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Comment obtenir une équivalence de vos diplômes à l’étranger ?

Vous pourriez être concerné : comment faire valoir officiellement votre diplôme sur un autre territoire ? Au sujet de la reconnaissance de vos titres, deux cas peuvent se présenter :

1 – Obtenir une équivalence de diplôme étranger en France

Le principe juridique d’équivalence n’existe pas en France ! Vous pouvez obtenir une attestation de comparabilité pour un diplôme obtenu à l’étranger. C’est un document qui évalue le diplôme soumis par rapport au système français et que vous pouvez présenter à un employeur, à une administration organisatrice d’un concours ou à un établissement de formation.

2 – Obtenir une équivalence de diplôme français à l’étranger

Vous devez vous adresser au centre NARIC ou au centre ENIC du pays dans lequel vous souhaitez faire reconnaître votre diplôme. Les démarches sont différentes selon les pays.

Le centre ENIC-NARIC France est le centre français d’informations sur la reconnaissance académique et professionnelle des diplômes. Il existe un centre NARIC au Royaume Uni.

Pour les pays qui n’ont pas de centre ENIC ou NARIC, vous devez vous adresser à l’ambassade de France sur place qui vous indiquera la procédure à suivre.

Photo Flickr de Thomas Botrel

Les Français d’abord ! Un concept condamné à La Haye

Lycée Vincent van Gogh

Dans le réseau AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger), le lycée Vincent Van Gogh de La Haye est l’établissement affichant de loin les tarifs les plus élevés, à savoir près du double de ceux pratiqués par son homologue londonien.

Mon collègue à l’AFE, Tanguy Le breton, élu aux Pays-Bas, vient de me raconter les mésaventures judiciaires du lycée français de La Haye, en matière de discrimination :

« Après la plainte d’un parent d’élève (de nationalité allemande) qui s’était vu refuser, pour son enfant déjà précédemment inscrit en petite section, l’accès à la filière bilingue français/anglais en maternelle en septembre dernier au motif que les critères d’admission donnaient priorité aux Français, aux fratries (enfants qui ont déjà un frère ou une sœur scolarisé dans l’établissement), aux enfants du personnel, puis aux autres enfants francophones et enfin aux Néerlandais, le lycée français vient d’être jugé responsable de discrimination par la Commissie Gelijke Behandeling, l’équivalent néerlandais de la HALDE français (Lire les détails)

Le lycée de La Haye vient donc de convoquer un conseil d’établissement extraordinaire, le 6 avril prochain, pour redéfinir les critères d’admission, aussi bien pour la filière bilingue que pour la filière classique, c’est à dire l’établissement en général. »

Sommes-nous à l’abri d’une pareille déconvenue à Londres, à l’examen des critères d’attribution des places ?

Il est formellement exprimé que les Français passent devant les Francophones (Ci-joint la liste des priorités).

J’ai donc écrit au proviseur du lycée Charles de Gaulle pour attirer son attention sur le risque juridique et lui suggérer d’amender ses critères lors de son prochain conseil d’établissement.

Crédit Photo : site du lycée Vincent van Gogh

EGD (7) : A quoi sert un conseil d’administration si ses décisions ne sont pas exécutées ?

J’ai participé au conseil d’administration de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) ce lundi 15 mars.

Lors du dernier conseil en date du 25 novembre 2009, il avait été décidé que le responsable Europe de l’AEFE se déplacerait à Londres pour étudier les attentes du groupe de travail du Plan Ecole sur l’EGD (voir Extrait du compte-rendu du CA de l’AEFE). Ce groupe revendique davantage de souplesse et de réactivité au profit du lycée Charles de Gaulle soumis à la gestion directe de l’AEFE.

Malgré mes relances, cette rencontre n’a jamais eu lieu.

Le fonctionnaire qui aurait dû appliquer une décision émanant du conseil d’administration me déclarait au début de notre réunion qu’il ne l’avait pas fait de manière délibérée.

Stupéfait, j’ai pris la parole en ces termes lorsque l’ordre du jour s’y est prêté :

« Monsieur le Président,

Lors du conseil d’administration de l’AEFE du 25/11/09, au point 1 des questions diverses, il a été décidé que le responsable Europe de l’AEFE devait se déplacer pour rencontrer le groupe de travail de Londres afin d’examiner les améliorations demandées concernant le fonctionnement de cet EGD.

Cette décision n’a pas été exécutée.

Il n’y a plus de temps à perdre ! Londres, comme ailleurs, subit une hausse des frais de scolarité débridée.

Le mode de gestion propre à l’EGD est responsable par son manque de réactivité et de capacité à entendre des dysfonctionnements redondants soulignés par les usagers.

Il importe d’étudier rapidement les alternatives à ce mode de gestion.

Je vous prie de demander à Mme la directrice de prendre toutes les dispositions nécessaires pour que M. Elbisser se rende à Londres sans délai pour rencontrer le groupe de travail du Plan Ecole.»

En effet, l’AEFE affiche la nécessité d’augmenter à nouveau les frais de scolarité sur Londres. Cela va encore accroître la proportion des élèves rejetés du système par manque de moyens financiers.

