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Plan Ecole : 2/3 des 1 500 places supplémentaires prévues sont déjà créées

La dernière réunion préparatoire, organisée par Laurent Batut, date du 24 novembre 2011 et elle avait pour thème les progrès de l’objectif 1 du plan Ecole (lire le compte rendu de la réunion du plan Ecole du 24-11-11 – fichier pdf).

Vous constaterez que les efforts paient : de 5031 places disponibles en 2007-2008, nous recensons désormais 5953 places à la rentrée de 2011-2012. Cette progression de 18,3% représente près des 2/3 de l’objectif 1 du plan Ecole (lire : “La capacité d’accueil au cœur des préoccupations de la 4ème réunion annuelle UFE du plan Ecole” du 26 mai 2011).

Le Lycée Charles de Gaulle (CDG) a absorbé la majorité des nouveaux élèves, notamment au travers de son école de Battersea. Toutefois, on observe depuis deux ans un tassement de ses effectifs puisque le site de South Kensington est saturé.

Heureusement, “cette année, l’ouverture du nouveau Collège Français Bilingue de Londres a permis d’augmenter la capacité d’accueil pour mieux répondre aux besoins de scolarisation de la communauté francophone et limiter ainsi la pression sur le Lycée Charles de Gaulle”, se félicite avec raison Laurent Batut, conseiller culturel adjoint.

Le premier objectif du plan Ecole (création de 1.500 places dans l’enseignement français au Royaume-Uni) ne sera atteint que par la réalisation d’une dernière tranche de création de places. Justement, quelles sont évolution possibles pour le réseau ?

Nous devons absolument évaluer avec précision les besoins afin de répondre à la double augmentation nécessaire de places de collège et de lycée sur l’ensemble du réseau. La création d’un troisième collège à Londres se révèle incontournable.

Dans nos projections, il manquerait dix divisions (environ 30 élèves par division) au lycée à l’horizon 2013/2014.

3 scénarios, résultant de l’analyse d’une “task force” réunie par le proviseur Bernard Vasseur en début d’année à laquelle j’ai contribué, sont à l’étude :

– Création d’un collège de 20 divisions, soit 5 divisions pour chaque classe (640 élèves). Le Lycée Charles de Gaulle n’assurerait que la scolarisation en collège de ses effectifs de primaire. Il deviendrait en outre le seul lycée de Londres alimenté par 3 collèges (Charles de Gaulle, CFBL et un à créer).
– Création d’un collège/école primaire (un “deuxième CFBL” de 1140 élèves) 18 divisions d’élémentaires soit 3 divisions de chaque classe et 20 divisions de collège. Le site de South Kensington ne conserverait qu’une petite école primaire en permettant la création des classes bilingues de ses annexes.
– Création d’un collège/lycée de 32 divisions (960 élèves), soit 20 divisions de collège et 12 divisions de lycée (3 divisions pour chaque classe).

Pour évaluer ces options, il a été décidé le 24 novembre de constituer un groupe de travail sur le “cylindrage” qui aura pour objectif de finaliser les prévisions et valider les différents scenarii en fonction des sites disponibles et de la capacité de financement.

La seconde décision vise à constituer un groupe autour de l’équipe du FEPT (French Education Property Trust chargé de l’immobilier scolaire français au Royaume-Uni) qui devra se réunir au minimum tous les deux mois. A ce stade, il s’agit d’analyser les fiches et de pondérer les critères afin d’identifier les sites potentiels pour la construction d’un nouvel établissement.

Ces deux décisions seront soumises à l’approbation du comité de pilotage du plan Ecole réuni, ce mardi 13 décembre, sous la houlette de notre ambassadeur Bernard Emié.

En l’espace d’un an à peine, Laurent Batut a brillamment repris le flambeau de Michel Monsauret pour animer ce plan Ecole. La formule “CNED Royaume-Uni” inspirée par Laurent connait déjà un beau succès en étoffant l’offre de scolarité en français par un enseignement à distance (lire : ‘Enseignement à distance : le Cned présente sa formule Royaume-Uni 2011″ du 15 septembre 2011). Son expérience et son savoir-faire sont la source de nos récents progrès. Je lui en suis sincèrement reconnaissant.

Photo Flickr de Schplook

Bilan de la première campagne du Bleuet à Londres

Mission accomplie pour le colonel Laurent Kolodziej ! Le Poppy n’a plus le monopole du coeur à Londres. Le colonel restera celui qui a conduit la première opération en faveur du Bleuet de France, récoltant au passage la somme rondelette de 1651,08€ pour l’association du même nom.

Alexandre Fons, chargé de mission du Bleuet de France, a félicité le colonel d’avoir créé une nouvelle dynamique outre-Manche, en précisant que peu de grandes villes françaises avaient recueilli plus de dons que Londres, le 11 novembre dernier.

Le colonel Laurent Kolodziej, attaché des Forces terrestres, arborant son Bleuet lors des cérémonies du 11 novembre à Londres

J’avais reçu de nombreux emails me demandant où trouver ces Bleuets suite à ma dernière lettre d’information. Je suis heureux de constater qu’une fois encore notre communauté sait se montrer solidaire. Travaillant dans l’urgence, le colonel et moi-même avons regretté de ne pas avoir pu multiplier les points de distribution.

L’an prochain, la section britannique de l’UFE, Union des Français de l’étranger, que je préside, délèguera un volontaire pour assister le successeur du colonel dans cette démarche, au service du devoir de mémoire.

Pour mieux faire la prochaine fois, je proposerai à notre communauté de se distinguer par sa générosité vis-à-vis de nos anciens combattants.

Joli coup d’essai, mon colonel !

Lire : “La mémoire en partage et le Bleuet à la boutonnière” du 15 novembre 2011
Lire : “Le 11 novembre sera célébré le 12 et sous le signe du Bleuet !” du 29 octobre 2011

Conférence UFE Corporate (8) : Témoigner pour servir notre compétitivité

J’ai créé la “France libre d’entreprendre” en 1996, une association destinée à faire profiter les entrepreneurs français de mon expérience sur le sol britannique, animée par des experts en tout genre et parfaitement bilingues. Pour répondre à l’afflux des questions soulevées par une immense vague d’espérance, nous avions organisé une journée de séminaire à l’Ashford International Hotel, affrétant quelques wagons de l’Eurostar pour la circonstance.

Le 20 octobre 2011, la conférence UFE Corporate fut pour moi l’occasion de mesurer le chemin parcouru. Quinze ans plus tard, au même endroit, dans la même salle, l’Histoire semblait balbutier : le Royaume-Uni ressemble toujours à une autre planète lorsqu’il s’agit de trouver un emploi, d’entreprendre ou simplement de rêver à entreprendre dans un écosystème incitatif et socialement reconnaissant.

Il me semble pourtant que la France prend conscience de son retard surtout à la faveur des élections. Les charges sociales patronales sont de 48% en France contre 12,8% au Royaume-Uni. Désormais, beaucoup évoquent la TVA sociale pour remplacer des cotisations sociales. Une idée déjà émise lors de mon départ par Jean Arthuis, alors ministre des Finances. Disons que l’économie française se hâte lentement. On reparle même des 35 heures comme d’un fléau économique, cette loi qui est née il y a quinze ans, justement…

Ce 20 octobre, ce fut un bonheur et un honneur d’avoir obtenu la participation de professionnels de haut niveau à nos tables rondes. Ils ont tous été épatants, toujours pertinents et avisés dans leurs paroles, tout en se mettant à l’écoute de chacun dans le public, sans autre gain que le sentiment de se sentir utile.

Je veux adresser ma profonde reconnaissance à l’assistance. Je sais que certains, comme notre sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam, se sont levés à l’aube pour filer à la gare du Nord, quand d’autres ont découvert le nouveau train express reliant St Pancras à Ashford. D’aucuns m’ont dit qu’ils n’avaient pas regretté leur déplacement, j’ose espérer que la satisfaction fut générale.

Je reprends, ci-dessous, mes conclusions exprimées lors du discours de clôture, au sujet des quatre tables rondes.

