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Handicap : Le gouvernement français veut renoncer à ses obligations

“Ne pas pouvoir se rendre dans une boulangerie, ni aller au cinéma ou à l’école, ni prendre le bus… c’est le quotidien de millions de personnes en situation de handicap en France, faute d’équipements garantissant l’accessibilité pour tous.”

Philippe Croizon soutient la campagne de l'Association des Paralysés de France, : "Accessibilité : la liberté d'aller et de venir ne peut pas attendre 10 ans de plus !"

Philippe Croizon soutient la campagne de l’Association des Paralysés de France, : “Accessibilité : la liberté d’aller et de venir ne peut pas attendre 10 ans de plus !”

Les mots de Philippe Croizon, amputé des quatre membres, nous ramènent à une triste réalité, à une exception française même : il ne fait pas bon vivre chez nous lorsque l’on est physiquement diminué. En accordant un droit à l’accessibilité à chacun, comme celui de pouvoir acheter sa baguette de pain en fauteuil roulant, la République restaure l’égalité de dignité entre ses citoyens. On parle de 9,6 millions de personnes, selon l’Insee, en comptant au sens large la population handicapée, au-delà des deux millions de travailleurs bénéficiant d’une reconnaissance administrative du handicap.

Il y a neuf ans, Jacques Chirac, alors Président de la République, avait fait voter la loi du 11 février 2005 “pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées”, dite loi Handicap.

L’adoption de cette loi traduisait, entre autres, la volonté des pouvoirs publics d’offrir une accessibilité généralisée dans tous les domaines de la vie sociale (éducation, emploi, cadre bâti, transports…) dans un délai de 10 ans.

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault vient de nous informer qu’il pourrait retarder de 10 ans l’application de la loi prévoyant l’obligation d’accessibilité pour 2025 au lieu de 2015.

Pour éviter d’être hors la loi, le gouvernement veut simplement changer la loi !

Je vous invite à lire un texte que m’a adressé Edouard Braine, ancien consul général de France à Londres. Il déclare ainsi : “Depuis Londres, j’avais estimé notre retard sur les britanniques à 35 ans. Ce délai est celui qui sépare l’adoption de la loi principale sur le sujet, votée par le parlement de Westminster, en 1970, tandis que la loi française date de 2005. Mon estimation était hélas optimiste, car, si les obligations d’accessibilité prévues dans notre loi étaient remises en cause, notre handicap par rapport aux anglais dépasserait alors 50 ans, piètre performance, alors que notre système social est cité en exemple.” Lire : Lettre d’Edouard Braine sur l’accessibilité.

Philippe Croizon et l’Association des Paralysés de France demandent au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, de ne pas retarder l’application de la loi sur l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap.

Ils ont besoin de votre soutien. Je vous invite à signer leur pétition.

Lire aussi : : “Le consul Edouard Braine valorise les bonnes pratiques britanniques en matière de handicap” du 17 décembre 2011.

crédit photo : Philippe Huguen / AFP

L’Ecole bilingue de Londres fête ses 10 ans

Lorsqu’une organisation fête ses 10 ans, on peut discuter de savoir si c’est déjà beaucoup ou encore peu, mais pas du fait qu’il s’agisse d’un accomplissement. Dix bougies marquent aussi un pan de vie pour ses fondateurs, signe de leur passion et gage de leur bonne conduite des affaires.

Alors on trinque ! On trinque pour conjurer définitivement les petites misères qui restent loin derrière et savourer le bonheur d’entreprendre, ce bonheur si particulier d’avoir fait œuvre utile à la société, comme celui d’ouvrir une école.

“L’enfant est au centre de nos préoccupations et quel bonheur de constater, au quotidien, que nos élèves s’épanouissent et progressent dans la joie”, résume Véronique Ferreira, directrice pédagogique et fondatrice de l’école avec Franck Laurans qui occupe le rôle de directeur administratif.

Véronique Ferreira, directrice pédagogique et cofondatrice de l'Ecole bilingue de Londres, et Olivier Cadic

Véronique Ferreira, directrice pédagogique et cofondatrice de l’Ecole bilingue de Londres, et Olivier Cadic

Le 21 janvier dernier, ils ont tenu à célébrer une décennie d’efforts en faveur de l’enseignement franco-anglais à Londres. L’anniversaire de l’école aura administrativement lieu en septembre prochain. Parents d’élèves et collègues sont venus congratuler Véronique et Franck, dans leurs locaux à deux pas de la gare de Paddington, en présence de nombreux officiels, dont le consul général Olivier Chambard.

