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Sénat – Liban – Ambassadeur

Le groupe d’amitié France–Liban, présidé par ma collègue Christine Lagarde, a reçu ce 31 mars Rabih El Chaer, ambassadeur du Liban en France.

Cet échange a permis d’évoquer la situation extrêmement préoccupante du pays, aujourd’hui confronté à une nouvelle phase de violence armée.

Je me suis rendu à Beyrouth du 9 au 14 février dernier, aux côtés de Nadia Chaaya, conseillère à l’AFE pour l’Asie centrale et le Moyen-Orient, où j’ai pu mesurer la détermination du président Joseph Aoun à remettre le Liban sur le chemin de la paix et de la prospérité.

L’ensemble des interlocuteurs rencontrés avaient exprimé une exigence claire : restaurer pleinement la souveraineté de l’État libanais, notamment par le rétablissement du monopole des armes au profit de l’armée.

Lors de son intervention, l’ambassadeur a apporté des éléments précis et éclairants sur les efforts engagés, notamment en matière de désarmement. Je tiens à saluer la qualité de ses échanges, empreints de franchise, de sens des responsabilités et d’un attachement manifeste à la stabilité et à la souveraineté de son pays.

Depuis mon déplacement, la situation s’est malheureusement dégradée : le Hezbollah a rouvert les hostilités avec Israël sans en informer le gouvernement ni le Parlement, et en contradiction avec la volonté du peuple libanais. Cette dynamique fragilise encore davantage les institutions et la stabilité du pays.

Dans ce contexte, le gouvernement libanais a pris des positions fortes, notamment en déclarant illégal le mouvement armé du Hezbollah.

J’ai également interrogé l’ambassadeur sur les conséquences de la décision courageuse du gouvernement de déclarer l’ambassadeur d’Iran persona non grata au Liban.

Face à ces défis majeurs, une question centrale demeure : comment la France peut-elle contribuer concrètement au renforcement des institutions libanaises et au retour d’un État pleinement souverain ?

Sénat – France Médias Monde : en première ligne de la guerre informationnelle – Vidéo Q/R (8’32)

Notre commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées a auditionné, le 1er avril 2026, Marie-Christine Saragosse, présidente-directrice générale de France Médias Monde, sur le thème : Quelles priorités pour France Médias Monde en 2026 ?

Dans un monde traversé par les crises, le réarmement conventionnel doit s’accompagner d’un réarmement informationnel afin de faire face aux situations de guerre hybride. France Médias Monde est en première ligne pour lutter contre les stratégies de déstabilisation, qu’il s’agisse de l’influence russe en Afrique, de l’accès à une information indépendante en Russie ou encore du renforcement de sa présence au Proche-Orient, grâce au développement de son hub de Beyrouth.

À ce titre, j’ai salué l’engagement des équipes de France Médias Monde à Beyrouth et le rôle stratégique de ce hub numérique, tout en exprimant mon inquiétude face aux menaces (cyberattaques et pressions) et en interrogeant les conditions d’exercice de la liberté de la presse au Liban, ainsi que les stratégies de désinformation.

VERBATIM de mon intervention

Merci beaucoup pour vos propos, Madame la Présidente.

Pour ma part, je tiens à saluer justement l’engagement remarquable des équipes de France Médias Monde, en particulier celles basées à Beyrouth, que j’ai eu l’occasion, vous l’avez mentionné, de rencontrer mi-février en compagnie de Nadia Chaaya, conseillère à l’AFE pour le Moyen-Orient, et Maxence Duault, directeur général de l’ESA Liban, qui vous héberge.

Cette rédaction incarne pleinement l’ambition d’une information de proximité, indépendante et en langue arabe au service des publics de la région. Je souhaite saluer leur courage et leur adresser, de la part de notre groupe Union centriste, tout notre soutien. L’ouverture récente de ce hub numérique constitue à cet égard une avancée stratégique majeure pour renforcer les offres de France24 au Moyen-Orient.

Mais cette présence s’exerce dans un contexte préoccupant. Les cyberattaques récentes visant MTV Liban rappellent la vulnérabilité des médias face aux menaces numériques, vous l’avez mentionné. À cela s’ajoutent des pressions et des menaces physiques croissantes à l’encontre des journalistes au Liban, fragilisant l’exercice de la liberté de la presse. Dans ce contexte, l’engagement de France Médias Monde à Beyrouth est essentiel et appelle notre vigilance collective.

Comment France Médias Monde évalue-t-il aujourd’hui l’évolution des conditions d’exercice du journalisme au Liban ?

Vous avez évoqué la guerre de l’information contre les démocraties menées par certaines puissances comme la Russie ou la Chine, avec des budgets considérables, vous l’avez rappelé. Quels sont les principaux modes opératoires de désinformation que vous observez actuellement ? Merci.

Médias – Olivier Cadic : “Dans le futur, nous serons fiers des décisions prises par la France, aujourd’hui” (RFI – 01/04/2026 – Podcast 8’25)

Invité de Radio France Internationale, j’ai répondu, ce 1er avril, aux questions de Véronique Rigolet sur le contexte d’une escalade militaire autour de l’Iran.

Face aux critiques de Donald Trump et aux tensions avec l’État hébreu, j’ai appelé à garder sang-froid et constance, tout en réaffirmant la ligne française : soutien à la sécurité d’Israël, attachement au droit international, et engagement indéfectible auprès des partenaires régionaux.

Ecouter l’entretien en AUDIO

Verbatim de l’entretien

Véronique Rigolet – Bonjour Olivier Cadic, bienvenue sur RFI.

Olivier Cadic – Merci, bonjour.

Véronique Rigolet – Que vous inspire, on vient de l’entendre, ce sérieux coup de chaud entre la France et l’État hébreu, mais également entre la France et les États-Unis, en pleine guerre contre l’Iran ? Donald Trump fustige Paris qui n’a pas été très aidante alors qu’Israël a laissé entendre que la France ne compte plus parmi ses alliés, entend également mettre fin à ses importations de défense française. Est-ce qu’on est là, Olivier Cadic, dans une crise extrêmement sérieuse avec Israël, pour commencer ?

