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En circonscription au Brésil (1/3) – Curitiba – 27-28 avril 2023

Communauté française

Réunions

Retour au Brésil pour un premier déplacement dans l’État du Paraná, situé au sud de l’État de Sao Paulo, organisé par Ana Fábia Ferraz Martins, présidente du conseil consulaire (Sao Paulo).

489 français sont inscrits au Paraná, dont 414 dans sa capitale Curitiba et 75 répartis dans les autres villes de l’État, essentiellement à Foz do Iguaçu.

À l’occasion de deux déjeuners, dont l’un chez Anne-Marie Ballande-Romanelli, ex-conseillère des Français de l’étranger, j’ai eu l’opportunité d’échanger avec des compatriotes à l’accent parfois teinté de l’élégance propre aux Brésiliens.

Muriel, présidente de Curitiba Accueil, m’a confié que c’était sa première ville d’expatriée sans école française.

Claudia qui préside l’association des familles francophones, anime l’association FLAM.

Le Français est la langue de cœur au Brésil, a lancé un participant. Tous ont été unanimes pour dire qu’il fallait concentrer l’action sur le volet inter culturel et sur la langue française, qui marque un fort recul au Brésil.

Le plus étonnant a été Gilles devenu français après 43 ans de mariage. À 85 ans, il continue à faire des conférences à l’université, sur le fonctionnement du cerveau. +d’images

Diplomatie parlementaire

Sénateur Sergio Moro

Entretien privilégié avec le sénateur Sergio Moro pour échanger sur l’importance de signer l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur. Le sénateur espère que les déclarations inappropriées du président Lula sur l’Ukraine ne porteront pas préjudice aux négociations commerciales.

Nous avons également discuté de l’importance d’approfondir la relation bilatérale entre nos deux pays. Le sénateur considère que le Brésil fait partie du camp des démocraties occidentales. À ce titre, même si la Chine est le premier partenaire commercial du Brésil, son pays ne doit pas en être dépendant. C’est pour cela qu’il plaide en faveur d’un accord européen avec le Mercosur.

J’ai pris avantage de son expérience de juge, puis d’ancien ministre de la Justice, pour l’interroger sur les questions de sécurité dans la région des trois frontières, au sud de l’État du Paraná.

Lorsqu’il a été juge, Sergio Moro est devenu une référence en matière de lutte contre la corruption. Il a été à l’origine de la procédure contre Lula, qui a abouti à sa condamnation par une juridiction de 9 juges et à son incarcération. Le sénateur Moro rappelle que le président Lula n’a pas été acquitté. Sa condamnation a été annulée par une Cour suprême amicale.

Son discours empreint d’une grande rectitude m’a permis de comprendre pourquoi il a gagné le respect et la considération de tant de Brésiliens.

Merci à Ana Fábia Ferraz Martins d’avoir organisé et participé à cette réunion. +d’images

Invest in Paraná

Rencontre en deux temps dans les locaux d’invest in Paraná avec Germano Ferraz Paciornik, président de CCI France Brésil et Ana Fábia Ferraz Martins.

Tout d’abord avec Ricardo Barros, secrétaire d’État à l’Industrie, au Commerce et aux Services pour le Paraná (ancien ministre de la Santé au Brési), puis avec Giancarlo Rocco et Bruna Radaelli, deux directeurs d’Invest in Paraná.

L’État du Paraná, dont la surface est équivalente à la France, est le 4ème PIB du Brésil et le 5ème en population. Le Paraná produit 2,5 milliards de poulets par an. Cet état est également le premier producteur de poissons du Brésil et le second pour les porcs.

Il est reconnu pour offrir la meilleure éducation du Brésil.

L’État prévoit de développer ses infrastructures en développant l’aéroport de Curitiba à l’international et de fournir une concession pour un réseau ferré de 1567 kilomètres, projet évalué à 5 milliards de dollars. +d’images

Mairie

Accueilli par Eduardo Pimentel Slaviero, vice-maire de Curitiba à l’hôtel de ville en compagnie d’Ana Fábia et de Germano Ferraz Paciornik, président CCI France-Brésil.

Cette ville connaît une expansion rapide, car elle est passée de 400.000 habitants à 2 millions en 40 ans. Curitiba est désormais la ville avec le plus grand nombre de voitures par habitant (1,8) du Brésil.

Le vice-maire a salué l’action de la France par l’intermédiaire de l’AFD. Depuis 2011, l’intervention de l’AFD vient l’aider à affronter les principaux défis de son agenda climat : améliorer la qualité des transports pour réduire le nombre de voitures et les émissions de gaz à effet de serre. Mais aussi préserver la biodiversité et s’adapter aux conséquences des changements climatiques, via la création d’un corridor écologique.

Eduardo Pimentel Slaviero a aimé l’idée de faire émerger une école française à Curitiba pour faciliter l’attraction d’entreprises françaises, à l’image de ce que Renault avait initié. +d’images

Diplomatie économique

Renault Brésil

Accueilli par Joaquim Martins, directeur financier de Renault Brésil, en présence d’Ana Fábia Ferraz Martins, présidente du conseil consulaire, j’ai visité l’usine de Renault installée à Curitiba depuis 1998. Une première de la part d’un parlementaire français, semble-t-il.

Le Brésil est le second marché le plus important de la marque au losange. Renault y détient 6,5% de parts de marché et a produit 185 000 véhicules en 2022.

Le site d’une surface de 2 500 000 mètres carrés comprend 900 000 d’espaces protégés. Si Renault Curitiba emploie directement 6000 personnes, ce sont 10 000 repas qui sont servis quotidiennement par le restaurant de l’usine. 25 000 personnes dépendent localement de Renault.

200 millions d’euros servis en salaires par an, 400 millions acquittés en impôts, Renault est une entreprise qui compte au Paraná.

J’ai eu l’opportunité de visiter de nombreuses opérations de construction des véhicules, de découvrir différents espaces de formation ou encore celui de prototypage rapide, et d’admirer des véhicules qui ont symbolisé l’évolution de la marque.

Merci à Joaquim Martins, et aux personnes rencontrées dans l’entreprise pour leur enthousiasme en faveur de Renault. +d’images

Entrepreneurs

La France est le pays qui a créé le plus d’emplois au Brésil. Si Renault est la locomotive des entreprises françaises du Paraná, le train des entreprises tricolores compte de nombreux wagons aux noms tout aussi prestigieux : Air liquide, Arcelor-Mittal, Jacquet, Kuhn, piscines Desjoyaux, Sonepar, Engie, Faurecia, Louis Dreyfus, Schneider Electric, Sodexo….

Lors du petit-déjeuner organisé par Joaquim Martins, directeur financier de Renault Brésil et ancien président de la chambre de commerce bilatérale à Curitiba, j’ai eu le plaisir de lui remettre une médaille du Sénat. Devenu français suite à ses multiples mérites professionnels en faveur de la France, j’ai voulu saluer ainsi son engagement permanent au service de la relation bilatérale et du rapprochement de nos deux pays.

Merci aux entrepreneurs présents lors de cette réunion très productive qui m’a permis de découvrir la pâtisserie-salon de thé « Louis-Philippe », créé par deux compatriotes.

Loïc, un des cofondateurs, m’a confié qu’il n’aurait jamais imaginé que tant d’habitants de Curitiba étaient francophones. Ils choisissent de venir pour avoir le plaisir d’y entretenir leur français. +d’images

Utopia Tropical – Julian et sa chocolaterie

Située dans le centre historique de Curitiba, j’ai visité la chocolaterie de Julian Caron Lys, associé à Gabriela Parfait.

Accompagné par Ana Fábia, j’ai ajouté cette ultime séquence à ce déplacement dans la capitale du Paraná pour encourager ces jeunes entrepreneurs méritants, rencontrés lors de la réunion économique du matin.

Ouverte en 2022 par Julian Caron Lys, entrepreneur franco-suisse, la chocolaterie Utopia Tropical fabrique artisanalement du chocolat à partir de fèves de cacao.

Ce projet s’inscrit dans la volonté de repenser l’équilibre Nord-Sud dans le marché de l’import-export de matières premières, tant dans la répartition des savoir-faire que des marchandises.

Ils agissent directement sur l’ensemble de la chaine, comme par exemple l’aide aux petits producteurs en agro-foresterie à développer les processus de fermentation et séchage, ou l’amélioration de la qualité du chocolat fin sur le marché brésilien, actuellement majoritairement importé d’Europe.