Table ronde 1 : Emploi

Le centre Charles Péguy dont nous avons salué l’action émérite a besoin de recruter un conseiller emploi. Sa venue permettrait d’attribuer 300 postes supplémentaires aux  jeunes Français de Londres ! On dépasserait clairement, sur l’année 2012, un millier de jobs pourvus par le centre. Il n’y pas d’autre alternative que de trouver des fonds privés pour permettre cette nouvelle embauche. Pour y parvenir, nous aurions besoin de 5 entreprises dont l’implication serait équivalente au prix d’une page de pub dans un magazine. Grâce à leur contribution, un nouvel emploi par jour sera créé au profit de nos jeunes compatriotes.
Pour soutenir le centre Péguy, merci de prendre contact avec son président, Guillaume Dufresnes (g.dufresne@cei4vents.com)
Lire : “Conférence UFE Corporate (5) : Tous égaux devant l’emploi au Royaume-Uni” du 19 novembre 2011

Table ronde 2 : Création d’entreprises

Il y a quinze ans, j’expliquais que j’avais la chance de pouvoir partir pour permettre la survie de mon entreprise, ce qui n’était pas le cas de mes clients, les fabricants de circuits imprimés. Ceux-ci commençaient à subir les effets ravageurs de la mondialisation avec des taux de charges sociales qui leur donnaient la sensation de courir un marathon avec un sac de pierres sur le dos. Les usines se sont mises à fermer les unes après les autres. Ils étaient 138 fabricants de circuits imprimés en 1996, ils ne sont plus que 25…
Lire : “Conférence UFE Corporate (6) : Les entrepreneurs qui ont vu le bout du tunnel” du 24 novembre 2011

Table ronde 3 : Financement d’entreprises

Dans un pays où la fiscalité fait pousser les business angels comme des champignons, les “start-up britanniques sont cinq fois plus capitalisées, elles emploient cinq fois plus de personnes et elles ont une espérance de vie cinq fois supérieure”, nous a dit Bruno Deschamps. Que c’est dur à entendre quand on aime son pays ! Comment sortir de la crise si les plus ambitieux et les plus doués décident, eux, de sortir de France ? Le Times a écrit que le tunnel sous la Manche avait provoqué la troisième vague d’immigration, après celles des Huguenots et des adversaires de la Révolution française. Cette génération de Français est entrée dans les livres d’Histoire en contribuant à faire de la City la première place financière mondiale.
Lire : “Conférence UFE Corporate (7) : Tout incite à financer les PME au Royaume-Uni” du 01 décembre 2011

Table ronde 4 : Métro transmanche

Aujourd’hui, le tunnel sous la Manche est devenu un axe Paris-Londres, propice aux affaires et au tourisme. Il est temps de disposer d’un moyen de transport de deuxième génération, de type métro ou RER, au profit des transfrontaliers. Il est important de rappeler que ce projet d’une liaison entre Calais et Ashford est né dans la société civile. A Ashford, nous avons accompli un nouveau pas en avant : la sénatrice des Français hors de France, Joëlle Garriaud-Maylam s’est engagée à porter la question au Sénat, ce qu’elle a évidemment fait depuis (lire : “Le métro transmanche s’invite au Sénat” du 21 novembre 2011).

Comme l’a regretté Edouard Braine, notre consul général, l’idéal eu été de réunir à Ashford tous les décisionnaires, qu’on pense à la Sncf, à Eurotunel, au Conseil régional ou encore à tel ou tel ministère. Nous y parviendrons un jour ! Notamment grâce à des hommes de la trempe de Jacques Gounon, président d’Eurotunnel, dont je salue l’implication sur ce projet formidable.
Lire : “Conférence UFE Corporate (1) : SBE marque les esprits” du 21 octobre 2011
Lire : “Conférence UFE Corporate (2) : Plaidoyer à 5 voix pour un métro transmanche” du 25 octobre, 2011
Lire : “Conférence UFE Corporate (3) : Théodore Zeldin, l’Anglais qui adore la France” du 26 octobre 2011
Lire : “Conférence UFE Corporate (4) : Le Petit Journal fait le point sur le métro transmanche” du 28 octobre 2011

L’infoLettre d’automne de Joëlle Garriaud-Maylam

Je vous invite à lire la dernière infoLettre de Joëlle Garriaud-Maylam qui aborde l’actualité du Sénat notamment au regard des Français vivant hors de France et qui recoupe certains thèmes dont il est parfois question sur ce blog, comme le métro transmanche.

Joëlle Garriaud-Maylam donne aussi son sentiment sur les prochaines législatives. Nommée, en mars dernier, par Jean-François Copé au poste de secrétaire national de l’UMP, en charge des « Comparaisons internationales et des relations franco-britanniques », elle n’a rien perdu de sa franchise et de sa sagesse. En effet, elle prône de faire confiance aux élus de terrain en désignant parmi eux les candidats aux prochaines législatives. On sait que les purs choix d’appareils se révèlent parfois aussi inefficaces qu’illégitimes.

(Extrait de l’InfoLettre : ) La gauche a donc pris le pouvoir au Sénat et elle entend bien l’utiliser…

Cette situation est certes la résultante des élections municipales de 2008, qui avaient été très favorables à la gauche, mais elle souligne également la nocivité des nombreuses divisions de la droite et la difficulté rencontrée par l’UMP pour investir des candidats dont la légitimité ne sera pas gravement remise en cause par l’électeur.

A 7 mois des élections présidentielles et législatives, cet ultime avertissement devrait servir de leçon et amener l’UMP à reconsidérer certaines investitures, notamment sur les 11 nouvelles circonscriptions législatives des Français établis hors de France. C’est à travers l’AFE et ses représentants sur les zones électorales établies que les investitures déjà proposées devraient être confirmées, s’il y a lieu, ou reconsidérées dans le cas contraire.

Sera-t-elle entendue ? Il est encore temps.

Lire l’infoLettre d’automne de Joëlle Garriaud-Maylam

Conférence UFE Corporate (7) : Tout incite à financer les PME au Royaume-Uni

Quelle est la ville au monde où les trois plus grosses fortunes sont étrangères ? Réponse : Londres. Un fait qui ne doit rien au hasard et tout à l’attractivité de la fiscalité individuelle. Tant et si bien que le top 10 des plus belles fortunes comprend 80% de non-Britanniques, a récemment révélé le Sunday Times.

Lors d’une table ronde consacrée au financement des entreprises, au cours de la conférence UFE Corporate du 20 octobre dernier, à Ashford, David Blanc, Partner Vestra Wealth LLP, nous a expliqué pourquoi Londres parvenait si bien à aimanter les capitaux internationaux. “Tout gain à l’étranger n’est pas assujetti à la fiscalité britannique”, justifie-t-il, en ajoutant qu’il est même possible de ne pas être imposé pendant les sept années suivant son installation. Preuve du volontarisme britannique dans ce domaine, David Blanc a conclu que le 6 avril 2012 de nouveaux avantages fiscaux prendraient effet en faveur des non-domiciliés au Royaume-Uni.

(g. à d.) Christophe Gasc, d'Alliance manager IBM Europe ; David Blanc, Partner Vestra Wealth LLP ; Alexis Grabar, fondateur d’Avolus Group ; Olivier Cadic ; Stéphane Rambosson, associé gérant de Veni Partners ; Bruno Deschamps, président fondateur de Entrepreneurs Partners LLP, mais aussi président des conseillers du Commerce extérieur de France au Royaume-Uni, et administrateur de la Chambre de Commerce franco-britannique ; Alexandre Terrasse, Partner Jeffrey Green Russell (table ronde "Financement d'entreprises" - Conf. UFE du 20/10/11)

Je ne vous l’apprends pas, le Royaume-Uni n’a jamais voulu être un paradis fiscal, mais une terre d’élection pour les investisseurs. Les entreprises, surtout les jeunes pousses, ont un besoin vital de fonds propres, au moins pour la raison qu’elles peuvent emprunter plus aisément. L’économie exige donc de véritables investisseurs et c’est eux qu’il est logique de favoriser fiscalement, plutôt que de transformer les entrepreneurs en quémandeurs attitrés par une ribambelle de subventions et de dégrèvements, couvrant la quasi-totalité des actes de management.