Olivier Cadic – Je crois qu’avant tout, il faut avoir beaucoup de sang-froid, comprendre qu’effectivement, l’État d’Israël était attaqué et potentiellement est menacé depuis que le régime des mollahs existe. Ils en ont fait, je dirais, le point fort de leur vision stratégique au Moyen-Orient : éliminer l’État d’Israël. Donc, on peut comprendre de la part d’Israël qu’il cherche à se défendre par rapport à cette menace existentielle. Et, en ce sens-là, je pense que la France a toujours été présente aux côtés d’Israël et l’a rappelé en de multiples occasions.

Aujourd’hui, effectivement, l’État d’Israël comme les États-Unis ont décidé de frapper l’Iran sans en avertir justement les alliés dont ils parlent, puisqu’ils nous présentent comme des alliés. Et donc, rappeler qu’effectivement, si on est engagés ensemble dans l’OTAN, ils ont pris cette décision sans en avertir les autres, les autres pays. Donc, on n’a pas eu la possibilité d’exprimer notre position sur le sujet. On voit les conséquences de ces attaques. Aujourd’hui, la France tient son rang. La France est un partenaire fiable qui l’a démontré. Vous l’avez rappelé, le Président de la République a décidé tout de suite d’envoyer le porte-avions Charles de Gaulle et de mettre en place des moyens pour assurer la sécurité de nos ressortissants le cas échéant et aussi de nos alliés.

Véronique Rigolet – Comment expliquer une telle colère aujourd’hui d’Israël ? On connaît la dégradation des relations depuis la reconnaissance de l’État de Palestine par la France. C’était l’été dernier. C’est une situation qui, en plus, ne va pas s’arranger par rapport aux attaques israéliennes contre le Liban. Et alors même qu’Israël dit vouloir occuper une partie du Sud Liban une fois la guerre terminée. Ça reste notre ligne rouge ?

Olivier Cadic – La position de la France par rapport au droit international est connue, établie de longue date et n’a jamais varié. Par rapport à ce qu’il se passe aujourd’hui, la position de la France est invariable…

Véronique Rigolet – Par rapport au Liban, en tout cas, oui.

Olivier Cadic – Par rapport au Liban, la question c’est le Hezbollah. Le Hezbollah, c’est une ingérence étrangère qui vient d’Iran. On voit bien que ce sont les gardiens de la Révolution qui sont maintenant à la manœuvre pour le Hezbollah qui mène un combat direct par rapport à Israël, qui prend en otage la population libanaise en permanence. Encore aujourd’hui, en ce moment, dans les villages chrétiens du Sud Liban qui n’ont pas évacué. On voit que le Hezbollah commence à rentrer dans ces villages pour mener son combat en se servant justement des chrétiens comme de boucliers, de cibles potentielles. On a un vrai sujet avec le Hezbollah. Là, je pense que la ligne de la France est très claire aujourd’hui.

Véronique Rigolet – Tout en condamnant l’intervention israélienne, est-ce qu’il faut que la France, aujourd’hui, renforce encore un peu plus son soutien militaire à l’armée libanaise ?

Olivier Cadic – Complètement. Là, vous touchez un point qui m’est cher. J’étais il y a six semaines au Liban. J’ai rencontré le président Joseph Aoun, le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi. Et donc, le besoin, effectivement, c’est de venir soutenir les forces armées libanaises, leur permettre d’avoir les moyens d’assurer la sécurité du pays, les moyens de désarmer le Hezbollah, c’est impératif. C’était un engagement qui avait été pris lors de l’accord de cessez-le-feu. Et donc, il faut absolument donner les moyens. C’est ce que m’avait demandé le président Joseph Aoun : donnez-moi les moyens, je ferai le job. Il avait repris les mots de Churchill. On a absolument besoin de lui donner effectivement les moyens pour que l’armée libanaise puisse jouer son rôle, ramener l’État à la manœuvre. Parce qu’aujourd’hui, le Hezbollah profite en fait de la faiblesse de la force armée libanaise pour mener ses actions offensives vis-à-vis d’Israël.

Véronique Rigolet – On le disait, Donald Trump s’en est pris également très violemment à la France hier sur un mode menaçant. On s’en souviendra, dit le président américain, qui menace par ailleurs à nouveau de se retirer de l’OTAN. Comment vous expliquez une telle animosité du président américain ? On y sent presque de la nervosité. C’est à cause de cette impasse qui perdure dans le détroit d’Ormuz, sa façon à lui, de Donald Trump, de rejeter d’ores et déjà la faute sur les alliés ?

Olivier Cadic – Je pense que là aussi, il faut avoir beaucoup de sang-froid, prendre de la hauteur, comprendre que les positions du président des États-Unis peuvent varier d’un jour à l’autre. Et donc, pour nous, il faut rester sur la ligne qui est une ligne de partenaire fiable par rapport aux pays du Golfe, par rapport au Liban. Pour bien montrer qu’on ne bougera pas de ligne : on sera toujours aux côtés d’Israël quand Israël sera attaqué. Il faut aussi marteler ça. Nous avons aussi une présence française dans tous ces pays. Il y a quand même quatre cent mille Français qui vivent dans cette zone. Nous ne l’oublions pas. Où qu’ils soient, nos compatriotes doivent savoir une chose : c’est que la France ne les lâchera pas. On est avec eux. Et donc, pour tous ces pays, il faut qu’on comprenne qu’il y a une ligne qui est la ligne de la France, qui ne varie jamais, même si les autres peuvent changer d’un jour sur l’autre.

Véronique Rigolet – C’est ce que le président Macron, depuis le Japon où il se trouve en visite officielle, a vanté ce matin : la prévisibilité de la France contre l’imprévisibilité américaine. Parlant justement de cette imprévisibilité, le président américain dit qu’il s’apprête à mettre fin à la guerre dans deux ou trois semaines, mais tout en préparant en parallèle un possible assaut. Si tel devait être le cas est-ce que la France pourrait rester dans la région, sur cette ligne défensive où elle est aujourd’hui, mais avec le Charles de Gaulle, avec cette armada présente dans la région ? C’est un souci ?

Olivier Cadic – La France est à sa place. C’est une puissance qui a une capacité militaire. Regardez dans l’Union européenne, il y a peu de pays qui ont cette capacité. On a besoin de la France. J’étais la semaine dernière avec l’ambassadeur des Émirats arabes unis qui rappelait toute la reconnaissance que les Émirats avaient pour la France, sa position, sa capacité à intervenir en soutien pour pouvoir défendre leur territoire. C’est important que la France reste toujours solide dans sa réponse, qu’on ne se laisse pas entraîner s’il y a des excès.