A terme, ils visent l’exportation de fèves de spécialité, de blocs de chocolat produits sur place et de produits dérivés du cacao qui laissera le maximum de valeur ajoutée dans le pays producteur. +d’images

Culture

Musée MON

Le Musée Oscar Niemeyer (MON) est un patrimoine de l’État, lié au secrétariat d’État à la Culture du Paraná. Considéré comme le plus grand musée d’Amérique latine, il compte environ 35 000 mètres carrés de surface construite et plus de 17 000 mètres carrés de surface d’exposition.

Accueilli par Luciana Casagrande Pereira, secrétaire d’État de la Culture et Juliana Vellozo, directrice du MON, j’ai visité ces bâtiments emblématiques, conçus par l’architecte brésilien Oscar Niemeyer, en compagnie d’Ana Fábia Ferraz Martins et Anne-Marie Ballande Romanelli.

Avec un total de 12 salles d’exposition, une vingtaine d’expositions sont organisées chaque année qui attirent un public moyen de 360 000 personnes.

Des noms comme Poty Lazzarotto, Alfredo Andersen, Joao Turin, Theodoro De Bona, Miguel Bakun, Guido Viaro, Helena Wong, Tarsila do Amaral, Cândido Portinari, Oscar Niemeyer, Ianelli, Caribé, Tomie Ohtake, Andy Warhol, Di Cavalcanti, Francisco Brennand , entre autres, en plus des œuvres d’art asiatiques et africaines, font partie de la collection MON.

J’ai également visité les pièces conservées dans la réserve technique, dans le laboratoire de conservation et de restauration, où elles sont préservées selon les critères muséologiques internationaux.

Oscar Niemeyer, l’un des plus grands noms de l’architecture moderne internationale, est mort le à l’âge de 104 ans. Il compte plus de 600 projets architecturaux à travers le monde, dont le siège du PCF place du Colonel Fabien à Paris. +d’images

Alliance française

Visite de l’Alliance française de Curitiba fondée en 1945, organisée par Benjamin Teulieres, directeur.

Depuis sa création, sa contribution à la diffusion des cultures francophones et de la langue française à Curitiba a été considérable.

L’Alliance française privilégie les échanges culturels grâce à une combinaison de facteurs exceptionnels dans un même environnement : cours de français, médiathèque, multiples activités culturelles et espaces dédiés aux arts et à la gastronomie – avec un Café et une Cuisine Pédagogique – tous deux axés sur la cuisine typique française et francophone.

La plupart des événements sont ouverts à toute la communauté et les activités culturelles sont bilingues.

J’ai apprécié particulièrement le souci de la décoration qui donne à cette Alliance un cachet singulier et provoque l’envie aux étudiants de visiter la France.

Je remercie la présidente Raquel Masiero de m’avoir retrouvé le lendemain de la visite avec Ana Fabia Ferraz Marins.

L’Alliance abrite le bureau du consul honoraire qui rappelle que la chanson « le consul de Curitiba » a gagné le grand prix de la chanson française en 1950 du casino de Deauville. +d’images

QE – Application des conventions de sécurité sociale France-Maroc

Alerté par Catherine Tribouart, présidente du conseil consulaire à Agadir, j’avais posé une question écrite au MEAE, en début d’année, relative aux difficultés que rencontraient certains retraités de nationalité française établis au Maroc pour se faire affilier à la Caisse nationale de sécurité sociale marocaine (CNSS) et qui se retrouvaient donc sans protection sociale. Je viens de recevoir une réponse.

Question de M. Olivier Cadic (Français établis hors de France – UC) publiée le 26/01/2023
M. Olivier Cadic attire l’attention de M. le ministre délégué auprès de la ministre de l’Europe et des affaires étrangères, chargé du commerce extérieur, de l’attractivité et des Français de l’étranger sur l’accord de coopération liant la France et le Maroc en matière de sécurité sociale. S’agissant de retraités de nationalité française établis au Maroc, la caisse nationale de sécurité sociale marocaine (CNSS) est compétente. Pourtant, dans le cas où un pensionné du régime français serait également bénéficiaire d’une retraite marocaine, l’application de l’accord peut rencontrer des écueils. En effet, si le montant de la pension servie par les autorités marocaines est faible, la CNSS refuse d’affilier le résident, qui se retrouve sans protection sociale. La commission mixte franco-marocaine ne s’est pas réunie depuis plusieurs années, ce qui permettrait pourtant de trouver une solution pour ces pensionnés des deux régimes. Il lui demande si une réunion de la commission mixte franco-marocaine pourrait être organisée au bénéfice de nos compatriotes pensionnés établis au Maroc, à l’aune de la relance des relations franco-marocaines.

Réponse du Ministère auprès de la ministre de l’Europe et des affaires étrangères, chargé du commerce extérieur, de l’attractivité et des Français de l’étranger publiée le 27/04/2023
Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères suit avec attention les questions relatives aux difficultés que rencontrent les particuliers pour l’application des différentes conventions de sécurité sociale qui lient la France à ses principaux partenaires. Dans ce cadre, il entretient un dialogue régulier avec les services compétents du ministère de la santé et de la prévention ainsi qu’avec le Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale (CLEISS), organisme de liaison désigné par ces conventions. S’agissant de l’accès aux soins de santé des résidents au Maroc qui sont titulaires à la fois d’une pension du régime français et d’une autre du régime marocain, le sujet a été évoqué lors de la dernière réunion de la commission mixte bilatérale de sécurité sociale franco-marocaine qui a pu se tenir à Casablanca en 2016. La divergence d’interprétation par la France et le Maroc des dispositions de la convention de sécurité sociale y avait été actée et les deux parties avaient alors convenu de travailler à une interprétation commune permettant de résoudre les difficultés rencontrées par ces personnes. Bien que le Gouvernement ait fait des propositions aux autorités marocaines, le sujet n’a pas connu d’avancées depuis. Le fait que la crise sanitaire n’ait pas permis l’organisation des instances de dialogue prévues par la convention bilatérale de sécurité sociale n’a pas facilité ce dialogue. L’organisation d’une nouvelle commission mixte réunissant les autorités compétentes de nos deux pays, prévue avant la fin du premier semestre 2023, doit permettre de revenir sur la question de l’accès aux soins des personnes concernées.

LIEN : Publication dans le JO Sénat du 27/04/2023 – page 2814

Médias – « Macron’s Taiwan comments expose muddled China policy » (Nikkei – 17 avril 2023)

Le média japonais Nikkei m’a interrogé au sujet des propos du président Macron qui ont fait polémique sur la situation de Taïwan, souhaitant que les Européens ne deviennent pas “des suiveurs sur ce sujet et nous adapter au rythme américain ou à une réaction excessive de la Chine“.

Extrait (traduit de l’anglais)

La controverse survient à un moment où l’unité entre les démocraties est mise à l’épreuve.

“Nous devons réfuter l’interprétation selon laquelle la France prend ses distances avec les États-Unis et se rapproche de la Chine”, a déclaré à Nikkei le sénateur français Olivier Cadic, qui représente les citoyens français vivant à l’étranger.

Lire l’article de Nikkei Macron’s Taiwan comments expose muddled China policy
Texte (en PDF)

L’HEBDO DES INDÉPENDANTS N°214 – 27 avril 2023

Lire : l’HEBDO DES INDÉPENDANTS n°214 – 27 avril 2023Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Sommaire :

FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER & AFFAIRES ÉTRANGÈRES
. Soudan : évacuations
. L’école française internationale de Khartoum est fermée
. Retour en France : simplifier les démarches administratives
. Des visas depuis Mossoul
. CIOTTI au Maroc
. LARCHER n’y va pas
. BARDELLA à Londres
. La panne
. Allocations sociales : pas de versement sur des comptes hors-SEPA après le 1er juillet
. Législatives partielles (4 requêtes)

LE CLUB DES INDÉPENDANTS
. Nadia CHAAYA, présidente du groupe des Indépendants à l’AFE, présidente du conseil consulaire Djeddah-Sanaa (Soudan)
. Vincent SADEQUE, président du conseil consulaire de Djibouti (Soudan)

LE BLOG D’OLIVIER CADIC
. Émirats Arabes Unis – Iftar interreligieux avec Hend Al OTAIBA, ambassadrice des EAU en France
. Liban. Lancement de la fondation ESA avec Maxence DUAULT, directeur de l’ESA
. En circonscription au CHILI – Ile de Pâques / Santiago / Valparaiso (21–25 avril 2023)
Déplacement organisé par Marie-Christine HARITÇALDE, présidente du conseil consulaire et Renaud COLLARD chargé d’affaires de l’ambassade ; accueilli par Véronique BARBEREAU, consule (Santiago) ; Jérôme BOUR (Ile de Pâques) et Quentin SONNEVILLE, consul honoraire (Valparaiso)

FRANCE
Actualités : Politique & Société

BRÈVES D’AILLEURS

Découvrir l’InfoLettre n°214

En circonscription au Chili (3/3) – Valparaiso – 25 avril 2023

HOMMAGE

Au moment de quitter le Chili, je veux marquer ma reconnaissance à toutes les personnes qui se sont investies pour me permettre de réussir ma mission et tout particulièrement à Marie-Christine Haritçalde, présidente du conseil consulaire, et Juan Edmunds Paoa, président de l’Alliance Française de Rapa Nui.

