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En circonscription au Royaume-Uni – Londres (10 au 13 nov. 2016)

11novebQu’est-ce que le devoir de mémoire ? Ne pas oublier ceux qui ont payé de leur vie notre liberté. Il est symbolique de nous retrouver chaque année devant la statue du maréchal Foch qui fut le premier et seul chef des armées alliées. Elus, autorités, militaires, représentants des associations patriotiques et acteurs de notre communauté viennent participer à l’hommage aux soldats français et étrangers qui se sont sacrifiés.

Mon dernier déplacement à Londres m’a aussi conduit à tenir un meeting politique et participer à la 7ème journée pédagogique de la fédération Parapluie Flam.

Devoir de mémoire

foch1Cérémonie à Victoria

(g. à d) Olivier Bertin (CC), Patricia Connell (CC), Joëlle Garriaud-Maylam (sénatrice), Steve Summers (Lord-maire de Londres), Roch Miambanzila (CC), Karine Daudicourt (CC), Morgane Marot (CC) et Stéphane Rambosson (CC)

Chaque 11 novembre à Londres, notre communauté rassemblée est saisie de la même émotion au pied de la statue du maréchal Foch.

Sous l’ombre bienveillante de cette haute stature de la Première guerre, les couronnes de fleurs commémorent désormais « tous les morts pour la France », tombés pour notre liberté.

La cérémonie a été présidée par notre ambassadeur de France, Sylvie Bermann et Steve Summers, Lord-maire de Londres, en présence de personnalités civiles et militaires françaises et britanniques, ainsi que divers présidents d’associations.

J’ai déposé une gerbe en compagnie de ma collègue Joëlle Garriaud-Maylam.

foch2(à l’image) : Anne Faure, présidente de la FAFGB, Fédération des associations françaises de Grande-Bretagne et Ian Reed, directeur du Yorkshire Air Museum.

Sur place, j’ai retrouvé les élus consulaires Olivier Bertin, Patricia Connell, Roch Miambanzila et Stéphane Rambosson, ainsi que Carole Rogers, présidente de l’UFE Grande-Bretagne.

Je remercie tous les participants, venus en nombre à Victoria, et j’adresse mes plus vives félicitations à la talentueuse chorale composée des lycéens de Charles de Gaulle et de Winston Churchill, réunis pour interpréter notre hymne national.

legion1Honneur aux vétérans britanniques

A l’occasion des célébrations du 11 novembre, dix-sept vétérans britanniques qui ont vaillamment participé au débarquement de juin 1944 ont reçu les insignes de chevalier de la Légion d’honneur.

 Ces héros du D-Day ont croisé leurs souvenirs, sous l’œil ému de leurs familles. L’un deux était accompagné de son fils, lui-même vétéran de la guerre des Malouines, où il avait débarqué avec la première vague des Royal Marines.

J’étais accompagné des élus consulaires Olivier Bertin et Patricia Connell, dont le père avait répondu à l’Appel du Général et rejoint les Forces françaises libres en Afrique.

legion2(A l’image) Patricia Connell et de Bernard Masson

Cet événement poignant m’a permis de retrouver de nombreux amis comme Brigitte Williams, déléguée de la Fondation de la France Libre et Bernard Masson, président la section britannique de l’Association des membres de l’Ordre national du Mérite.

Cette remise de décoration avait été précédée le matin même par une autre cérémonie au « Carré français » du cimetière interallié de Brookwood (Surrey).

culte

Messe du souvenir

(g. à d) Avec Carole de Saint-Affrique, présidente du Consistoire de l’Eglise protestante française de Londres et son prédécesseur, Thibault Lavergne.

 « Ce sont nos souvenirs qui font de nous ce que nous sommes », disait Winston Churchill.

A l’invitation de Carole et de Thibault, j’ai assisté au culte du Souvenir célébré par le pasteur Stéphane Desmarais à l’église protestante française de Londres. Il a aussi rendu hommage aux victimes de tous les conflits et attentats.

Un moment de recueillement partagé avec Sylvaine Carta-Levert, consule générale, Patricia Connell, Brigitte Williams et les représentants d’associations d’anciens combattants.

Dans un monde où certains jouent l’affrontement et le chacun pour soi pour parvenir au pouvoir, il était apaisant d’entendre un message célébrant l’altruisme, jusqu’au sacrifice parfois de sa propre vie. On pense au maréchal des logis, Fabien Jacques, tombé au Mali, le 5 novembre dernier.

Plan Ecole

flamebParapluie Flam

A Londres, la 7ème journée pédagogique de la fédération Parapluie Flam a été le théâtre d’un changement de président : Joëlle Simpson (à l’image) a été élue à la tête de la fédération sans même avoir été candidate ! Une surprise concoctée par tout le conseil d’administration, dont Christian Ravel, le président sortant et Roch Miambanzila, conseiller consulaire.

Le programme Flam a été initié dans le cadre de l’objectif n°3 du plan Ecole, lancé en juin 2008. Tout est parti de l’idée géniale d’Yves Letournel, attaché de coopération éducative, désormais en poste à Bruxelles depuis l’été.

Parapluie Flam fédère aujourd’hui une cinquantaine de « petites écoles du samedi » au Royaume-Uni qui accueillent, chaque semaine, plus de 4000 enfants pour leur offrir un apprentissage du français sur un mode ludique. Je suis heureux que Parapluie Flam puisse bénéficier d’une partie de ma réserve parlementaire en 2017, selon le vote des 36 élus UDI Monde.

Disparition de Françoise Lindemann

Nous avons appris avec une profonde tristesse la disparition de Françoise Lindemann, cette semaine.

f_lindemannElle est partie, comme un symbole, au milieu d’une session de l’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE), où elle a siégé sans discontinuer de 1991 à 2014.

Conseillère consulaire pour la circonscription de Rio de Janeiro et présidente de l’UFE locale, Françoise était une figure emblématique de cette Assemblée, appelée auparavant CSFE.

Elle y représentait les Français du Brésil aux côtés de Denis Viala, son ami fidèle. Rapporteur de la commission des Affaires sociales, elle accomplissait un travail considérable au sein de notre groupe UDIL.

La valeur de son engagement au service de l’intérêt général l’a conduit à être, durant dix ans, la suppléante du sénateur Jean-Pierre Cantegrit dont elle était proche, et également la seconde de la liste conduite par le sénateur André Ferrand, en 2008.

Depuis son arrivée en 1978 à Rio de Janeiro, elle n’a eu de cesse de s’investir au sein de multiples associations pour faire vivre la fraternité au quotidien.

En avril dernier, Françoise m’avait accueilli à Rio de Janeiro et préparé un remarquable programme de visite. Malgré un traitement contre la maladie qui l’avait affaiblie, elle avait trouvé les ressources pour m’accompagner à de nombreux rendez-vous et avait organisé une réunion de l’UFE Rio.

Sur place, j’ai pris la mesure de son travail au service de la communauté française, en prenant aussi en compte la « communauté des défavorisés ».