C’est le résultat d’une décision stratégique et politique prise à la va-vite et en dépit des propositions émises par les différents acteurs du Plan Ecole du Royaume-Uni.

J’espère que la raison va triompher et que l’AEFE va nous dépêcher très vite son représentant pour examiner les attentes exprimées à Londres.

Lire aussi EGD (6) : L’AEFE va venir à Londres pour rencontrer le groupe de travail sur l’EGD (27 nov 2009)

Lire aussi EGD (1) : Les dessous pas chics d’un sigle autocratique (25 sept 2009)

Crédit photo OC

Budget – Comment faire face enjeux du réseau AEFE ?

Après avoir brossé le décor général du budget de la France lors de la première partie de son intervention au cours de la 12ème session de l’AFE à Paris, le représentant du ministère du Budget, Arnaud Phelep, a évoqué les enjeux auxquels est confrontée l’AEFE. En prise avec les préoccupations budgétaires des conseillers AFE, M. Phelep a porté un regard critique sur le réseau d’établissements de l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger (AEFE) en nous exhortant à réfléchir à son redéploiement vers plus d’efficience et d’économie.

Il pense que 3 questions devront trouver leur réponse :

1 – Le réseau recouvre-t-il nos objectifs ?

Ce réseau s’articule entre 451 écoles sur 130 pays, réunissant près de 250.000 élèves. Pour l’entretenir, l’Etat va consacrer 421M€ en 2010 , soit +8,7M€ que l’an dernier (le double de ce qu’autoriserait l’inflation prévisionnelle de 1,2%).

Quelle est la meilleure façon de propager notre culture et notre pédagogie dans le monde ? Faut-il ouvrir de nouvelles enseignes, par exemple ? Est-ce suffisant de disposer de 451 instituts ?

Comparés à nous, nos voisins font pâle figure : 23 établissements pour l’Espagne, 84 pour Royaume-Uni ou 132 seulement pour l’Allemagne. A noter que les Etats-Unis ne comptabilisent même pas 200 écoles, soit deux fois moins que la France…

Et pourtant…. le réseau AEFE ne couvre pas la carte de nos expatriés : on ne dénombre que 6 établissements en Asie et un seul en Amérique latine, contre 23 établissements au Maroc ! Ou bien encore, 12% des enfants français expatriés vivent aux USA, mais ils ne représentent que 5% des élèves scolarisés dans le réseau.

Le poids de notre histoire (coloniale) explique certaines disparités, mais peut-on imaginer une nouvelle donne ? Quel est aujourd’hui le pilotage stratégique de l’AEFE ? Comment assumer un développement vers de nouvelles zones émergentes ?

2 – Les moyens humains sont-ils bien répartis ?

L’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger (AEFE) dénombre 1200 expatriés, 600 enseignants et 600 personnel d’encadrement.

Il faut savoir qu’un enseignant expatrié coûte 4 fois plus cher qu’un résident local (titulaire de la fonction publique, évidemment).

Il serait souhaitable de se fixer une doctrine d’emploi pour favoriser la ressource la moins onéreuse. Par exemple, limiter l’expatriation aux postes d’encadrement (proviseur, adjoint, agent comptable) ou bien aux pays “difficiles” qui justifient une incitation salariale.

Est-ce le cas au Maroc où travaillent 148 expatriés (soit 12% de l’effectif expatrié) ou bien en Espagne où sont détachées 48 personnes ?!

En poussant encore le bouchon, sur le terrain pédagogique, faut-il absolument qu’un élève scolarisé à Vierzon ou à Mogadiscio suive un programme cloné à l’identique ? Quid des classes bilingues ou de l’ouverture au monde ?

3 – La structure du réseau est-elle adaptée ?

Sur 451 établissements dépendants de l’AEFE dans le monde, on dénombre 77 écoles au statut EGD (établissement en gestion directe), 166 conventionnés et 208 homologués.

Le recours aux EGD constitue le “droit commun”, déplore Arnaud Phelep. Or, un établissement en gestion directe (EGD) coûte en moyenne 20% de plus à l’Agence qu’une école conventionnée. Et pour cause, dans ce système tout est géré depuis Paris, de la mutation d’un prof au remplacement d’une chaise…

Je partage l’avis du représentant de Bercy qui soutient que la gestion directe devrait devenir l’exception, notamment lorsqu’un pays d’accueil exige ce genre de structure ou bien s’il existe une impossibilité de constituer localement un comité de gestion. Est-ce le cas dans un seul pays d’Europe occidentale ? Non. Et pourtant, 27 EGD y sont implantés, soit un quart du total !

Le système de gestion directe est rarement utilisé par nos partenaires : zéro cas pour l’Allemagne ou seulement 21 établissements pour l’Espagne.

Dès lors, M. Phelep propose une stricte définition des critères (EGD, conventionnés, homologués) et la sortie de la gestion directe pour tous les établissements dont cela ne se justifie pas.

J’abonde dans le sens de M. Phelep lorsqu’il suggère le recours à d’autres formules pédagogiques (classe bilingue, accord de partenariat…) sur le modèle de ce que font nos partenaires européens pour développer leur réseau.