L’Angleterre nous démontre que séduire les investisseurs est plus simple qu’il n’y parait : “Les pertes en capital sont déductibles des impôts et les gains taxables”, expose Bruno Deschamps, président fondateur de Entrepreneurs Partners LLP, mais aussi président des conseillers du commerce extérieur de France au Royaume-Uni et administrateur de la Chambre de commerce franco-britannique. Cette règle de bon sens s’incarne dans l’EIS, Enterprise Investment Scheme, un dispositif conçu pour aider les petites entreprises à lever des fonds auprès d’investisseurs en actions, souvent de simples particuliers. Aujourd’hui, 80% des investisseurs bénéficient de l’EIS, précise Bruno Deschamps. Ce mécanisme permet de déduire jusqu’à 340k€ (300k£) de ses impôts en cas de perte en capital, contre 45k€ en France… Autant dire que beaucoup de citoyens britanniques se sont sentis pousser des ailes de business angel. Ils sont au moins cinq fois plus nombreux qu’en France ! Il s’ajoute à cette incitation fiscale, l’absence de droit de succession après trois ans de détention du capital et “la reconnaissance sociale de la prise de risque, dit M. Deschamps. Il y a une reconnaissance du droit à l’échec, on vient toujours vous féliciter si vous avez tenté.” (lire le document “L’incitation fiscale est primordiale pour inciter l’investissement direct” du Comité national des conseillers du commerce extérieur de la France , fichier pdf).

La conclusion de notre président des conseillers du commerce extérieur de France au Royaume-Uni est implacable : par rapport aux jeunes pousses françaises, les “start-up britanniques sont cinq fois plus capitalisées, elles emploient cinq fois plus de personnes et elles ont une espérance de vie cinq fois supérieure”, assène-t-il.

Le système britannique tire sa cohérence du fait que “l’Angleterre croit beaucoup à l’entrepreneur”, estime Alexis Grabar, fondateur d’Avolus Group, lui qui a levé jusqu’à 5M£ au nom de sa compagnie d’aviation privée, séduisant même James Kahn, “le porte parole de entrepreneuriat anglais”, entré à 12% du capital. Dans le même ordre d’idée, les financiers se projettent naturellement en termes de création de valeur. En d’autres mots, c’est “la business value du produit qui compte et on se moque de la techno”, stigmatise Christophe Gasc, d’Alliance manager IBM Europe.

Le droit commun anglais, pour sa part, évolue afin de libérer les initiatives, inciter au risque, plutôt que de cimenter des acquis, même en période de crise. “En France, se faire licencier est traumatisant, en Grande-Bretagne, c’est naturel”, commente Stéphane Rambosson, associé gérant de Veni Partners. Entre acteurs économiques, on peut souvent relancer les dés et “la liberté contractuelle est totale”, prévient Alexandre Terrasse, Partner Jeffrey Green Russell. On comprend que de nombreux Français peinent à apprivoiser un tel concept culturel. Pour finir, Alexandre Terrasse a provoqué un silence gourmand dans les rangs en égrenant les règles du jeu britannique : on peut être consultant de sa propre société, ou gérant actionnaire avec un contrat de travail, les charges employeur sont de 13,8%, l’impôt sur les sociétés s’élève à 20% jusqu’à 300 000 livres…

Mettant en avant une “vraie culture de la performance et de la récompense” assise sur un “capital humain plus rentable et plus libre”, Stéphane Rambosson démontrait que le souffle de la “France Libre… d’entreprendre” ne s’était pas éteint.

Deux consuls adjoints de Londres réalisent un vœu de l’AFE

En me rendant au consulat, la semaine dernière, j’ai découvert un formulaire disponible dans le hall d’accueil qui interpellait le visiteur en ces termes : « Soucieux de l’amélioration continue de nos prestations, et afin de répondre au mieux à vos attentes, le consulat général de France a mis en place une enquête de satisfaction. Nous vous serions reconnaissants de bien vouloir prendre le temps de remplir le questionnaire suivant et de le déposer dans l’urne prévue à cet effet. » (voir le formulaire : EnqueteSatisfactionCGLondres, fichier pdf)

Catherine Rabet et Olivier Tulliez, consuls adjoints et Olivier Cadic

Cette initiative m’a réjoui. Enfin, l’Administration réalisait une enquête de satisfaction auprès des usagers du consulat. Curieux de connaître les instigateurs d’une telle initiative, j’ai appris qu’il s’agissait du travail concerté de Catherine Rabet et Olivier Tulliez, tous deux consuls adjoints. J’ai tenu à les féliciter sincèrement.

Pendant près d’un mois, ils vont collecter ces formulaires, puis compiler les résultats pour en tirer toute conclusion.

Pour mémoire, j’avais proposé en septembre 2008 en commission Finances de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), la mise en place d’un indicateur de satisfaction des usagers des services consulaires, dans le budget du ministère des Affaires étrangères et européennes. Notre commission avait rédigé un vœu voté à l’unanimité de l’AFE (lire : Voeux Fineco 2008, fichier pdf).

Il stipulait que la Direction des Français à l’étranger (DFAE) crée un formulaire permettant à l’usager d’indiquer son degré de satisfaction sur la qualité du service rendu par le poste consulaire à propos de l’accueil, du traitement de la demande et du respect du délai promis. Charge aux consulats de remettre ce document à chaque usager lors d’une demande de passeport, carte nationale d’identité ou acte d’état civil puis de le recueillir, rempli par l’usager, lors de la délivrance du document.

La DFAE devait alors créer un indicateur sur la base des réponses collectées par le formulaire qualité permettant d’apprécier, dans un rapport de performance, le niveau de satisfaction de l’usager. Sur la base d’une évaluation de la qualité du service rendu par l’Administration, nous aurions évidemment pu proposer des actions correctives.

Ce vœu est resté lettre morte. Le directeur des Français de l’étranger de l’époque en plaisantait d’ailleurs à la tribune de l’AFE en disant qu’en Chine, vous auriez tout intérêt à retourner le questionnaire de satisfaction rempli de façon positive pour recevoir votre passeport en retour. Si donc l’usager devait exprimer son mécontentement, on ne lui remettrait pas son passeport. J’étais dépité qu’un haut fonctionnaire puisse dédaigner avec tant de légèreté la recherche de la satisfaction du client, lorsque chacun sait que c’est la source de progrès de toutes les entreprises.

Même si l’exercice ne dure qu’un mois, l’initiative du consulat général de Londres fait honneur à l’Administration. Cette expérience sera certainement riche d’enseignements, en tous sens. Notre consul général Edouard Braine aura surement à coeur de nous faire part de son analyse lorsque les réponses seront compilées. Je serai ravi de partager avec vous les résultats qui me seront communiqués.

Mise en service de MonConsulat.fr

Le ministère des Affaires étrangères et européennes met en service le site MonConsulat.fr qui constitue une étape supplémentaire pour faciliter l’accès des Français à l’administration.

Ce portail de téléprocédures, www.monconsulat.fr, vise à simplifier et sécuriser la relation des quelques 2 millions de Français établis hors de France auprès de leur consulat, en leur permettant de gérer leur propre dossier consulaire à distance. La confidentialité des données est pleinement assurée grâce à un mot de passe créé par l’usager et que lui seul connaît.

MonConsulat.fr s’articule autour de 4 fonctionnalités :

– Les données personnelles : l’usager peut consulter et mettre à jour ses coordonnées personnelles (postales, téléphoniques ou électroniques) ;
– La situation électorale : l’usager peut facilement vérifier son inscription sur la liste électorale consulaire, choisir de voter en France ou à l’étranger pour les élections présidentielle, législatives, européennes et les référendums. Il peut également opter pour voter par correspondance, sous pli fermé, pour les élections législatives à l’étranger.
– Les données de sécurité : l’usager a la possibilité de fournir et modifier des données importantes relatives à sa sécurité.
L’attestation d’inscription consulaire : l’usager peut imprimer directement ce document, qui est utile dans le domaine fiscal ou douanier pour prouver l’installation à l’étranger ou, parfois, pour ouvrir un compte bancaire à l’étranger.

A noter aussi qu’une procédure d’assistance a été mise en place. Par rapport à GAEL, vous constaterez enfin l’ergonomie a été profondément rénovée vers plus de souplesse et de simplicité de navigation.

Le site se veut une application évolutive qui s’étoffera donc de nouvelles fonctionnalités au fur et à mesure de l’évolution des procédures administratives ou réglementaires. On ne peut que saluer cette belle réalisation qui a le souci d’allier modernisme et convivialité.