Lorsque je l’ai revue au début du mois de septembre à Neuilly, j’ai pu à nouveau admirer sa complicité avec Paul, son mari, sa bonne humeur, sa joie de vivre et son rire franc et communicatif, reconnaissable entre tous.

Elle nous a quittés au terme d’un long et courageux combat contre la maladie.

J’adresse mes plus sincères condoléances à Paul, ses enfants et petits-enfants, ainsi qu’à tous ses proches.

Premier anniversaire des attentats de Copenhague

COMMUNIQUE – Un peu plus d’un mois après l’attentat contre Charlie Hebdo, le 14 février 2015, le centre culturel Krudttonden de Copenhague essuyait une attaque terroriste.

La fusillade a interrompu une conférence publique sur le thème « Art, blasphème et liberté d’expression », organisée en hommage aux victimes de Charlie.

L’ambassadeur de France au Danemark, François Zimeray, était l’invité d’honneur du centre culturel. Les rafales d’arme automatique ont débuté au moment où Inna Shevchenko, chef des Femen, prenait la parole. On comptera un mort et trois policiers blessés.

Le lendemain, un islamiste de 22 ans sera abattu par la Police, quelques heures après avoir tué une autre personne à la grande synagogue de Copenhague.

En ce 14 février, j’ai une pensée émue à l’attention des victimes, de leurs familles et du peuple danois.

Tunisie – Légion d’honneur aux représentants du quartet pour le dialogue national.

« Vous avez donné l’espérance, vous avez défendu les valeurs qui nous sont chères et que nous portons : la liberté, la démocratie et la tolérance », a déclaré le chef de l’Etat, le 8 décembre, à l’attention des représentants du quartet tunisien qui, un mois plus tôt, avait reçu le prix Nobel de la Paix.

C’est avec beaucoup de plaisir et d’admiration que j’ai assisté, au palais de l’Élysée, à une remise de décoration au quartet composé du syndicat UGTT, de l’organisation patronale UTICA, de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) et de l’Ordre national des avocats. Au cours de l’été 2013, ces organisations ont entrepris de négocier avec les islamistes et les partis d’opposition la feuille de route permettant de sortir d’une paralysie institutionnelle et d’écarter le risque « d’assassinats politiques et de vastes troubles sociaux », a estimé le comité Nobel.

En recevant les insignes de commandeur de la Légion d’honneur, les médiateurs du quartet se sont tous remémoré les attaques contre le musée du Bardo, le 18 mars, puis contre un hôtel de Sousse, le 26 juin dernier (de g. à d. sur la photo) :

Quartet2Houcine Abbassi (UGTT) : « La sanglante barbarie qui s’est abattue sur nos deux pays renforce notre solidarité. »

Wided Bouchamaoui (UTICA) : « Il faut une ambition commune de partenariat, une invitation au dépassement de soi. »

Abdessattar ben Moussa (LTDH) : « Après la réussite de la transition démocratique, nous avons besoin de temps pour concrétiser une transition économique. La démocratie a aussi besoin de solidarité et nous comptons sur la France pour aider la Tunisie. Les attentats visent à faire échouer la démocratie. »

Mohamed Fadhel Mahmoud (Ordre national des avocats) : « Cette décoration nous pousse à défendre des valeurs communes. Ne restreigniez pas les libertés. Le défi sécuritaire est un défi majeur pour nos sociétés. »

Cette cérémonie aura avivé l’amitié entre les peuples tunisiens et français qui font face à un ennemi commun, avec exemplarité. Je salue la contribution des récipiendaires à la construction de la démocratie qui permettra à la Tunisie de libérer tout son potentiel économique et de répondre aux aspirations de sa jeunesse. « Continuez votre combat, c’est le plus beau », a conclu François Hollande.

Lire aussi :
Attentat en Tunisie – Témoignage de Madeleine Berger-Ben Naceur, conseillère consulaire du 26 juin 2015
Attentats en Tunisie – Communiqué de presse du 19 mars 2015
Tunisie – Visite d’un foyer familial unique en son genre, géré par une association d’origine française du 12 février 2015
Tunisie – Bernard Vasseur entreprend le lycée du XXIème du 17 février 2015

Allied Air Forces Memorial Day – Elvington / Yorkshire (6 septembre 2015)

J’ai participé, dimanche 6 septembre, à une commémoration militaire à Elvington, ancienne base aérienne utilisée par deux escadrons de bombardiers français durant la Seconde guerre.

Avec le colonel de l'armée de l'air Patrice Morand, nous avons déposé une gerbe à la mémoire des équipages français qui ont sacrifié leur vie pour vaincre la barbarie nazie.

Avec le colonel de l’armée de l’air Patrice Morand, nous avons déposé une gerbe à la mémoire des équipages français qui ont sacrifié leur vie pour vaincre la barbarie nazie.

Cet aérodrome, situé à proximité de la ville de York, est devenu un grand musée à ciel ouvert, the Yorkshire Air Museum, ainsi que le Mémorial des Forces Aériennes Alliées.

A l’invitation de Ian Richardson, responsable de la communication du musée, j’ai eu l’honneur de prononcer un discours officiel sous le signe de l’alliance fraternelle entre le Royaume-Uni et la France.

Ce fut l’occasion de rappeler qu’il y a 70 ans les deux escadrons français (« Guyenne » et « Tunisie ») de 16 bombardiers chacun retournaient en France. Arborant la croix de Lorraine sur leur fuselage, nos pilotes avaient effectué près de 3000 missions en décollant de la base d’Elvington.

Mon discours en anglais, traduit en français.

Le site de l’ambassade de France relate l’événement : Hommage rendu aux forces aériennes de la France libre de la Seconde Guerre mondiale

Dans le diaporama : En compagnie de Jeremy Burton, consul honoraire à Leeds, j’ai eu le plaisir de rencontrer Timothy Kirkhope, député européen, ainsi que de revoir Marie Blanche Camps, déléguée consulaire à Londres et rédactrice en chef de L’Echo, un bimestriel destiné aux familles françaises vivant à Londres.


 

Entretien et regroupement des cimetières français en Algérie

Ce matin, au ministère des Affaires étrangères, avec les associations et les représentants du Consistoire une réunion très attendue sur le thème : Bilan et perspectives sur les sépultures civiles françaises en Algérie.

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Plus de 3,8 millions d’euros ont été dépensés à ce jour. La dotation pour 2015 s’élève à 415.092€, elle devrait permettre le regroupement de 17 cimetières

Depuis la visite de Jacques Chirac en 2003, un plan d’action et de coopération a été engagé afin que soit préservée la mémoire des nombreux Français qui ont vécu en Algérie et y sont inhumés.

171 cimetières chrétiens ont été regroupés à ce jour ; 41 cimetières chrétiens restent à regrouper. Le regroupement des sépultures juives ayant été autorisé par le Consistoire central, le MAEDI étudie les modalités de ces regroupements. Plus de 3,8 millions d’euros ont été dépensés par l’État et les collectivités locales.