L’institution accueille 120 enfants, de la maternelle au primaire, alternant un enseignement en langue française et anglaise qui a fait l’objet d’une procédure d’homologation en 2006, attestant de sa conformité aux programmes et aux objectifs pédagogiques de l’Education nationale. L’Ecole bilingue est l’une des 11 écoles à être dans ce cas à Londres.

Se conformer aux règles applicables en France ne signifie pas être conformiste, puisque l’esprit d’innovation a toujours soufflé sur l’établissement, au point que les mots “atypique ou unique  sont le plus souvent employés pour décrire l’école”, se flatte Véronique.

On ne réussit pas tout seul : Véronique et Franck ont salué leur équipe d’une vingtaine de personnes pour leur implication sans faille et leur contribution éclairée dans cette aventure. De plus, les  fondateurs disent s’être toujours sentis encouragés par les parents et les institutions officielles (ambassade, Education nationale…), tout comme ils ont pu compter sur leur propre famille, notamment pour contribuer aux travaux de l’établissement…

Cette réception est aussi un clin d’œil à ceux qui dirigent une école homologuée à Londres, d’autant plus s’ils ont accompli ce chemin initiatique de la création d’entreprise. Comme le dit si bien Véronique: “Naïveté, courage, innovation, ambition, intuition, volonté, inconscience, énergie, acharnement… il nous aura fallu un peu de tout cela pour construire doucement mais surement, cette petite école dont nous sommes si fiers aujourd’hui.” (voir la liste des établissements londoniens).

Véronique et Franck vous donnent rendez-vous le 28 mai prochain pour la fête de l’école qui réunira les élèves et anciens élèves, ainsi que leurs parents, autour d’ateliers ludiques. Une mosaïque, en cours de réalisation, sera alors révélée !

Max Cartoux, un londonien sacré meilleur espoir aux trophées 2014 des Français de l’étranger

Aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années.

Le 6 mars dernier, sous les lambris du Quai d’Orsay, en présence de la ministre déléguée chargée des Français de l’étranger Hélène Conway-Mouret, et devant un parterre d’élus et de journalistes, le jeune Max Cartoux a remporté le Trophée des Français de l’étranger dans la catégorie Meilleur Espoir.

Max Cartoux est DJ à Londres et le troisième français de Londres à recevoir une distinction, dans le cadre des Trophées des Français de l’étranger, une cérémonie imaginée par Hervé Heyraud, fondateur des éditions lepetitjournal.com, dont c’était la seconde édition (lire : “Deux Français de Londres reçoivent un trophée des Français de l’étranger” du 14 mars 2013).

Max fait envie parce qu’il a une véritable passion, la musique. Lorsque l’on a une passion, on ne se pose plus de question existentielle, on suit son étoile. Rien d’autre ne compte : Max a brulé ses vaisseaux et quitté le lycée Charles de Gaulle en terminale. Faut-il y voir un signe : Mika, le célèbre chanteur-compositeur pop a, lui aussi, fréquenté les bancs du lycée londonien avant de prendre la tangente vers son propre destin ?

Il est libre, Max. Il mixe, il compose, il catalyse son propre univers et le fait partager sous les spotlights dans un tourbillon échevelé et triomphal. Notre DJ tient le bon bout : il devient de plus en plus populaire, il se produira au Festival “Miami Music Week”, fin mars.

Véronique, Max, Olivier Cadic et Thierry Cartoux (Trophées 2014 des Français de l’étranger)

Véronique, Max, Olivier Cadic et Philippe Cartoux (Trophées 2014 des Français de l’étranger)

A 17 ans, il voit déjà loin parce qu’il a du talent et parce qu’il n’a jamais été brimé par son entourage. Le plus jeune lauréat des Trophée des Français de l’étranger a remercié ses parents, Véronique et Philippe, d’accepter ses choix et de lui permettre de réaliser son rêve. Je vous encourage à lire son portrait, réalisé par Cindy Jaury : “Max Cartoux, 17 ans, DJ et producteur de musique électro à Londres” dans Le Petit Journal du 6 mars 2014.

Au cours de cette soirée de gala, sept lauréats, venus des quatre coins du monde, ont été mis à l’honneur pour leurs mérites dans des domaines variés (Trophée Entrepreneur,  Environnement, Art de vivre…), mais surtout parce qu’ils “contribuent à la réussite de la France à l’international et concourent mieux que personne à la diffusion d’une image positive et moderne de notre pays”, a commenté Hervé Heyraud.