Conférence UFE Corporate (6) : Les entrepreneurs qui ont vu le bout du tunnel

Qu’est-ce qui a changé en quinze ans ? J’avais créé l’association la “France Libre… d’entreprendre”, en 1996, pour aider les entrepreneurs français désireux de s’installer outre-Manche, aussi pour décourager ceux qui ne rêvaient que d’Eldorado fiscal et social. Les charges sociales patronales étaient de 48% en France contre 10,2% au Royaume-Uni. J’avais médiatisé cette différence, car si je pouvais déplacer mon entreprise pour assurer sa survie, mes clients disposant d’usines de circuits imprimés en France ne le pouvaient pas. Il me paraissait urgent de baisser ces charges pour leur permettre d’être compétitifs. En 2011, le taux de charges n’a pas varié en France. Des 138 usines de 1996 établies dans l’Hexagone, il n’en reste plus que 25 !

Au cours de la conférence UFE Corporate du 20 octobre dernier à Ashford, une table ronde fut consacrée à la création d’entreprise au Royaume-Uni, réunissant entrepreneurs et conseils.

(g. à d.) Eric Lambert, directeur de E and E Partners Int., Fréderic Gayral, co-fondateur de QST International Ltd, Food., Alexandre Covello, fondateur de Arcanam LLP, David Rosenberg, directeur de SBE UK, Pascal Ferré, fondateur du cabinet Ferré (table ronde "Création d'entreprises" - Conf. UFE du 20/10/11)

Comme il y a quinze ans, “les disparités et les avantages concurrentiels existent toujours, pose Pascal Ferré, expert comptable, mais les expatriés sont aujourd’hui plus matures parce qu’ils cherchent aussi un marché, précise-t-il”. C’est bien l’avis d’Eric Lambert, directeur de E and E Partners Int., qui constate que tout entrepreneur est d’abord séduit par la “lisibilité de la réglementation qui permet de prévoir et d’analyser plus facilement”, mais ensuite “combien restent un ou deux ans et repartent parce que le marché est trop difficile?”, interroge-t-il.

Tous les intervenants l’ont affirmé sans ambages : la concurrence est plus vive sur le marché britannique que sur le sol de France. Pour éviter les déconvenues, il faut “être studieux” prône Alexandre Covello, fondateur de Arcanam LLP, en suggérant au moins une étude de marché “avant le go!”. Il ne viendrait à l’idée de personne de débarquer en Chine la fleur au fusil, mais l’Angleterre si proche et si familière nous rend enclin à l’amateurisme. Pourtant, “tout est dans la préparation”, martèle Eric Lambert.

Il faut donc un “bon projet” avant de partir, résume David Rosenberg, directeur de SBE UK. Et une fois sur place, il insiste sur la nécessité de “bien s’entourer”. La législation est plus flexible, mais encore faut-il savoir la mettre en pratique. Etre bien entouré pour Fréderic Gayral, co-fondateur de QST International Ltd, Food., signifie “mettre en place une structure de façon à ne plus s’en occuper et se consacrer à son métier !” La formule fait mouche. Seuls des professionnels aguerris vous permettront, par exemple, “de ne pas sous-estimer l’importance de l’environnement contractuel”, illustre Eric Lambert, dans un pays où ce n’est pas la loi qui décide de tout et pour tous…

Ceci étant, rassembler des conseillers compétents ne dispense de vivre sur place, prévient Pascal Ferré avec l’assentiment général. Le succès passe donc par le déracinement. C’est évidemment plus simple pour Frédéric Gayral puisqu’il se prétend amoureux du pays et aime à faire découvrir ses fromage au pub du village, en guise de test consommateur.

Pour sa part, David Rosenberg n’hésite pas à parler de “choc culturel” et jugeant incontournable de traverser une “période d’apprentissage”. Pour réussir à s’adapter et “accepter d’oublier ses références françaises”, Eric Lambert met en avant l’importance du networking : “il faut échanger, parler et confronter tout ce que l’on a découvert.” Concrètement parlant, les factures se paient immédiatement en Grande Bretagne, entend-on, ou bien encore il serait inconcevable de ne pas se présenter en jeans le vendredi dans la grande distribution…

Ce que doivent retenir les candidats à l’expatriation, c’est que “la préparation et l’intégration” sont les maitres mots de la réussite, synthétise Pascal Ferré, en mettant une nouvelle fois en garde ceux qui sont uniquement “attirés par les sirènes à bas coûts”.

Mais rien n’est gagné d’avance et en dépit de toutes les précautions, il faut se tenir “prêt à l’incertitude”, avertit Alexandre Covello, et toujours avancer avec “humilité, d’autant que les Français ont la réputation d’être arrogants”, surenchérit Fréderic Gayral.

Au bout du compte et les années passant, “la clé de l’implantation durable” repose comme partout sur l’innovation et les investissements, autrement dit il ne faut pas oublier de “remettre en cause ses produits et ses biens industriels”, conclut Eric Lambert.

Merci à chacun des orateurs d’avoir partagé leur expérience d’entrepreneur sur le marché anglais autour de ces deux points saillants : la préparation et intégration.

Le métro transmanche s’invite sur France 3

Preuve que l’idée fait son chemin, j’ai eu le plaisir de répondre aux questions de France 3, en compagnie de Thaddée Segard d’Opale Link, David Rosenberg, directeur de SBE et son collaborateur, Fabien Henissart qui fait l’aller-retour chaque jour entre la France et l’Angleterre (lire aussi : “Le métro transmanche s’invite au Sénat” du 21 novembre 2011).


Un métro vers l’Angleterre ? par France3Nord-Pas-de-Calais

La Cnav nous informe sur la retraite pour pénibilité et le remboursement des versements

A la lumière de la loi du 9 novembre 2010 portant réforme des retraites, la dernière édition de la LIFE, Lettre d’information des Français de l’étranger, apporte un éclairage sur deux points sensibles :

Remboursement des versements de retraite : Vous êtes né à partir du 1er juillet 1951 et vous avez, avant le 13 juillet 2010, effectué des versements pour la retraite qui s’avèrent aujourd’hui inutiles compte tenu du recul progressif de l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans ? Sachez que la réforme des retraites prévoit la possibilité, pour les personnes qui se trouvent dans cette situation, d’obtenir un remboursement des sommes versées sous certaines conditions.
– la retraite pour pénibilité pour connaitre l’âge et les conditions être éligible, puisque le dispositif, issu de la réforme des retraites, est entré en vigueur le 1er juillet 2011. Il permet aux personnes souffrant d’une incapacité permanente ou d’un accident du travail, de continuer à partir à la retraite dès 60 ans.

Lire la Lettre d’information des Français de l’étranger de la Cnav, concernant l’actualité de la retraite : Life_Sept-Oct_2011

Lire aussi :
“Retraites et minima revalorisés de 2,1 %” du 22 mai 2011
“Votre retraite, à l’heure des réformes” du 28 avril 2011

Photo Flickr de Images_of_Money

Le métro transmanche s’invite au Sénat

Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice des Français établis hors de France s'entretient avec Catherine Fournier, maire de Fréthun (Conférence UFE, Ashford, 20/10/2011)

L’apparition du métro transmanche au Sénat ne doit rien au hasard mais tout au volontarisme de Joëlle Garriaud-Maylam. Notre sénatrice des Français établis hors de France n’a donc pas perdu de temps depuis le séminaire d’Ashford, où elle était venu marquer son enthousiasme pour ce projet d’avenir et porteur d’emplois, au cours d’une table ronde, notamment en présence du consul général, Edouard Braine et de Catherine Fournier, maire de Fréthun (lire : “Plaidoyer à 5 voix pour un métro transmanche” du 25 octobre 2011).

Sur un plan législatif, la sénatrice va d’abord poser une question au principal concerné, notre ministre des Transports, Thierry Mariani. Sa question devrait être posée oralement en séance publique le 13 décembre 2011.

J’attends impatiemment l’avis du ministre sur “l’opportunité d’une ligne de transport régulier reliant le nord de la France (Calais-Fréthun) et le sud-est de l’Angleterre”, comme s’intitule la question. Sur ce vaste chantier, chacun avance selon son métier et ses moyens, et il faudra encore faire converger bien des efforts pour parvenir au but, sans jamais perdre de vue le sens de l’intérêt général (lire : “Conférence UFE Corporate (4) : Le Petit Journal fait le point sur le métro transmanche” du 28 octobre 2011).