Ce post me permet également rendre hommage à Pascal Teixeira Da Silva, ambassadeur de France au Chili, qui n’a pas pu être présent lors de mon déplacement. Que ce soit à Santiago, Valparaiso ou l’île de Pâques, qu’ils soient entrepreneurs, fonctionnaires, compatriotes ou Chiliens, j’ai toujours eu un retour élogieux sur son engagement, son soutien et son écoute, de la part de tous ceux qui l’avaient croisé..

VALPARAISO

Communauté française

Viña del Mar

À la faveur de mon premier déplacement à Valparaiso, Marie-Christine Haritcalde et Quentin Sonneville, consul honoraire, m’ont organisé un déjeuner avec une quinzaine de représentants de la communauté française locale qui compte 1300 inscrits au consulat.

Nous nous sommes rendus au restaurant le « Merci », tenu par Philippe et son épouse.

Comme je l’avais fait sur l’île de Pâques, chacun des participants a partagé son parcours de vie et les raisons les ayant conduits à poser leur ancre dans un port au nom mythique qui faisait rêver tous les marins.

Que ce soit les trois sœurs Rose-Marie, Yvonne-Marie, Marie-Angelique ou Daniel ; Fabien ; Jean-Pierre ; Cécilia ; Andrea ; François ; Alain et Marc, tous ont révélé leur amour profond et partagé à la fois pour le Chili et pour la France.

Marc Durel, éditeur-biographe en charge du souvenir napoléonien, m’a éclairé sur la relation indéfectible qui unit nos deux pays depuis l’indépendance du Chili acquise en 1828.

300 officiers de la Grande Armée de Napoléon sont arrivés au Chili en 1817. Militaires, scientifiques, chercheurs, ils ont participé à la guerre d’Indépendance du Chili et permis à ses habitants de conquérir leur liberté.

Ceci explique cela ! +d’images

Maison de France

Cette demeure de la fin du 19eme siècle est le port d’attache des Français de Valparaiso depuis de nombreuses décennies.

La maison de France est dirigée par trois sœurs, Rose-Marie, Yvonne-Marie et Marie-Angelique dévouées à la communauté. L’espace est optimisé pour se transformer dans une même journée au gré des besoins des différents publics.

Marie-Christine Haritcalde souhaitait me faire découvrir cet espace associatif qui a également abrité l’Alliance française de Valparaiso avant qu’elle ne se saborde en 2018.

Quentin Sonneville, consul honoraire de Valparaiso depuis 2013, y a établi son bureau pour accueillir la communauté française locale ou les touristes en difficulté.

Après avoir exercé comme professeur de français langue étrangère, pour le lycée et l’Alliance française, il poursuit son activité en profession libérale. +d’images

Enseignement

Lycée Jean d’Alembert – Alliance Française

Visite du lycée Jean d’Alembert organisée par Pascale Robert, proviseure, en présence de Marie-Christine Haritcalde.

Établissement conventionné avec l’AEFE, le lycée accueille 950 élèves de la maternelle au lycée, dont 10% de français.

J’ai été séduit par la décoration de cet établissement qui en fait un endroit unique.

L’échange avec les enseignants m’a permis d’expliquer ma vision du développement de l’enseignement français à l’étranger. Je les remercie de leur écoute et de leurs suggestions pour relancer une Alliance française à Valparaiso.

Ils suggèrent une offre de culture française destinée aux parents, afin de leur permettre de mieux accompagner leur progéniture dans leurs progrès. +d’images

En circonscription au Chili (2/3) – Santiago – 20 & 24-25 avril 2023

SANTIAGO

Communauté française

Réception 

Retour chez Marie-Christine Haritçalde, présidente du conseil consulaire au Chili, pour débuter mon second déplacement comme j’avais fini le précédent, 7 ans plus tôt, par un repas à son domicile (compte-rendu).

Pour me permettre de renouer avec le Chili et l’Amérique latine, Marie-Christine avait invité des élus consulaires : Ana Fábia Ferraz Martins, présidente du conseil consulaire de la circonscription de Sao Paulo (Brésil) et Daniel Colas (Chili) ; des responsables du poste diplomatique : Célia Alfonsi, première secrétaire à l’ambassade, et le commandant Pitrat, attaché de Défense ; des représentants de la communauté économique : Dimitri Weiler et Daniel Mikolajczak et enfin Juan Salazar Sparks, précédent ambassadeur du Chili en France.

Ces échanges variés ont constitué une belle entrée en matière pour entamer une tournée de deux semaines en Amérique latine qui sera dominée par les sujets économiques et éducatifs.

Merci à Marie-Christine et Alberto pour leur chaleureux accueil. +d’images

Consulat

Réunion avec l’équipe des chefs de service du consulat autour de Véronique Barbereau, consule.

En toute transparence, la consule et son équipe m’ont fait part des limites actuelles du service rendu par le consulat.

Les délais pour l’obtention des visas ou des titres d’identité s’allongent car l’organisation avait été définie auparavant au plus juste sans avoir anticipé la reprise. À titre d’exemple, les visas n’ont qu’un seul guichet qui s’avère être un goulot d’étranglement. La croissance de la demande – 1967 (2022) ; 1700 (2019) – se manifeste par un délai d’attente qui augmente.

Pour évaluer l’activité d’un consulat, il serait également nécessaire d’intégrer les temps passés pour les dossiers relevant du social, qui sont nombreux et complexes au Chili.

Le budget alloué aux tournées consulaires pour 2023 a été réduit par Paris à un tiers de la demande exprimée par Santiago. La consule ne pourra donc faire que 3 déplacements en 2023. Le premier sera pour Rapa Nui, où aucun consul n’est allé depuis 2018.

À l’issue de la rencontre, j’ai averti le ministre Olivier Becht que cette équipe de 9 ETP semble sous dimensionnée et travailler en sur-régime pour faire face, comme elle peut, à une attente de plus en plus difficile à satisfaire ; et qu’il conviendrait, peut-être, de revoir à la hausse son budget des tournées consulaires. +d’images

Diplomatie économique

Mission Économique – Business France

Double rencontre à la mission économique de l’Ambassade de France avec Philippe Autier, conseiller économique.

La première, le 20 avril, jour de mon arrivée au Chili pour préparer mon déplacement à Rapa Nui, afin d’apporter mon soutien aux dossiers en cours.

La seconde, le 24 avril pour suivre la présentation du secteur des mines au Chili aux 10 entreprises participant à la mission collective Expomin, organisée par Business France.

Avec 25% des réserves mondiales, le Chili est le premier producteur mondial de cuivre. En lithium, il pointe à la seconde place (22%) derrière l’Australie (40%).

L’évolution des besoins, liés en particulier aux véhicules électriques, justifie que tous les grands acteurs mondiaux de l’industrie minière se retrouvent à Santiago pour le salon Expomin Chili. +d’images

Prisma

Prisma est un club d’entrepreneurs français basés à Santiago destiné à faire du réseau pour les TPE, les professions libérales et les auto-entrepreneurs.

À la Résidence de l’ambassadeur de France au Chili, Pascal Texeira Da Silva ; le chargé d’affaires, Renaud Collard a réuni des entrepreneurs de Prisma, des participants à la mission Expomin, Philippe Autier, conseiller économique, et l’équipe Business France conduite par Santiago Diaz Herrenschmidt.

Cela m’a offert l’opportunité de discuter de sujets concrets, comme la requête faite par l’administration fiscale française d’une signature par l’administration chilienne du Cerfa 5000, alors que ce formulaire, justifiant de la résidence fiscale dans un pays, n’est reconnu par aucune administration étrangère, à l’exception des Britanniques.

Chambre de commerce (CCIFI)

À l’invitation d’Emmanuel Riffaud, président de la CCI France-Chili, et de Marie-Aude de Saint Charles, directrice, j’ai eu le plaisir de participer au cocktail d’inauguration d’ExpoMin 2023, en présence de Renaud Collard, chargé d’affaires, des élus des FDE, Marie-Christine Haritcalde, présidente du conseil consulaire, et Jean-Marc Besnier, président de la section locale des CCEF.