Félicitations à Christophe Bouchard, directeur des Français à l’étranger, à toutes les personnes de l’administration qui ont piloté ces opérations depuis 2005.

J’ai profité de cette réunion pour saluer tous les bénévoles qui s’investissent pour l’entretien des cimetières et le devoir de mémoire. Ainsi, à la faveur de mon passage à Alger et Annaba, j’ai pu apprécier l’engagement de Sabri Mêle, conseiller consulaire et président de l’UFE Annaba, qui a fondé, en 2000, l’association In Memoriam pour la sauvegarde et l’entretien des cimetières français pour l’Est de l’Algérie. Je serai à Oran le 3 juillet prochain.

Jean-Michel Ditner s’est éteint

J’ai appris la disparition de Jean-Michel Ditner avec une immense tristesse. Il fut un merveilleux compagnon de route auprès de tous les animateurs de la communauté française du Royaume-Uni.

Jean-Michel a fJM_Ditnerait une carrière internationale dans le transport aérien au sein d’UTA, puis d’Air France, avant que la SNCF ne lui confie, à Londres, la responsabilité du lancement d’Eurostar.

Au début des années 2000, il lance sa propre société, Investment Direct Limited, destinée à favoriser l’investissement de sociétés britanniques vers les régions françaises, après avoir créé l’Agence de développement de l’Alsace à Londres, en 1998.

A l’inverse, pour aider au développement de nos entreprises au Royaume-Uni, Jean-Michel était un dynamique Conseiller du commerce extérieur de la France.

Alsacien dans l’âme, il avait fondé L’Association des Alsaciens de Grande-Bretagne. Il aimait profiter de la Saint Nicolas pour nous réunir autour d’un vin chaud ou d’un Pinot noir, en dégustant une tourte alsacienne. Il a toujours cultivé un vibrant esprit associatif, notamment au sein de la Fédération des associations françaises de Grande-Bretagne, dont il a assuré la présidence de 1999 à 2002.

Au service du bien commun, fidèle à tous ses engagements, ami inestimable, Jean-Michel était Chevalier de la Légion d’Honneur et Chevalier de l’Ordre du Mérite.

J’adresse mes plus sincères condoléances à ses proches.

Photo : DNA

Claire-Marie Jadot nous a quittés

Jadot hl10Je me trouvais au Canada lorsque j’ai appris la disparition de Claire-Marie à Vancouver. Je rejoins dans la peine tous ceux qui l’ont connue, si vive et chaleureuse.

J’ai longtemps siégé à ses côtés sur les bancs de l’AFE à Paris. Elle était une élue exemplaire au service de ses compatriotes, connaissant parfaitement ses dossiers et agissant avec opiniâtreté. Elle prenait le temps pour chacun avec une douce attention. On ne pouvait que l’apprécier et lui faire totalement confiance.

Ceux qui l’ont fréquentée dans les réunions consulaires savent que Claire-Marie était de toutes les causes, qu’il s’agisse des enfants boursiers ou des anciens combattants.

Elle était également présidente bilingue du Conseil Arbitral du Lower Mainland en Colombie-Britannique pour l’assurance-emploi, membre de la Commission des finances et des affaires économiques, ainsi que de la Commission temporaire des anciens combattants.

Claire-Marie s’en est allée, mais elle nous laisse son sourire, impérissable.

Un 11 novembre à Londres en hommage à tous les morts pour la France

Une note de clairon triste et cuivrée déchira le silence du cimetière de Brookwood pour lancer la commémoration de l’Armistice sur le sol britannique.

Face au monument à la mémoire des soldats français qui reposent alentour pour l’éternité, l’hommage fut rendu à tous les morts pour la France par les autorités diplomatiques, par la voix et de Sylvie Bermann, ambassadeur de France au Royaume-Uni.

J’étais présent aux côtés du consul général, Olivier Chambard, des autorités militaires, des Porte-Drapeaux et des présidents d’associations d’anciens combattants et du souvenir.

L’après-midi, le cortège s’est déplacé au cœur de Londres afin de poursuivre la cérémonie sous la statue du maréchal Foch, commandant suprême des forces alliées au moment de la signature de l’Armistice.

Dans son discours, Sylvie Bermann a voulu, une nouvelle fois, donner un caractère universel à son hommage en rappelant que nous avons célébré cette année les 70 ans du Débarquement.

L’intervention du Lord Mayor of Westminster, Audrey Lewis, a précédé le dévoilement d’une plaque rappelant l’inauguration de la statue du maréchal par le Prince de Galles en 1930, dont nous avons publié les images dans un précédent billet (lire : « Programme exceptionnel de commémorations du 11 novembre à Londres » du 31 octobre 2014).

Après le dépôt de gerbes et une minute de silence, les participants venus en nombre pour la circonstance ont écouté les élèves du lycée Charles de Gaulle entonner la Marseillaise.

En fin de journée, lors d’une réception à la Résidence de France, Sylvie Bermann a décoré six anciens combattants britanniques et salué leur courage par un vibrant discours soulignant les liens fraternels qui unissent la France et le Royaume-Uni.

Au cours de la Grande guerre, un million trois cent mille soldats français, de tous âges et de toutes conditions, ne sont jamais revenus dans leurs foyers. « Sacrifice ultime », « morts au champ d’honneur », nous les payons de mots, certes, mais perpétuer leur souvenir fait assurément avancer l’humanité. « Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre », pensait Winston Churchill, lui, qui a vécu les deux guerres. C’est pourquoi je suis très attaché au devoir de mémoire.

Cimetière militaire de Brookwood dans le Surrey (de g. à d.) : Adjudant-chef Cédric Lambin, colonel Alain Bayle, attaché de Défense adjoint Terre près l'ambassade de France, capitaine de vaisseau François Moucheboeuf, attaché de défense Adjoint – Marine, Bernard Masson, président la section britannique de l’association des membres de l’ordre national du Mérite, Guy Audibert, président de l’Association des Anciens combattants, Anne Faure, présidente de la Fédération des associations françaises de Grande-Bretagne, Olivier Chambard, consul général, Olivier Renard, président du Souvenir français, Olivier Cadic, Brigitte Williams, déléguée de la Fondation de la France Libre et les Porte-Drapeaux Marc Dubet, Daniel Steck, Michel Giquel

Cimetière militaire de Brookwood dans le Surrey, le 11 novembre 2014 (de g. à d.) : Adjudant-chef Cédric Lambin, colonel Alain Bayle, attaché de Défense adjoint Terre près l’ambassade de France, capitaine de vaisseau François Moucheboeuf, attaché de défense Adjoint – Marine, Bernard Masson, président la section britannique de l’association des membres de l’ordre national du Mérite, Guy Audibert, président de l’Association des Anciens combattants, Anne Faure, présidente de la Fédération des associations françaises de Grande-Bretagne, Olivier Chambard, consul général, Olivier Renard, président du Souvenir français, Olivier Cadic, Brigitte Williams, déléguée de la Fondation de la France Libre et les Porte-Drapeaux Marc Dubet, Daniel Steck, Michel Giquel

Sylvie Bermann, ambassadeur de France au Royaume-Uni, a remis les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur à six vétérans britanniques de la Seconde Guerre mondiale

Résidence de France : Sylvie Bermann, ambassadeur de France au Royaume-Uni, a remis les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur à six vétérans britanniques de la Seconde Guerre mondiale

Programme exceptionnel de commémorations du 11 novembre à Londres

Le 11 novembre 2014 marque le centenaire de la Première guerre mondiale.