J’ai participé à une réunion de travail, lundi dernier, qui s’est tenue à la Chambre de commerce d’Ashford, à l’initiative de sa directrice Jo James, en compagnie de Joe Ratcliffe, Transport Planner au Kent County Council et de Andrew Osborne, Economic Development Manager. Nous avons pu comparer nos positions respectives sur ce dossier et je suis reparti avec la satisfaction de savoir que nos homologues britanniques sont aussi désireux que nous de pouvoir bénéficier de cette liaison transmanche.

Question orale sans débat n° 1461S de Mme Joëlle Garriaud-Maylam (Français établis hors de France – UMP), publiée dans le JO Sénat du 10/11/2011 – p.2829

Mme Joëlle Garriaud-Maylam interroge M. le ministre chargé des transports sur l’opportunité d’une ligne de transport régulier reliant le nord de la France (Calais-Fréthun) et le sud-est de l’Angleterre.

Le 15 septembre 2011, le ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement a lancé « Les assises du ferroviaire ». Cette réflexion sur quatre mois, menée par une assemblée constituée de l’ensemble des acteurs du secteur souhaite aborder notamment l’amélioration de la qualité des services ainsi que le thème du ferroviaire au cœur de l’Europe. C’est précisément à ces deux préoccupations que le projet de « métro transmanche », qui est porté par des responsables économiques et politiques des deux côtés du Channel, pourrait répondre pleinement. En effet, une infrastructure ferroviaire, peu coûteuse, qui relierait le nord de la France (Calais-Fréthun) au sud-est de l’Angleterre (Ashford) est actuellement à l’étude. Elle mettrait la côte d’Opale à une trentaine de minutes du Kent et connecterait ainsi le Nord-Pas-de-Calais durement frappé par le chômage à un bassin d’emploi qui recrute. Cette liaison ferroviaire contribuerait aussi à redynamiser la région Nord de la France, avec un accroissement du tourisme et des investissements britanniques. Les différentes parties prenantes (Eurotunnel, la SNCF, la région Nord-Pas-de-Calais,…) semblent toutes espérer vivement une évolution favorable du projet, avec une mise en place qui pourrait peut-être même se faire avant les prochains Jeux olympiques de Londres. Ce projet pourrait aussi contribuer à donner une dimension nouvelle aux concepts d’Europe des régions et de citoyenneté européenne.

Aussi, elle souhaite connaître l’implication et l’éventuel calendrier prévisionnel du ministère des transports pour que cette zone transfrontalière unisse ces territoires qui ont tout à gagner d’une meilleure interaction et pourraient opportunément contribuer à la réduction du chômage en France.

En attente de réponse du Ministère chargé des transports

Conférence UFE Corporate (5) : Tous égaux devant l’emploi au Royaume-Uni

Venez comme vous êtes ! Ce slogan publicitaire, récemment affiché par une célèbre chaine de hamburgers, illustrerait parfaitement la souplesse du marché du travail anglais, dans l’esprit et la pratique.

Tous les participants de la table ronde consacrée à l’emploi, lors de la conférence UFE Corporate à Ashford le 20 octobre dernier, étaient à l’unisson pour considérer le Royaume-Uni comme une terre d’élection pour l’égalité de chances au plan professionnel.

(g. à d.) Julie Calleux, juriste en droit du travail, Edouard Braine, consul général, Guillaume Dufresnes, président du centre Charles Péguy, Marine Deneux, directrice du centre Charles Péguy, Saloi Benbaha, consultante en énergies (table ronde "Emploi" - Conf. UFE du 20/10/11)

On considère chacun pour ce qu’il est, résume Guillaume Dufresnes, président du centre Charles Péguy. En sachant “respecter et mettre en valeur les différences sociales entre les humains”, l’économie britannique tire profit de cette diversité en même temps qu’elle “force l’admiration de ceux qui en bénéficient”, conclut-il.

Outre-Manche, on fait fi de la couleur de peau, mais aussi du statut social. Les employeurs britanniques se révèlent beaucoup plus sensibles à la motivation du candidat et ses “compétences transférables” qu’aux diplômes obtenus, nous a expliqué Marine Deneux, directrice du centre Charles Péguy. Un phénomène qui ravi bien des jeunes Français qui passent la porte de son établissement à Londres, dans la proportion de 10.000 par an ! Un millier d’entre-eux décide de s’inscrire pour obtenir une aide personnalisée (60£ de cotisation) et presque tous trouvent du travail grâce aux offres spécifiques qui transitent par le centre Péguy.

Le témoignage de Saloi Benbaha fut éclairant sur les conditions d’embauche et l’évolution des carrières. Cette jeune consultante en énergies a été valorisée par son caractère volontaire et la diversité de ses expériences, pendant que ses amis français la mettaient en garde contre le risque d’apparaitre “instable”.

Pas de discrimination, diplômes désacralisés, recherche de compétences transférables, … les Anglais continuent à faire tout à l’envers et bien plus encore lorsqu’il s’agit d’intégrer les handicapés dans la vie des entreprises.

Julie Calleux, juriste experte en droit du travail, a évoqué les “reasonable adjustements” auxquels étaient tenus les patrons britanniques pour préserver cette fameuse égalité des chances au profit de ceux dont les aptitudes physiques étaient réduites. Sur un plan légal, elle a souligné que la France était aussi bien outillée… mais que les textes restaient lettre morte. “La Grande-Bretagne a 50 ans d’avance sur la France en matière d’ingénierie sociale”, s’est alors exclamé, Edouard Braine, notre consul général, même s’il vante par ailleurs le service public français.

Il a développé le sujet avec l’autorité du consul et la légitimité d’un homme qui vit en fauteuil roulant, suite à un accident de cheval, et qui a toujours refusé de rester tranquillement chez lui, pensionné par l’Administration.

Edouard Braine est sur le pont, chaque jour, imperturbable, le cap fixé sur l’emploi, une préoccupation viscérale que partageaient tous les intervenants de cette table ronde. En arrivant à Londres, le consul a découvert ceux qu’il appelle affectueusement les Oubliés de Saint-Pancras, du nom de la gare londonienne où des flots de jeunes Français débarquent en toute insouciance, de vrais électrons libres, un sac sur l’épaule et des rêves plein la tête.

D’une part, le consul applaudit au volontarisme de ces Jeunes qui viennent “découvrir la réalité d’un monde globalisé et se tremper d’expériences diverses”, comme on irait patauger dans le petit bain, avant d’oser plonger dans le grand bassin. D’autre part, il est résolu à aller à leur rencontre par les moyens de l’Administration et par son soutien au centre Charles Péguy, une association dont il ne cesse de vanter l’action en faveur de l’emploi, avec des “moyens dérisoires” en comparaison de son utilité sociale pour nos compatriotes.

Je lui reconnaissant d’avoir répondu favorablement à ma demande de créer le plan Emploi début 2010 qu’il anime de main de maître. Le développement du centre Charles Péguy constitue le premier objectif de ce plan Emploi ; le second étant la création du métro transmanche.

Newhaven signe une nouvelle page de l’amitié franco-britannique

A Newhaven comme dans toute le Royaume-Uni, le Memorial Day provoque l’engouement de ses habitants qui sortent en foule faire claquer les couleurs de l’Union Jack. Ce dimanche 13 novembre, un temps splendide réchauffait s’il en était besoin l’esprit patriotique de cette manifestation à laquelle m’avaient convié notre consul honoraire, le Dr. Keith Amery et son épouse. La ville portuaire de Newhaven et ses autorités se sont enorgueillis de la présence d’Edouard Braine, notre infatigable consul général, et de celle du colonel de Chaxel, tous deux spécialement venus de Londres.

A Newhaven, la présence française est palpable et s’incarne par de nombreux panneaux d’orientation en français. Le port de la ville, cédé à la France du temps de Margaret Thatcher, est partiellement sous le contrôle du conseil général de Seine Maritime, soucieux d’assurer la pérennité de la liaison de ferries avec Dieppe. La direction du port de Newhaven est assurée, depuis quatre ans, par François Jean, un de nos compatriotes et ancien capitaine au long cours.

Isaac Newton disait que les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts. En assistant à la cérémonie de jumelage entre La Chapelle Saint Mesmin, bourgade du Val de Loire et Newhaven, je me disais que ce grand physicien aurait eu matière et plaisir à décrire une loi de la gravitation universelle entre les hommes.

