrat d’avenir.

Le centre Charles Péguy, présidé par Guillaume Dufresne et dirigé par Marine Deneux, joue un rôle majeur auprès de nos compatriotes âgés de 20 à 30 ans. Créé en 1954 pour faciliter l’insertion professionnelle et sociale des francophones en Grande-Bretagne, le centre bénéficie d’une subvention publique annuelle de 55.000 euros. Il est le pivot du plan Emploi, dont l’objectif n°1 lui est dédié (lire : « Le centre Charles Peguy, pivot du Plan Emploi » du 12 novembre 2010).

Le plan Emploi a en effet conduit le centre à trouver six entreprises partenaires lui permettant de financer le poste d’un troisième conseiller Emploi dans le but d’atteindre le millier de placements annuels ! (lire : « Le plan Emploi accomplit son premier objectif ! » du 22 octobre 2012).

Les premiers effets se font sentir puisque sur le premier trimestre 2013, l’équipe du centre a proposé 418 offres d’emploi (212 en 2012), est parvenue à trouver un emploi à près de 200 membres (84 l’an passé) tout en conseillant et orientant « plus de 650 francophones désireux de tenter l’aventure à Londres ». Remarquable!

Activité du centre Charles Péguy  (extrait de la newsletter)

A toute époque, les jeunes ont cherché à s’affranchir de leur environnement et à s’éloigner du bercail. Les ambitions restent diverses. On peut vouloir apprendre la langue, se forger une expérience à l’international ou bien trouver enfin un travail.

Et puis, au rang des motivations, il y a ceux, moins nombreux mais pas moins talentueux, qui rêvent d’entreprendre !

Je leur rappelle que le 16 mai prochain, le Red Carpet Day, s’adresse aux entrepreneurs comme à ceux qui aspirent à le devenir. Cet événement est un antidote contre le découragement et un message d’espoir pour ceux qui peinent à monter leur projet en France (lire : « Bienvenue au Red Carpet Day, le 16 mai 2013, à Ashford ! » du 30 mars 2013).

Grâce à l’appui de ses sponsors, la section britannique de l’UFE (Union des Français de l’étranger) offre la participation à la journée aux porteurs de projets d’entreprise. Ils pourront rencontrer gratuitement des investisseurs et des experts. Pour tous renseignements : redcarpetday@ufecorporate.org.uk

Newsletter 1er trimestre 2013 du centre Charles Péguy : Newsletter CCP 1er trimestre 2013 (pdf)

Annie Burnside rejoint l’AFE

Annie Burnside

J’ai le grand plaisir de vous annoncer qu’Annie Burnside siège désormais à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), en remplacement d’Anne Oppetit, démissionnaire, qui a admirablement tenu son rôle. En effet, Annie Burnside occupait la sixième position sur la liste UFE que je conduisais en 2006, derrière la regrettée Joëlle Godard.

La notoriété d’Annie Burnside est liée à l’image de Bristol où elle arrive en 1970 pour passer une thèse, après ses études de lettres à la Sorbonne. Annie va y demeurer en qualité de professeur de langue et de civilisation françaises et donner toute sa plénitude à sa passion de la culture.

Puis, Annie Burnside va marier son goût de l’enseignement au bonheur d’entreprendre en fondant avec deux amies enseignantes, l’Ecole française de Bristol, qu’elle va diriger de 1980 à 1998 (lire : « L’école française de Bristol fête ses 30 ans » du 01 août 2010). En 1983, elle fonde l’Alliance française de Bristol. Elle aura aussi consacré beaucoup d’énergie à rénover la Clifton Hill House, une bâtisse du 18ème siècle devenue un des centres de conférences internationaux de l’université de Bristol.