En effet, tous ces lauréats ne manquent jamais de signifier leur attachement à leur pays, c’est pourquoi je pense comme Hervé Heyraud qu’ils représentent “des formidables relais partout dans le monde pour la France” et que je les félicite chaleureusement. Pour les découvrir, je vous propose de lire l’article de Bénédicte Buisson : “Trophées 2014 – Les sept lauréats récompensés au Quai d’Orsay” dans Le Petit Journal du 7 mars 2014.

Le gouvernement va éradiquer la mixité sociale dans les écoles françaises à l’étranger

Les Français ont opté pour « le changement » il y a bientôt deux ans. Tout comme leurs compatriotes restés en métropole, Les Français de l’étranger en ressentent douloureusement les effets.

La réforme des bourses décidée par le gouvernement a conduit à une chute de 42% du montant des bourses versé en 2013 aux parents des élèves du lycée Charles de Gaulle de Londres ! On sait que cette politique restrictive va s’amplifier en 2014.

HandprintLa réforme des bourses va éconduire les familles économiquement fragiles du système de l’AEFE, Agence pour l’enseignement français à l’étranger. La Gauche instaure clairement la sélection par l’argent. Je pose la question : est-il normal qu’une institution dotée de plus de 500 millions d’euros de subventions ne s’attache pas à garantir la mixité sociale au sein de ses établissements?!

En effet, en 2011, la subvention du ministère des Affaires étrangères destinée à l’AEFE s’élevait à 420,8M€, tandis que l’aide à la scolarité s’établissait à 119M€. Le total du budget consacré à l’enseignement à l’étranger représentait donc 539,8M€.

Au Royaume-Uni, une vague d’indignation enfle parmi les parents d’élèves qui ont besoin d’une bourse pour financer, tout ou partie, des frais de scolarité de leurs enfants. Mais cette vague d’amertume s’étend à presque tous les parents après l’annonce d’une hausse annuelle d’environ 8% des frais de scolarité. Le coût est d’autant plus rude pour le budget familial que vous avez plusieurs enfants scolarisés.

Quelle est la finalité poursuivie par le gouvernement à l’horizon des deux prochaines années ?

La réponse se trouve, en filigrane, dans le projet de loi de finances 2014 (PAP 2014 Action extérieure de l’Etat – page 100), où l’on peut lire : « les prévisions pour 2014 et 2015 sont établies pour rapprocher les écolages versés par les familles du coût réel complet de la scolarisation des élèves dans les EGD (Etablissement en gestion directe) »

En termes clairs, les parents d’élèves vont, à terme, assumer l’intégralité des coûts de la scolarité française à l’étranger. Ils en assument déjà 60%.

Cette politique se traduira par un accroissement substantiel des frais de scolarité au lycée Charles de Gaulle.

En effet, en page 14 du même document, nous découvrons que la subvention destinée à l’AEFE sera de 416,5M€, tandis que l’aide à la scolarité s’élèvera à 118,8M€, soit un total de 535,3M€ en 2014. Pour information, le budget était de 539,8M€ en 2011.

L’engagement de l’Etat en 2014 est donc inférieur à celui de 2011 !

Mais, dans le même temps, les frais ont augmenté de plus de 38% au lycée Charles de Gaulle !

L’Etat fait supporter aux parents d’élèves non seulement 100% de l’augmentation des coûts du lycée, mais également 100% des coûts de son administration centrale !

Afin que les parents puissent déterminer s’ils seront en mesure de supporter financièrement une scolarisation de leurs enfants au lycée dans la durée (soit 12 années, du cours préparatoire à la terminale), j’ai demandé au proviseur Olivier Rauch de nous indiquer son anticipation du taux annuel d’augmentation pour les cinq prochaines années.

Actuellement, l’AEFE n’offre aucune visibilité à moyen ou long terme. L’Agence est incapable de se projeter au-delà de trois ans, ne pouvant garantir la part de subvention consacrée aux salaires des enseignants d’une année sur l’autre… Par conséquent, Olivier Rauch m’a honnêtement répondu qu’il était tout à fait illusoire de réaliser une anticipation sur cinq ans.

La réforme des bourses, alliée à une volonté de faire assumer l’intégralité des coûts de scolarité à l’étranger par les familles, va accentuer le phénomène de retrait d’enfants issus des classes moyennes.