Inauguration officielle de la statue de Ferdinand Foch, en 1930 à Grosvenor garden, en présence de la veuve du maréchal et de ses deux filles, elles-mêmes veuves de guerre. On voit le prince de Galles remonter la garde et venir les saluer.

Inauguration officielle de la statue de Ferdinand Foch, en 1930 à Grosvenor garden, en présence de la veuve du maréchal et de ses deux filles, elles-mêmes veuves de guerre. On voit le prince de Galles remonter la garde et venir les saluer.

En cette date historique, j’espère vous retrouver nombreux pour cette célébrer fraternellement cette ‘Journée en hommage à tous les morts pour la France’.

Une messe du Souvenir se tiendra le samedi 9 novembre à 18h00 en l’église Notre Dame de France et le dimanche 9 novembre à 10h30 à l’Eglise Protestante française de Londres (9 Soho Square, W1D 3QD).

Le rituel des cérémonies du 11 novembre à Londres est inversé pour l’occasion : notre hommage débutera au cimetière de Brookwood, le matin à 11h00, puis nous nous transporterons jusqu’à la statue équestre de Foch, près de la gare Victoria, pour être de nouveau en place à 15h00.

Ces commémorations seront présidées par Madame Sylvie Bermann, ambassadeur de France et The Right Worshipful the Lord Mayor of Westminster.

Cérémonies du mardi 11 novembre 2014 à Londres

11h00 – Cérémonie au cimetière militaire de Brookwood (Surrey)
– Allocution de Madame l’ambassadeur de France
– Dépôt de gerbes
– Minute de silence
– Marseillaise

Fin de cérémonie et retour vers Londres

Georges Malissard ébauchant la statue du maréchal Foch, à cheval derrière lui !

Georges Malissard ébauchant la statue du maréchal Foch, à cheval derrière lui !

15h00 – Cérémonie devant la statue du maréchal Foch (Grosvenor Gardens)
– Allocution de Madame l’ambassadeur de France, puis The Lord Mayor
– Dévoilement d’une plaque par Madame l’ambassadeur de France et The Lord Mayor
– Remise de décorations éventuelle à du personnel français
– Dépôt de gerbes
– Minute de silence
– Marseillaise
– Rencontre des délégations et des personnalités par Madame l’ambassadeur de France et The Lord Mayor

18h00 Réception sur invitation à la Résidence de France

Il est symbolique de nous retrouver chaque année à l’ombre de la statue du maréchal qui fut le premier et seul chef des armées alliées. En place jusqu’à l’armistice, Foch est l’incarnation de l’union sacrée qui rassembla au feu les soldats anglais et français. Une fois la paix revenue, il sera fait maréchal de Grande Bretagne, seul Français à recevoir une telle dignité.

Photos : Je remercie Christian-G Malissard, petit fils du sculpteur Georges Malissard, qui m’a proposé de partager ces deux photos d’archives avec les Français du Royaume-Uni.

Centenaire de la mort de Charles Péguy

Ce blog fait souvent référence au centre Charles Péguy de Londres. Présidé par Guillaume Dufresne et dirigé par Marine Deneux, le centre fournit un emploi à près d’un millier de nos jeunes compatriotes, chaque année, au Royaume-Uni.

Charles_peguyŒuvre salutaire puisque le taux de chômage des 15-24 ans en France métropolitaine s’élève à 22,8 % ! Le ministre du travail, François Rebsamen, a reconnu cette semaine « un échec » en matière d’emploi : depuis l’élection de François Hollande plus de 500 000 nouveaux demandeurs d’emploi ont poussé la porte de Pôle emploi.

Le centre Péguy porte le nom de l’écrivain français mort il y a exactement cent ans, aux premiers jours de la guerre 14-18, à l’âge de 41 ans.

En fin d’après-midi du 5 septembre 1914, dans un champ d’avoine aux alentours du village de Villeroy près de Meaux, le lieutenant Charles Péguy charge en tête de sa section lorsqu’il est atteint d’une balle en plein front. Autour de lui, gisent une centaine d’hommes de la 19ème compagnie du 276ème régiment d’infanterie.

« Celui qui est désigné doit marcher. Celui qui est appelé doit répondre. C’est la loi, c’est la règle, c’est le niveau des vies héroïques, c’est le niveau des vies de sainteté », écrivait-il.

« Aucun écrivain ne m’a autant marqué », disait de lui Charles de Gaulle.

Beaucoup d’auteurs contemporains, Alain Finkielkraut en tête, se sentent les héritiers de Péguy.

Dans son dernier livre, «Les Héritiers Péguy», paru en 2014, le philosophe Damien Le Guay nous assure de la « fraicheur de sa pensée et la justesse de ses mises en garde qui éclatent à chacune de ses pages. Et surtout, il y a dans son œuvre, de nombreux antidotes. Antidotes pour sauver la république de ceux qui s’en servent au lieu de la servir. (…) Antidote contre la déprime française, la morosité démocratique, le manque d’espérance et de foi en l’avenir. »

Ce sont des antidotes dont la France a bien besoin de nos jours.

Lire : « Ateliers, workshops, formations : les nouveautés du centre Charles Péguy » du 15 décembre 2013

Lire : « Plan Emploi : le centre Charles Péguy toujours plus performant » du 02 décembre 2013

Photo wikimedia commons

Les 70 ans du Débarquement, par Eric Simon

Débarquement 2014 - VétéranLe devoir de mémoire est un défi au temps, en même temps qu’aux frontières. Il est heureux que tant de chefs d’Etat soient venus fouler les plages de Normandie. Ils n’ont pas manqué de ressentir que gouverner c’est aussi être dépositaire de la condition humaine.

Présent lors des commémorations du Débarquement, Eric Simon a longuement fureté comme à son habitude avant d’écrire un billet, publié ci-dessous, à l’intention des Français du Royaume-Uni.

Une occasion de saluer une nouvelle fois son talent de conteur, tout imprégné de sa passion pour l’histoire et le cinéma, sachant comme personne jouer avec notre sensibilité, saisir le pittoresque ou zoomer sur un détail.

Je rappelle qu’Eric Simon est l’auteur « Londres, au fil de la France libre », un ouvrage qui nous fait partager le quotidien de ces Français libres de Londres durant la guerre (lire : « Signature du livre d’Eric Simon, « Londres au fil de la France Libre », le 25 septembre 2013 » du 12 septembre 201).

