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HEBDOLETTRE n°118 – ÉDITO : Le gang des postures (enseignement français à l’étranger) – GILETS JAUNES – Ma question au ministre C. Castaner – Colloque BREXIT au Sénat – Rencontre avec Jamie McCourt, ambassadeur des ÉTATS-UNIS – Rencontre avec Liz Cramer, ministre de l’Industrie du PARAGUAY – Les leçons du RÉFÉRENDUM en Colombie – Compte-rendu de la Semaine de l’AFE – En circonscription : PANAMA : Panama city et Colon (21-22 février 2019) ; ÉQUATEUR : Manta / San Vicente / Porto Viejo (23-24 février 2019) & Guayaquil (25 février 2019) & Quito (26 février 2019) ; COLOMBIE : Bogota & Medellín (27-28 février 2019) ; PÉROU : Lima (1er mars & 5 mars 2019) & Cusco & Arequipa (2-4 mars 2019). MÉDIAS (Le Drenche et Les Français.press).

Lire : l’HEBDOLETTRE n°118 – 9 avril 2019Logo HebdoLettre bleu - Rond75

Edito de l’HebdoLettre n°118

Le gang des postures

Samantha Cazebonne, députée des Français de l’étranger, a rendu récemment un rapport très attendu sur l’enseignement français à l’étranger (lire le rapport).

Sérieux, pertinent et parfois même courageux, il fera date.

Je lui suis reconnaissant d’avoir confirmé ce que j’ai souvent mis en avant. En premier lieu, le réseau ne scolarise que 25% des enfants français vivant à l’étranger.

Trois-quarts des enfants français à l’étranger sont donc délibérément ignorés par notre système éducatif. Ceci n’est pas sans conséquence. Lors de mon passage récent en Israël, il m’a été confié que 80% de la nouvelle génération de nos compatriotes née en Israël ne maîtrisait pas le français.

Samantha avance de nombreuses propositions très justes et que je partage pour prendre en compte les attentes de ce public oublié.

Je me différencie toutefois de notre députée en estimant que toutes les solutions d’apprentissage du français, à l’image des associations FLAM, devraient relever de la responsabilité de l’Institut français et non de l’AEFE.

Autre point important qui confirme l’objet de mon éditorial du 11/7/18 (EGD Business : stop ou encore ?), le soutien public aux écoles à l’étranger est concentré sur les établissements gérés par l’AEFE alors que ceux-ci sont minoritaires.

L’aide publique aux établissements gérés par l’AEFE est de 2353 Euros par enfant pour les EGD et de 1834 euros pour les écoles conventionnées. Elle n’est que de 52 euros par élève dans les établissements partenaires.

Ce rapport apporte un éclairage nouveau qui en surprendra beaucoup. Malgré l’aide de l’État, scolariser son enfant dans un établissement EGD ou conventionné ne coûte pas forcément moins cher aux familles que de le scolariser dans un établissement partenaire.

Enfin, il rappelle que notre réseau ne représente en volume, soit en nombre d’établissements, que l’équivalent de 5% du réseau mondial des écoles anglaises et américaines, entièrement privé, qui se développe beaucoup plus rapidement que le nôtre.

Pour exister demain, nous devons désormais grandir très vite sans augmenter la charge du contribuable, comme le souhaite Emmanuel Macron. A juste titre, le rapport Cazebonne souligne avec force les conséquences financières des incohérences des statuts des personnels qu’il faut transformer pour retrouver des marges budgétaires.

Visuel HL110

Il dénonce le détournement du statut de résident au profit de faux résidents venus de France. Parfois, à travail égal et compétences égales, les différences de rémunération entre les fonctionnaires titulaires peuvent aller du simple au triple voire quadruple, sur l’ensemble du réseau, et davantage encore si l’on inclut les indemnités diverses allouées selon les statuts.

On comprend que ce rapport ait suscité une levée de boucliers de la part de certains qui se sont retranchés en gang des postures pour ouvrir le feu des critiques.

Posture politique de la gauche, d’abord, qui dans ses 30 propositions pour l’enseignement français à l’étranger, démontre qu’elle ne comprend pas le monde qui nous entoure. Elle continue à plaider pour un service public à l’étranger qu’elle n’a jamais su financer quand elle était au pouvoir.

Posture corporatiste, ensuite, de la part de syndicats enseignants à l’étranger qui dénoncent ce rapport en faisant grève afin de protéger des privilèges qui coûtent cher.

Est-il justifié qu’un professeur enseignant à Madrid ou Barcelone soit payé environ une fois et demie plus qu’un professeur enseignant à Toulouse ou Perpignan ?