Moi, je suis très fier, vraiment, de ce que la France fait aujourd’hui, parce que ce n’est pas une position facile, parce que justement nos partenaires, parfois, agissent sans nous prévenir et on doit donc agir en fonction des conséquences. Cette ligne-là est très importante. C’est ce qui fera que dans le futur, nous serons fiers des décisions qui ont été prises aujourd’hui. Toujours se souvenir que l’histoire va nous juger. Si l’Iran menace l’intégrité d’Israël, il est important qu’Israël sache qu’on sera à ses côtés. Et, en tout état de cause, si les conséquences des attaques, des frappes sur l’Iran, c’est que nos partenaires au Moyen-Orient, donc dans le Golfe, sont attaqués, il faut qu’ils sachent qu’on sera là en toutes circonstances pour les aider à se défendre. C’est une position de défense.

Véronique Rigolet – On vous a entendu. Merci Olivier Cadic. Bonne journée.

Sénat – France / Irlande : des enjeux très concrets pour nos compatriotes

Ce 25 mars, à l’initiative de mon collègue Pierre Médevielle, président du groupe d’amitié France-Irlande, un déjeuner de travail s’est tenu autour de Niall Burgess, ambassadeur d’Irlande en France.

À cette occasion, j’ai transmis à l’ambassadeur une note rédigée par Laurence Helaili, conseillère consulaire pour l’Irlande, et salué la souplesse et la bienveillance des autorités irlandaises à l’égard de nos compatriotes confrontés à des situations d’urgence, notamment en cas de perte de documents.

J’ai ensuite relayé l’initiative de Laurence visant à obtenir des compagnies aériennes la mise en place de « tarifs d’urgence », afin de faciliter des retours rapides dans des circonstances difficiles.

Enfin, j’ai attiré l’attention de l’ambassadeur sur les divorces franco-irlandais traités en France. Des difficultés d’interprétation du droit irlandais, lorsqu’il est applicable, sont constatées. Certaines juridictions françaises méconnaissent en effet le mécanisme de protection (« proper provision ») du conjoint économiquement vulnérable, conduisant à écarter toute compensation.

Niall Burgess m’a informé de la visite du ministre irlandais de la Justice à Paris deux jours plus tard pour rencontrer son homologue.

Dans le prolongement de cette réunion, j’ai adressé une question écrite à notre garde de Sceaux sur cette problématique (en savoir +).

Des sujets techniques en apparence, mais aux conséquences très concrètes pour les Français établis en Irlande.

NOTE de Laurence Helaili :

Souplesse aux frontières 
Il faut saluer la flexibilité et la compréhension dont font preuve les services irlandais, vis-à-vis de nos compatriotes confrontés à la perte de leurs papiers et devant rentrer chez eux, par avion, en France ou en Irlande.

Négociations avec les compagnies aériennes – Tarifs d’urgence
Avec certains élus en Irlande, nous sommes mobilisés pour obtenir des compagnies aériennes la mise en place de « tarifs d’urgence », c’est-à-dire de conditions tarifaires avantageuses en cas de départ précipité, par exemple à la suite d’un décès ou d’un problème médical, comme cela existe déjà dans d’autres pays. M. l’ambassadeur serait-il prêt à soutenir cette initiative ?

Divorce (1/2) – Rupture de vie commune
Une disposition du droit irlandais qui pose bien des difficultés. Le divorce est possible en Irlande depuis 1996, mais il demeure conditionné à une durée de rupture de vie commune de deux ans — durée qui était auparavant de cinq ans, même dans des situations dramatiques, telles que des cas de violences conjugales ou de maltraitance d’enfants. Pour de nombreuses femmes, irlandaises comme françaises, cela implique de quitter le domicile conjugal avec des moyens limités, dans un contexte où l’accès au logement est particulièrement difficile et coûteux. M. l’ambassadeur estime-t-il qu’une nouvelle évolution législative sur ce point serait aujourd’hui souhaitable ou envisageable ?

Divorce (2/2) – Juridictions françaises
Il convient enfin d’évoquer une situation qui concerne la France. Lorsque le divorce est prononcé en France, c’est le droit irlandais qui s’applique dès lors que l’Irlande est le pays dans lequel les époux ont vécu le plus longtemps. Or, en droit irlandais, le conjoint le plus vulnérable — souvent celui qui a sacrifié sa carrière pour élever les enfants — bénéficie d’une protection particulière, ce que l’on appelle le « proper provision », une prestation révisable, mais souvent accordée à long terme, voire à vie. Cependant, il apparaît que certains tribunaux français interprètent de manière inexacte le régime matrimonial irlandais, en le réduisant à une simple séparation de biens. Cette mauvaise interprétation conduit à pénaliser le conjoint le plus vulnérable, en ne lui accordant aucune prestation compensatoire. Comment pourrait-on améliorer la compréhension et la bonne application du droit irlandais par les juridictions françaises dans ce type de situation ?

17Cyber – Les Français de l’étranger oubliés du dispositif ?

Ce 5 mars, le ministère de l’Intérieur a répondu à une question écrite que j’avais posée concernant la cybersécurité des Français établis hors de France (lire la Question).

La réponse du gouvernement se contente essentiellement de rappeler le fonctionnement du dispositif 17Cyber : auto-diagnostic, conseils, orientation vers un prestataire ou un téléservice, possibilité de dialoguer avec les forces de sécurité, ainsi que l’intégration possible du module sur d’autres sites.

Elle ne répond toutefois pas à la question centrale que j’avais posée : quelles mesures concrètes le Gouvernement entend-il prendre pour faire de 17Cyber le réflexe des Français victimes de cybermalveillance, notamment de ceux établis à l’étranger ?

La réponse ne mentionne en effet ni les consulats, ni les ambassades, ni même les Français expatriés.

Pourtant, les Français de l’étranger ont besoin d’un point d’entrée clair et identifiable via les consulats. L’intégration du module 17Cyber sur les sites des ambassades et des consulats serait techniquement simple à mettre en œuvre.

De même, une campagne d’information consulaire — via des infolettres ou les réseaux sociaux des postes — permettrait de diffuser efficacement ce réflexe de cybersécurité.

Je regrette donc que la réponse du ministère de l’Intérieur évite le cœur de la question posée.