Le Fureteur à Omaha Beach…

Grâce à ma retraite,  je viens d’assister aux commémorations du 6 juin 1944, date charnière pour notre liberté. Contrairement au temps du débarquement, il faisait beau et chaud. Coups de soleil à l’appui !

Le 5 juin, alors qu’un orage nocturne frappait les marais autour de Sainte-Mère-Église, je songeais aux fantômes des premiers parachutistes américains qui tombaient du ciel nuageux. Le visage noirci au charbon, dotés d’un équipement lourd, la mitraillette Thompson prête, les gars du Texas ou de Virginie, sautaient par une nuit noire. Ils avaient à peine vingt ans. La grande aventure du jour le plus long commençait. Aujourd’hui il en reste bien peu, mais ce fut un vrai bonheur de leur serrer la main, de boire des bières avec eux et de les remercier. Ils s’appelaient Erik, Don, Frank, Ernest, Jimmy ou Sam. De la  France, ils ne savaient rien…À Sainte-Mère, ils tombèrent dans des jardins, comme Robert Murphy. La voilure du  parachute de John Steele s’accrocha au clocher de l’église. Un autre finira dans un puits. Ils faisaient partie des 6000 éclaireurs qui avaient pour mission de sécuriser le front.

Dans une aube glaciale, les premières péniches attaquaient la mer devant Omaha et Utah Beach. En à peine une heure, la mer fut rouge du sang des gamins de la libre Amérique. Chez eux, ils jouaient au Baseball, applaudissaient Laurel et Hardy. Ils fumaient des Lucky et des Camel, voir des cigares King Edward. Comme le montre si bien Spielberg dans « Il faut sauver le soldat Ryan ». À Omaha me revient le sourire de Samuel Fuller, futur géant d’Hollywood (Le Jugement des Flèches, Chien Blanc, Au-delà de la gloire, Le Démon des eaux troubles etc…). En 1944, Sam avait vingt-sept ans. Nul ne saura montrer les horreurs de la guerre mieux que lui. Il la détestait la guerre. J’eus la chance de le rencontrer jadis et de parler avec lui. Lorsqu’il revenait sur la plage d’Omaha, il se contentait de fixer l’horizon. Il répétait souvent : « Il est presque impossible de montrer la guerre sur un écran blanc…Ce ne sera jamais assez réaliste… »

Et puis, au moment où les gamins de la Big Red One s’écrasaient sur le sable, plus loin, à Ouistreham débarquaient les 177 de Kieffer, de braves petits Français qui retrouvaient leur pays. Ailleurs, sortait d’un nuage de fumée, le cornemuseux écossais Bill Mullin, marchant devant Lord Lovat et ses commandos, sur Pegasus Bridge. À la Pointe du Hoc, les Rangers prenaient  les batteries allemandes après avoir escaladé les falaises. Et, sur une barge, le photographe Robert Capa immortalisait la journée avec son Leica.

Débarquement 2014 - TroupesSoixante-dix ans plus tard, les bourgs normands sont en fête, les camps d’amateurs de militaria fleurissent partout. Les Jeeps filent sur les routes étroites bordées de haies. Un Dakota rase le toit des maisons. De jeunes militaires américains, filles et garçons, sont assis aux terrasses des bistrots. Américains, Anglais et Allemands écoutent côte à côté l’appel aux morts. Tout le monde se souvient des foules enthousiastes qui accueillaient les libérateurs. Le Calva et le cidre sont de retour avec les larmes, les saucisses grillées et le soulagement de savoir que grâce à L’Europe rien de tel ne pourra plus se reproduire. Je ne compte plus les anecdotes que les fermiers m’ont raconté. En 1974, un paysan sera tué en labourant par une bombe toujours active. Un autre, en 1998, trouvera un casque rouillé et une plaque de matricule qui lui permettra d’écrire à une famille aux USA. À Utah, dans ce beau soir de juin, je verrai des jeunes femmes jeter une rose à la mer en souvenirs de toutes ces résistantes qui ont aidé au succès du Jour J. Neuf cents parachutistes sauteront des gros C47 dans un ciel d’azur. Chacun voudra toucher son vétéran et lui rappeler que, comme le  chante Michel Sardou, si les Ricains n’étaient pas là, il se pourrait « qu’on soit tous en Germanie à saluer je ne sais qui… »

Certes, les grands de ce monde, formule consacrée, ont déposé gerbes et médailles au pied des stèles, mais le plus fort moment de ces journées restera l’image d’un vieux qui essaie de sourire. Devoir de mémoire sera notre devoir !

De l’enfer de feu et de sang à un beau soleil couchant, il y a parfois bien peu de distance !

Eric Simon

Christiane Barstow, résistante franco-britannique, nous raconte sa guerre

Christiane Barstow

Christiane Barstow, à la Libération de Paris en 1944

Née d’un père britannique et d’une mère française, Christiane Barstow (née Podmore) vit à Londres en septembre 1940 lorsque s’abattent les premières bombes allemandes sur l’Angleterre.

Deux ans plus tard, elle fait le choix des Forces françaises libres. Elle n’a que dix-neuf et ne sait comment se rendre utile, on lui apprend alors le métier de conductrice.

Florian Hurard s’est rendu dans l’East Sussex à la rencontre de cette résistante franco-britannique qui a mis en suspend ses rêves de jeune fille pour convoyer des blessés sur tous les fronts. Puis, avec l’aide de sa compagne, Chloé, Florian a réalisé un documentaire, captivant et richement illustré : « Une résistante française, une résistance britannique » (durée : 20m).

Un coup de cœur pour notre écrivain-historien, Eric Simon :

Il y a quelque temps, quelqu’un m’a dit : « Ne pensez-vous pas que trop d’attention à été donné aux Français Libres ?  »

Et moi de répondre : « Chère madame, comment osez-vous dire ça ?  »

Nous avons un devoir de mémoire et ce devoir doit continuer à nous animer tous, jusqu’au bout de notre existence.

Comme le montre mon ami Florian Hurard, professeur d’histoire et membre de « l’Association des Gaullistes de France », dont le but de faire mieux connaître le général de Gaulle et de défendre son œuvre, dans son film sur Madame Barstow, tout est encore exemple pour les jeunes générations.

En 1940, on ne venait pas à Londres faire du shopping, mais rejoindre cet homme qui, dans le sillage d’un discours à la BBC, symbolisait le refus, la lutte, la liberté et l’espoir en une France nouvelle.

Madame Barstow avait juste dix-neuf ans et elle refusait les nazis et la France de Pétain. Oui, elle sortait juste de l’adolescence, et ce qu’elle allait vivre en s’engageant dans les Forces Françaises Libres la hante encore.

À vous de l’écouter devant la caméra de Florian et Chloé, sa compagne. Deux jeunes gens qui ont considéré sans doute que filmer une ancienne « Demoiselle de Gaulle » n’était pas du temps perdu, mais surtout que de l’épopée de la France Libre, on n’en avait pas encore fait assez ! Merci à tous les deux de la part d’un autre passionné.