Présentation de M. Arnaud Phelep au sujet de l’AEFE

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Photos  Fickr de Luc Legay

Budget – Comme les arbres, la dette de la France ne montera pas jusqu’au ciel

La 12ème session de l’AFE s'est tenue dans les nouveaux locaux du ministère des Affaires étrangères, ancien site de l'Imprimerie nationale (rue de la Convention, Paris 15ème)

J’ai eu le plaisir de prononcer le discours pour accueillir Arnaud Phelep à l’occasion de son audition devant la Commission finances de l’Assemblée de Français de l’étranger (AFE) le 2 mars 2010.

J’avais fait sa connaissance lors du conseil d’administration de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). Arnaud Phelep siège en qualité de représentant du ministère du Budget.

Ses propos sur le budget de l’AEFE et la nécessaire responsabilisation des acteurs m’ont paru mériter d’être partagés avec les élus à l’AFE. Aussi, lors de la 12ème session de l’AFE, nous avons reçu, pour la première fois, des représentants du ministère du Budget.

Arnaud Phelep a saisi l’occasion de partir du contexte général pour arriver au particulier (les comptes de l’AEFE, par exemple) avec beaucoup de clarté et d’acuité.

Depuis 35 ans, la France n’a pas connu de budget excédentaire et sa dette s’est creusée chaque année pour atteindre 1400 milliards, dont 42 pour la seule charge de la dette.

La France ou l’Allemagne sont des pays de confiance, à condition de pas faillir à leur parole. En janvier dernier, dans le cadre de son programme de stabilité 2010-2013, notre pays s’est engagé auprès des marchés à ramener son déficit public à 3% du PIB en 2013 (nous en serons à 8,7% fin 2010). On l’a vu récemment avec la Grèce, les marchés sanctionnent le surendettement. Chaque année, le gouvernement français doit emprunter pour financer son déficit et rembourser ses dettes arrivant à échéance. Si nous perdions la confiance des investisseurs, nous ne pourrions plus bénéficier de taux privilégiés. Concrètement, la variation de 1% du taux d’emprunt aurait un impact de 3 milliards d’euros de dépenses supplémentaires pour la France.

Côté recettes, il faut tenir compte de la volonté politique de ne pas augmenter le taux des prélèvements obligatoires, au delà du niveau d’avant la crise. Cela me paraît d’ailleurs aujourd’hui impossible puisque depuis l’an dernier, selon le magazine Forbes, la France a déjà la pression fiscale la plus lourde du monde.

Il faut donc réduire la dépense publique, un sujet qui concerne 3 grands acteurs : l’Etat (290Mds€), les collectivités locales (200Mds€) et la Sécurité sociale (451Mds€) représentant, à elle seule, la moitié du bugdet national !

En avril prochain, Eric Woerth, ministre du Budget, présentera un plan d’action complet pour réduire les dépenses, incluant une réduction des niches fiscales et sociales à hauteur de 2Mds€ par an.

Depuis 2002 déjà, le budget de l’Etat est contraint : on ne peut pas dépenser davantage que l’inflation. L’inflation prévisionnelle 2010 se situe à 1,2%.

Il est donc nécessaire de dire à quel ministère et sur quelle ligne budgétaire on doit prendre pour financer les besoins nouveaux.

Car, comme les arbres, la dette de la France ne montera pas jusqu’au ciel !

Vous trouverez, ci-joint, la première partie de la présentation d’Arnaud Phelep.

Crédit photo OC

Barcelone : Les parents d’élèves s’insurgent contre la montée des frais de scolarité

Le conseil d’administration de l’AEFE se réunira le 15 mars 2010 à Paris.

J’ai reçu une lettre des parents d’élèves de Barcelone pour m’alerter sur la situation locale.

« Nous refusons que des décisions nationales, indépendantes de l’intérêt et des besoins de notre lycée actuel, aient des répercussions pour l’avenir de nos enfants, nous empêchant de choisir le système éducatif français ou de rester dans celui-ci. »

Elle me paraît emblématique de la dérive à laquelle nous assistons dans le réseau.

L’Etat exprime aujourd’hui ses limites en matière de subventions à l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE).

Cette dernière se retourne vers les parents d’élèves et augmente unilatéralement les frais d’écolage.

Je rejette cette approche simpliste.

L’AEFE doit revoir sans délai l’intérêt de maintenir des structures EGD (établissement en gestion directe) qui lui coûtent en moyenne 20% de plus que les structures conventionnées. D’après la direction du Budget à Bercy, l’EGD entraîne des charges de gestion lourdes, au détriment de son action de pilotage stratégique.

Ci-joint un rapport complet sur la situation au lycée français de Barcelone (frais de scolarité et projet de nouveau lycée à Montgat) rédigé par les parents d’élèves et qui exprime une situation particulièrement tendue.

Photo Flickr de Nicomède

Frais de scolarité et carte scolaire à l’ordre du jour du Plan Ecole

Deux réunions d’importance vont se tenir dans le cadre du Plan Ecole lors des prochains jours.

Réunion du groupe « Évolution des frais de scolarité »

Vendredi 19 mars 2010

En 6 ans, les frais d’écolage ont été augmentés de 75% et ont essentiellement porté sur les familles dont les enfants fréquentent le lycée depuis 5 ans.