Cet événement a réuni 80 membres de la communauté d’affaires de la Chambre de commerce, notamment parmi les 56 membres du Club Développement durable des entreprises françaises au Chili ou en mission pour l’occasion.

Cela m’a offert l’opportunité de rappeler la dimension géopolitique prise par l’exploitation des minerais sur la planète. La France apparaît comme un petit poucet dans un monde de géants, mais elle ne manque pas de ressources technologiques pour compenser sa taille.

Je suis ressorti de la soirée très impressionné par la qualité des participants et la richesse du réseau de cette chambre.

Merci à Emmanuel et Marie-Aude pour leur invitation. +d’images

Sécurité

Chefs d’îlot

Début de mes rencontres dans la capitale chilienne par deux séances de travail au consulat.

Tout d’abord, une réunion sur la sécurité des français avec des chefs d’îlot en présence de Marie-Christine Haritçalde, présidente du conseil consulaire, Véronique Barbereau, consule, Daniel Colas, conseiller des FDE et Renaud Collard, premier conseiller.

Il y a une vingtaine de chefs d’îlots au Chili où le risque sismique est majeur. Nous avons évoqué l’actualisation des listes de personnes pour chaque îlot et l’importance d’expliquer au public la mission du chef d’îlot. Il est arrivé à l’un d’entre eux qu’il soit contacté car un compatriote avait perdu ses clés.

Depuis trois ans, la sécurité s’est dégradée au Chili. Des groupes organisés venus du Venezuela ou de Colombie s’y sont implantés.

L’augmentation des vols avec violence, les car-jackings, le trafic de drogue contribuent à nourrir un sentiment d’insécurité nouveau qui a fait évoluer les habitudes. Les participants ont insisté sur la nécessité de bien informer les nouveaux arrivants sur les précautions à prendre dans les déplacements.

Défense

Dans un second temps, j’ai eu un entretien avec le commandant Pitrat, attaché de Défense, pour évoquer nos relations de défense avec notre voisin du Pacifique.

Nous avons parlé du dispositif cybersécurité en place et de la solidité avérée de l’armée du pays, appelée récemment en soutien des forces de sécurité pour la protection de la frontière nord afin d’endiguer les trafics.

Marin, l’attaché de Défense est bien placé pour apprécier la marine chilienne qui sait se déployer loin, longtemps et participe à des exercices militaires conjoints.

Pompiers

Accompagné du chargé d’affaires, Renaud Collard, et de l’attaché de Défense, le commandant Nicolas Pitrat, j’ai été reçu au siège de la 4e compagnie de la Pompe de France de Santiago.

Le corps des pompiers est bénévole au Chili.

La 4ème compagnie porte l’uniforme de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris pour marquer son attachement à la France depuis sa création.

J’ai visité le musée de la compagnie qui rappelle le souvenir de ses nombreux membres partis combattre pour la France, lors des deux guerres mondiales, parfois jusqu’au sacrifice de leur vie.

J’ai été heureux de voir la photo-portrait des généraux commandant les sapeurs-pompiers de Paris venus leur rendre visite, dont celle du général Philippe Boutinaud que j’avais reçu au Sénat.

Après les hymnes, je leur ai rendu hommage et ai exprimé ma profonde gratitude pour leur fidélité à la France en remettant la médaille du Sénat au directeur de la compagnie. +d’images

Enseignement

Lycée Antoine Saint-Exupéry – Site Vitacura

Construit en 1956 et inauguré en 1959 par André Malraux, le lycée Antoine de Saint-Exupéry est la référence en matière d’enseignement international au Chili.

J’ai effectué ma seconde visite du Lycée, 7 ans après la précédente, avec le proviseur Fabrice Alvarez, et Marie-Christine Haritcalde, présidente du conseil consulaire.

Cette école conventionnée avec l’AEFE dispose de deux sites (Vitacura et Chamisero).

Le site historique est pratiquement au maximum de sa capacité, 2205 élèves pour 2250 places disponibles.

Après plus de 60 ans d’activité, la rénovation des infrastructures constitue le plus grand défi pour ce site. +d’images

Lycée Antoine Saint-Exupéry – Site Chamisero

Depuis mon précédent passage, le second site du lycée, ouvert il y a 10 ans, a connu une croissance remarquable.

Il accueille désormais 1113 élèves de la maternelle à la terminale.

C’est un nouveau pari réussi par le comité de gestion de l’établissement et j’ai eu l’opportunité de féliciter sa présidente lors d’un échange en visioconférence.

Les infrastructures sportives permettent à l’établissement de rivaliser avec les meilleures écoles internationales.

Le proviseur a décidé d’introduire le baccalauréat international français à partir de la rentrée 2024 pour offrir un accès plus facile aux universités anglo-saxonnes. +d’images

Culture

Institut français

J’ai redécouvert l’Institut français du Chili qui a fait peau neuve sous les attraits de Molière, en compagnie de son directeur Christian Estrade.

Après une visite des locaux, nous avons échangé ensemble en compagnie de Julie Le Gall, attachée de Coopération scientifique et universitaire, qui m’a confié que le modèle des IUT français a séduit les autorités chiliennes.

L’ambassadeur de France au Chili, Pascal Texeira Da Silva, a été un soutien déterminant pour donner confiance aux mécènes, qui ont financé les événements de l’Institut.

Des projets innovants ont provoqué un vif intérêt comme le Hackathon ou le Trophée Start-up qui a permis de bâtir un pont durable entre l’innovation chilienne et la French Tech. +d’images

En circonscription au Chili (1/3) – Ile de Pâques – 21–23 avril 2023

RAPA NUI / ÎLE DE PÂQUES

Communauté française

Consul honoraire

L’île de Pâques est le territoire le plus isolé au monde et peut-être le plus mythique.

Situés à environ 4000 kilomètres de Tahiti ou de la côte chilienne, ses 8000 habitants vivent dans un monde à part.

C’est là que j’ai fait la connaissance de Jérôme Bour, un ancien militaire français qui a servi en Polynésie et qui a posé ses valises sur l’île chilienne en 1993. Marié avec une Rapa nui, ils ont eu deux filles.

Durant deux jours, Jérôme m’a accompagné dans tous mes rendez-vous et permis de mesurer la valeur de son dévouement pour servir ses compatriotes qu’ils soient résidents ou de passage pour quelques jours.

Avant la pandémie, 8 à 10 000 Français venaient découvrir l’île chaque année, ce qui nous place en troisième position derrière les Chiliens et les Américains.

Les 250 compatriotes sur l’île, première communauté étrangère, n’ont pas vu le consul depuis 2018. La présence d’un consul honoraire est cruciale pour faire le trait d’union entre les autorités locales et l’administration française.

Une demande a été formellement présentée par l’ambassade, le mois dernier, aux autorités chiliennes pour permettre à Jérôme de devenir le premier consul honoraire de France sur l’île de Pâques, un rôle qu’il assure officieusement depuis de nombreuses années.

J’ai exprimé à Jérôme toute ma gratitude pour son engagement afin d’aider nos compatriotes à surmonter leurs difficultés locales, mais également à remplir leurs formalités administratives depuis de nombreuses années.

Je souhaite que l’accord du gouvernement chilien nous parvienne très vite. +d’images

Français de l’île

Afin de me permettre d’échanger avec des Français installés sur l’île, Jérôme Bour avait organisé une rencontre à l’Alliance française

Durant plus de deux heures, Richard, Erwan, Patrice, Henri, Bénédicte et Jérôme m’ont raconté leur histoire personnelle qui a commencé sur l’île dès les années 80 pour certains. Militaire, marin ou professeur des écoles, ils ont pour point commun d’avoir été attirés par cette île du bout du monde, et d’y être restés après avoir trouvé l’âme sœur.

Ils ont souvent une activité en rapport avec le tourisme et se distinguent de l’autre partie des 250 membres de la communauté française locale à l’ascendance polynésienne.

Ils témoignent avoir vu le Concorde se poser sur la piste et en ressentir une immense fierté.

Ils observent qu’il n’est pas si facile de transmettre leur langue aux générations suivantes. La France est loin. Le renouvellement des passeports nécessite de se rendre à Santiago, ce qui a coûté 1500 euros de billets d’avion à l’un d’eux.

La solidarité et le sens du partage caractérisent les insulaires.

Nous avons terminé la discussion autour d’un verre et de fromages français offerts par un compatriote importateur installé à Santiago. +d’images

Culture

Statues Moai

L’activité économique de l’île est essentiellement le tourisme.

Son prestige est lié aux 1048 statues Moai, situées dans un parc national déclaré patrimoine mondial de l’Unesco.