Éric Simon
Auteur de « Londres, au fil de la France Libre » et fier d’avoir eu le privilège d’avoir eu Florian et Chloé comme collègues au Lycée Français.

Un banc à la mémoire de Pasquale Paoli, à St Pancras

Nouvelle initiative de l’Association des Corses du Royaume-Uni en hommage à Pasquale Paoli, dont l’association porte le nom : un banc lui est désormais dédié, à proximité l’église de St Pancras.

Une plaque mémorielle, fixée sur le banc, atteste de l’hommage de tout un peuple à son héros qui a fait de la Corse un Etat indépendant en 1755, en dotant l’Ile d’une constitution moderne et démocratique qui a autant inspiré la République française que les Etats-Unis d’Amérique, trente ans plus tard (lire : « A quand une avenue Paoli à Paris ? » du 07 février 2013).

Gabrielle Mulas-Thorogood, présidente de l’association et Line Playfair, présidente d’honneur, se sont félicitées de cette reconnaissance officielle qui a donné lieu à une cérémonie de bénédiction du banc, à l’entrée du cimetière de St Pancras, deux jours après l’hommage annuel en la cathédrale de Westminster que rendent les Corses du Royaume-Uni à Paoli (lire : « Les Corses célèbrent Pasquale Paoli à Westminster » du 11 février 2012).

Une trentaine de personnes avait fait le déplacement, dont j’étais, dimanche dernier, pour participer à cette bénédiction, ainsi qu’à la messe célébrée dans la petite église de St Pancras, près de laquelle Paoli fut enterré initialement. Ses cendres ont ensuite été transférées en Corse en 1889 dans sa maison natale à Morosaglia.

Le père James ; Line Playfair, présidente honoraire de l'ACRUPP ; Anne Faure, présidente de la Fédération des associations françaises de Grande Bretagne ; Bernard Mabille, un descendant de Paoli ; Olivier Cadic ; Gabrielle Mulas-Thorogood, présidente ; Dominique Tramoni, ex-président de l'ACRU et le chanteur Xinarca avec sa fille

Le père James ; Line Playfair, présidente honoraire de l’ACRUPP ; Anne Faure, présidente de la Fédération des associations françaises de Grande Bretagne ; Bernard Mabille, un descendant de Paoli ; Olivier Cadic ; Gabrielle Mulas-Thorogood, présidente ; Dominique Tramoni, ex-président de l’ACRU et le chanteur Xinarca avec sa fille

Ce fut un bonheur de retrouver cette communauté qui me fait l’honneur de m’inviter chaque année à ses commémorations. On se souviendra du chanteur Xinarca qui nous a offert un merveilleux Dio Vi Salve Regina. Après la bénédiction, ce fut pour chacun un devoir d’être pris en photo, assis sur l’auguste « pusatoghju di Pasquale ».

La cérémonie s’est ponctuée autour d’un excellent buffet composé de produits corses, il va sans dire.

Eddy Hasson, Français libre, nous a quittés

Il aurait eu 100 ans, le 4 septembre prochain.

Eddy Hasson et Olivier Cadic

Eddy Hasson et Olivier Cadic

Eddy Hasson venait d’être nommé chevalier de l’ordre national du Mérite, lors de la toute dernière promotion. Trop juste pour recevoir sa décoration des mains d’un représentant de la République. Eddy était rompu à cet exercice puisqu’il collectionnait les distinctions, avec cette particularité d’avoir gagné ses premières médailles au feu de l’ennemi. Eddy a rejoint les Forces françaises libres à Londres le 1er juillet 1940, soit moins de deux semaines après l’appel du Général de Gaulle sur les ondes de la BBC. Eddy était un héros de guerre.

Né en Turquie, il a bourlingué avant de s’établir en Angleterre auprès de son épouse Gwen et de devenir un membre actif et singulier de notre communauté française. Chaleureux, drôle, attentif à tous, l’homme savait donner de la saveur à chaque instant, comme ceux qui ont survécu aux bourrasques de l’Histoire.

Derrière l’homme, c’est le soldat qui s’incarnait lors de chaque cérémonie officielle. Ces rendez-vous étaient importants pour Eddy. Pas pour lui-même, pas pour la gloriole, loin de là, mais importants pour la France d’aujourd’hui, pour les copains d’hier, pour le devoir de mémoire, en somme.

Eddy était un personnage, comme on dit. Brigitte Williams, déléguée de la « Fondation de la France Libre » m’a confié que le 14 décembre 2013, au matin du jour de son départ, il lança avec un large sourire à l’infirmière : « Vous avez de beaux yeux ! ». Il laisse ici-bas un grand vide et des amis emplis de tristesse.

Plusieurs pages lui sont consacrées dans le livre d’Eric Simon « Londres, au fil de la France Libre ». Sous le coup de la nouvelle, l’auteur m’a adressé ces quelques lignes en hommage à Eddy :

Eddy Hasson, notre légionnaire

À chaque commémoration, Eddy, coiffé de son képi blanc portait le drapeau des anciens combattants, arborant avec fierté son insigne de la France Libre au revers de son veston. Eddy était un personnage droit, discret. Sa vie, c’était celle d’un jeune immigré qui avait découvert notre pays en 1919 et qui lui donna beaucoup. Des sables du désert, en passant par les plages de Narwick, jusqu’à sa petite maison d’Ealing, il devait se donner sans cesse à sa communauté. Chez lui, sur les murs, on pouvait voir des témoignages signés par le général de Gaulle, des décorations gagnées au combat. Eddy Hasson Légionnaire

Eddy remontait notre moral à grands coups de bonne humeur et d’humour. Son dernier combat aura été pour Gwen, son épouse malade. Homme de devoir, volontaire déterminé, Eddy passa les dernières années de la guerre à aider à déterrer les cadavres des victimes des bombardements. Nul ne l’a jamais entendu gémir ou se plaindre; nul ne l’a jamais entendu se vanter. Pauvre Eddy, soldat, légionnaire, chanteur d’opéra, artiste, tu nous as quittés au moment même où la France venait de te faire chevalier de l’ordre du Mérite ! Tu nous as quittés dans la discrétion, sans qu’un drapeau tricolore orne ton cercueil et c’est dommage. Merci de nous avoir considérés comme tes amis !

Éric Simon

Photo : Eddy Hasson, entouré d’Eric Simon et Brigitte Williams, déléguée de la Fondation de la France Libre

Pour en connaitre davantage sur la vie d’Eddy, je vous invite à lire son portrait réalisé par Julie Philippe, l’an dernier, et publié dans Lepetitjournal : « Eddy, combattant poète de la seconde Guerre mondiale » du 28 juin 2012

L’année 2014 va raviver notre devoir de mémoire


En 2014, les peuples des cinq continents vont commémorer le centenaire de la Première guerre. On se souviendra aussi du 70ème anniversaire du Débarquement de Normandie.