Au service constant de ses compatriotes, Annie Burnside a été bien au-delà de son action en faveur dans l’enseignement français au Royaume-Uni. Dès 1982 et jusqu’en 2006, elle sera la présidente de l’Union des Français de Grande Bretagne,  section Sud-Ouest, et depuis février 2003, elle a pris le mandat de consul honoraire de France à Bristol, pour aider les Français éloignés du consulat de Londres. Une mission bénévole.

Afin de débattre de vos préoccupations et de vos attentes, Annie Burnside et moi organisons

Une réunion publique
samedi 11 mai à Bristol
de 11h00 à 12h30
Ecole Française de Bristol, Henbury Village Hall, Henbury, Bristol BS10 7WZ
Entrée libre

Nous ferons le bilan de nos actions en faveur des Français du Royaume-Uni et des avancées obtenues par l’AFE. Cet événement sera suivi par un verre de l’amitié. Vous pouvez dès à présent nous informer de votre présence à cette adresse : o.cadic@assemblee-afe.fr

A propos des consuls honoraires, je regrette que le gouvernement récompense leur dévouement en leur interdisant, dans le projet de réforme de l’AFE, de se présenter aux élections locales ! Ceci après avoir réduit leur budget de fonctionnement.

Tous mes voeux de réussite à Annie Burnside qui a rédigé ce message à votre attention :

Chers compatriotes,

Suite à une démission, je fais maintenant partie des 6 conseillers du Royaume-Uni auprès de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) du fait de ma présence sur la liste conduite par Olivier Cadic qui m’a gentiment proposé d’inclure ce message dans son blog.

Jusqu’à ma nomination, à l’exception d’une élue d’Edimbourg, tous les conseillers étaient basés à Londres.  Je suis donc la première à représenter la province anglaise.  J’attends de connaître vos opinions en tant que Français de l’étranger éloignés d’un consulat général.  Quels sont vos aspirations, vos ambitions, vos frustrations, vos réalisations et vos projets?

J’aimerais au cours de mon mandat me consacrer plus particulièrement à l’éducation à l’étranger et au travail bénévole mal connu des consuls honoraires en Grande Bretagne. L’enseignement du Français en dehors de Londres pourrait être mieux structuré si le soutien linguistique, tel qu’il est prodigué à l’Ecole française de Bristol, pouvait être encouragé par le ministère de l’Education nationale.

J’aimerais aussi que vous sachiez que je suis à votre écoute dans ce nouveau rôle comme je l’ai été depuis de nombreuses années en tant que présidente des Français de GB, Section S-O, puis en tant que consul honoraire à Bristol et ce, depuis 2003.

La réforme imminente de l’AFE apportera de nouvelles mesures  comme l’introduction de conseillers consulaires rémunérés, mais dont le rôle me semble bien mal défini. Les consuls honoraires dont le travail est bénévole vont se voir exclus du rôle de conseillers à l’AFE tandis que les présidents d’association seront, paradoxalement, toujours éligibles.  Tout ceci manque de logique et devrait être repensé !

Bien cordialement,

Annie Burnside

AFE : Le conseil d’état rejette la requête du sénateur Frassa

Le Conseil d’Etat vient de rendre son ordonnance de référé (lire: CE_2013-04-11_Ordonnance-de-référé) qui rejette la demande de référé-liberté  du sénateur Christophe Frassa destinée à faire respecter le calendrier électoral de l’AFE, Assemblée des Français de l’étranger, prévu par la loi (lire : « AFE : Un référé pour exiger la tenue des élections comme prévues ! » du 10 avril 2013).

En effet, le gouvernement aurait dû publier, au plus tard le 20 mars dernier, l’arrêté convoquant les électeurs pour le renouvellement des élus à l’AFE appartenant à la série B (zones Asie et Europe) en juin prochain.

Le conseil d’Etat a estimé que le gouvernement n’avait pas porté « une atteinte grave au droit de suffrage dans des conditions justifiant l’intervention du juge des référés ».
Il s’appuie sur le fait que le gouvernement a soumis au Parlement un projet de loi de prorogation des mandats et un projet de loi de réforme de la représentation, que la loi a été votée au sénat le 19 mars 2013 et qu’elle est toujours en cours de discussion à l’Assemblée nationale.