Du 15/3/20 au 1/8/22, soit pendant 28 mois, l’île est restée fermée, et ses habitants ont renoué avec l’autarcie ancestrale.

Les liens historiques, culturels et affectifs qui unissent l’île de Pâques et la France sont nombreux et très anciens. Il existe une très importante diaspora Rapa Nui installée en Polynésie française depuis plus d’un siècle.

Jérôme Bour m’a confié qu’avant la pandémie, 8 à 10.000 Français venaient à Rapa Nui chaque année, soit plus que la population totale de l’île.

Si 1 Français sur 10 devaient visiter l’île, il faudrait 1000 ans à ce rythme… Faire ce déplacement nécessite un effort important. Cela avait fait dire à Lili Frechet, que visiter l’île de Pâques se mérite.

Soucieux de faire connaître la culture locale au plus grand nombre, Jérôme a financé la formation d’une troupe de danseurs Rapa Nui afin de leur permettre de se produire en France.

Sa troupe participera aux grandes médiévales d’Andilly en haute Savoie fin mai.

Alliance française

Présidée par Juan Edmunds Paoa et dirigée par Bénédicte Hazard, professeur des écoles, l’Alliance française progresse chaque année en nombre d’apprenants.

Cette AF doit sa création à Liliane Frechet, une compatriote qui s’était installée sur l’île avec son mari en 1983.

Hébergée à l’origine gratuitement dans les locaux de la bibliothèque municipale grâce au soutien actif du maire, l’Alliance française de Rapa Nui dispose désormais de son bâtiment dans le centre du village, inauguré en 2009.

Le président finance la location, la maintenance et la rénovation du bâtiment.

Depuis 2021, l’Alliance française organise un festival, compétition de danses tahitiennes qui recrée le lien entre Rapa Nui et la Polynésie française au travers de la danse et de la musique.

À la demande de Marie-Christine Haritcalde, je me suis rendu sur la tombe de Liliane Frechet, décédée pendant la pandémie. J’ai rendu hommage à cette compatriote qui a incarné la dimension culturelle de la France sur l’île de Pâques pendant près de quatre décennies, ce qui lui a valu d’être décorée des Arts et des Lettres.

Diplomatie parlementaire

Maire

Échange avec Petero Edmunds Paoa, maire de Rapa Nui et Juliette Hotus Paoa, déléguée présidentielle de la Province de l’île de Pâques, en présence de Jérôme Bour et de Bénédicte Hazard, directrice de l’Alliance française.

Les Rapa Nui aiment la France m’a déclaré le maire, sans ambages.

Marié lui-même avec une Française, originaire de Nice, son frère Juan est le président de l’Alliance française. Maire de l’île depuis 30 ans, il a connu un certain Jacques Chirac, maire de Paris, à l’époque, qui l’avait reçu à son domicile lorsqu’il était venu dans la capitale.
Le maire appuie la demande de nomination d’un consul honoraire français compte tenu de l’importante communauté française qui vit et vient visiter l’île.

Nous avons évoqué la perspective de la livraison d’une centrale solaire fournie dans les prochains mois par une entreprise française. Le maire a une vision d’envergure pour préserver les ressources de l’océan pacifique.

Il voit ce territoire comme un triangle dont les extrémités seraient l’île de Pâques, Hawaï et la Nouvelle-Zélande. Ce triangle englobe la Polynésie française et les îles Cook britanniques. Il dévoilera son plan à l’ONU en juillet.

J’ai invité le maire à venir rencontrer Olivier Becht, ministre du Commerce extérieur, de l’Attractivité et des Français de l’étranger, lors de son déplacement à Santiago prévu en juin prochain.

Très reconnaissant pour le temps que le maire m’a consacré et pour son accueil convivial et chaleureux. +d’images

Médias – « Madame Colonna, nous vous demandons de déclarer l’ambassadeur de Chine Lu Shaye persona non grata » (Le Monde – 23 avril 2023 – Tribune)

TRIBUNE

J’ai cosigné une lettre à l’attention de Catherine Colonna avec de nombreux parlementaires en Europe, notamment André Gattolin, Constance Le Grip, Rachid Temal et André Vallini.

Extraits de la tribune :

L’ambassadeur de Chine en France a nié, au cours d’une interview sur LCI, la souveraineté des pays issus de l’Union soviétique. Près de 80 parlementaires européens appellent, dans une tribune au « Monde », la ministre des affaires étrangères à ne pas rester sans réponse face à de telles attaques.
(…)
Ce n’est pas la première fois que l’ambassadeur Lu fait des remarques scandaleuses et désobligeantes. Il a récemment déclaré que le peuple taïwanais devrait être « rééduqué », une fois passé sous le contrôle de Pékin.

Lire la tribune Madame Colonna, nous vous demandons de déclarer l’ambassadeur de Chine Lu Shaye persona non grata

Ambassade des EAU – Dialogue interreligieux

Invité par Son Excellence Hend Al Otaiba, ambassadrice des Émirats Arabes Unis en France, j’ai participé à l’Iftar interreligieux qui s’est tenu le 18 avril à l’ambassade des EAU.

Cet événement était destiné à célébrer la diversité culturelle et religieuse et à promouvoir le dialogue interreligieux.

À cette occasion, Abdulla Al Shehhi a présenté le complexe interreligieux Abrahamic Family House à Abou Dhabi, inauguré en début d’année et dont il est le directeur. La maison de la famille Abrahamique est un établissement dédié à l’échange et à la pratique de la foi. Comprenant une mosquée, une église, une synagogue ainsi qu’un espace conçu pour encourager le partage et le dialogue, la mission de la maison de la famille Abrahamique s’aligne sur les valeurs pérennes des Émirats Arabes Unis qui cherchent à unir les peuples et les cultures en vue de favoriser une coexistence harmonieuse pour les générations futures.

L’événement s’est tenu en présence d’Anne-Marie Descôtes, secrétaire générale du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères ; de Xavier Chatel, ancien ambassadeur de France aux EAU et de ma collègue députée Amélia Lakrafi.

Vidéo de l’Iftar interreligieux.

Sénat – Liban – ESA – Diplomatie économique

Ce 19 avril, heureux d’avoir pu participer à la soirée lancement de la Fondation ESA, afin de témoigner de l’action positive de l’ESA Business School, du dynamisme et de l’efficacité de son directeur Maxence Duault et de toute l’équipe qui l’entoure.

Alors que la situation du Liban inquiète, l’équipe de l’école poursuit sa mission avec pragmatisme et optimisme. Elle entretient l’espoir d’un retour prochain à des jours meilleurs pour le pays du cèdre.

La Fondation ESA est désormais sur les rails, dirigée par Câline Daher, et portée par une communauté convaincue que l’avenir du Liban passera par la préservation d’une éducation de qualité, et qui met au cœur de son projet l’égalité des chances, la diversité et l’innovation.

Lire aussi :
En circonscription au Liban (05-11 janv. 2023)
Sénat – Au Liban, jeunesse rime avec promesse (13 oct. 2022)

L’HEBDO DES INDÉPENDANTS N°213 – 20 avril 2023

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Sommaire :

FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER & AFFAIRES ÉTRANGÈRES
. Lutte contre la fraude sociale : les comptes à l’étranger dans le viseur de Bercy :
>Quand Bruno LE MAIRE s’en mêle
>Une idée pas originale…
… et inconstitutionnelle
>Les pendules à l’heure
>Confusion
>L’obligation de résidence ne concerne que les aides sociales :
. Résultats élections partielles
>Dans la seconde circonscription (Amérique latine et Caraïbes), Éléonore CAROIT
>Dans la huitième circonscription (Israël, Italie, Grèce, Turquie, Malte…), Meyer HABIB
>Dans la neuvième circonscription (Maghreb et Afrique de l’Ouest), Karim BEN CHEIKH
. Le vote par Internet a-t-il mieux fonctionné ?

LE CLUB DES INDÉPENDANTS
. Florence OGUTGEN, présidente du conseil consulaire en Turquie. « Qu’advient-il de ces Français rentrés en France par leurs propres moyens ? ».