La démarche du gouvernement est paradoxale : subventionner largement une organisation étatique en charge de gérer un réseau d’écoles… financé à terme exclusivement par les familles !

Nul besoin d’être prospectiviste pour comprendre que cette politique affligeante et partiale éradiquera, à terme, la mixité sociale au sein des établissements du réseau AEFE.

L’attitude du gouvernement socialiste porte gravement atteinte à l’idée que je me fais du pacte républicain !

C’est pourquoi j’ai demandé, lors de la dernière réunion du plan Ecole et du conseil d’établissement du lycée, qu’un indicateur soit mis en place pour mesurer la mixité sociale au sein des établissements de l’AEFE.

Photo Flickr de Pekka Nikrus

Christiane Barstow, résistante franco-britannique, nous raconte sa guerre

Christiane Barstow

Christiane Barstow, à la Libération de Paris en 1944

Née d’un père britannique et d’une mère française, Christiane Barstow (née Podmore) vit à Londres en septembre 1940 lorsque s’abattent les premières bombes allemandes sur l’Angleterre.

Deux ans plus tard, elle fait le choix des Forces françaises libres. Elle n’a que dix-neuf et ne sait comment se rendre utile, on lui apprend alors le métier de conductrice.

Florian Hurard s’est rendu dans l’East Sussex à la rencontre de cette résistante franco-britannique qui a mis en suspend ses rêves de jeune fille pour convoyer des blessés sur tous les fronts. Puis, avec l’aide de sa compagne, Chloé, Florian a réalisé un documentaire, captivant et richement illustré : “Une résistante française, une résistance britannique” (durée : 20m).

Un coup de cœur pour notre écrivain-historien, Eric Simon :

Il y a quelque temps, quelqu’un m’a dit : « Ne pensez-vous pas que trop d’attention à été donné aux Français Libres ? ”

Et moi de répondre : « Chère madame, comment osez-vous dire ça ? ”

Nous avons un devoir de mémoire et ce devoir doit continuer à nous animer tous, jusqu’au bout de notre existence.

Comme le montre mon ami Florian Hurard, professeur d’histoire et membre de “l’Association des Gaullistes de France”, dont le but de faire mieux connaître le général de Gaulle et de défendre son œuvre, dans son film sur Madame Barstow, tout est encore exemple pour les jeunes générations.

En 1940, on ne venait pas à Londres faire du shopping, mais rejoindre cet homme qui, dans le sillage d’un discours à la BBC, symbolisait le refus, la lutte, la liberté et l’espoir en une France nouvelle.

Madame Barstow avait juste dix-neuf ans et elle refusait les nazis et la France de Pétain. Oui, elle sortait juste de l’adolescence, et ce qu’elle allait vivre en s’engageant dans les Forces Françaises Libres la hante encore.

À vous de l’écouter devant la caméra de Florian et Chloé, sa compagne. Deux jeunes gens qui ont considéré sans doute que filmer une ancienne “Demoiselle de Gaulle” n’était pas du temps perdu, mais surtout que de l’épopée de la France Libre, on n’en avait pas encore fait assez ! Merci à tous les deux de la part d’un autre passionné.

Éric Simon
Auteur de “Londres, au fil de la France Libre” et fier d’avoir eu le privilège d’avoir eu Florian et Chloé comme collègues au Lycée Français.

Lutter contre l’érosion de l’apprentissage du Français au Royaume-Uni

Oui, j’ai une patrie : la langue française, écrivait Camus.

Le français est la 10ème langue la plus parlée en Angleterre si l’on inclut toutes les communautés présentes. C’est la langue la mieux connue par la population anglaise: 15% de la population anglaise se dit capable de tenir une conversation en français loin devant les autres langues.

Toutefois, la pratique du français semble refluer inexorablement du sol britannique. Le français perd du terrain en raison du déclin général des langues mais aussi face à la concurrence d’autres langues comme l’espagnol et le mandarin. Certains membres de notre communauté s’en alarment.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : Si le français reste la langue dominante dans les écoles primaires anglaises (74% des écoles offrent le français, loin devant l’espagnol 16% et l’allemand 4%), le nombre d’étudiants choisissant le français en GCSE a baissé de 56% en 9 ans.

La baisse est également notable en A level, puisque le nombre de candidats possédant un A level en français a diminué de moitié entre 1996 et 2012 ! Ils sont passés de 22.000 à 11.000!

