C’est le charme incomparable des chaines de télé internet : on peut voir les émissions quand on veut. Je vous invite à regarder « 24h chrono de l’international » sur Mondissimo, qui a consacré une heure d’antenne à toutes les grandes métropoles mondiales sous l’angle de la vie quotidienne et des affaires, soit 24 villes en 24 heures. Une idée séduisante qui fut conduite avec la vivacité de ton et la pertinence des propos que l’on espérait.

J’ai eu le plaisir d’avoir été invité à parler de Londres, en compagnie de plusieurs intervenants. Edouard Braine, consul général de France à Londres, est également intervenu sur le plateau en téléconférence. Il fut alternativement question de la population française vivant sur place, de la sécurité, de la scolarité à Londres, de l’implantation des entrepreneurs français, du futur métro transmanche et enfin des différences culturelles entre la France et le Royaume-Uni (lien vers le sujet sur Londres).

Le flux des arrivants français au Royaume-Uni ne dégonfle pas, incarnant la troisième vague d’émigration, après celle des Huguenots et de la Révolution française, qui doit beaucoup au tunnel sous la Manche, ai-je rappelé. Sait-on que nos Huguenots, contraints à l’exil par des lois qui les discriminaient se sont révélés d’extraordinaires entrepreneurs et ont participé entre autres à la fondation de la banque d’Angleterre ?

Si la City est devenue la première place financière du monde, elle le doit en partie aux mathématiciens français de cette génération tunnel. Les entrepreneurs français installés au Royaume-Uni se sont révélés les dignes successeurs des Huguenots en prenant avantage de cet environnement idéal pour développer des affaires. Micha Missakian (Partner Ernst & Young et French Business Network) a renchérit sur l’excellence française en mathématiques, puis il a évoqué un Londres agréable à vivre, plein d’énergie, de buzz, de multiculturalisme ou encore d’espaces verts immenses.

Ce sont justement ces espaces verts qui avaient impressionné le futur Napoléon III. De retour d’exil à Londres, il avait demandé au baron Haussmann de faire respirer Paris, ce qui donna le bois de Vincennes, le bois de Boulogne et les parcs comme les Buttes Chaumont.

Recherche d’emploi, besoin d’expérience internationale, velléités de perfectionner son anglais, goût du dépaysement à deux heures seulement de Paris, tous les ingrédients sont réunis pour donner aux jeunes Français l’envie de s’aventurer à Londres. Pourtant, il faudra survivre… au coût de la vie. Londres est la 18ème ville la plus chère du monde (Paris est en 27ème position), mais qu’importe le flacon ! Sur trois jeunes, on estime qu’un seul rentrera au bercail, tandis qu’un autre partira ailleurs à l’étranger et enfin qu’un dernier s’installera durablement au Royaume-Uni.

Parmi les élément clés de « l’attractivité de nos amis anglais et écossais », Edouard Braine a veillé que l’on oublie pas ce qui relève « des aspects immatériels, en particulier le monde universitaire et celui de l’enseignement« . Et pour cause, notre consul a offert à ses enfants des études en Grande-Bretagne dès qu’ils eurent 12-13 ans. Voir l’émission sur Londres.