LE BLOG D’OLIVIER CADIC
. Résidence de Repli. Groupe de travail à l’invitation des ministres Gabriel ATTAL et Olivier BECHT
. Enseignement français à l’étranger. Contribution pour « inventer un modèle qui attire à nous les élèves »
. Handicap. Échange avec Rahma Sophia RACHDI, fondatrice de Union Minority Plus
. États-Unis. Débat sur RFI, suite aux propos du Président MACRON
. Taïwan. Délégation de parlementaires conduite par Tsai CHI-CHANG, vice-président du Yuan législatif
. Andorre. Rencontre avec Eva DESCARREGA, ambassadrice de la Principauté
. Liban. Rencontre avec Samy GEMAYEL, président du parti Kataëb
. Arabie saoudite. Laïla NEHMÉ, décorée de la Légion d’honneur

FRANCE
Actualités : Politique & Société

BRÈVES D’AILLEURS

Découvrir l’InfoLettre n°213

Bercy – Résidence de repli – Groupe de travail transpartisan

Mes propositions pour une réflexion plus large sur la résidence de repli face aux adeptes de l’aménagement d’avantages fiscaux pour un petit nombre.

Nous devons déterminer un objectif de « politique publique » qui concerne tous les Français de l’étranger qui pourraient avoir besoin de « se replier ».

À l’invitation de Gabriel Attal, ministre délégué chargé des Comptes publics et d’Olivier Becht, ministre délégué chargé du Commerce extérieur, de l’Attractivité et des Français de l’étranger, j’ai participé le 17 avril à la première réunion du groupe de travail transpartisan sur la résidence de repli, objet de la promesse de campagne d’Emmanuel Macron, l’an dernier.

Olivier Becht a cadré la réflexion selon deux hypothèses qu’il avait évoquées devant l’AFE.
L’hypothèse maximaliste concernerait tous les Français de l’étranger qui disposent d’une résidence potentiellement principale sur le territoire national. L’hypothèse minimaliste se limiterait à ceux résidant dans un pays à risques.

Comme souligné à diverses reprises par Olivier Becht, se pose ensuite la question de la constitutionnalité d’un régime fiscal propre aux « résidences de repli », alors que l’ensemble des propriétaires de résidence secondaire en France sont redevables de la taxe d’habitation, éventuellement majorée selon la zone concernée, en raison de la crise du logement. L’objectif des ministres serait d’avoir une disposition dans le PLF 2024 ou dans un autre texte qui le permettraient, le cas échéant.

Dans ma déclaration liminaire, j’ai indiqué aux ministres qu’il est indispensable d’obtenir une étude d’impact concernant les recettes fiscales des Français non-résidents. Ce qui fait la popularité des Philippins vivant à l’étranger parmi ceux qui sont restés au pays, c’est l’argent qu’ils rapatrient.

Nous devons donc savoir de quoi nous parlons.

Combien de personnes seraient-elles concernées ? Rappelons en effet que parmi les « non-résidents » fiscaux en France, il y a les contribuables de nationalité étrangère. Les plus visibles d’entre eux qu’ils soient oligarques russes, magnats du Golfe ou stars d’Hollywood n’incitent pas vraiment nos compatriotes à leur accorder des privilèges fiscaux.

Parmi ceux qui sont Français non-résidents, combien sont effectivement propriétaire d’un bien en France ? Parmi ces propriétaires français d’un bien immobilier en France, combien ne mettent-ils pas leur bien en location et sont donc redevables de la taxe d’habitation, ni ne sont éligibles aux dispositifs incitatifs de rénovation énergétique ?

J’ai déclaré que cette résidence de repli ne devait pas être approchée comme la création d’une simple niche fiscale pour les Français de l’étranger.

Lorsque les services de Bercy sont ensuite intervenus, il s’est passé ce que je craignais : la direction de la législation fiscale (DLF) s’est engouffrée dans l’analyse de la proposition de loi (PPL) de Ronan Le Gleut, votée au Sénat le 4 avril dernier, pour démolir consciencieusement un texte qui avait pour seul objectif la recherche d’un avantage fiscal.

Ils s’en sont donné à cœur joie en rappelant la nécessité de respecter des exigences fondamentales, comme celles constitutionnelles du principe d’égalité devant la loi ou celles de l’Union européenne de non-discrimination sur la nationalité.

Le coup de grâce à Ronan Le Gleut a été donné par Evelyne Renaud-Garabedian, sa collègue des Républicains du Sénat. Elle a raillé la faiblesse de la portée du texte, limité à l’exonération de quelques mois de taxe d’habitation. En effet, les personnes concernées déclareraient une nouvelle résidence principale à leur retour remplaçant de facto la résidence de repli.

Chacun comprendra ainsi pourquoi mon groupe Union Centriste n’a pas voté ce texte.

Comme les services de Bercy ont pour fonction de faire rentrer l’argent dans les caisses de L’État, il ne faut pas trop compter sur eux pour participer à l’édification d’une niche fiscale.

La PPL leur a permis de renvoyer la balle vers les parlementaires sans faire de proposition.

J’ai donc développé ma vision de la résidence de repli voulue par le Président de la République.

Les avantages fiscaux ne peuvent pas être une fin en soi. Cela alimente l’image négative contre les Français de l’étranger, « exilés fiscaux ». Nous devons déterminer un objectif de « politique publique » qui concerne tous les Français de l’étranger qui pourraient avoir besoin de « se replier ».

L’objectif doit être d’affirmer l’appartenance des Français établis à l’étranger à la communauté nationale, à travers différents biais.

1️ – Nationalité : les familles établies depuis 3 ou 4 générations perdent progressivement le lien, lequel est encore distendu par la difficulté de prouver la nationalité française.

Il devient pratiquement impossible d’obtenir un CNF (en raison de la « désuétude »), dont la procédure a été réaménagée. C’est un parcours du combattant pour les Français par filiation qui n’ont jamais vécu en France.

On peut imaginer que la propriété d’une résidence en France soit un critère permettant de prouver sa nationalité. Cela pourrait être considéré comme élément de possession d’état (équivalent à celui d’avoir vécu en France).

2️ – Sécurité : faciliter l’acquisition d’un bien pour les compatriotes installés dans une zone susceptible de nécessiter un retour en France en urgence.

L’intérêt d’un classement des pays par zones de couleurs, déterminé par le Quai d’Orsay, est que le dispositif règlementaire existe déjà et qu’il est utilisé pour la pondération des indemnités des agents en poste.

3️ – Rapatriement : fils de rapatrié d’Algérie, j’ai conservé en mémoire ce statut des rapatriés voté pour les Français des anciennes colonies françaises.

Quid des Français qui louent leur bien en France, mais qui se retrouvent dans l’impossibilité de l’habiter en cas de retour forcé ? Je propose d’envisager la création d’un « bail précaire », permettant à un propriétaire de louer son logement moins cher, contre possibilité de le récupérer en un mois en cas de retour en urgence.

Il faut également considérer celles et ceux qui ne sont pas propriétaires en France, mais se retrouvent dans l’impossibilité de louer un logement en cas de retour en urgence.

Les questions diverses, mais fondamentales, relatives à l’inscription des enfants en cours d’année, les difficultés pour ouvrir un compte en banque, l’accès à la sécurité sociale ou encore au « filet social » français, inaccessible pendant 3 mois après le retour… doivent être posées dans le cadre d’une réflexion plus large sur la résidence de repli que celle du simple aménagement d’avantages fiscaux pour un petit nombre. +d’images

Sénat – Taiwan – Diplomatie parlementaire

A l’occasion de la venue en France d’une délégation de 16 parlementaires taïwanais conduite par Tsai Chi-chang, vice-président du Yuan législatif (Parlement taïwanais), Alain Richard, président du groupe d’échanges et d’études Sénat-Taïwan, a réuni les membres du groupe dont je fais partie pour un échange au Sénat, ce 14 avril.

J’ai eu l’opportunité de remercier nos collègues taiwanais pour leur remarquable accueil lors de mes deux visites en 2021 et 2022, ainsi que pour leur soutien à l’initiative du LIFT, lycée international franco-taiwanais.

Les députés de la majorité présidentielle taiwanaise ont souhaité obtenir un soutien de la France face aux menaces que la Chine communiste fait peser sur la démocratie taiwanaise.

J’ai affirmé que Taiwan démontre qu’une démocratie de culture chinoise est possible. Si le Parti communiste chinois est nerveux, c’est parce que Taiwan offre un modèle alternatif et enviable pour les Chinois du continent.

Les démocraties doivent être solidaires. Voilà pourquoi j’avais lancé “Taiwan n’est pas seul”, lors de mon premier déplacement.

Il est préférable de fournir des armes à Taiwan sans attendre pour lui permettre de se défendre afin de décourager son voisin de faire usage de la force pour s’approprier son territoire.

La France l’a déjà fait avec des mirages de Dassault et des frégates de Naval groupe.

J’ai ensuite retrouvé mes collègues lors d’un dîner-croisière sur la Seine organisé à l’occasion du Congrès annuel des chambres de commerce taïwanaises dans le monde (WTCC) qui se tient à Paris.