Comment, dans un tel contexte insuffler le développement des Free schools bilingues, objectif n°2 du plan Ecole ? (lire : “Créer une free school bilingue: pourquoi pas vous ? par Bénédicte Yue” du 20 septembre 2013). De nombreux acteurs tentent de remédier à cette situation.

“Il y a en Angleterre un vrai paradoxe. Alors que le pays et notamment Londres sont très multiculturels, l’Angleterre souffre d’un déficit croissant dans l’apprentissage des langues étrangères. Selon l’Eurobarometer 2012, 60% de la population anglaise ne parlerait aucune autre langue” souligne Benedicte Yue qui vient de participer à une table ronde organisée sur le sujet dans le cadre du plan Ecole à l’Institut français aux côtés de Laurent Batut et Yves Letournel. .

Table ronde à l’Institut français le 10 décembre 2013 - (g. à d.) : Teresa Tinsley, Bernadette Holmes, Gaby Meier, Neil Jones, Kathy Wicksteed, Roberto Filippi

Table ronde à l’Institut français le 10 décembre 2013 – (g. à d.) : Teresa Tinsley, Bernadette Holmes, Gaby Meier, Neil Jones, Kathy Wicksteed, Roberto Filippi

Des chercheurs, parmi lesquels Gaby Meier, Jim Anderson et Roberto Filippi ont entrepris de coordonner leurs travaux afin de mettre en avant les nombreux avantages liés au plurilinguisme : fonctions cognitives, cohésion sociale, ouverture au monde, apports du CLIL, etc.

Leur expertise et le fruit de leurs travaux peuvent favoriser l’atteinte de l’objectif 2 du plan Ecole qui vise à promouvoir l’intégration du français dans le système éducatif britannique, par trois moyens possibles : la création d’écoles bilingues (dont les Free schools), la création de sections bilingues et la mise en place de CLIL (Content & Language Integrated Learning) à des degrés divers. (lire : “Le plan Ecole va permettre de doubler le nombre d’écoles bilingues !” du 31 mai 2013).

Pour plus d’informations, vous trouverez une excellente synthèse rédigée par Bénédicte Yue à votre intention : Situation des langues en Angleterre Janvier 2014 B.YUE – Bilan, freins et perspectives – pdf

Merci de m’adresser vos coordonnées si vous souhaitez contribuer, d’une manière ou d’une autre, aux travaux de l’objectif n°2 du plan Ecole. Vous pouvez également prendre contact avec Yves Letournel, Attaché de coopération pour le français au service culturel de l’Ambassade, email : yves.letournel@diplomatie.gouv.fr

Deux guides remarquables pour découvrir Londres

Chaque année, plusieurs milliers de Français s’installent à Londres. Ils ne rêvent que de se familiariser avec leur nouvel environnement.

Reporter pour l’agence “The Associated Press” depuis 13 ans, Samuel Pétrequin est installé à Londres où il couvre l’actualité sportive. Fort de son expérience de journaliste et de néo-Londonien, il a entrepris de rédiger un guide simplement intitulé “S’installer à Londres” et publié par l’éditeur Héliopoles.

Samuel Pétrequin présente "S'installer à Londres" aux côtés de Laure et Robert Zaigue à la French Bookshop

Samuel Pétrequin présente “S’installer à Londres” aux côtés de Laure et Robert Zaigue à la French Bookshop

Samuel  explore tous les recoins de la capitale britannique et le quotidien de ses habitants afin de partager cette richesse avec ceux qui, comme lui, vivent sur place. Mais ce guide pratique est également destiné aux Français qui projettent de s’y installer ou simplement d’y séjourner.

Sa démarche recoupe des préoccupations économiques puisqu’il présente les avantages et les difficultés que les entrepreneurs rencontrent à Londres, par le biais de quelques portraits emblématiques et exemplaires.

C’est la raison pour laquelle Samuel m’a contacté et qu’il a détaillé mon parcours dans la partie de l’ouvrage : “Ils entreprennent à Londres”. Je le remercie de cet hommage et de son intérêt pour mes activités.