Ce sujet suscite un vif débat. Lors de la réunion, nous évoquerons l’évolution des frais de scolarité avec l’ordre du jour suivant :

1/ Explication des craintes des associations de parents sur l’ensemble des écoles de Londres.

2/ Impact de Kentish Town.

2/ Quel schéma peut être envisagé ?

 

Réunion du groupe « Gestion des flux et carte scolaire »

Mardi 23 mars 2010

Comment fait-on pour gérer l’intégration dans tout le système scolaire français à Londres avec 5 écoles homologuées et 2 écoles conventionnées, en plus du Lycée lui-même et de ces antennes directes ?

L’appartenance au réseau AEFE donne droit à l’accès au Secondaire pour tous les élèves du Primaire. Il faut donc une gestion mathématique des flux sur la totalité de la nouvelle carte et de la distribution avec le site de Kentish Town.

Voici l’ordre du jour :

1/ APL : position du lycée de Gaulle vis-à-vis de Kentish Town

2/ APE : position de l’Ile aux enfants vis-à-vis de Kentish Town

3/ APE : position de Jacques Prévert et des autres écoles primaires, hors South Kensington

4/ Synthèse des options et de la solution la mieux adaptée.

Photo Flickr de Lumaxart

Les Conservateurs veulent créer un « Office for Budget Responsibility”

Pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le PIB par Anglais a diminué entre deux élections parlementaires. C’est par ce constat glacial que George Osborne a ouvert sa conférence à la Cass Business School, située au cœur de la City le 23 février 2010.

George Osborne à la Cass Business School

Connu par être le “Shadow” Chancellor of the Exchequer du parti Conservateur (poste de secrétaire au Trésor qu’il occupera en cas de victoire aux prochaines législatives), M. Osborne est venu fustiger la politique économique de la dernière décennie et exposer son “new British economic model”.

Il soutient que chaque crise économique tient son origine dans une augmentation rapide et insoutenable de la dette publique et/ou privée. Ainsi, le marasme actuel trouverait sa source dans l’excroissance de la dette privée, tandis que la dette publique sera vraisemblablement la déclencheur de la prochaine récession. Si rien n’est fait à temps, bien sûr.

S’il parvient aux commandes, M. Osborne entamera son plan de relance par la création d’un “Office for Budget Responsibility“, un genre d’institution qui existe déjà au Pays-Bas, au Danemark ou en Suède.

L’Office sera chargé de publier, au moins deux fois par an, des recommandations sur la politique fiscale du pays et ses implications. Aucun pouvoir de décision certes, mais le “Chancellor” qui ne suivrait pas ces recommandations devra s’en expliquer devant le Parlement.

Puis, George Osborne a égrené les bonnes pratiques du gouvernement pour faire entrer les finances publiques dans un cercle vertueux : réduction des salaires et du train de vie de l’Etat, maitrise de l’inflation au dessous de 2%, débat sur l’âge de départ à la retraite, encouragement à la création d’entreprises et d’emplois…

Une fois campé le décor de son nouveau modèle économique tourné vers l’épargne et l’investissement, le “Shadow” Chancellor of the Exchequer a pris soin de faire reposer la réussite de son plan sur la confiance : la confiance des citoyens dans les décisions prises par le gouvernement (taxes, dépenses publiques, etc.) et la confiance des marchés financiers dans la politique menée par le gouvernement, afin de s’épargner des mesures coercitives qui s’illustrent actuellement en Grèce ou en Irlande.

Loïc Dumas

Pour plus de détails, lire : “George Osborne delivers the annual Mais lecture

Crédit photo : Loïc Dumas

Emploi (13) : L’AFE plébiscite le centre Charles Peguy

La 12ème session de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) s’est tenue à Paris, du 1er au 6 mars dernier.

Les 155 conseillers de l’AFE, venus du monde entier se sont réunis pour une semaine de travaux, ce qui me donnera l’occasion de vous faire plusieurs annonces dans mes prochains billets.

Tableau d'annonces à Charles Péguy

La commission de l’Union européenne de l’AFE a adopté à l’unanimité une Motion (UE_1_10.03-1) en faveur du centre Charles Péguy.

Je me réjouis de ce vote positif qui couronne le travail des conseillers AFE du Royaume-Uni, impliqués sur ce dossier et très actif pendant la session, afin que l’action du Centre vis à vis de nos jeunes expatriés soit pérennisée.

Cette motion proposait que soient renouvelés dans leur intégralité les crédits alloués au centre Charles Péguy, mais aussi que soit prévue une augmentation de ses effectifs, tout comme la possibilité d’agrandir ses espaces d’accueil.

Il a été rappelé en effet que le bassin d’emploi de Londres est le premier lieu de recrutement des jeunes Français hors de France.

Le centre Charles Péguy, sous la tutelle du consulat de France, reçoit des subventions publiques pour accueillir nos concitoyens qui débarquent à Londres… de plus en plus nombreux.

La demande de subvention pour l’année 2010 sera étudiée mardi 9 mars par la commission nationale pour l’Emploi et la Formation professionnelle.