Réponse n°06475 (05/03/2025) : Lancé le 17 décembre 2024, le dispositif 17Cyber, inscrit dans la LOPMI, est un outil stratégique destiné à informer le plus grand nombre, centraliser les signalements de cyberattaques et à accompagner les victimes de cybermalveillance. Il est ainsi destiné à informer via un module intégré et devenir le portail unique lors de la prise en compte d’une attaque cyber dont un particulier, une collectivité ou un professionnel pourraient être victimes. Ainsi, après un auto-diagnostic, et en fonction de la menace qualifiée, l’usager se voit proposer des conseils, un lien vers un prestataire de service certifié pour une remédiation technique, un lien vers un téléservice ou un tchat avec les forces de sécurité intérieures. Ce guichet unique est également disponible sous la forme d’un module qui vient directement s’intégrer à tous les sites internet et plateformes. Les entreprises, administrations ou collectivités, peuvent intégrer ce module sur les sites et plateformes dont elles ont la responsabilité depuis le site 17Cyber.gouv.fr (partie « Vous disposez d’un site Internet ? »). C’est ce qui a été fait sur le site Ma Sécurité. Le développement technique de ce projet est assuré par le GIP Acyma (groupement d’intérêt public action contre la cybermalveillance). Ce projet est étroitement suivi par l’unité nationale cyber, la sous-direction de l’emploi des forces (gendarmerie nationale) et l’office anti-cybercriminalité (police nationale).

Le Sénat facilite l’exercice des médecins formés au Royaume-Uni

Depuis le Brexit, les diplômes de médecine britanniques ne sont plus automatiquement reconnus en France ni dans l’UE. Les médecins concernés doivent passer par la procédure des praticiens à diplôme hors UE (Padhue), longue et contraignante (examens + parcours pouvant durer jusqu’à 3 ans).

Pour remédier à cette situation, le Sénat a voté le 31 mars 2026 une proposition de loi, adoptée par l’Assemblée nationale, permettant aux médecins diplômés au Royaume-Uni* d’exercer en France dans les mêmes conditions que les diplômés européens, à condition d’avoir commencé leurs études avant le 31 décembre 2020 (fin de la période de transition du Brexit). C’est la fin d’une abberation administrative.

VERBATIM de mon intervention

Le Brexit a créé des frontières politiques. Il ne doit pas créer d’absurdités administratives.
Or, c’est exactement ce que nous constatons.
Depuis le 1er janvier 2021, des médecins diplômés au Royaume-Uni — y compris des Français établis à l’étranger ayant commencé leurs études avant le Brexit — sont reclassés comme praticiens à diplôme hors Union européenne. Résultat : une procédure longue, lourde, dissuasive, jusqu’à trois ans.
Trois ans pour des professionnels formés dans des universités reconnues !
Cela n’a pas de sens.
Depuis 10 ans, ce combat face aux injustices, je l’ai vu à travers l’action de l’association the3million, cofondée par Nicolas Hatton, qui se bat pour défendre les droits des Européens du Royaume-Uni pris dans les conséquences du Brexit.
Car derrière ces règles, il y a des parcours de vie.
Dans son ouvrage InLimbo, Véronique David-Martin décrit des « victimes du Brexit », coincées dans un entre-deux juridique — en clair, dans des limbes administratives.
Les praticiens dont nous parlons aujourd’hui en font partie.
Pendant ce temps, nos territoires manquent de médecins. Des services sont sous tension.
Et nous compliquons le retour de professionnels qualifiés, souvent francophones, souvent prêts à s’installer.
Je salue donc ce texte et le travail de la rapporteure, Patricia Demas, qui corrige cette incohérence.
Nous ne réglons pas tout — la question des PADHUE demeure — mais nous mettons fin à une aberration.
Sortir ces professionnels des limbes administratives, c’est améliorer concrètement l’accès aux soins.
Je voterai ce texte.

Résumé des situations actuelles (rectangles blancs) et dans la rédaction
issue de la commission des Affaires sociales du Sénat (rectangles rouges)

(*) Cette situation concerne aussi les ressortissants d’un État membre de l’Union européenne partie à l’accord sur l’Espace économique européen ou de la Suisse ayant commencé leurs études de médecine avant le Brexit au Royaume-Uni.

Divorces franco-irlandais : mieux protéger le conjoint vulnérable – Question écrite

Lorsqu’un divorce en France implique l’application du droit irlandais, celui-ci prévoit des mesures financières destinées à protéger le conjoint économiquement le plus vulnérable.

Toutefois, il apparaît que ce mécanisme de proper provision est parfois mal appréhendé par certaines juridictions françaises, qui tendent à assimiler le régime irlandais à une simple séparation de biens, conduisant ainsi à écarter toute forme de compensation au détriment du conjoint le plus vulnérable.

Une situation qui m’a été signalée par les conseillers des Français de l’étranger pour l’Irlande, Laurence Helaili et Nicolas Nouelle.

J’ai donc adressé une question écrite au Gouvernement sur l’application du droit irlandais par les juridictions françaises en matière de divorce.

Application du droit irlandais du divorce et protection du conjoint vulnérable

Question n°08292 – M. Olivier Cadic attire l’attention de M. le garde des Sceaux, ministre de la Justice, sur les difficultés rencontrées dans le traitement par les juridictions françaises de certaines situations de divorce présentant un lien avec le droit irlandais.
En application des règles françaises de conflit de lois, notamment l’article 309 du Code civil, les juridictions françaises peuvent être amenées à appliquer le droit irlandais au divorce de couples présentant un lien étroit avec l’Irlande.
Il en résulte que, dans certains cas, les juridictions françaises sont amenées à appliquer le droit irlandais.
Or, le droit irlandais prévoit, lors du prononcé du divorce, la possibilité pour le juge d’accorder des mesures financières au bénéfice du conjoint économiquement le plus vulnérable, notamment sous forme de pension alimentaire ou d’ordonnances d’ajustement patrimonial, dans une logique de « proper provision » issue notamment du Family Law Act 1995 et du Family Law (Divorce) Act 1996.
Toutefois, il apparaît, au regard de situations portées à sa connaissance, que certaines juridictions françaises rencontrent des difficultés dans l’appréhension du droit irlandais, pouvant conduire à assimiler le régime applicable à une simple séparation de biens, et, partant, à écarter toute forme de compensation au profit du conjoint le plus vulnérable.
Cette situation est susceptible de créer une rupture d’égalité entre justiciables et de porter atteinte à l’effectivité du droit étranger pourtant désigné comme applicable.
Aussi, il lui demande :
• si le Gouvernement a connaissance de ces difficultés d’interprétation du droit irlandais par les juridictions françaises ;
• si des actions de formation ou de sensibilisation des magistrats au droit international privé et aux droits étrangers pourraient être renforcées ;
• et si une clarification des règles applicables ou des lignes directrices pourraient être envisagées afin de garantir une application fidèle du droit étranger lorsque celui-ci est désigné par les règles de conflit de lois. (publication : 09/04/2026)

Sénat – Quai d’Orsay – Légion d’honneur : Hélène Roos distinguée

Le 18 mars, j’ai eu le plaisir d’assister à la remise des insignes de Chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’honneur à Hélène Roos, à l’Hôtel du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.

