Désormais chacun d’entre nous peut prendre connaissance de tous les crimes et délits commis dans sa ville, son quartier, rue par rue, en se connectant simplement sur www.police.uk et saisissant son code postal.

Le site est clair et s’ouvre sur le nom et téléphone voire la photo des responsables locaux de la police aux cotés d’une carte sur laquelle vous pouvez zoomer et découvrir ce qu’il se passe tout près de chez vous. Les crimes et délits localisés sur la carte peuvent être triés selon leur nature par un code couleur (cambriolage, vols, agressions, incivilités…). J’ai bien évidemment commencé par taper SW7 2DG pour découvrir la situation de la zone comprenant le lycée Charles de Gaulle, le consulat général de France et l’Institut français.

Cet outil couvre depuis peu l’intégralité du territoire britannique. On imagine qu’il sera systématiquement consulté par tous ceux qui ont l’intention de louer ou d’acheter dans un nouvel endroit.

Cette transparence me paraît constituer un progrès démocratique. Chacun est confronté à la réalité et, si nécessaire, peut contacter aisément les forces de l’ordre locales qui ne sont plus anonymes.

Certains compatriotes me disent qu’il serait inconcevable de mettre un tel système en France, qu’il pourrait créer un sentiment d’insécurité, voire de panique, chez ceux qui vont découvrir la vérité des chiffres sur leur lieu de vie.

Qui décide de ce que vous avez le droit de savoir ou non ? Au nom de l’intérêt commun, bien sûr. Actuellement, les internautes chinois qui tapent une requête contenant le mot « Egypte » déclenchent cette réponse : « Selon les lois en vigueur, le résultat de votre recherche ne peut être communiqué ».

Pour lutter contre ceux qui surfent sur le sentiment diffus d’insécurité, je suis convaincu que la meilleure réponse est de délivrer des indicateurs transparents. Ainsi, chacun peut évaluer la réalité des problèmes locaux et vérifier si le nombre de force de l’ordre en place correspond au besoin. Le suivi de l’évolution des indicateurs nous permet d’avoir une idée de l’efficacité des dispositifs en place et de demander des renforts lorsque la situation le nécessite.

J’espère que cette initiative sera reprise en France.