Je remercie SEM François Chihchung Wu, ambassadeur représentant Taïwan en France, et James Huang, président de WTCC de m’avoir permis de prolonger l’échange avec mes collègues et de rencontrer des entrepreneurs taiwanais à succès. +d’images

Sénat – Liban – Diplomatie parlementaire

Ce 17 avril, j’ai eu le plaisir de retrouver Cheikh Samy Gemayel qui m’avait reçu chez lui au Liban, début janvier (compte-rendu).

Ce fut l’opportunité de faire le point sur une situation politique toujours bloquée en l’absence d’élection du président du Liban.

La situation continue de se dégrader pour les Libanais. Comme je l’ai déjà exprimé, le Hezbollah, agent d’une puissance étrangère au Liban, contrôle le processus et continue à bloquer la situation tant qu’un candidat chrétien ne lui convient pas.

La real politique a permis cet état de fait dans le passé. J’ai confié à mon interlocuteur qu’il serait désespérant que cette approche se perpétue.

Sénat – Arabie saoudite – Diplomatie culturelle

Ce 15 avril, très heureux d’avoir pu retrouver Laïla Nehmé, directrice de recherche au CNRS, lors de la réception au cours de laquelle les insignes de Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur lui ont été remis par le contre-amiral Bertrand de Lignières.

Depuis plus de 20 ans, Laïla porte la coopération archéologique bilatérale entre la France et l’Arabie saoudite sur le site d’Al Ula.

Cette décoration m’a permis de remercier la chercheuse pour son accueil et sa capacité à transmettre son expertise auprès du grand public.

Laïla nous avait accueillis l’an dernier à Al Ula en compagnie du groupe d’amitié et de représentants de la commission Enseignement et Culture du Sénat (compte-rendu).

Handicap – Rencontre avec Rahma Sophia Rachdi (UM+)

Ce fut un plaisir, ce 18 avril, de faire la connaissance de Rahma Sophia Rachdi, journaliste politique depuis près de vingt ans, dont dix ans en qualité de correspondante de la Présidence de la République.

Elle est aussi la fondatrice de Union Minority Plus, une ONG qui vise à promouvoir la visibilité des personnes handicapées dans les domaines  politique, artistique et numérique.

Il demeure urgent de mettre en oeuvre une politique d’inclusion sociale en faveur de 12 millions de personnes en France pour qui la ville est un parcours d’obstacles, soit 15% de la population (1 personne sur 7). Ce chiffre, incroyable, dépasse largement les 2,7 millions de personnes dont l’invalidité ou le handicap sont reconnus administrativement (dont 850.000 qui ont une limitation  fonctionnelle par un handicap moteur).

Rahma rapporte que “les Américains nous envient notre loi Handicap” (loi du 11 février 2005 “pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées”). En effet,  “cette loi est assez complète, tandis que nous leur envions leur promptitude à appliquer leurs lois”, explique-t-elle. C’est pourquoi elle croit “en l’échange des bonnes pratiques et en la co-construction pour une réelle inclusion”.

La loi de 2005 prévoyait à dix ans une accessibilité généralisée dans tous les domaines de la vie sociale (éducation, emploi, cadre bâti, transports…). En 2015, la France était encore loin des objectifs prévus.

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault n’avait eu d’autre proposition que de reporter de plusieurs années l’application de cette loi favorisant l’accessibilité. Au Sénat, je m’étais fait l’écho de l’indignation légitime de diverses associations (compte-rendu).

Le monde aura les yeux fixés sur nous lors de l’été 2024. L’organisation Paris 2024 a eu le mérite d’accoler les JO avec les jeux Paralympiques et aussi d’encourager l’inclusion des personnes handicapées dans les préparatifs des parasports.

Cependant, l’accessibilité n’a pas été améliorée et une seule ligne de métro (la 14) est accessible pour les fauteuils roulants ; et seulement 1000 taxi G7 seront prévus pour transporter les personnes à mobilité réduite vers le 93 afin d’assister aux épreuves.

Médias – « La France peut-elle s’affranchir des États-Unis ? » (RFI – 17 avril 2023)

Ce 17 avril, invité dans l’émission « Le débat du jour » animée par Romain Auzouy pour débattre du thème : La France peut-elle s’affranchir des États-Unis ?

RFI : “Une délégation parlementaire française se trouve actuellement à Taïwan, dix jours après une visite d’Emmanuel Macron en Chine qui a fait couler beaucoup d’encre. En cause, les propos tenus par le chef de l’État dans l’avion qui le ramenait à Paris : Emmanuel Macron a exhorté l’Europe à ne pas être « suiviste » des États-Unis ou de la Chine sur la question de Taiwan.

Malgré les menaces d’invasion chinoise, le président français assume ses propos, déclarant quelques jours plus tard qu’être « allié » des États-Unis ne voulait pas pour autant dire être « vassal ».

Pour en débattre :
Olivier Cadic, sénateur représentant les Français établis hors de France, vice-président de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées, membre du groupe d’échanges et d’études Sénat-Taïwan
Martin Quencez, directeur du Bureau parisien du German Marshall Fund of the United States (GMF-Paris), spécialiste de la politique étrangère des États-Unis et de la relation transatlantique
Patrick Martin-Genier, enseignant à Sciences Po Paris, spécialiste des questions européennes, auteur de L’Europe a-t-elle un avenir ? aux éditions Studyrama (réédition janvier 2023).”

Retrouvez l’émission en intégralité ci-dessous :

Consultations sur l’Enseignement français à l’étranger

Inventer un modèle qui attire à nous les élèves

À l’invitation du ministre Olivier Becht, j’ai participé à la réunion de lancement des consultations sur l’enseignement français à l’étranger.

Le ministre a lancé l’événement avant de rejoindre le conseil des ministres auprès du Président de la République.

J’ai apporté ma contribution lors de cet exercice.

À l’issue de mon intervention, le DGM adjoint m’a contredit en revendiquant porter la parole du ministère.

Comme il était sorti de son rôle et de son devoir de réserve, puisque l’objet de la réunion était de collationner chaque point de vue, j’ai quitté cette réunion et j’ai écris un courrier au ministre délégué (lire le courrier).

Mon intervention au Quai d’Orsay du 13/4/23

Mesdames, Messieurs,

Je me réjouis de l’objectif du Président de la République de doubler le nombre d’élèves d’ici à 2030.

En novembre 2017, à la tribune du Sénat, j’avais déclaré à Jean-Yves Le Drian que mon objectif aurait été de doubler le nombre d’écoles françaises à l’étranger en 5 ans, puis de doubler ensuite à nouveau en 5 ans.
Cela aurait quadruplé le réseau en 10 ans.

Le nouvel élan engagé par le Président de la République a permis de passer de 495 à 567 écoles françaises à l’étranger en 4 ans, et je souhaite remercier le directeur de l’AEFE d’avoir rappelé ce résultat qui a été acquis principalement par l’homologation d’écoles déjà existantes.

Je rappelle qu’en 1990, lors de la création de l’AEFE, le réseau comptait 494 écoles.
Trente ans plus tard on n’en comptait plus que 470.

Le progrès constaté est encourageant.
Mais la croissance annuelle du nombre d’élèves est insuffisante pour atteindre l’objectif présidentiel, même si on comprend que la pandémie n’a pas aidé.

Je souhaite également rappeler ici que 80% des enfants français à l’étranger ne sont pas dans le réseau AEFE.

Est-ce que l’AEFE est « l’enseignement français à l’étranger »?
Quand j’écoute les interventions, j’ai tendance à le penser.
Et pourtant non !

Le CNED est absent du formulaire d’enquête.
C’est comme s’il n’existait pas.

Et pourtant, c’est vers lui que bon nombre de parents se tournent à l’étranger.
De la même manière, des écoles françaises du réseau AEFE s’appuient sur le CNED pour les niveaux non homologués.

Autre point concernant l’enquête, il parait surprenant de demander au public de choisir entre développer les écoles existantes ; en homologuer de nouvelles ou en créer de nouvelles.

Il faut faire les trois en même temps, bien entendu pour atteindre l’objectif du Président de la République.

Le questionnaire n’est d’ailleurs pas toujours très clair.
Je ne suis pas allé jusqu’au bout car il ne m’a pas paru toujours pertinent pour traiter de l’enjeu déterminé par la ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.

Pour développer l’enseignement français à l’étranger, il faut avoir une vision inclusive.

Construire une citadelle à partir de l’homologation aboutit à une vision étriquée qui imagine notre développement au travers d’un réseau fermé.

Les écoles françaises non homologuées ne sont pas intégrées à l’objectif de développement en nombre d’élèves.