Décorée par Michèle Ramis, elle a été saluée pour un parcours diplomatique exemplaire au service du rayonnement de la France et de la francophonie. Elle représente aujourd’hui l’Union européenne en Haïti.

Ancienne ambassadrice de France en Bolivie, Hélène Roos m’avait accueilli à La Paz en mai 2024. J’avais alors pu mesurer son engagement et sa fine connaissance des enjeux politiques, économiques et de sécurité du pays, qui m’ont notamment conduit à participer à une opération de lutte contre le narcotrafic aux côtés des autorités locales et de Martine Veille, attachée de sécurité intérieure.

Je l’avais également rencontrée à Bucarest en compagnie de Michel Monsauret, secrétaire général de l’Anefe, où elle dirigeait l’Institut français de Roumanie, engagée avec conviction pour la promotion de notre langue et de notre culture.

Toutes mes félicitations à Hélène Roos pour cette distinction, qui vient récompenser un parcours remarquable au service de notre diplomatie. +d’images

Sénat – Direction générale de la mondialisation (DGM) – ANEFE – Enseignement français à l’étranger

Dans le prolongement de notre entretien du 13 octobre 2025, j’ai échangé le 19 mars avec Anne Grillo, directrice générale de la mondialisation au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, sur l’avenir de l’enseignement français à l’étranger.

Nos discussions ont notamment porté sur l’AFD, ainsi que sur la nécessité de mieux répondre aux attaques politiques, parfois infondées, dont son action fait l’objet.

Nous avons également abordé le modèle économique de l’AEFE.

Sur ce point, j’ai réaffirmé avec constance la nécessité d’engager une réforme structurelle en profondeur. Le modèle actuel a atteint ses limites et ne permet plus de garantir durablement le développement du réseau.

Je défends depuis 15 ans un cadre fondé sur le « juste coût / juste prix », condition indispensable pour assurer la soutenabilité du système, accompagner son expansion et préserver l’équité entre les familles.

En tant que président de l’ANEFE, j’ai également alerté sur les dérives préoccupantes observées dans la gestion actuelle du réseau.

Les décisions prises par l’AEFE, notamment à la suite de son conseil d’administration de décembre 2025, font peser des risques réels sur l’équilibre financier de nombreux établissements, en particulier ceux ayant contracté des emprunts immobiliers garantis par l’État via l’ANEFE.

Cette situation fragilise à la fois le développement du réseau et la confiance de ses acteurs. Elle appelle des corrections rapides.

Dans ce contexte, j’ai rappelé que l’ANEFE n’hésitera pas à contester par voie de droit toute décision unilatérale qui viendrait créer des charges nouvelles susceptibles de mettre en difficulté financière l’un de ses adhérents, et de l’amener à faire défaut dans le remboursement du prêt immobilier garanti par l’état.

Le 18 mars 2025, il y a tout juste un an, j’avais par ailleurs reçu au Sénat, à sa demande, le directeur de la diplomatie culturelle, éducative, universitaire et scientifique, afin d’échanger sur ces enjeux. J’avais alors transmis à la DGM une note détaillant les préconisations que je porte depuis 15 ans pour réformer en profondeur ce modèle.

Dans la perspective de ma prochaine audition devant la mission d’information du Sénat sur l’enseignement français à l’étranger, j’ai indiqué à Anne Grillo que je rendrai ensuite cette note publique.

La directrice s’est étonnée que la mission confiée à la sénatrice Cazebonne n’ait pas encore auditionné l’ANEFE. Elle m’a assuré qu’elle encouragerait également l’AEFE à nous associer pleinement à ses concertations, notamment sur l’évolution des contrats de partenariat.

Je remercie Anne Grillo pour la qualité de son écoute et son engagement.

Sénat – Groupe d’amitié pays du golfe – Arabie saoudite – Koweït – Fêtes nationales

En ma qualité de président du groupe d’amitié France–Pays du Golfe au Sénat, j’ai eu l’honneur d’être convié à deux réceptions organisées à Paris par les ambassadeurs d’Arabie saoudite et du Koweït, à l’occasion de célébrations nationales importantes.

Le 16 février, Son Excellence Fahad Al Ruwaily m’a accueilli en compagnie de ma collègue Nathalie Delattre, à sa Résidence, pour célébrer la Journée Fondation du Royaume d’Arabie saoudite, moment fort de l’histoire du pays, marquant son unité et son identité.

Une occasion unique de faire une photo souvenir en compagnie des 6 ambassadeurs représentant les pays du GCC (Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar).

Le lendemain, Son Excellence Abdullah Al Shaheen m’a convié à une réception organisée à l’Hôtel InterContinental Paris, à l’occasion du 65e anniversaire de la fête nationale du Koweït et du 35e anniversaire de sa libération.

Ces deux événements ont été l’occasion d’échanger avec de nombreux représentants diplomatiques, économiques et institutionnels, et de réaffirmer l’importance des relations entre la France et les pays du Golfe.

Dans un contexte régional marqué par de fortes tensions, ces échanges prennent une dimension particulière et rappellent le rôle essentiel des pays du Golfe pour la stabilité et la sécurité du Moyen-Orient. +d’images

Business France – Directeur général par intérim

Le 27 février, j’ai eu le plaisir de revoir Benoît Trivulce, directeur général par intérim de Business France, acteur clé de l’internationalisation de notre économie.

Nos échanges ont porté sur l’organisation du réseau public lié à nos services économiques.

Le Trésor couvre 105 pays en s’appuyant sur 500 personnes dont 250 expatriés pour un budget de 75 millions d’euros.
Business France emploie 750 personnes dont seulement 70 expatriés pour un coût de 40 millions d’euros répartis sur les 3 missions : Attractivité, VIE et réseau Export.