Il reste désormais à attendre la fin du processus engagé au parlement. Les amendements de la commission des lois de l’Assemblée nationale introduisent de véritables bouleversements au texte voté par le sénat le 19 mars dernier. Cette commission souhaite, par exemple, transformer l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) en un Haut conseil des Français de l’étranger (HCFE) ; abandonner l’élection au suffrage universel direct de ses membres au profit d’un scrutin indirect auprès de 444 conseillers consulaires, répartis au sein de 5 grandes circonscriptions continentales ; limiter la possibilité de financement des campagnes électorales aux partis et groupements politiques.

Ces nouveaux revirements créent un profond malaise au sein même de la majorité. Beaucoup y voient une véritable dévalorisation de l’AFE qui renforce l’idée de sa disparition à terme et un scrutin illisible pour les électeurs. La sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam a écrit rapporteur du texte à l’Assemblée nationale et aux députés des Français de l’étranger pour attirer leur attention sur plusieurs points qui lui semblent avoir été négligés (lire : Lettre réforme AFE 100413)

L’assemblée nationale devrait se prononcer sur le texte en séance publique les 16 et 17 avril prochains.

Le gouvernement ayant opté pour une procédure accélérée, il n’y aura pas de deuxième lecture au sénat après le vote de l’Assemblée nationale. Le 24 avril, il appartiendra à la Commission mixte paritaire, composée de députés et de sénateurs, de conclure et de décider si le texte sera adopté ou non.

La réforme devrait alors probablement passer par une étape ultime : les parlementaires de l’opposition pourraient exercer leur droit de saisine du Conseil constitutionnel comme l’a envisagé la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam, lors des débats au sénat le mois dernier.

Photo Flickr de Rouge et Bleu

AFE : Un référé pour exiger la tenue des élections comme prévues !

Le sénateur Christophe Frassa

Ce matin même, Christophe Frassa, sénateur des Français établis hors de France, a fait enregistrer au greffe du Conseil d’Etat, une demande de référé-liberté concernant la non convocation du collège électoral pour le renouvellement des membres de l’AFE appartenant à la série B (zones Asie et Europe) qui doit se tenir au plus tard en juin 2013 (lire : 2013-04-10_CE_Référé-liberté_Elections-AFE).

Et pour cause, le gouvernement bafoue la loi.

Le 20 mars dernier au plus tard, il aurait dû publier l’arrêté convoquant les électeurs pour le renouvellement des élus à l’AFE, Assemblée des Français de l’étranger, dont le mandat vient à échéance le 18 juin prochain !

Au lieu et place de la tenue des élections, il a engagé une réforme de la représentation des Français à l’étranger pour des raisons électoralistes (lire : « Les raisons cachées de la réforme de l’AFE » du 10 mars 2013), en recourant à la procédure d’urgence et dans l’idée de reporter nos élections jusqu’en 2014.

La sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam avait déposé en vain une motion d’irrecevabilité au sénat (lire : « Réforme de l’AFE : passage en force du gouvernement » du 22 mars 2013). Ce report des élections a été voté par le sénat en même temps que la réforme de la représentation des Français de l’étranger. Mais ensuite, la commission des lois de l’Assemblée nationale a remanié en profondeur et unilatéralement le volet de la représentation des Français à l’étranger. En se fondant sur la procédure d’urgence, le gouvernement empêche que le projet de loi retourne au sénat. Nous nous dirigeons allègrement vers un déni de démocratie!

Je rend hommage au sénateur Frassa pour son initiative et je partage son opinion : « Il y a urgence à faire rétablir l’état de droit ».

Le Conseil d’Etat a désormais 48h pour statuer sur sa demande de référé-liberté.

Programme Flam : le changement c’est on ne sait plus qui est subventionné !