(de g. à d.) Nicolas Bonneau, maire de la Chapelle Saint Mesmin , Norman Hobson, Chair of the Newhaven Twinning Committee, Pdte du Comité de Jumelage de La Chapelle Saint Mesmin, Annie Lefèbvre, Steve Saunders, maire de Newhaven, Dr. Keith Amery, consul honoraire de Brighton, Olivier Cadic, Edouard Braine consul général, Colonel de Chaxel (Newhaven, nov 2011)

En souvenir de ce jour historique pour les deux cités, Nicolas Bonneau, maire de la Chapelle Saint Mesmin, a remis à son homologue un magnifique vase numéroté en porcelaine, fabriqué à Giens ville voisine.

Edouard Braine a pris avantage de cette rencontre pour remettre son certificat de nationalité française à Keith Amery, notre excellent consul honoraire de Brighton, en estimant qu’il s’agit de la «juste récompense de son mariage avec notre compatriote Réjane, et le témoignage rassurant de l’attraction qu’exerce parfois ici notre pays».

Je lui présente tous mes vœux de bienvenue au sein de notre communauté nationale.

« Invest in France » ou le noble art d’attirer les investissements britanniques

Lors de la dernière réunion des consuls honoraires à Londres, le 14 octobre, l’ambassadeur de France, Bernard Emié, nous a offert un tour d’horizon des échanges commerciaux franco-britanniques (lire : “Bernard Emié réunit les consuls honoraires pour évoquer les relations franco-britanniques” du 26 octobre 2011).

Nous avons été heureux d’apprendre de la part de Fabrice Etienvre, CEO de Invest in France, que les investissements britanniques en France étaient repartis à hausse en 2010, après trois mornes années de crise : +56% de projets d’investissements confirmés en 2010, une soixantaine de projets représentant 2000 emplois créés ou sauvegardés.

On ne dit pas assez que la France capte 25% des investissements étrangers des entreprises anglaises, faisant du Royaume-Uni le second investisseur étranger dans notre pays. Cette attractivité se traduit par 2.500 sociétés implantées dans l’Hexagone et 340.000 emplois à la clé.

Je me suis rendu au siège de Invest in France Agency pour prendre connaissance du détail des investissements récents. Par exemple, grâce à ses enseignes Castorama et Brico-dépôt, Kingfisher réalise 40% de son CA sur le marché français, ainsi que près de la moitié de ses profits. Un succès porté par 19.000 salariés français, soit un tiers des effectifs du groupe.
Citons aussi le développement de la compagnie aérienne Easyjet qui a étendu cette année ses implantations à Paris et à Lyon et qui va créer deux bases à Toulouse et Nice en 2012.
Enfin, après dix ans d’absence, signalons le retour emblématique de Marks & Spencer sur les Champs Elysées dès novembre, ou encore l’ouverture de Burberrys ces prochains jours dans la rue du Faubourg St Honoré.
Moins visibles par le grand public, mais tout aussi importants pour la vitalité de notre économie, des centres de recherche-développement reflètent l’attrait de notre pays pour la réalisation de projets innovants.

Certes, la France a bien des atouts, mais encore faut-il l’expliquer à nos amis britanniques, lever leurs appréhensions, les accompagner pas à pas… Alors, côté coulisses, cet âpre travail de prospection, d’information et de séduction incombe à l’équipe londonienne de Invest in France Agency, dirigée par Fabrice Etienvre, une émanation de l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII).

Fabrice Etienvre, CEO de Invest in France et Olivier Cadic

Dès son arrivée à Londres fin 2009, Fabrice Etienvre avait tenu à me rencontrer pour me présenter l’action de cette agence publique, chargée de promouvoir le « site France » dans le monde auprès des entreprises et des relais d’influence. J’ai donc eu le plaisir de revoir Fabrice à la Résidence de l’ambassadeur, parmi les consuls honoraires. Il n’a rien perdu de son mordant et de sa vivacité pour une mission de l’ombre qui exige une démarche éclairée d’intelligence, éclatante de diplomatie et baignée d’instinct puisqu’il faut bien commencer par les débusquer, puis les traquer ces fameux investisseurs potentiels.

Grâce aux efforts conjugués de toute l’équipe d’Invest in France, ce sont 1.300 emplois de plus qui ont déjà été créés en France en 2011. Chapeau !

Les Français du Royaume-Uni peuvent aussi contribuer à ce travail collectif, comme cela se fait de manière particulièrement efficace à Londres entre les acteurs d’Invest in France et la communauté économique française. Aussi, si vous connaissez un ami entrepreneur qui souhaiterait investir sur le continent, assurez-le qu’il trouvera chez Invest in France l’interlocuteur idéal, via la page web IFA Teams in 22 Countries. Et, sait-on jamais, si vous étiez à court d’arguments pour valoriser le territoire français, rendez-vous sur le site de Invest in France.

La mémoire en partage et le Bleuet à la boutonnière

Bleuet et Poppy sont deux fleurs qui vont très bien ensemble, au revers d’un col, un jour d’Armistice.

J’ai partagé cette pensée patriotique avec le colonel Laurent Kolodziej, attaché des Forces terrestres, organisateur talentueux des cérémonies qui a pris l’initiative de réhabiliter le Bleuet de France, dont le port a été autorisé sur l’uniforme pour la circonstance, après l’appui officiel de l’ambassadeur Bernard Emié, tout aussi ravi du succès de l’opération ce samedi 12 novembre. (lire : “Et si les Français de Londres arboraient le Bleuet pour commémorer l’Armistice ?” du 24 septembre 2011).

L’ambassadeur Bernard Emié rappelle le parcours du colonel Alain Bayle, avant de lui remettre les insignes d’Officier de l'Ordre national du Mérite

Justement, notre ambassadeur aura été bien inspiré de choisir un samedi pour célébrer l’Armistice puisque les Français de Londres étaient manifestement venus plus nombreux qu’à l’habitude et bien souvent accompagnés d’enfants, impressionnés par la solennité des événements qui se déroulaient autour de la statue du maréchal Foch, là même où le général de Gaulle avait déposé une gerbe le 11 novembre 1940.

Bernard Emié a ensuite procédé aux remises de décoration. Le capitaine de frégate Jérôme Grivelet était fait Chevalier de la Légion d’Honneur, tandis que le colonel Alain Bayle était élevé au rang d’Officier de l’Ordre National du Mérite.

Cette première partie de cérémonie se termina aux accents d’une belle Marseillaise enlevée par chorale du lycée Charles de Gaulle et reprise en chœur par l’assistance.

Le temps de saluer à peu près tout le monde et je rejoignais le cortège pour accompagner le consul général, nos autorités militaires et nos associations aux cérémonies du cimetière militaire de Brookwood, dans le Surrey.

Cette année, le temps était inhabituellement clément sur le plus grand cimetière d’Europe. Tout à côté du cimetière militaire américain, se trouve le monument à la mémoire de nos soldats français étendus alentour pour l’éternité. J’ai retrouvé la même émotion en remontant d’un pas lourd la grande allée du cimetière, partageant un silence recueilli avec le consul général Edouard Braine et l’attaché militaire, l’amiral de Coriolis.

Cimetière de Brookwood (de gauche à droite) : Brigitte Williams, Capitaine de vaisseau Jean-Marc Gerbier, Eddy Hasson, Olivier Renard, Bernard Masson, Michel Giquel, Olivier Cadic, Daniel Steck, Françoise Richardson, Amiral Charles-Edouard de Coriolis, Marc Dubet, Steve Weiss

Grâce à la Fédération des Associations françaises de Grande-Bretagne, présidée par Carole Rogers, un autocar transporte les membres d’associations d’Anciens combattants et du Souvenir. Chaque année, après les hommages, ils se restaurent ensemble au pub dans un climat très fraternel.

Lorsque j’avais pris la succession de Joëlle Garriaud-Maylam à l’AFE, la sénatrice m’avait prévenu : « Au début tu iras à Brookwood par devoir ; après quelques années, tu auras le sentiment de te retrouver au sein d’une nouvelle famille. »

J’ai exactement eu cette impression en entendant les mots dont Guy Audibert, président de l’Association des Anciens combattants, m’a gratifié en fin du repas.