Benoît a attiré mon attention sur le fait que Business France avait actuellement cinq tutelles : le Quai d’Orsay, le Trésor, la direction du ministère des Collectivités locales, la direction du Budget et le ministère de l’Agriculture.

Nous avons échangé sur les leviers à renforcer pour accompagner plus efficacement nos entreprises à l’export, dans un contexte géopolitique très tendu.

J’ai eu l’occasion de soutenir Benoît Trivulce et des actions de Business France à plusieurs reprises, à Paris, au Sénat ; au Forum Innovation France-Japon à Tokyo, en septembre dernier ; et à l’occasion de nombreux Grand Prix VIE aux 4 coins du monde.

Nous partageons une même conviction : renforcer l’accompagnement de nos entreprises à l’international est une priorité stratégique.

Grand Maître de la Grande Loge de France (GLDF)

Jean-Raphaël Notton, Grand Maître de la Grande Loge de France (GLDF), est venu me rencontrer au Sénat, ce 26 février, pour un échange approfondi autour des valeurs républicaines et de leur rayonnement à l’international.

J’ai été particulièrement attentif à l’engagement porté par la Grande Loge de France en faveur du vivre-ensemble, de l’humanisme et de la liberté de conscience.

Dans un contexte de tensions et de fragmentation, en France et dans le monde, ces principes constituent des repères essentiels pour préserver la cohésion de nos sociétés. Le Grand Maître appelle un sursaut la liberté des esprits et des âmes face aux coups de boutoir de la radicalité.

Nous avons également évoqué le rôle diplomatique et culturel que joue la GLDF à travers le monde. Grâce à ses loges implantées à l’étranger et à ses obédiences affiliées, elle contribue, de manière souvent discrète mais réelle, au dialogue entre les cultures et à faire vivre nos valeurs républicaines.

Sénat – Conseillers du Commerce Extérieur de la France (CCEF) – Jean-Jacques Santini

J’ai revu Jean-Jacques Santini, le 26 février, au Sénat dans le prolongement de la réunion régionale Eurasie des Conseillers du Commerce Extérieur de la France à Istanbul.

Vice-président engagé au sein des CCEF, et conseiller exécutif du Président et de la Direction générale de BNP Paribas, il suit de près les enjeux qui s’articulent entre politique de développement et contribution à notre influence économique.

Nos échanges ont permis de souligner la nécessité de contribuer à mieux mobiliser les financements de l’AFD au bénéfice de l’expertise française, afin que notre politique de développement contribue davantage au soutien concret de nos entreprises à l’étranger, dans un contexte de concurrence accrue.

Une véritable complicité nous lie au sein du conseil d’administration de l’AFD, au service d’une évolution de l’Agence toujours plus attentive à nos entrepreneurs.

Je remercie Jean-Jacques d’être toujours attentif à me permettre de bénéficier de son éclairage sur l’environnement économique de la France, nos défis et nos opportunités.

Il est à mes yeux un des grands Sherpas de la diplomatie économique de la France.

Sénat – Chambres de commerce et d’industrie de la France à l’international (CCIFI) – Frédéric Sanchez

Ce 24 février, j’ai eu, pour la première fois, un entretien privilégié avec Frédéric Sanchez, président du réseau des Chambres de commerce et d’industrie françaises à l’international et de MEDEF International, aux côtés de Charles Maridor, délégué général de la CCIFI.

Frédéric Sanchez a succédé à Arnaud Vaissié en juin 2025 à la tête du réseau. Présentes dans près de 98 pays, les CCI françaises à l’international jouent un rôle déterminant pour accompagner nos entreprises et faire rayonner notre savoir-faire à l’étranger.

Au fil de mes déplacements, j’ai pu mesurer l’engagement remarquable des Chambres, leur connaissance fine des territoires et leur capacité à créer des passerelles concrètes entre la France et les économies locales.

Nos échanges ont permis d’aborder les priorités du réseau ainsi que les défis à relever dans un environnement économique toujours plus concurrentiel.

J’ai assuré le président de mon plein appui pour poursuivre et amplifier cette dynamique au service de notre influence économique. +d’images

Sénat – Art. 50-1 – Situation au Proche et Moyen-Orient (Vidéo 10m)

Ce 25 mars, intervention au nom du groupe Union centriste, dans le cadre de la “déclaration du Gouvernement, suivie d’un débat, en application de l’article 50-1 de la Constitution, portant sur la situation au Proche et Moyen-Orient”.

Sébastien Lecornu, Premier ministre, s’est exprimé au nom du gouvernement.

Face à l’escalade au Moyen-Orient, j’ai alerté sur un basculement stratégique majeur, dénoncé le rôle déstabilisateur de l’Iran et appelé la France à une réponse claire pour défendre la souveraineté du Liban face au Hezbollah qui n’est pas un acteur libanais. Au cœur de la crise, nos compatriotes au Moyen-Orient s’organisent et s’entraident. Ils sont une force pour la France qui est pleinement mobilisée à leurs côtés.

VERBATIM de mon intervention

Médias – Olivier Cadic : “Ce ne sont pas les Libanais qui ont décidé de créer le conflit avec Israël, ce sont bien les Gardiens de la Révolution” (Public Sénat – 25 mars 2026 – Vidéo 1’50)

Lors de la séance de questions d’actualité au Gouvernement (QAG) du 25 mars, la guerre au Moyen-Orient et ses conséquences économiques ont dominé les échanges.

Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a notamment été interrogé sur la situation au Liban, alors que les bombardements israéliens contre le Hezbollah au sud se poursuivent. À l’issue de la séance, j’ai été invité sur le plateau de Public Sénat pour analyser la situation au Liban, où je m’étais rendu mi-février, et réagir aux propos de Jean-Noël Barrot.

Voir également mon intervention, le soir même, au nom du groupe Union centriste, dans le cadre du débat sur la situation au Proche et Moyen-Orient (article 50-1). VIDÉO

VERBATIM

Tâm Tran Huy – Benjamin Netanyahou affirme qu’Israël est en train d’élargir, je le cite, sa zone tampon au Liban. Olivier Cadic, un dernier mot sur le Liban ?

Olivier Cadic – J’étais au Liban il y a un mois. J’ai rencontré le président Joseph Aoun, qui me disait que, effectivement, l’action de désarmement du Hezbollah était en cours. C’est aussi ce que me disait notre ambassadeur, Hervé Magro. Force est de constater que ce n’est pas le cas, que le Hezbollah est très armé et tout à fait prêt à mener la guerre.