On y trouve pourtant d’excellentes écoles, comme celles du Léman en Suisse, ou encore des écoles confessionnelles.

Il faudrait donc prendre en compte toutes les écoles qui préparent au baccalauréat en candidat libre.
À Madagascar, parmi les 1600 candidats, il est observé 80 % de réussite pour ceux présentés par les écoles non homologuées.

Est-il pertinent de réserver les formations des IRF aux seuls enseignants de classes homologuées ?
Une école déplore que ses enseignants du secondaire non homologué ne puissent faire l’objet de formation dans un IRF à l’inverse de ceux de son primaire homologué.

L’étude de l’AEFE souligne que le développement de l’enseignement anglo-saxon nous a totalement marginalisé ces dernières années et que l’écart s’accroit encore chaque année.

Mais elle ne présente aucune stratégie pour répondre au développement des écoles coraniques en Afrique qui sont gratuites.

Faut-il rappeler que les premières écoles françaises à l’étranger ont été fondées par des missionnaires chrétiens ? Elles sont à la source du développement de la francophonie sur ce continent.

Il faut donc repenser en profondeur notre approche pour ne pas nous retrouver définitivement distancés.

Je succède à André Ferrand à la tête de l’Anefe.

L’Association nationale des écoles françaises à l’étranger dispose d’une expérience et de moyens qui peuvent compléter utilement ce que fait l’AEFE dans l’instruction des dossiers de prêts immobiliers pour obtenir la garantie de l’État via la COGAREF

Nous souhaitons faire évoluer l’Anefe vers une agence de notation des écoles françaises à l’étranger qui soit inclusive.

Cette démarche est destinée à créer un système vertueux qui permettra de rapprocher les écoles de notre système pour nourrir le réseau, qui n’a que 80 nouvelles écoles dans le viseur pour les 4 prochaines années, comme nous l’a précisé le directeur de l’AEFE.

Est-ce que AEFE peut à elle seule incarner l’enseignement français à l’étranger ?
Évidemment non.

Nous avons besoin de dépasser cette vision si nous voulons être inclusifs.

Cela a été dit. L’AEFE est soumise à une injonction paradoxale.

Il faut impérativement dissocier le rôle de gestionnaire d’établissements de celui d’animateur-stratège du réseau.

Depuis l’antiquité, on n’a jamais vu une structure développer sa propre concurrence avec succès.

On ne peut pas demander au directeur de l’AEFE d’être à la fois joueur et arbitre.

Je regrette que rien dans la réflexion en cours n’aborde la vision au sens large de ce que nous voulons atteindre. Pour rivaliser à l’international, il faut sortir de l’entre soi.

C’est ainsi que je comprends les propos du ministre qui appelle à inventer un modèle qui attire à nous les élèves.

L’HEBDO DES INDÉPENDANTS N°212 – 13 avril 2023

Lire : l’HEBDO DES INDÉPENDANTS n°212 – 13 avril 2023Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Sommaire :

FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER & AFFAIRES ÉTRANGÈRES
. Réflexions sur la représentation politique des Français établis hors de France
. Législatives partielles : fin du vote par Internet
. Une chance au tirage
. L’autre chambre du Parlement
. Résidence fiscale hors de France : quid de l’IFI ?

LE CLUB DES INDÉPENDANTS
. Marie-Christine HARITÇALDE, membre de la commission nationale STAFE, conseillère à l’AFE, présidente du conseil consulaire au Chili (Évolution des critères STAFE).
. Patrick BOURBON, président du conseil consulaire à Chicago (Administration fiscale des non-résidents).
. Radya RAHAL, conseillère à l’AFE, présidente du conseil consulaire à Alger (Campagne des bourses 2023/24).

LE BLOG D’OLIVIER CADIC
. Consultations sur l’enseignement français à l’étranger (lettre à Olivier BECHT)
. Taïwan. Tribune saluée par ministère des Affaires étrangères
. AFD Madagascar
. En circonscription à MADAGASCAR (1/2) – Antananarivo (2-6 avril 2023)
Accueilli par Arnaud GUILLOIS, ambassadeur de France et Jean-Louis ROTH, consul général
. En circonscription à MADAGASCAR (2/2) – Nosy Be (3-5 avril 2023)
Accompagné par Arnaud GUILLOIS, ambassadeur de France et Patrick BOSDURE, conseiller de coopération et d’action culturelle

FRANCE
Actualités : Politique & Société

BRÈVES D’AILLEURS

Découvrir l’InfoLettre n°212

Consultations sur l’enseignement français à l’étranger – Ma lettre à Olivier Becht

Ce 13 avril, à l’invitation d’Olivier Becht, ministre délégué chargé du Commerce extérieur, de l’Attractivité et des Français de l’étranger, j’ai participé au lancement des consultations sur l’enseignement français à l’étranger, au Quai d’Orsay. Une fois le ministre parti au conseil des ministres à l’Élysée, devant l’attitude du directeur général de la mondialisation adjoint, suite au partage de mon analyse, j’ai préféré quitter l’événement. J‘ai adressé une lettre au ministre l’expliquant. 

Monsieur le Ministre,

Vous avez bien voulu me convier au lancement des Consultations sur l’enseignement français à l’étranger.

Je me suis rendu ce jour au Quai d’Orsay, non seulement en tant que sénateur des Français établis hors de France mais aussi au titre de président de l’Association nationale des Écoles françaises à l’étranger (ANEFE).

J’ai quitté la réunion de consultations suite aux déclarations de l’adjoint du directeur général de la mondialisation (DGM).

Comme vous le savez, je suis très engagé dans le développement du réseau de l’enseignement français à l’étranger.

Je ne perds jamais une occasion de rappeler mon soutien, sans faille, à l’objectif fixé par le Président de la République de doubler le nombre d’élèves du réseau d’ici 2030.

Je n’ai pas davantage manqué de faire la promotion de la consultation lancée en ligne par Madame la Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères dans ma lettre d’information, diffusée à plus de 10.000 Français à travers le monde.

Alors que ce matin, nous étions invités à partager nos réflexions sur l’avenir du réseau, j’ai pu exposer mes analyses.

En tant qu’entrepreneur, je suis parvenu à la conclusion qu’il était paradoxal de demander à l’opérateur étatique de croître et, en même temps, de lui fixer pour mission de développer sa propre concurrence. J’appelle régulièrement à changer de paradigme, à sortir d’une boite dans laquelle l’AEFE est enfermée depuis 1990.

L’ambition du développement de l’enseignement français à l’étranger passe par l’ensemble de ses acteurs, qu’il s’agisse des écoles du réseau gérées par l’AEFE, des écoles partenaires mais aussi de celles qui ne sont pas homologuées, aussi nombreuses qu’indispensables pour développer notre réseau. Ces dernières présentent déjà leurs élèves au baccalauréat en candidats libres.

J’ai évoqué également l’importance du CNED dans notre dispositif, qui n’est pas même mentionné dans l’enquête.

Ensuite, j’ai fait observer que si le développement exponentiel des écoles anglo-saxonnes qui nous a marginalisé, est désormais pris en compte dans la réflexion de l’AEFE grâce au nouvel élan impulsé par le Président de la République, aucune réflexion n’est engagée pour tenir compte de la croissance des écoles coranniques en Afrique.

Faut-il rappeler que les premières écoles françaises à l’étranger ont été fondées par des missionnaires chrétiens ? Elles sont à la source du développement de la francophonie sur ce continent.

Quelle ne fût pas ma surprise quand, reprenant la parole après l’exposé de mes analyses, le DGM adjoint a trouvé pertinent de fermer la porte que vous aviez pourtant ouverte. Ce responsable de votre administration m’a directement et publiquement contredit.

Alors que je l’invitais à préciser s’il s’exprimait en votre nom, en soulignant le soutien que je porte à votre action, le DGM adjoint m’a répondu qu’il s’agissait de la position non pas du ministre mais bien du « ministère ». Vous nous aviez pourtant invité le matin même à « inventer un modèle pour attirer à nous les élèves »

J’ai compris, d’après ses propos introductifs, qu’il revenait de Chine, pays où les fonctionnaires décident du cadre de l’action des parlementaires.

Je vous serais infiniment reconnaissant de bien vouloir rappeler les prérogatives du Parlement français et son devoir de réserve à ce représentant du ministère, qui confond l’intérêt général et la préservation d’un pré carré de l’administration qu’il sert.

Il me semble que lorsque vous conviez les parlementaires à débattre et à échanger, ce n’est pas pour que votre administration refuse de considérer les prises de parole de la représentation nationale.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

Olivier Cadic

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