Bernard Emié, ambassadeur de France, et Olivier Cadic au cimetière de Brookwood, devant le monument où figurent les noms des 226 Français Libres, aviateurs, marins et soldats

Bernard Emié, ambassadeur de France, et Olivier Cadic au cimetière de Brookwood, devant le monument où figurent les noms des 226 Français Libres, aviateurs, marins et soldats

Qu’est-ce que le devoir de mémoire ? Ne pas oublier ceux qui ont payé de leur vie notre liberté, a dit Bernard Emié, notre ambassadeur, le 11 novembre dernier devant la statue de maréchal Foch à Grosvenor garden.

Quelques drapeaux qui claquent au vent, un air de clairon qui fige l’assistance, des paroles protocolaires… la mise en scène peut paraitre bien sommaire, mais le sens est profond, abyssal même. « Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre », pensait Winston Churchill, lui, qui a vécu les deux guerres. Il suffit à notre bonheur que les soldats portent des uniformes de parade et des fusils vides, parce que « c’est avant tout la paix que nous célébrons aujourd’hui », a rappelé Bernard Emié dans son discours.

Au cours de la Grande guerre, un million trois cent mille soldats français, de tous âges et de toutes conditions, ne sont jamais revenus dans leurs foyers. « Sacrifice ultime », « morts au champ d’honneur », nous les payons de mots, certes, mais perpétuer leur souvenir fait assurément avancer l’humanité. Cent ans après, nous partageons la même monnaie avec l’Allemagne…

Lors des cérémonies de l’Armistice, notre ambassadeur de France à Londres s’est rendu, pour la première fois, au cimetière de Brookwood, le plus grand d’Angleterre, où reposent plus de 5000 combattants de toutes nationalités.

Brookwood 1 nov 2013

Bernard Emié salue Guy Audibert, pdt de l’association des Anciens combattants. En arrière-plan, Olivier Renard, pdt du Souvenir Français au Royaume-Uni. Au premier-plan, le contre-amiral Henri Schricke, élevé au rang d’officier de la légion d’honneur, le jour même, par notre ambassadeur.

Bernard Emié s’est recueilli devant le carré français où se projette l’ombre de la croix de Lorraine lorsqu’un rayon de soleil parait. Ce plan de verdure regroupe « 226 tombes des Forces françaises libres, marquées par la croix latine, le croissant ou l’étoile de David », nous a-t-il fait observer en expliquant que « les hommes et les femmes de la France Libre, par leur exil patriotique, sont venus servir l’espoir et l’ambition d’une France fidèle à elle-même, celle qu’incarnait le Général de Gaulle ».

Ils sont morts « pour une certaine idée de la France » a-t-il résumé, en citant ces mots célèbres du Général.

Cette vision gaullienne de la France outrepasse largement le cadre guerrier : elle a suffisamment de chaleur et de lumière pour rappeler le peuple français à son propre destin.

Nous l’avons compris lorsque l’ambassadeur nous a lu ce fameux extrait des Mémoires de Guerre: « La France n’est réellement elle-même qu’au premier rang : que seules de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays tel qu’il est, parmi les autres, tels qu’ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans grandeur ».

Après la cérémonie, notre ambassadeur s’est rendu dans le pub de Brookwood pour partager le verre de l’amitié avec nos anciens combattants.

Sa venue à Brookwood constitue un geste fort qui a touché tous ceux qui sont attachés au devoir de mémoire. Lire Discours de Bernard Emié – Cérémonie du souvenir au cimetière militaire de Brookwood – 2013 (fichier pdf)

Hommage des autorités britanniques de Chatham aux soldats français disparus

Cela peut sembler incroyable, mais chaque année les Britanniques rendent hommage à la mémoire des marins et soldats français morts en captivité sur les pontons de Chatham au cours des guerres napoléoniennes.

Napoleonic Prisoners of War Memorial St George’s Centre. (de g à d): Guy Audibert, pdt de l’Association des Anciens combattants, Yves Le Corre, attaché naval ; Paul Chamberlain, membre de la Norman Cross Society ; Olivier Cadic ; Olivier Renard, Pdt Souvenir français en GB ; Michel Giquel, et les porte-drapeaux Daniel Steck et Marc Dubet ( Chatham, le 16.11.2013).

Cette cérémonie officielle se répète depuis 1982, date du transfèrement des cendres des soldats de l’Empire au Memorial St George’s Centre à Chatham Maritime, cette ville du Kent bordant le fleuve Medway, anciennement réputée pours ses arsenaux protégés par des garnisons fortifiées.

Le 16 novembre dernier, le maire de Medway, accompagné d’Olivier Renard, président du Souvenir français, s’est recueilli devant le mémorial du St George’s Centre, sur lesquels nos amis anglais ont gravé : « Ici sont réunis les corps de nombreux braves marins et soldats, jadis ennemis puis prisonniers de l’Angleterre et qui reposent maintenant en son sol ayant oublié les haines de la guerre et les souffrances de la captivité. Ils n’ont pas eu la consolation de fermer les yeux parmi ceux qu’ils aimaient, mais sont rassemblés à tout jamais dans une digne tombe par une nation qui sait reconnaitre le courage et sympathiser avec la malchance. »

Un texte superbe et bouleversant. Chatham n’est pas la ville de Charles Dickens pour rien.

Ce 16 novembre 2013, Olivier Renard nous rappelle les circonstances de la tragédie du sous-marin français, la Sibylle, disparu en 1952

Cette année fut particulière puisque les autorités présentes ont, pour la première fois, salué la mémoire des 47 membres d’équipage du sous-marin français La Sibylle qui a coulé au large de Toulon, le 24  septembre 1952, lors d’un exercice. Il faut ajouter que le sous-marin a été construit à Chatham Dockyard en 1942. Prêté à la Marine nationale le 8 juillet 1952, le HMS Sportsman fut rebaptisé La Sibylle.

Le mémorial du HMS Sportsman est situé a Saxon Shore House, Eastcourt Lane, Twydall, ME8 6HL. Nous nous y sommes rendus a l’issue de la cérémonie de St George’s Centre en compagnie de l’attaché naval Yves Le Corre.

Il serait souhaitable que les représentants de la communauté française se sentent davantage concernés par cette cérémonie annuelle et qu’ils viennent témoigner, en personne, de notre fraternelle reconnaissance envers la municipalité de Medway.

Cérémonies du 11 novembre : à chaque Français, son Bleuet !

Outre-Manche, afficher son patriotisme ne souffre d’aucune ambigüité et rendre hommage aux anciens combattants ne suscite aucun sarcasme. Chaque Britannique, jeune et moins jeune, en arborant fièrement son poppy à la boutonnière, nous montre que le devoir de mémoire peut aussi être une démonstration vivifiante du « vivre ensemble » pour tout un peuple.