On sait maintenant que ce ne sont pas des Libanais, ce sont les Gardiens de la Révolution qui sont sur le terrain. Actuellement, au nord de la frontière israélienne, au Sud-Liban, ce sont vraiment les Gardiens de la Révolution qui sont au contact avec les forces israéliennes.

Et, encore une fois, ce à quoi nous avons à faire : ce ne sont pas les Libanais qui ont décidé de créer le conflit avec Israël, ce sont bien les Gardiens de la Révolution qui se sont mis à attaquer Israël. C’est cela la situation. Effectivement, Israël est en train de réagir et ce qui gêne beaucoup les Libanais, c’est qu’ils sont confrontés chez eux avec le Hezbollah, qui est à la fois politique, qui siège au niveau du gouvernement, qui siège dans le parlement et qui, en même temps, déclare la guerre à leurs voisins sans simplement en référer ni au gouvernement ni au Parlement. Ils se mettent hors la loi. Le ministre de la Justice libanais a d’ailleurs considéré qu’ils devaient être poursuivis pour sédition. Et l’action de Joe Raggi, le ministre des Affaires étrangères, est véritablement ultra-courageuse de dire que maintenant, cela suffit au nom du Premier ministre et du Président, de dire que l’ambassadeur d’Iran doit être persona non grata. C’est un vrai progrès et je suis ravi que notre ministre l’ait souligné.

Sénat – ANSSI : l’argent public au service de quelle stratégie cyber ? – Vidéo Q/R (15’30)

Ce 24 mars, l’audition du directeur général de l’ANSSI*, Vincent Strubel, m’a conduit à interroger l’Agence sur la cohérence de ses choix budgétaires et opérationnels : financement public de structures privées via les CSIRT, développement d’outils comme MesServicesCyber concurrençant l’écosystème privé, et risques de doublons avec cybermalveillance.gouv.fr.

Je l’ai également interpellé sur le retard de la France dans la transposition de la directive NIS2, en soulevant cette interrogation critique : cette réglementation constitue-t-elle un véritable levier de sécurité ou une contrainte normative dont l’efficacité reste à démontrer ?

VERBATIM de mon intervention

Merci Monsieur le Président,
Monsieur le Directeur général de l’ANSSI, merci beaucoup pour ce propos.

L’appel à manifestation d’intérêt AMI_RALEC, lancé le 22 août dernier, posait des exigences explicites : une forte proximité territoriale et la gratuité de l’assistance aux victimes de cyberattaques au titre d’une mission d’intérêt général. Or, dans les faits, plusieurs dispositifs territoriaux reposent largement sur des opérateurs privés, notamment Orange Cyberdéfense, dans le cadre des CSIRT.

Dans ces conditions, comment garantissez-vous que l’argent public ne finance pas indirectement des prestations privées qui s’éloigneraient de l’esprit initial de cet appel à manifestation d’intérêt ? Et plus directement, considérez-vous que les dispositifs retenus sont pleinement conformes aux engagements que vous aviez vous-même fixés ?

S’agissant des CSIRT, quel est leur modèle économique réel ? Quelle est la part exacte de financement public ? Et à terme, ces structures ont-elles vocation à être pérennisées par la subvention ou à évoluer vers un modèle concurrentiel ?

Par ailleurs, l’État finance déjà des dispositifs nationaux, notamment cybermalveillance.gouv.fr. Comment justifiez-vous la coexistence de ces structures avec Cybermalveillance sans qu’il y ait doublon, voire dispersion des moyens publics ? Une évaluation de cette efficacité globale a-t-elle été conduite ?

Dans une interview que vous avez donnée à un grand quotidien, vous précisez que le rôle de l’État est de traiter la menace du haut du spectre avec les attaquants d’autres États. Pourquoi, en ce cas, l’ANSSI développe-t-elle des outils et services comme MesServicesCyber, plutôt destinés aux entreprises, qui font concurrence aux acteurs économiques de l’écosystème ? Quel budget ? Quel montant de sous-traitance ? Combien de ressources humaines et de temps sont consacrés à MesServicesCyber ?

J’en viens au cadre européen, la directive NIS2, directive qui aurait dû être transposée il y a plus de dix-huit mois. Nous assistons également à la multiplication de vols massifs de données. Comment comptez-vous imposer NIS2 aux administrations et collectivités qui ne respectent déjà pas les textes comme le RGS, Référentiel général de sécurité, ou du RGPD, Règlement général sur la protection des données, par exemple. Comment prévoyez-vous de décliner la stratégie nationale de cybersécurité auprès de l’ensemble de la population, au-delà de la seule sphère des ministères et services concernés ?

La France est aujourd’hui en retard, alors même que certains de nos partenaires comme la Belgique ou l’Italie ont déjà transposé NIS2 depuis dix-huit mois. Quelles en sont les conséquences concrètes pour la France en matière de retard pour notre niveau de cybersécurité ? Disposez-vous d’éléments objectifs permettant de comparer la situation française qui n’a pas transposé avec celle des pays qui ont déjà transposé depuis dix-huit mois ?

Enfin, j’aimerais vous entendre sur un point de cohérence. Si ce retard n’a pas d’impact mesurable à ce stade, comment justifier l’ampleur des obligations que cette directive impose aux entreprises françaises ? Autrement dit, sommes-nous face à une exigence réellement structurante en matière de cybersécurité ou à une contrainte normative dont l’efficacité resterait à démontrer ? Merci.

*ANSSI : Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information

Sénat – GIA France-Pays du Golfe – Communiqué de presse (16 mars 2026)

Le groupe d’amitié France-Pays du Golfe exprime sa solidarité avec les États du Golfe face aux attaques de l’Iran

Au nom du groupe interparlementaire d’amitié France–Pays du Golfe, Olivier Cadic, président, exprime sa pleine solidarité et son soutien aux autorités et aux populations des pays du Golfe confrontés aux frappes récentes imputées à l’Iran. Il adresse également ses sincères condoléances aux familles et aux proches des victimes, ainsi que ses pensées aux blessés, en espérant leur prompt rétablissement.

Le groupe d’amitié réaffirme son attachement à la sécurité, à la stabilité et à la souveraineté des États membres du Conseil de coopération du Golfe. Il salue le sang-froid, la résilience et la capacité de maîtrise des dirigeants et des populations des pays du Golfe face à ces menaces.