Lire aussi Emploi (8) : Nouvelle subvention demandée pour le centre Charles Péguy (du 11 décembre 2009)

Crédit photo : Loïc Dumas

Kentish Town recherche un spécialiste en levée de fonds

La French Education Property Trust Limited (FEPT) est la Charity qui a emprunté 21M£ sur 25 ans à trois banques françaises à des taux avantageux pour financer l’école de Kentish Town. Le remboursement de la dette se fera sur les frais de scolarité, ainsi que sur la collecte de dons de particuliers ou d’entreprises.

Les directors de FEPT recherchent un chargé de mission d’expérience susceptible de récolter £3M, au minimum, pour le site de Kentish Town.

Il est nécessaire de réagir vite. CV et lettre de motivation sont attendues pour le 12 mars 2010. Voici le descriptif de poste.

The Kentish Town School Project is looking for an experienced fundraiser for a 4 to 5 days a week consultancy contract for 1 year. Job specifications and profile are set out below. If you wish to apply, please send your CV and motivation letter to frederic.de.la.borderie@hotmail.co.uk by Friday 12 March 2010.

PROCESS : applications will be reviewed between 15th to 19th March 2010 / selected candidates will be interviewed by various directors/members of the project between 22nd and 31st March 2010 / decision to be made by early April 2010

ASSIGNMENTS AND RESPONSABILITIES FOR A FUNDRAISING SPECIALIST

KEY RESPONSABILITIES : Set up of an institutional investor database including the key French and International decision makers based in London / Preparation of a marketing document including regulatory, accounting and tax aspects / Organisation of client meetings / Marketing of the Kentish Town project in order to raise funding and negotiation with interested corporations / Objective of a minimum £3M raised / Reporting line to Project Manager

TARGETED PROFILE : High level access to major French and international companies based in London / Track record of marketing to these companies for the sale of services / Previous experience in fundraising / Commercial qualities to pitch institutional investors and raise funding / Fluent in French and English / Knowledge of the French education system abroad (and in UK in particular) / Work experience in UK and French environment

Photo Flickr de Ramen Lover

Kouchner clôt les tracasseries des Français nés à l’étranger

Le 11 février dernier, Joëlle Garriaud-Maylam, sénateur des Français établis hors de France, adressait une lettre à Bernard Kouchner pour attirer son attention sur les difficultés rencontrées par certains de nos compatriotes, nés à l’étranger ou de parents nés à l’étranger, pour renouveler leurs titres d’identité ou de voyage.

La réponse du ministre des Affaires étrangères vient de lui parvenir.

Elle nous annonce qu’il a cosigné le 1er mars avec le ministre de l’Intérieur une circulaire commune visant à “simplifier considérablement” ces démarches, précisant notamment que “quand le demandeur possède déjà un titre d’identité sécurisé, la seule présentation de ce document suffira et qu’il ne sera même plus nécessaire de fournir un acte d’état civil”.

Cette circulaire vient d’être adressée aux préfets et aux chefs de poste diplomatiques et consulaires. Ces dispositions “qui répondent aux attentes de millions de nos compatriotes qui se plaignaient, avec raison, de tracasseries inutiles” devraient être “très prochainement” confirmées dans un décret.

Je partage ma satisfaction avec Joëlle devant une telle avancée, si souvent réclamée par notre Assemblée.

Copie de la Lettre de Bernard Kouchner à Joëlle Garriaud-Maylam

Photo Flickr de World Economic Forum

Pour une nouvelle école bilingue à Marylebone High Street ?

Etes-vous intéressé par l’ouverture d’une école bilingue à Marylebone High Street, Londres. Avez-vous des commentaires à faire sur le sujet ?

Les initiatives qui visent à augmenter le nombre de places offertes dans le cadre de l’enseignement français sont encouragées par le Plan Ecole du Royaume-Uni.

Ce nouvel établissement primaire doit bénéficier du soutien de tous ceux qui souhaitent poursuivre les efforts conduits dans ce sens.

Vous pouvez donc plébisciter l’initiative de l’école de Maylebone en répondant online à une consultation officielle organisée par le Council de Westminster, en cliquant sur ce lien.

Photo Flickr de Part de Brie

Emploi (12) : Comment pérenniser l’action du centre Charles Péguy ?

Centre Charles Peguy

L’histoire retiendra que le lundi 22 février 2010, s’est tenue la première réunion du comité de pilotage pour le soutien à l’emploi des jeunes expatriés, consacrée aux «oubliés de Saint Pancras». Tout l’honneur en revient au consul général, Edouard Braine, dont je reprends les termes pour caractériser ces jeunes Français débarquant au Royaume Uni avec un sac à dos “pour apprendre l’anglais, perfectionner leur formation et affronter la première étape de leur “apprentissage de l’existence dans le monde globalisé”, en comptant plus sur leur travail que sur le recours à la protection sociale française”.

Des compatriotes courageux et entreprenants qui ont été jusqu’à présent négligés par l’action consulaire et qui se déversent par vagues sur le centre Charles Péguy qui les aide, tant bien que mal (et plutôt bien) à trouver un travail, un toit, voire des amis.