Signe de distinction éminent, Samuel a été invité à faire le lancement de son livre à la French Book Shop de Laure et Robert Zaigue, que l’on ne présente plus. Au cœur de South Kensington, ce couple de libraires passionnés et passionnants multiplie les opérations de signatures pour promouvoir les talents littéraires qui couvent à Londres. Ils sont nombreux, affirment-ils. Pour connaitre leur histoire, je vous invite à lire “A la découverte de Laure et The French Bookshop”, un bel article signé Cindy Jaury dans le Petit Journal du 14 février 2014.

guide Partir en famille - Londres

Le guide “Partir en famille – Londres” : ce sont les enfants qui vont trainer leurs parents…

A propos de guides pratiques sur Londres, il m’est impossible de ne pas évoquer un autre ouvrage exceptionnel, publié il y a quelques mois et intitulé “Partir en famille – Londres” aux éditions En Voyage. C’est un outil idéal à glisser dans sa poche, surtout lorsque les petits neveux et nièces débarquent, puisqu’il se donne pour finalité d’amuser et d’intéresser les enfants. Pour relever cette gageure, les auteurs se sont mis à la portée des juniors : une cartographie fun, des jeux de pistes, des endroits pour goûter ou encore des anecdotes historiques dont ils raffolent.

Eve Milner, co-auteur du livre, a apporté à Loïc Chauvin son expérience de guide professionnel à Londres depuis 25 ans. Soulignons que l’illustratrice, Lilibé, est une Française vivant à Londres et qu’elle révèle quotidiennement son talent sur son blog de dessins humoristiques : www.130cartons.com

FundRaising 2014 : les parents d’élèves du lycée CDG vous convient à leur dîner de gala du 28 mars 2014

On se désole que les années passent trop vite, mais on y trouve avantage chaque fois que réapparait un événement qui nous tient à cœur. Le diner de gala de l’APL en fait partie. Chaque année, l’association des parents d’élèves du lycée Charles de Gaulle nous offre un moment d’exception pour servir la cause de 4000 élèves francophones en améliorant leurs conditions de travail.

APL Appeal 2014Dîner de gala

Champagne, diner, soirée dansante
Vendredi 28 mars 2014
Park Lane Hotel, Piccadilly
(£110 par personne)

Toute notre communauté est invitée à se retrouver et à se découvrir autour d’un diner gastronomique et diverses animations à vocation caritative, autrement dit à s’accorder une parenthèse enchantée dans cette vie trépidante.

Le FundRaising 2014 sera-t-il plus prolifique que l’an dernier ? En 2013, le diner a permis de lever 122.000£ ! Un résultat exceptionnel que nous devons à la générosité de particuliers et d’entreprises. Rien de tout cela ne serait possible sans l’extraordinaire implication du comité APL et de leurs présidentes Florence Quattrochi et Virginie Royer qui lui a succédé cette année.

Nous comptons sur vous de toutes les manières possibles : réserver une ou plusieurs places à table, adresser un don aux associations, apporter des lots pour la tombola ou encore sponsoriser l’événement à travers votre organisation.

Rappelons que les profits du dîner de Gala seront distribués de manière égale entre deux associations : “Friends of the Lycée” et “APL Welfare Fund”. Par ailleurs, Friends of the Lycée bénéficiera des profits des ventes aux enchères, tandis que APL Welfare Fund recevra les profits de la tombola. Vos dons, eux, seront répartis selon vos souhaits.

Grâce à l’APL Welfare Fund, en 2013, 54.000£ de dons ont permis à 37 familles de compléter le financement de la scolarité de leurs enfants.

L’association Friends of the Lycée, quant à elle, subvient au financement d’équipements scolaires et de la rénovation de locaux, en participant à des bourses et à des projets éducatifs. Ainsi, en 2013, plus de 100.000£ ont permis d’aider à la rénovation du gymnase Victor Hugo, de la salle Churchill et de la piscine de Paddington, tout en soutenant divers projets pour chacune des écoles primaires.

J’espère vivement avoir le plaisir de retrouver bon nombre d’entre-vous et aussi d’accueillir de nouveaux parents pour cette fête du bon goût et du bon sens en faveur des enfants.

La brochure APL Appeal 2014 (fichier pdf), ci-jointe, vous permettra d’effectuer votre réservation et de connaitre les détails pratiques, ainsi que la brochure Corportate : APL Corporate Brochure 2014  (fichier pdf).

Pour toute question ou information, Karin Gilles ou Camilla Koudriaev sont à votre entière disposition. Réservations:gala@apl-cdg.org.uk ; Sponsorship et dons:fundraising@apl-cdg.org.uk

CSG sur les revenus immobiliers des non-résidents: Le directeur du centre des Impôts des non-résidents contredit la ministre Hélène Conway

L’histoire est édifiante. Philippe, un Français du Royaume-Uni, voulait savoir si l’introduction de la CSG et CRDS (15.5% d’impôts supplémentaires) sur les revenus fonciers en France pour des non-résidents français donnait droit à crédit d’impôt au Royaume-Uni.