Malgré les agressions répétées, “les autorités de la région ont démontré leur détermination à assurer la défense de leurs territoires tout en préservant la stabilité économique et la confiance des partenaires internationaux”, a fait observer le président du groupe.

Partenaire historique de nombreux pays de la région, la France entretient avec eux des relations étroites de coopération fondées sur la confiance et le dialogue. Le groupe d’amitié souligne l’importance de poursuivre et de renforcer cette coopération très appréciée par les pays de la région, notamment dans les domaines de la sécurité et de la stabilité régionale.

Réaffirmant sa solidarité avec les États et les peuples du Golfe, le groupe d’amitié appelle l’ensemble des acteurs à la responsabilité et à la retenue afin d’éviter toute escalade supplémentaire, en privilégiant les voies diplomatiques pour préserver la paix et la sécurité dans la région.

Lire le communiqué sur le site du Sénat – 16 mars 2026

Sénat – Enjeux stratégiques de la mer Noire – Vidéo Q/R (7m)

Ce 18 février, notre commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées a organisé une table ronde sur les enjeux stratégiques de la mer Noire. À ce titre, nous avons eu le plaisir de recevoir Noémie Rebière et Igor Delanoë, chercheurs associés à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).

Je les ai interrogés sur l’opportunité d’un élargissement stratégique de l’Union européenne à l’Ukraine, à la Turquie et à la Géorgie afin de renforcer la sécurité en mer Noire et de dissuader l’expansionnisme russe. Ils ont apporté leur éclairage en répondant successivement à cette question et en analysant les implications géopolitiques d’un tel élargissement.

VERBATIM de mon intervention

Merci pour votre présentation. J’aimerais parler de l’Union européenne par rapport à cette zone. Nous avons trois pays candidats à l’accession à l’Union européenne qui sont riverains de la mer Noire : l’Ukraine, la Turquie et la Géorgie.
Dans le contexte de tensions accrues, donc, en mer Noire, de l’expansionnisme russe, en quoi une réponse favorable de l’Union européenne à la candidature d’adhésion de l’Ukraine constituerait-elle un levier géostratégique majeur pour la stabilité régionale et la sécurité du continent européen ?
Ne pourrions-nous pas penser qu’au regard des tensions en mer Noire, l’Union européenne devrait considérer la candidature turque avant tout sous un angle géostratégique, malgré les divergences persistantes en matière d’État de droit et de valeurs démocratiques ?
En gros, j’ai envie de vous demander si on faisait adhérer simultanément, dans le même esprit que ce qui s’est passé dans les années quatre-vingt-dix avec les pays d’Europe de l’Est, l’Ukraine, la Turquie, la Géorgie, vous pourriez refaire votre carte, et est-ce que vous ne pensez pas que ce serait un bon moyen de dissuader la Russie de poursuivre ses opérations ? Merci.

Médias – “Le sénateur Cadic: les pays du Golfe font preuve d’une grande résilience et maîtrise face à la crise” (Arab News, 13/03/2026)

ARAB NEWS PARIS: Les frappes récentes de l’Iran contre plusieurs États du Golfe représentent un test majeur pour la stabilité régionale, pour la solidité des alliances et pour la capacité de réaction collective des pays de la région, qui font preuve d’une grande capacité de résilience et de maîtrise.

C’est en tout cas le point exprimé par le sénateur Olivier Cadic, président du groupe sénatorial France-pays du Golfe, qui répondait aux questions de.Arab News en français, et qui estime que cette crise agit « comme un révélateur des équilibres géopolitiques au Moyen-Orient ».

Depuis le début de l’escalade, l’élément qui frappe particulièrement le sénateur c’est la volonté des États visés « de montrer leur capacité de résistance ».

Cette posture a été particulièrement visible du côté des Émirats arabes unis, où les autorités ont projeté « l’image d’un pays capable de se défendre tout en maintenant son sang-froid face à la menace ».

Cette stratégie répond à un double objectif qui consiste d’une part, à démontrer que les infrastructures de défense de ces États sont solides et capables de faire face à des attaques sophistiquées, et d’autre part, rassurer les marchés, les investisseurs et les partenaires internationaux sur la stabilité de la région malgré les tensions.

Car au-delà de la dimension militaire immédiate, ces frappes ont aussi une portée politique, et pour Cadic, elles confirment les ambitions régionales de Téhéran.

Dans cette perspective, il estime que la crise actuelle agit comme un révélateur, car les pays du Golfe se trouvent confrontés simultanément à une même menace et doivent désormais réfléchir à la manière d’y répondre collectivement.

La situation souligne-t-il met également en lumière le rôle particulier de l’Arabie saoudite, qui a engagé depuis plusieurs années une politique de détente avec l’Iran, notamment à travers un accord de rapprochement conclu en 2023 sous médiation chinoise.

« Ce rapprochement visait avant tout à stabiliser la région afin de permettre au royaume de se concentrer sur son développement économique et ses grands projets de transformation ».

Réduire les tensions régionales

Pour Riyad, l’objectif était clair, il s’agissait de réduire les tensions régionales afin de favoriser l’investissement et la croissance, mais la crise actuelle est venue rappeler les limites de la diplomatie face à des rivalités stratégiques profondes.

Dans ce contexte tendu, la question du rôle des partenaires occidentaux, et notamment de la France, se pose avec acuité, Paris indique le sénateur entretient depuis longtemps des relations étroites avec plusieurs pays du Golfe et dispose d’une présence militaire dans la région.

Ainsi la France pourrait contribuer à rassurer ses partenaires en renforçant sa coopération sécuritaire et en soutenant les efforts de défense régionale, « alors que la présence militaire accrue, tente d’envoyer un signal politique important, qui est celui d’un soutien concret face aux menaces extérieures ».

Selon Cadic, la crise actuelle constitue également un test pour le Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui rassemble six États de la péninsule arabique.

Créée à l’origine comme une organisation de coopération économique, cette structure pourrait voir son rôle évoluer face aux défis sécuritaires, souligne-t-il à l’image de l’Union européenne, dont l’intégration s’est souvent renforcée à la faveur des crises.

Ainsi le CCG « pourrait sortir de cet épisode avec une coordination politique et militaire accrue », car confrontés à la même menace, « ses membres pourraient être amenés à approfondir leur coopération en matière de défense, de renseignement et de sécurité régionale ». Lire la suite de l’article Le sénateur Cadic: les pays du Golfe font preuve d’une grande résilience et maîtrise face à la crise sur le site Arab News