En synthèse, je retiendrai 3 points forts de notre réunion de lundi dernier, réunissant les élus de Grande Bretagne de l’AFE (Assemblée des Français de l’étranger), ainsi que les présidents des deux associations représentatives de la communauté française (UFE et ADFE) :

1 – Le consensus est général

Les avis dépassent tout clivage politique et convergent vers une même détermination : il faut absolument soutenir et amplifier les efforts de Charles Péguy. Rappelons que le centre n’emploie que deux consultants dédiés à l’emploi.

2 – L’enquête se déroule bien

Une étude a été lancée par le consulat pour mieux cerner les profils et les aspirations des jeunes expatriés (Lire: Emploi (11) : Une enquête pour mieux connaitre les «oubliés de St Pancras»). Déjà 300 questionnaires ont été recueillis. On apprend, par exemple, que les 3/4 des Oubliés ont le Bac et plus ou qu’une moitié d’entre-eux ne souhaite pas revenir en France… Nous reparlerons de cette enquête lorsqu’elle sera plus aboutie.

3 – Il faudra trouver des financements “innovants”

Dans le contexte présent, le maintien des ressources budgétaires pour le centre Peguy n’est pas encore acquis !

En revanche, il est ressorti 4 pistes de financement à explorer :

1. Le ministère du Travail et de l’Emploi

2. Le Haut Commissariat aux Solidarités actives,

3. Le budget communautaire (en s’appuyant sur le caractère pluri-national du CEI, Centre d’échanges internationaux, qui gère le centre Charles Péguy).

4. Le partenariat public/privé, reposant pour l’essentiel sur la contribution des entreprises françaises, intéressées par le traitement des candidatures opéré par le centre Charles Péguy.

Certainement faudra-t-il davantage de créativité et beaucoup de réussite pour soutenir, selon les mots de M. Braine, cette “part non négligeable et de bonne qualité du contingent, trop limité, de nos compatriotes véritablement exportables”.

Crédit photo : Loïc Dumas

Le Petit Journal qualifie l’UFE de “repère essentiel”

Je ne vous présente pas Le Petit Journal, “journal des Français et francophones à l’étranger.” Ce site est connu pour vous dénicher un tas de bons plans : sorties, immobilier, shopping, santé… mais aussi pour ses deux chroniques quotidiennes dressant le portrait de Français faisant l’actualité à Londres.

En effet, Le Petit Journal est surtout un vrai journal publiant de nombreux articles chaque jour et j’apprécie sa politique éditoriale variée, cosmopolite et rigoureuse.

Un papier, signé Magali Barthès, porte aujourd’hui sur la section britannique de l’UFE que j’ai l’honneur de présider : “L’UFE, ciment de la communauté française

Une présence, un lien, un réconfort. L’Union des Français de l’Etranger est tout cela à la fois. Son identité se résume en trois objectifs : développer un contact étroit entre les Français de Grande-Bretagne, défendre leurs intérêts matériels et moraux, resserrer les liens d’amitié entre la France et le Royaume-Uni. Aujourd’hui présidée par Olivier Cadic, la section britannique de l’UFE s’ancre principalement dans une dimension sociale. Beaucoup de projets concernent la jeunesse, pierre angulaire de l’association… lire la suite

Site Le Petit Journal

L’école française de Bristol : un petit coin de ciel bleu… blanc, rouge

Une bâtisse en pierres grises aux allures de manoir victorien laisse entrer un cortège de bouts d’chou qui viennent apprendre le français tout en jouant, dessinant ou chantant, autrement dit sans s’en rendre compte, auprès d’enseignantes et d’assistantes maternelles françaises. Les plus âgés sont tout aussi immergés dans la langue française et son contexte culturel par des professeurs des écoles qualifiés.

C’est un poncif : être bilingue constitue un vrai trésor, au delà de la nécessité pour certains de ces enfants de réintégrer, à terme, le système scolaire français.

En compagnie d’Annie Burnside, consul honoraire, j’ai visité avec ravissement l’école française de Bristol, une des villes anglaises plus dynamiques et attrayantes.

Nous avons eu le privilège d’assister au jour de la chandeleur. L’attrait des crêpes était trop fort pour que les Petits ne s’attardent à la sieste.

L’école accueille 60 élèves dont 17 en maternelle. Pour le primaire, la directrice, Monique Pellois, nous a expliqué que les enfants sont scolarisés dans les écoles anglaises et viennent une journée par semaine pour parfaire leur niveau de français oral et écrit, il s’agit donc de classes de niveaux différents sur les 4 jours, soit 60 enfants de la grande section au CM2 :

Classe du mardi: 16 enfants CP-CE1 ♦ Classe du mercredi: 21 enfants Maternelle Grande Section-Cours Préparatoire ♦ Classe du jeudi: 8 enfants CE2 ♦ Classe du vendredi: 15 enfants de CM 1 et 2

Lors de ma visite, la professeure Claire Vallorge m’a montré un projet qui permet aux enfants de construire collectivement une bande dessinée. Cet exercice éveille les élèves anglophones aux fondements de notre culture, tout en laissant libre cours à leur créativité.

Olivier Cadic, Monique Pellois (directrice de l'école de Bristol) et Annie Burnside (consul honoraire)

Monique Pellois conçoit l’EFB comme une école de village avec son aspect communautaire et sa mixité culturelle, où l’on ne manque pas de célébrer nos fêtes traditionnelles, tout en réunissant les familles aux origines sociales et géographiques assez diverses. Le goût du partage, la passion de la pédagogie et l’amour infini des enfants s’incarnent noblement dans cette association à but non lucratif qui veille aussi à la modicité de ses frais de scolarité.