Je vous propose de surnager dans la mer rouge des poppies en exhibant bien haut votre Bleuet ! Cette petite fleur en papier doit sa couleur à l’uniforme bleu horizon de nos Poilus. Nous sommes de plus en plus nombreux à réveiller cette tradition française presque tombée en désuétude. Les premières ventes à Londres ont eu lieu en 2011 sous l’impulsion du colonel Laurent Kolodziej (lire : « Comment aider au foisonnement des Bleuets de France au Royaume-Uni ? » du 07 octobre 2012).

Nous serons loin de faire la moindre concurrence aux Anglais, mais la manifestation de notre esprit civique contribuera à aider au sort des victimes de guerre et celui des anciens combattants à travers l’organisme caritatif des Bleuets de France.

Le colonel Alain Bayle a pris le relais de son prédécesseur à Londres pour dynamiser le port du bleuet. La liste de points de vente s’allonge au Royaume-Uni:

À Londres : Consulat général de France à Londres ; Institut français de Londres ; Lycée français Charles de Gaulle ; Collège français bilingue de Londres ; Royal Hospital Chelsea et de nombreux commerçants français à South Kensington !
À l’extérieur de Londres : certains Consuls honoraires : Plymouth, Gibraltar, Notthingham (Chesterfield), Newcastle, Glasgow ; Consulat d’Edimbourg ; Maison des français à Oxford
Auprès des associations françaises au Royaume-Uni : AMAC, Souvenir Français, Français Libres, Ordre National du mérite, réservistes de Londres, Scout de France, Londres Accueil et UFE GB

Je vous présente le déroulement des cérémonies de « la journée en hommage à tous les morts pour la France » qui auront lieu le lundi 11 novembre :

11h00 – Cérémonie devant la statue du maréchal Foch, Grosvenor Gardens,
– Allocution de l’ambassadeur de France
– Remise de décoration au docteur Stephen Weiss et au contre amiral Henri Schricke
– Dépôt de gerbes
– Minute de silence
– Marseillaise
– Rencontre des délégations par notre ambassadeur

13h30 – Cérémonie au carré français du cimetière militaire de Brookwood (Surrey)
– Allocution de l’ambassadeur de France
– Dépôt de gerbes
– Minute de silence
– Marseillaise

A noter qu’une messe en souvenir des disparus se déroulera le samedi 9 novembre à 18h00 en l’église Notre Dame de France.

J’espère vous retrouver fraternellement en ce jour emblématique, avant de célébrer l’an prochain le centenaire de la Grande guerre.

Stéphane Hessel, l’humanisme en marche

« Ceux qui vivent sont ceux qui luttent », écrivait Victor Hugo. Stéphane Hessel s’est éteint la nuit dernière, il aura été de tous les combats au service de la dignité humaine jusqu’à son dernier souffle.

Olivier Cadic et Stéphane Hessel en octobre 2010 à Londres

Cet infatigable défenseur des droits de l’homme avait 95 ans, il faisait souvent allusion à sa propre finitude avec un sourire désarmant et des mots doux, comme s’il nous avouait quelque coquetterie. Il est parti mais son esprit de résistance continuera d’interpeller toutes les générations, comme l’a fait son fameux livre « Indignez-vous ».

Stéphane Hessel était très ému de l’affection que lui portaient de nombreux jeunes, comme lui soucieux de progrès humain. Et il progresse le monde à force de patience et d’humanisme. Nos jeunes vivent dans un monde bien meilleur que celui des vingt ans de Hessel : il rejoint la Résistance à Londres, puis il sera parachuté en 1944 comme agent de liaison, avant d’être capturé par les nazis et d’échapper de justesse à la mort au camp de Buchenwald.

A l’heure où les hommages mêlés de tristesse et d’admiration s’amoncellent de tous horizons, je vous fais part de toute ma peine comme de ma fierté d’avoir rencontré ce personnage d’exception en octobre 2010 lors de sa venue à Londres à l’occasion d’un concert donné en son honneur sur une initiative de notre ancien consul général Edouard Braine.

J’ai partagé sans retenue son engagement en faveur de la paix et la protection des populations prises au piège dans le tumulte guerrier en Palestine, mais je ne me dédie pas : j’ai toujours estimé son approche trop unilatérale vis à vis d’Israël (lire : « Stéphane Hessel, le roman vrai d’un humaniste » du 20 octobre 2010).

« Il n’aura pas vu la paix au Moyen Orient », a soupiré ce matin Floriane Zuniga, en me disant qu’elle avait étrangement pensé à lui la nuit dernière, inquiète de n’avoir plus de nouvelles depuis quelques temps.
Je vous invite à lire la biographie de Stéphane Hessel, rédigée par Floriane Zuniga, qui fut professeur au lycée Charles de Gaulle.

A quand une avenue Paoli à Paris ?

Chaque année, ils reviennent à Westminster Abbey pour déposer une gerbe devant son buste. Chaque premier vendredi de février, l’association des Corses du Royaume-Uni Pasquale Paoli (ACRUPP) rassemble tous ceux qui souhaitent honorer la mémoire de ce personnage hors du commun. Et certains d’entre eux n’hésitent pas à faire le voyage spécialement depuis leur île de beauté. Cette année, un des descendants des petits neveux de Pasquale Paoli était parmi eux et a lu l’inscription en anglais aux participants que chaque visiteur de l’abbaye de Westminster peut découvrir.

Stephane Chesnard, Olivier Cadic, Gabrielle Mulas, présidente de l’association des Corses du Royaume-Uni Pasquale Paoli (ACRUPP), Line Mariani-Playfair, Rolande Giacometti et le chanteur Xinarca, le 1er février 2013, à l’abbaye de Westminster sous le buste de Paoli.

Je ne suis pas Corse. Mais Gabrielle Mulas, présidente de l’ACRUPP sait combien je suis fasciné par cet esprit des lumières à propos duquel les Jésuites disaient qu’il faisait honneur à l’humanité. Paoli n’est pas seulement l’icône du peuple corse pour en avoir fait le premier état indépendant doté d’une constitution fondée sur la séparation des pouvoirs ; il est aussi celui qui a inspiré les fils de la liberté aux Etats-Unis d’Amérique et la constitution américaine. Il est un des mythes fondateurs de la République française.

Gabrielle m’a demandé de contribuer à mieux faire connaître Pasquale Paoli. Le 1er février dernier à Westminster Abbey, j’ai donc eu l’honneur et le privilège de retracer le destin exceptionnel de cet homme qui s’est éteint à Londres en 1807 (lire le discours : Discours Paoli du 01.02.2013 par O. Cadic).

Les Américains ont baptisé cinq villes de son nom. Les britanniques l’ont immortalisé au sein de leur plus prestigieux monument. En avril 1790, Paoli fut reçu en héros par Louis XVI, La Fayette, Mirabeau et Bailly, maire de Paris. Robespierre lui déclara : « Vous avez défendu la liberté dans un temps où nous n’osions l’espérer encore ».

Aussi, en ma qualité d’élu de la République, j’ai souhaité que Paris baptise une grande artère de son nom. J’espère que le Conseil de Paris entendra cette requête républicaine et légitime.