« Si l’heure n’est pas à corriger le passé, il conviendra d’en tirer des enseignements pour l’avenir », écrit Samantha Cazebonne.

Je salue ce précepte et la décision du ministre de l’Éducation nationale de faire cesser le détournement du statut de résidents pour les contrats futurs. Mais je considère que nous devons également solder les errements du passé sans attendre.

L’enjeu est d’économiser des dizaines de millions d’euros chaque année pour le contribuable et pour les parents d’élèves, afin de récupérer des marges de manœuvre. Découvrir l’HebdoLettre n°118

 

En circonscription en Colombie – Bogota & Medellín (27-28 février 2019)

Mon second déplacement en Colombie de 36 heures, après celui de mai 2015 (compte-rendu), était principalement centré sur notre présence économique dans le pays.

Merci à notre ambassadeur de France, Gautier Mignot, pour son accueil et sa présence durant mes deux jours, et de m’avoir notamment organisé trois événements à la Résidence de France de Bogota auprès d’acteurs économiques.

A la rencontre de nos entrepreneurs je me suis rendu compte du climat des affaires en Colombie dans un contexte de sécurité renouvelé, où les entreprises françaises jouissent d’une excellente image, mais doivent affronter un contexte mondial de plus en plus concurrentiel.

BOGOTA

Entrepreneuriat

CCI France-Colombie (CCIFC)

Visite de la Chambre de commerce et d’industrie France-Colombie en présence Alexandre Toulemonde Lefebvre, président délégué et Pedro Valero, directeur exécutif

Lorsque j’étais venu à Bogota en 2015, la chambre comptait 125 membres, elle en compte désormais plus du double soit 260. Entre-temps, j’avais eu le plaisir de recevoir ses responsables au Sénat, le 21 juin 2017, pour célébrer le centenaire de la CCIFC dans le cadre de l’année France-Colombie (compte-rendu).

Les initiatives de la CCIFC sont aussi nombreuses que variées afin de dynamiser la communauté d’affaires franco-colombienne.

La Chambre cherche aussi à valoriser l’entrepreneuriat avec la mise en place d’une pépinière d’entreprises. Elle fournit ainsi des services aux jeunes pousses pendant 3 ans (35 entreprises en bénéficient) pour leur donner le temps d’éclore et… devenir membres à part entière de la CCIFC.

L’objectif immédiat de la Chambre est d’accroître sa surface de bureaux, tout en demeurant dans le même quartier d’affaires. + d’images

Entrepreneurs français

J’ai eu le plaisir de faire la rencontre de deux entrepreneurs qui portent haut nos couleurs à Bogota.

Éric Dupuy  (au centre de l’image) est responsable Amérique latine pour Valorem. Cette société de 200 collaborateurs, créée en 1994, est le 5ème producteur indépendant français d’énergie renouvelable.

Le parcours d’André Barreto est assez surprenant : après avoir fait Sciences-Po, il a repris une exploitation près de Bogota, Papa PachoLecheria, qui produit des fromages sur le modèle de ceux que nous trouvons en France.

Commerce extérieur

Notre ambassadeur m’a organisé un entretien à la Résidence avec le directeur de Business France et Thomas Marx, conseiller financier régional du service économique de l’ambassade, pour faire le point sur les forces et faiblesses de la 4ème économie d’Amérique latine.

En Colombie, la France est particulièrement bien placée : nos exportations ont augmenté de 33% en 2018, 220 filiales françaises sont présentes sur place, nos investissements s’élèvent à plus de 3 milliards de dollars et nous restons le premier employeur étranger du pays avec plus de 120.000 emplois directs.

Le soir même, j’ai aussi eu l’opportunité de m’entretenir avec de jeunes entrepreneurs français en Colombie qui affichaient tous un bel d’optimisme et encourageaient leurs compatriotes à venir constater sur place le potentiel d’affaires de la Colombie.

Communauté française

Ambassade de France

Gautier Mignot, ambassadeur de France, a réuni les acteurs de la coopération éducative et culturelle, ainsi que ceux du service politique et du consulat, pour m’offrir un tour d’horizon de notre relation bilatérale, en présence de Joël Doglioni, conseiller consulaire et administrateur de la Caisse des Français de l’étranger (CFE).

J’ai ainsi pris connaissance qu’un deuxième lycée ouvrirait ses portes à Bogota, à la rentrée de septembre prochain. + d’images

MEDELLIN

Politique

Comité stratégique franco-colombien

Le Comité stratégique franco-colombien (CSFC) a été institué par les deux présidents Hollande et Santos en janvier 2015, composé d’éminentes personnalités françaises et colombiennes de différents horizons (entreprises, culture, universitaires, société civile) et ayant vocation à renforcer la relation bilatérale.