L’école française de Bristol fêtera ses 30 ans en juin prochain ! Souhaitons-lui encore longue vie !

le site le l’Ecole française de Bristol

Audition à l’Assemblée nationale sur l’Enseignement français à l’étranger

Depuis septembre 2009, je représente l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) au conseil d’administration de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE).

C’est à ce titre que, jeudi 4 mars, je serai auditionné à l’Assemblée nationale par la Mission d’évaluation et de contrôle (MEC) de la commission des Finances et du Contrôle budgétaire.

Je serai entendu conjointement avec la sénatrice Monique Cerisier-Ben-Guigua et John Mac Coll, président de la commission des Affaires culturelles, de l’Enseignement et de l’Audiovisuel à l’AFE et Marc Villard, président de la commission Finances et Affaires économiques à l’AFE.

Cette audition, d’une durée d’une heure environ, a pour objet d’éclairer la Mission sur les acteurs, les financements et les enjeux de l’Enseignement français à l’étranger.

L’audition sera ouverte à la presse et la Mission pourra décider, dans son rapport, tout ou partie du compte-rendu qui en sera fait.

Vous trouverez en pièces jointes la lettre reçue ce jour, la liste des membres de la MEC et le texte des articles de la loi organique relative aux lois de finances régissant ses travaux.

Photo Flickr de Ma Galli

Kentish Town (12) : L’Anefe accepte de garantir l’emprunt

La nouvelle est d’importance : le financement de la future école de Kentish Town sera garanti par l’Etat français.

Le Comité des Prêts de l’Anefe s’est réuni hier (22/02/10) à Paris.

Andre Ferrand, président de l'Anefe et sénateur des Français de l'étranger

Présidée par le sénateur André Ferrand, l’Anefe (Association nationale des écoles françaises de l’étranger) vient d’accepter de garantir l’emprunt immobilier de 21M£, ce qui aura pour effet d’alléger les taux offerts par les trois banques prêteuses dans cette affaire.

Saluons la décision du Comité de Prêts, dirigé par Anne Barnaud, qui doit permettre un remboursement plus rapide et des frais de scolarité plus faibles lors de l’ouverture de l’établissement en septembre 2011, après rénovation.

Prochaine et dernière étape, une commission paritaire devrait se réunir lors de la première quinzaine d’avril réunissant des représentants des ministères des Finances, de l’Education, et des Affaires étrangères pour boucler le dossier.

Lire aussi : Kentish Town (6) : Un modèle de financement inventif et pérenne (du 15 novembre 2009)

Édouard Braine : une personnalité, un projet pour les Français du Royaume-Uni

Edouard Braine, consul général

Au consulat de France, le 21 janvier dernier, j’ai eu le plaisir de présenter les voeux de notre communauté à Edouard Braine, consul général à Londres.

Je vous avais raconté, l’automne dernier, qu’il revenait au Quai d’Orsay après un accident qui l’a rendu tétraplégique, il y a sept ans.

Depuis sa nomination, j’avais eu le privilège d’avoir plusieurs échanges qui m’ont permis de découvrir une personnalité hors du commun. Lors de cette cérémonie des voeux, je lui ai demandé ce qu’il souhaitait apporter de neuf aux expatriés français en Grande Bretagne. ll m’a fait part de son ambition, en ces termes :

“D’abord, bien sûr, je dois m’employer à remplir pleinement la mission qui est la mienne en surmontant les difficultés découlant du handicap. Pour cela ma longue expérience de diplomate est un atout précieux, qui me permet d’animer au mieux la formidable équipe qui m’est confiée et de donner tout son sens à l’action consulaire. Mais, au delà, je voudrais élargir notre champ d’action à certains de nos compatriotes, les plus jeunes et les plus entreprenants, aujourd’hui ignorés du consulat. L’action remarquable du centre Charles Péguy pour venir en aide à ces «Oubliés de St Pancras», qui viennent vivre en Grande Bretagne la première étape de leur vie professionnelle, doit nous ouvrir de nouvelles ambitions, pour lesquelles il faudra trouver de nouveaux moyens et de nouvelles procédures.”

Afin de lancer la réflexion, le consul général réunit ce jour les élus à l’AFE, les représentants de l’UFE et de l’ADFE avec une équipe du consulat et le directeur du centre Charles Peguy.

Edouard Braine est une personnalité qui en impose, sans jamais intimider car il insuffle bienveillance et abnégation. Pour vous permettre de mieux le connaître, il m’a transmis son interview dans la Revue des Anciens de l’Ena (fichier Pdf : Entretien Edouard Braine). Il se confie à son camarade de promotion Jean Picq (François Rabelais 1973), président de chambre à la Cour des comptes, qui fut le principal inspirateur de la réforme du ministère des Affaires étrangères par Alain Juppé en 1993.

Une leçon de vie qui illumine et réchauffe nos consciences.

Lire aussi : Emploi (11) : Une enquête pour mieux connaitre les « oubliés de St Pancras » (du 12 février 2010)

Crédit photo : AFCA.