Il s’est adressé au centre des impôts des non-résidents, sans succès (multiples tentatives d’appel, emails sans réponse….). Il m’a alors contacté avec son souci de clarification afin de pouvoir finaliser sa déclaration d’impôt britannique. Pour lui, il serait logique que ces prélèvements donnent droit à crédit d’impôt en Angleterre puisqu’il ne bénéficie d’aucune prestation sociale en France en tant que non-résident.

puzzleAyant déjà posé cette question en 2012 à notre ministre déléguée des Français de l’étranger, Hélène Conway, je lui ai transmis sa réponse (lire : Reponse de Helene Conway). En résumé, la ministre nous dit que cette CSG/CRDS ne doit pas donner lieu à double imposition, puisque la convention fiscale franco-britannique réserve “l’imposition des revenus immobiliser à l’Etat où se situe le bien”.

La réponse d’Hélène Conway m’avait paru quelque peu osée. De mon point de vue, seule l’Administration fiscale britannique pouvait dire si elle acceptait ou non que l’application de la CSG soit déduite. Or, son courrier ne faisait nullement référence à un accord du HMRC…

Pour aider Philippe à obtenir une réponse de la part de l’administration fiscale française, nous nous sommes adressés à Jean-Paul Hardoin, directeur de la Direction des Résidents à l’étranger et des Services généraux (D.R.E.S.G.)

Le directeur confirme, contrairement aux termes de la ministre, que « la détermination de l’impôt britannique, serait-ce par la prise en compte de l’imputation de l’impôt français exigible en tant que crédit d’impôt selon les dispositions de l’article 24.1 précité, relève de l’appréciation souveraine des autorités de cet Etat, vis à vis de laquelle la France ne saurait interférer ».

Le commentaire final de Jean-Paul Hardoin fera l’effet d’une douche froide pour tous ceux qui avaient porté foi à la position de notre ministre : il estime que « la CSG et la CRDS sont visées par la convention fiscale, mais ne le seraient cependant pas au titre de l’élimination de la double imposition au Royaume-Uni ».

Ses propos viennent  donc légitimer mes inquiétudes, développées dans ma lettre ouverte remise à Hélène Conway, lors de sa venue à Londres le 10 juillet 2012 (lire : “Prélèvement social sur les revenus immobiliers des non-résidents : Lettre ouverte à Hélène Conway-Mouret” du 12 juillet 2012).

Comme l’indique justement Jean-Paul Hardoin, il faut désormais attendre la réponse des autorités britanniques pour savoir si les non-résidents seront soumis à une double imposition, suite à ce nouveau prélèvement décidé par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

Je remercie le directeur pour la limpidité de sa réponse et la célérité de son intervention (lire : Demande à JP Hardoin et sa réponse sur la deductibilite CSG CRDS – janv 2014)

En conclusion, j’invite chaque Français du Royaume-Uni qui a déduit la CSG/CRDS de ses revenus français déclarés au HMRC sur la foi de la lettre de la ministre Hélène Conway à se rapprocher de son comptable ou du HMRC.

Dans mon courrier du 10 juillet 2012, je mettais en avant que ce nouveau prélèvement décidé par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault faisait courir le risque de double imposition et qu’il mettrait notre pays en contradiction avec le règlement européen entrainant inévitablement des recours contentieux auprès de la Cour européenne de justice à Luxembourg.

Près de deux ans plus tard, l’histoire justifie mes craintes dans les deux cas !

Photo Flickr de Steve Hopson

Un banc à la mémoire de Pasquale Paoli, à St Pancras

Nouvelle initiative de l’Association des Corses du Royaume-Uni en hommage à Pasquale Paoli, dont l’association porte le nom : un banc lui est désormais dédié, à proximité l’église de St Pancras.

Une plaque mémorielle, fixée sur le banc, atteste de l’hommage de tout un peuple à son héros qui a fait de la Corse un Etat indépendant en 1755, en dotant l’Ile d’une constitution moderne et démocratique qui a autant inspiré la République française que les Etats-Unis d’Amérique, trente ans plus tard (lire : “A quand une avenue Paoli à Paris ?” du 07 février 2013).

Gabrielle Mulas-Thorogood, présidente de l’association et Line Playfair, présidente d’honneur, se sont félicitées de cette reconnaissance officielle qui a donné lieu à une cérémonie de bénédiction du banc, à l’entrée du cimetière de St Pancras, deux jours après l’hommage annuel en la cathédrale de Westminster que rendent les Corses du Royaume-Uni à Paoli (lire : “Les Corses célèbrent Pasquale Paoli à Westminster” du 11 février 2012).