L’ambassade du Royaume-Uni à Paris abrite la remise du 2ème Prix du Rayonnement français

Sir Peter Westmacott, ambassadeur du Royaume-Uni en France, Olivier Cadic, Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice des Français hors de France et Louis de Broissia, ambassadeur chargé de l’Audiovisuel extérieur

Le 28 septembre, j’ai eu le plaisir d’assister à la remise du prix du Rayonnement français, créé par la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam. Il a été attribué cette année à William Christie.

A cette occasion, Sir Peter Westmacott, ambassadeur du Royaume-Uni en France, avait chaleureusement accueilli les élus de l’AFE, Assemblée des Français de l’étranger, venus des quatre coins du monde, en sa superbe résidence acquise en 1722 par le duc de Wellington située à deux pas du Palais de l’Elysée. “Nous avons des choses à apprendre de votre expérience”, a-t-il constaté au nom de ses compatriotes avant de conclure, au grand amusement de son auditoire : «Vous, les Français, vous rayonnez ; nous, les Britanniques, nous réfléchissons…»

Qui est le lauréat William Christie qui “porte si haut les couleurs de la France” a affirmé Joëlle Garriaud-Maylam avant qu’il ne soit honoré des mains de l’académicien Michel Déon, représentant d’un prestigieux jury composé de Marie-Louise de Clermont-Tonnerre, Jean-Pierre de Launoit, Olivier Poivre d’Arvor, Patrick Poivre d’Arvor, Daniel Rondeau, Marie-Christine Saragosse et Dominique Wolton ?

Chef d’orchestre, claveciniste, mais aussi musicologue et enseignant, William Christie a permis la redécouverte de la musique baroque en fondant les “Arts Florissants”, un ensemble instrumental et vocal qui a fait connaître au monde entier un répertoire tombé dans l’oubli.  Cet américain, devenu français en 1995, a fait “revivre un pan entier de notre patrimoine immatériel” sur les plus grandes scènes internationales, explique Joëlle Garriaud-Maylam, notamment en exhumant “des trésors des collections de la Bibliothèque nationale de France”.

William Christie sert admirablement notre culture en la préservant et en faisant briller son éclat au-delà des frontières et du temps. Je rappelle que la première édition du prix avait consacré l’action d’Anne-Marie Descôtes, directrice de l’AEFE, Agence pour l’enseignement français à l’étranger.

Le prix du Rayonnement français est une initiative de l’association Racines France, dont je vous invite à visiter le portail d’informations dédié à “ceux qui, par leurs trajectoires personnelles et collectives, ont contribué à susciter, partout dans le monde, un attachement fort à notre pays et à son message de culture, de paix et de générosité.”

Le Président de la République veut transformer le 11 novembre en Memorial Day à la française

J’aime l’idée de Nicolas Sarkozy. L’année même où le dernier combattant de la Grande guerre, l’Anglais Claude Stanley Choules, s’est éteint, le Président souhaite donner un caractère plus universel aux cérémonies du 11 novembre, en honorant tous les “morts pour la France”. Les Français du Royaume-Uni comprennent l’importance et la symbolique du Memorial Day pour nos amis britanniques. L’idée nous paraît évidente.

Malheureusement, en France, on polémique déjà. Mourir à la Première Guerre serait tout à fait particulier. Je pensais que verser son sang sous l’uniforme français conférait la même dignité à chaque combattant, qu’il soit tombé à l’assaut du moulin de Valmy ou du Chemin des Dames, noyé dans la Bérézina ou à Mers-el-Kébir ou encore fauché en pleine jeunesse dans les montagnes afghanes à l’heure où la conscription n’existe plus.

Pour certains, il faudrait faire le tri entre ces frères d’armes, nuancer selon le lieu et le moment, graduer selon le niveau d’horreur aussi, bref ne pas mettre tous les enfants de la patrie dans le même sac à mémoire. Controverse d’autant plus étonnante que l’idée de nation est bien jeune et nul ne songe à honorer les guerriers de Vercingétorix ou les compagnons de Jeanne d’Arc.

En premier lieu, le chef de l’Etat proposera une loi visant à inscrire sur les monuments aux morts des communes les soldats disparus en opérations extérieures, soit en Indochine, Suez, Afrique du nord, mais aussi dans les Balkans, au Moyen-Orient, au Tchad, en Côte d’Ivoire et enfin en Afghanistan, parce qu’ils ont “droit au respect et aux honneurs que la Nation réserve à ceux qui ont fait pour elle le sacrifice de leur vie”, a déclaré Nicolas Sarkozy, en précisant bien “qu’aucune autre commémoration ne sera supprimée”.

En effet, il n’est pas question de minimiser l’hécatombe de la Grande Guerre au regard de nos 76 morts en Afghanistan ou de délayer le patriotisme héroïque de nos Poilus à l’heure de la guerre électronique. J’ai assisté aujourd’hui aux commémorations du 11 novembre, à Londres, avec une émotion intacte vis à vis de nos glorieux aînés et j’applaudis à l’ouverture du musée de Meaux consacré au conflit 1914-1918, initié par Jean-François Copé.

Qu’en pensez-vous ? Etes-vous favorable à amplifier le sens donné aux cérémonies du 11 novembre ?

Matinée de conférences, samedi 19 novembre, à la Petite école de Leeds

C’est toujours un plaisir de me rendre chaque année à Leeds et de revoir les directrices de la Petite Ecole, Patricia Lefèvre, Corinne Lapierre et Catherine Blain. Depuis six ans, parties de rien, elles cultivent amoureusement ce petit jardin à la française où des enfants scolarisés dans les écoles anglaises viennent tous les samedis goûter aux plus beaux fruits de la culture française.

Corinne Lapierre, Catherine Blain, Patricia Lefevre, directrices de la Petite Ecole de Leeds

Elles se flattent d’attirer, outre des familles francophones de Belgique ou d’Afrique, des parents britanniques qui veulent transmettre à leurs enfants ces rudiments de français qu’ils ont eux-mêmes acquis, notamment lors d’un séjour en France.

Je me suis mis à leur disposition pour contribuer à l’animation d’une matinée de conférences qui s’annonce fort intéressante et sympathique :
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Conférences à La Petite Ecole de Leeds
Samedi 19 novembre 2011 de 10h00 à 12h30
Gledhow Primary School, Lidgett Lane, Leeds LS8 1PL

Au programme :

10h00 – 10h30 – Conférence sur le bilinguisme : “Growing up and growing old with multiple languages”

Animée par Dr. Céline Souchay PhD, Senior Lecturer in Human Memory Institute of Psychological Sciences University of Leeds et Dr.Jelena Havelka, Lecturer, Institute of Psychological Sciences, University of Leeds.

10h40 – 12h25 – Conférence sur les élections 2012 : Tout savoir pour voter
+ Questions/Réponses sur tout sujet intéressant les Français du Royaume-Uni

Animé par Olivier Cadic, conseiller élu à l’Assemblée des Français de l’’étranger.

Tous les éclaircissements seront apportés sur les modalités du vote dans la région du Yorkshire.

J’en profite pour rappeler l’importance d’être inscrit sur le registre des Français établis hors de France, ainsi que sur la liste électorale avant le 31 décembre 2011.

Si vous désirez être des nôtres en ce jour particulier, merci de faire part de votre venue à cette adresse : la.petite.ecole@email.com

Lire aussi :
“Marathon manne pour la Petite école de Leeds ?” du 21 février 2011
“Journée portes-ouvertes à la Petite Ecole de Leeds” du 25 novembre 2010

Pour information :

Les Petits Français, playgroup
Groupe d’éveil, créé en 2003, pour les petits francophones/bilingues de 0 à 4 ans, accompagnés de leurs parents, les lundis de 10h00 à 12h00.
Infos : www.toutunmonde.org.uk ou Olivia au 07899754165

La Petite Ecole de Leeds
Association à but non lucratif, partiellement financée par FLAM (programme de consolidation du Français Langue Maternelle), accueillant 97 élèves âgés de 3 à 16 ans le samedi de 10h00 à 12h30 pour suivre des cours de français, incluant l’orthographe et la grammaire, des cours d’Histoire ou encore des activités théâtrales.
Infos : www.lapetiteecoledeleeds.co.uk

Brighton penche en faveur d’une école bilingue

Je reviens sur un événement qui remonte à septembre dans la charmante ville balnéaire de Brighton. François Miramont a eu l’heureuse initiative d’organiser une réunion qui a mobilisé une trentaine de parents d’élèves sur l’avenir de l’enseignement français dans cette région en plein essor.