En 2012, les Français de l’étranger auront des députés !

C’est fait ! Les Français établis hors de France auront bientôt leurs représentants au palais Bourbon.

La loi ratifiant l’ordonnance n° 2009-935 du 29 juillet 2009 portant répartition des sièges et délimitation des circonscriptions n’est pas contraire à la Constitution. Ainsi en a décidé le Conseil constitutionnel, le 18 février dernier.

La révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 a permis la création de 11 sièges de députés pour la représentation des Français de l’étranger.

Le découpage des circonscriptions législatives a eu lieu en Conseil des ministres cet été, juste avant les vacances. La planète a été divisée en 11 zones géographiques qui seront chacune représentée par un député.

Chaque zone regroupe entre 100.000 et 120.000 électeurs inscrits, ce qui correspond au nombre moyen d’électeurs pour un député métropolitain.

Les Français du Royaume-Uni sont inclus dans la 3ème circonscription qui comprend les pays suivants : Irlande, Danemark, Estonie, Finlande, Islande, Lettonie, Lituanie, Norvège, Suède.

Vous pouvez, dès à présent, consulter sur Legifrance le détail des 11 circonscriptions pour l’élection des députés des Français établis hors de France.

Photo Flickr de Ell brown

Rachida Dati à Londres, un moment d’exception

Mercredi soir, à l’invitation de l’UMP Londres et d’Alumni UK (association des Sciences-Po), j’ai rencontré pour la première fois Rachida Dati. Comme tout un chacun, j’en avais une image préconçue et j’ai été surpris. Séduit même.

Je garderai le souvenir d’une femme pleine d’éloquence, sincère et impliquée dans son rôle de parlementaire européen, chevronnée et captivante sur le thème de la Justice.

Je n’ai pas manqué l’occasion de l’interroger sur l’habeas corpus. L’Habeas Corpus Act est une loi limitant la détention provisoire arbitraire, votée par le Parlement anglais en 1679, soit plus d’un siècle avant la Révolution française. Ses principes furent repris dans la Constitution des États-Unis.

Pendant sa campagne électorale, Nicolas Sarkozy avait proposé que l’on “instaure en droit français une authentique procédure d’habeas corpus.” A l’époque, le désastre judiciaire d’Outreau illustrait l’urgence de mettre fin au système du juge unique qui prend ses décisions dans la solitude de son cabinet, au risque de se muer en juge inique.

Mme Dati m’a assuré que l’habeas corpus était toujours d’actualité et que ce dispositif s’inscrivait dans le cadre de la réforme générale du Code pénal et du Code de procédure pénale, préparée par le comité Léger. Outre la révision du statut du juge d’instruction ou l’allégement des procédures criminelles, le rapport Léger préconise de renforcer les droits et les libertés du mis en cause (la nouvelle formulation du “mis en examen”), notamment par une procédure publique et collégiale et la présence d’avocat dès le tout début.

L’ancienne Garde de Sceaux m’a confié que tout est sur la table pour que le Parlement puisse légiférer dès qu’une fenêtre se présentera dans son calendrier, instaurant un “véritable habeas corpus à la française” avant la fin de la législature.

Je la crois sur parole : je me souviens qu’en juillet 2007, Rachida Dati s’était rendue en Grande-Bretagne afin de rencontrer l’inspectrice en chef des prisons britanniques. Quelques mois plus tard, elle créait la fonction de “contrôleur général des lieux de privation de liberté ». Ce contrôleur intervient en prison, en hôpital psychiatrique, en centre de rétention, en garde à vue…pour s’assurer du respect des droits fondamentaux des personnes et vérifier leurs conditions de vie.

Du reste, en deux ans passés à la Chancellerie, Rachida Dati n’a pas chômé et elle peut se dire “fière d’avoir appliqué la feuille de route du président.” On se souvient, qu’en 2007, elle fait adopter la loi sur les peines plancher pour les criminels récidivistes, puis, en 2008, elle fait voter la loi sur la rétention de sûreté qui permet de prolonger la détention de graves criminels qui “présentent une probabilité très élevée de récidive.” En 2009, elle accomplit le tour de force de modifier de la carte judiciaire (autre promesse présidentielle) qui supprime des tribunaux dans les zones dépeuplées, tout en améliorant la sécurisation de ceux-ci. Rachida Dati a rappelé que la carte judiciaire n’avait pas été revue depuis…1958. Enfin, la ministre de la Justice quittera son ministère en ayant mis sur les rails le futur Code pénal des mineurs.

L’autre soir, toute l’assemblée a pu apprécier sa ténacité et son courage, notamment lorsque son discours abordait les cas de criminalité les plus extrêmes.

Personnalité d’ouverture, ministre fort populaire, son image fait vendre. Il me semble qu’elle prend beaucoup de recul avec le jeu des médias qui vous collent une étiquette aujourd’hui et une autre le lendemain.

Rachida Dati est maire du VIIème arrondissement de Paris et élue députée européenne depuis juillet dernier. Je lui souhaite bonne fortune dans cette nouvelle mission.

Lire aussi “J’apporterai mon suffrage à Nicolas Sarkozy” (du 15 avril 2007)