Comme s’il était besoin de rajouter une louche d’opacité sur l’utilisation des fonds publics, l’AEFE, Agence pour l’enseignement français à l’étranger, se mure dans un étrange silence au sujet de l’attribution des subventions programme Flam (Français langue maternelle).

On parle tout de même d’un budget annuel de 600.000 euros, dont on ne sait pas qui reçoit quoi et combien!

Attitude d’autant plus étonnante que l’AEFE a toujours joué la transparence dans le cadre du programme Flam, dont je vous parle souvent avec enthousiasme. Il participe au rayonnement de la langue et de la culture françaises auprès des plus jeunes, depuis plus de dix ans. Le développement de ces écoles constitue le troisième objectif du plan Ecole. Une cinquantaine d’associations, créées à l’initiative des parents d’élèves, s’inscrit désormais dans le cadre du programme Flam au Royaume-Uni et rassemble aujourd’hui 3000 élèves outre-Manche !

Si j’avais été en mesure de publier, sur ce blog, le détail des aides versées aux écoles Flam du Royaume-Uni en 2011, rien n’a filtré pour l’année 2012.

Lors du conseil d’administration de l’AEFE en date du 27/11/12, l’agence a refusé de transmettre l’information au motif que les éventuelles comparaisons qui seraient établies entre structures et subventions ne seraient pas pertinentes !

Pourtant, quelques semaines plus tôt, l’AEFE avait écrit: « Les Conseillers de l’AFE sont, à leur demande, tenus informés des résultats de la commission d’attribution de subvention et destinataires des différents éléments du budget annuel du programme. » Ce qui est totalement faux, comme je l’ai fait constater à Londres lors de la réunion du plan Ecole du 24/10/12 devant l’ambassadeur Bernard Emié.

Il me parait extravagant que les élus de l’AFE, Assemblée des Français de l’étranger, puissent ignorer qui reçoit quoi de la part de l’AEFE.
Un avis que partage heureusement la commission des Finances de l’AFE puisqu’elle m’a unanimement soutenu sur ce sujet, le 6 mars dernier à Paris (lire : Voeux de la commission des Finances de l’AFE – mars 2013 – fichier pdf). Ce vœu de transparence a été adopté en séance plénière par tous les élus de l’AFE.

S’il ne tenait qu’à l’AFE, nous irions bien plus loin sur la voie de la démocratisation des pratiques : l’an dernier, j’avais fait amender un vœu de la commission enseignement de l’AFE pour associer les élus à l’instruction des dossiers de subvention par les postes diplomatiques, et à la Commission d’attribution des subventions de l’AEFE. Le cabinet d’Hélène Conway, ministre des Français de l’étranger a refusé net !

Depuis l’arrivée de François Hollande à la tête de l’Etat, l’administration subventionne les associations FLAM à l’étranger dans la plus totale opacité. Ceci se fait sous le contrôle exclusif du cabinet de la ministre Conway.

De leur coté, les parlementaires accordent des subventions à titre discrétionnaire dans le cadre de la réserve parlementaire. Ainsi, à titre d’exemple, la députée Axelle Lemaire aurait attribué environ 120.000 euros à des écoles FLAM. A ce jour, nous ne savons toujours pas ce qu’il en est advenu.

Sous le gouvernement Jospin, un certain Arnaud Montebourg, actuel ministre du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, écrivait: « La subvention est devenue un instrument de gouvernement politique local. Entre les mains d’élus dont la vocation essentielle est leur propre réélection, elle est devenue, dans certains cas les plus abusifs, un instrument de chantage politique, d’entretien d’une clientèle, le plus souvent d’organisation d’une tutelle systématique sur des territoires sommés de se taire s’ils veulent de l’argent, et obligés de soutenir s’ils en ont obtenu. »

Mais ça c’était avant. Le changement c’est maintenant ?

Photo Flickr de FranUlloa