En même temps que Laurent Batut, conseiller culturel adjoint, attaché de coopération éducative, et Vincent Gleizes, attaché de coopération pour le Français à l’ambassade, j’ai été touché par l’engouement de l’assistance sur le projet de créer un enseignement bilingue à Brigthon et impressionné par la pertinence des réflexions qui fusaient dans le petit gymnase qui nous avait été aimablement mis à disposition par la directrice de Westdene Primary school.

Sur ce blog, j’ai plusieurs fois évoqué l’enjeu de l’enseignement bilingue au sein des écoles britanniques pour offrir un enseignement en français là où nos opérateurs traditionnels AEFE, Agence pour l’enseignement français à l’étranger et Mission Laïque sont absents. Il s’agit d’un dispositif alternatif, non-budgétivore pour nos finances et bientôt couronné par un “label FrancEducation” pour certifier la qualité de la pédagogie (lire : “Un plan Ecole pour le monde, présenté au conseil des ministres” du 20 juin 2011).

Les parents d'élèves, français et britanniques, ont été invités à donner leur avis sur un projet d'enseignement bilingue à Brighton, le 19 septembre 2011, en présence des responsables de l'ambassade de France.

Il ressort des discussions de Brighton que ce projet séduit tout le monde, dont Judy Hawker, Primary Languages Consultant. Enfin, presque tout le monde, puisque l’honnêteté m’impose de révéler que la personne  la plus attachée à un enseignement français exclusif lors de notre réunion était une grand-mère britannique qui avait longtemps vécu en France.

Pour concrétiser ce dessein, il reste à éclaircir certains points, notamment en termes de diplômes, et lever évidemment quelques obstacles. La directrice de l’école Westdene Primary school a justement fait remarquer qu’intégrer le bilinguisme coûterait plus cher, en pleine période de restriction de moyens. Par contre, cette ouverture au français rendrait son établissement plus attractif aussi vis à vis les parents anglophones.

Je suis reparti une fois de plus convaincu que la détermination des parents sera récompensée, à l’image de l’association des familles francophones locale baptisée “les Franglophones” qui ont créé une petite école en 2009, pour les 4-11 ans, basée sur le programme Flam (Français langue maternelle). J’ai été très heureux de faire leur connaissance lors de cette réunion. A petite échelle, la multiplication de ces écoles Flam au Royaume-Uni atteste d’un élan résolu et communicatif.

Pour les plus grands, je suis persuadé qu’en multipliant les initiatives et les soutiens, ces parents ne  couperont pas leurs enfants d’une scolarité en langue française. Et je compte bien les y aider.

L’école Flam, les Franglophones, dispose de deux lieux (Brighton et Hove) :
– Les classes à Hove Park School, Nevill road, Hove, tous les jeudis de 16h00 à 17h30
– Les classes à Lewes au Cluny Hall tous les vendredis de 13h30 à 15h00

Mes propositions pour le financement de l’immobilier scolaire à l’étranger

La XXXVIème Assemblée générale de l’Association nationale des écoles françaises de l’étranger (Anefe), présidée par le sénateur André Ferrand, s’est tenue au Sénat à Paris fin septembre. C’est l’occasion de vous parler de l’extension du réseau d’écoles françaises dont le financement constitue, comme vous imaginez, le nerf de la guerre.

Pour mémoire, l’Anefe a pour mission d’instruire les demandes de prêts garantis par l’Etat pour financer les établissements scolaires à l’étranger. J’ai eu l’honneur d’être réélu pour siéger à son conseil d’administration.

La XXXVIème Assemblée générale de l’Association nationale des écoles françaises de l’étranger (Anefe), présidée par le sénateur André Ferrand (sept. 2011)

Les questions immobilières constituent un point critique pour le développement des écoles françaises à l’étranger. Le Royaume-Uni représente un tiers des engagements de l’Anefe ! Le principal engagement est le CFBL, Collège français bilingue de Londres avec 21M£ (lire : “Kentish Town (16) : Le ministère de l’Economie officialise la garantie de l’Etat” du 28 mai 2010). Vient ensuite, la garantie du prêt de l’école Jacques Prévert (1,7M£) obtenue pour financer ses travaux. Un troisième dossier de 0,32M£ est en cours : l’école française de Bristol a déjà obtenu la garantie de l’Etat pour son projet, mais le dossier est en suspens parce que leur offre d’acquisition du bâtiment n’a pas été retenue par les autorités locales.

Cette dernière assemblée m’a permis de remercier, au nom de notre communauté, tous les acteurs qui ont facilité ces résultats, à commencer par le président Ferrand et notre secrétaire générale, Anne Barnaud.

J’ai aussi salué l’action de Anne-Marie Descôtes, directrice de l’AEFE, Agence pour l’enseignement français à l’étranger, qui a veillé à ce que les engagements de l’Agence en faveur du CFBL soient scrupuleusement tenus. J’ai tenu à exprimer ma gratitude à Mmes Christine Eusèbe, représentant le ministère de l’Education nationale, et Agnès Rivoisy-Maaelassaf représentant le ministère des Finances. La représentante de Bercy a fait preuve de flexibilité pour construire une solution financière favorable au CFBL et l’Education nationale a accepté d’homologuer une bonne part de la pédagogie de l’école avant même son ouverture.

J’ai souvent fait état dans mes billets de la tension qui règne à Londres sur le nombre de places disponibles dans l’enseignement français. Chaque partie prenante, consciente de cet enjeu, a su se dépasser pour nous aider à atteindre le premier objectif de notre plan Ecole, lancé en juin 2008, qui vise à créer 500 places par an dans l’enseignement français.

Nous savons tous ce que nous devons à Arnaud Vaissié, Jean-Pierre Mustier et Richard Fairbairn, les trois Trustees du FEPT (French Education Property Trust), mais tout autant à Frédéric de la Borderie, qui dirige l’équipe qui travaille au quotidien sur les projets immobiliers sans qui ces réussites n’auraient pas été possibles.

Pour l’avenir, j’ai proposé lors de l’assemblée générale de l’Anefe que l’immobilier appartenant à l’AEFE à Londres soit transféré au sein du Trust immobilier FEPT pour lui permettre d’augmenter sa structure financière et de cautionner ainsi directement le prochain établissement qui ouvrira à Londres. Rappelons que le FEPT, organisme à but non lucratif, avait contracté le prêt de 21 millions de livres à bas taux pour financer les travaux du CFBL après l’obtention de la garantie de l’Etat grâce à l’Anefe.

Pour sa part, la directrice de l’AEFE a développé l’idée de créer son propre fonds pour financer ses opérations immobilières, car l’Etat ne veut plus emprunter au-delà d’une année pour aider ses établissements publics, afin de ne pas aggraver sa dette. L’AEFE est en cours d’évaluation de la somme minimale pour constituer ce fonds. Le chiffre de 50 millions d’euros a été avancé.

Que ce soit au conseil d’administration de l’AEFE, à celui de l’Anefe ou en séance plénière de l’Assemblée des Français de l’étranger, je ne manque jamais une occasion de soutenir cette orientation présentée par Anne-Marie Descôtes.

Par contre, je ne pense pas qu’il faille se limiter à un seul fonds qui gèrerait tous les actifs depuis Paris. Pour les pays où la législation l’autorise, j’ai suggéré de favoriser la création de fonds immobiliers décentralisés (des trusts, société civiles immobilières…) comme nous l’avons déjà expérimenté à Londres avec le FEPT. Créés et contrôlés par des acteurs locaux (parents d’élèves, entreprises locales), placés sous la responsabilité de l’ambassadeur, nos investissements seraient plus simples à optimiser. Il serait également plus facile de lever de l’argent auprès d’entreprises françaises établies sur place.

Dès lors, le fonds immobilier de l’AEFE pourrait se consacrer exclusivement au financement des écoles situées dans les pays qui ne disposent pas de l’environnement juridique adéquat, autrement dit dans l’impossibilité de créer des structures financières sur place.

Enfin, j’ai également recommandé que la propriété des bâtiments scolaires à l’étranger appartenant à l’Etat soit apportée à ces fonds immobiliers lorsqu’ils seront créés pour garantir les emprunts finançant l’entretien ou l’acquisition de nouveaux sites.