Grâce à notre ambassadeur Gautier Mignot, j’ai fait la rencontre d’une brillante personnalité, Gonzalo Restrepo, co-président du CSFC, CCEF, ex-pdg d’Exito (filiale colombienne de Casino), ex-président du conseil d’administration d’Ecopetrol, membre de la délégation gouvernementale aux Négociations de la paix de la Havane, président de la fondation Casino.

Entrepreneuriat

Inauguration de la ligne M du Métrocable de Poma

Medellín est la première ville au monde à avoir mis en service, en 2004, un téléphérique pour le transport de voyageurs en milieu urbain. La ligne M est la 5ème ligne de télécabines à Medellin, installée par la société française Poma, destinée faire le lien avec le quartier populaire de Trece de Noviembre et le réseau de tramway, jouant ainsi un rôle majeur en matière d’inclusion sociale pour les habitants de ces zones défavorisées.

En compagnie de Gautier Mignot, ambassadeur, j’ai assisté à l’inauguration qui s’est déroulée dans une ambiance festive. Tous les officiels colombiens se sont félicités du soutien de la France au développement de la ville. En effet, cette 5ème ligne (Poma va en construire une 6ème) fait partie d’un vaste projet de rénovation urbaine financé par l’Agence française de développement à hauteur de 250 millions de dollars.

Kevin, un enfant à mobilité réduite du quartier qui est désormais relié à tout le réseau de transport urbain de la ville, s’est exclamé : « La ligne M, c’est le bonheur qui est arrivé ! ». Avec Kevin, ce sont 350.000 habitants qui sont impactés par cette ligne M. + d’images

Mane

Mane est une entreprise familiale et indépendante française, créée en 1871 près de Grasse.

Elle occupe le 6èmerang parmi les leaders mondiaux de l’industrie des saveurs et de flagrances. Plus de la moitié de ses ventes sont concentrées sur les saveurs pour l’industrie agro-alimentaire et les boissons.

L’entreprise emploie 5500 salariés dans le monde et 92% de ses ventes se font à l’international (CA consolidé de 1,3Mds€).

Reçu par Alejandro Henao, directeur général de la filiale Mane en Colombie, j’ai visité leur site de production en compagnie de Gautier Mignot, ambassadeur et de José Delcroix, consul honoraire de France à Medellín.

Cette usine de 9000 m2, inaugurée l’an dernier, est dédiée à la conception, la production et la vente de leurs produits. + d’images

Culture française

Alliance française

Visite de l’Alliance française de Medellín, dirigée par Violaine Dupic, toujours en compagnie de Gautier Mignot, ambassadeur et de José Delcroix, consul honoraire.

L’AF de Medellín a fêté ses 70 ans en novembre dernier.

3500 étudiants suivent des cours à l’AF dans l’un des trois sièges implantés dans les divers secteurs de la ville. Celui du « centro » est doté d’une salle de spectacles de 250 places, d’une médiathèque, d’un restaurant, d’une antenne Campus France et d’une galerie d’expositions tout juste rénovée. + d’images

Les leçons du référendum en Colombie (vidéo 2m30)

Trois semaines après mon second déplacement en Colombie, j’ai eu l’occasion de retrouver les problématiques particulières de ce pays lors de l’audition de Daniel Pecaut devant notre commission des Affaires étrangères et de Défense, présidée par Christian Cambon.

Éminent spécialiste de la Colombie, M. Pecaut, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), a déclaré d’emblée que l’accord dit de La Havane était « en grand péril, en grand danger ». Après 52 ans d’un conflit armé qui a provoqué 250.000 morts, le gouvernement du président Santos a signé, en juin 2016, un accord de paix avec les FARC, après d’âpres négociations.

Cet accord de La Havane, très élaboré, fut salué unanimement et internationalement. Et ce fut une immense surprise lorsque les Colombiens l’ont rejeté par référendum, le 2 octobre 2016.

On peut en tirer quelques leçons, comme j’ai pu le faire à Medellin lorsque notre ambassadeur de France, Gautier Mignot, m’a présenté Gonzalo Restrepo, co-président du Comité stratégique franco-colombien et membre de délégation gouvernementale aux négociations de la paix de La Havane.

Vidéo

D’où ma question à Daniel Pecaut : Comment réunifier un pays ? Comme pour le Brexit, le référendum colombien a été utilisé à des fins politiciennes pour finir sur un résultat très serré et aboutir à une division totale du pays…