Engagé pour mon plus grand bonheur dans la journée portes-ouvertes de la Petite école de Leeds, je regrette de ne pas disposer du don d’ubiquité : j’aurais alors pu assister au dîner de l’ACF (Association culinaire française) qui s’est révélé un succès bien mérité avec 260 convives (Lire : « Toque blanche et Black Tie » du 12 octobre 2010). J’adresse toutes mes félicitations à l’équipe organisatrice conduite par Gilles Quillot, un chef de première grandeur.

Ce dîner du 20 novembre tombait à pic pour célébrer l’inscription de la gastronomie française au patrimoine culturel immatériel de l’humanité ! Une liste instituée par l’Unesco en 2003 pour protéger les traditions à l’instar des monuments.

L’idée de proposer notre candidature auprès de l’Unesco revient au président de la République, Nicolas Sarkozy, lors d’une visite au salon de l’agriculture, il y a trois ans. Depuis, le suivi du dossier par le Sénat avait été confié à Catherine Dumas, sénatrice et conseillère de Paris (voir l’article sur son blog).

Je suis très flatté que Catherine Dumas ait accepté mon invitation à venir à Londres, le 6 mai 2011, pour évoquer la manière dont elle a contribué au « Menu gastronomique des Français » de devenir une référence et rendre hommage aux chefs français qui contribuent au rayonnement international de notre savoir-faire culinaire.

On se dit désormais : quelle responsabilité pour les cuisiniers français à l’étranger dans l’exercice de leur art, désormais paré des attributs de la reconnaissance universelle !

Associer le label France au plaisir de bien manger, ainsi qu’à son rituel, de la présentation des plats à l’adéquation des vins en passant par le service, constitue un atout économique majeur pour conquérir des marchés internationaux, qu’il s’agisse d’exporter de la main d’œuvre qualifiée, des spécialités de terroir, des fromages, des vins ou encore tous nos produits issus de l’industrie agro-alimentaire.

De plus, aucune crise des vocations n’est en vue. Les émissions culinaires se multiplient sur les télévisions pour réveiller le bon goût dans un monde de fast-food et perpétuer la tradition.

La mondialisation est une problématique dont nous sommes obligés de sortir part le haut, au moyen de la créativité. Pour être unique ou du moins rare, deux perspectives se présentent : capitaliser sur l’héritage du passé (gastronomie, luxe ou musées nationaux) et bien se tenir à la pointe du progrès, où la France s’illustre dans le nucléaire, les jeux vidéo ou l’infographie pour le cinéma. Le gourou américain du marketing, Seth Godin, exhorte ses clients à être « remarquables » et seulement cela.

Photo Flickr de Sarah Ackerman