Une trentaine de personnes avait fait le déplacement, dont j’étais, dimanche dernier, pour participer à cette bénédiction, ainsi qu’à la messe célébrée dans la petite église de St Pancras, près de laquelle Paoli fut enterré initialement. Ses cendres ont ensuite été transférées en Corse en 1889 dans sa maison natale à Morosaglia.

Le père James ; Line Playfair, présidente honoraire de l'ACRUPP ; Anne Faure, présidente de la Fédération des associations françaises de Grande Bretagne ; Bernard Mabille, un descendant de Paoli ; Olivier Cadic ; Gabrielle Mulas-Thorogood, présidente ; Dominique Tramoni, ex-président de l'ACRU et le chanteur Xinarca avec sa fille

Le père James ; Line Playfair, présidente honoraire de l’ACRUPP ; Anne Faure, présidente de la Fédération des associations françaises de Grande Bretagne ; Bernard Mabille, un descendant de Paoli ; Olivier Cadic ; Gabrielle Mulas-Thorogood, présidente ; Dominique Tramoni, ex-président de l’ACRU et le chanteur Xinarca avec sa fille

Ce fut un bonheur de retrouver cette communauté qui me fait l’honneur de m’inviter chaque année à ses commémorations. On se souviendra du chanteur Xinarca qui nous a offert un merveilleux Dio Vi Salve Regina. Après la bénédiction, ce fut pour chacun un devoir d’être pris en photo, assis sur l’auguste “pusatoghju di Pasquale”.

La cérémonie s’est ponctuée autour d’un excellent buffet composé de produits corses, il va sans dire.

Florence Gomez décorée de l’ordre national du Mérite

Chez Florence Gomez, on ne saurait dire ce qui relève de la conquête ou de la grâce, mais elle devenue The right woman at the right place, comprenez la directrice générale de la Chambre de commerce française de Grande Bretagne.

Florence Gomez, directrice générale de la Chambre de commerce française de Grande Bretagne

Florence Gomez, directrice générale de la Chambre de commerce française de Grande Bretagne

Lorsqu’on a pensé à elle pour tenir la maison, en 2007, Florence vivait bien loin des bords de la Tamise. Le président d’alors, Arnaud Vaissié, est allé la débaucher en Chine ! Nous tenons l’anecdote du discours de Bernard Emié, ambassadeur de France à Londres, quelques instants avant d’élever Florence au rang de chevalier dans l’ordre national du Mérite, le 10 janvier dernier, au milieu de sa famille, ses amis et collaborateurs.

L’ambassadeur a salué son “rôle majeur pour intensifier, élargir et professionnaliser les activités de la Chambre de commerce”, en ajoutant que la directrice générale de cette vénérable institution de 130 ans était “ainsi devenue un des rouages essentiels de la communauté d’affaires française du Royaume-Uni”.

Depuis 2007, Florence Gomez a clairement apporté une “nouvelle impulsion”, souligne-t-il, en multipliant les opportunités d’affaires pour ses 600 membres au travers d’une quarantaine d’événements par an déclinés sur tous les tons, du petit déjeuner thématique à la soirée de gala, en passant par les rencontres interculturelles.

La directrice générale s’est focalisée, ces cinq dernières années, sur la création de services dédiés aux PME et aux entrepreneurs, dont un service de recrutement, tout dernièrement. Ceux-ci représentent 2/3 des membres et ils ont souvent besoin d’accompagnement à chaque étape de leur projet d’implantation ou d’exportation. Un fait illustre cette nécessité pratique défendue par Florence Gomez : la Chambre gère aujourd’hui la comptabilité et les feuilles de salaire de 115 PME françaises au Royaume-Uni !

Cette attention, pour ne pas dire cette affection, que Florence porte à ces petites structures qui jouent d’audace, à ces aventuriers de l’entreprenariat, trouve sa source dans ses propres tribulations d’une Française en Chine. Si, sur place, elle a tenu les rênes de la Chambre de commerce à Pékin de 2001 à 2007, elle aura préalablement dirigé les éditions du Vidal et concomitamment ouvert son bar à vin, le “Bistrot de Pékin”, un endroit qui a gagné les faveurs des diplomates français, s’est plu à préciser notre ambassadeur.

En quittant l’Empire du Milieu, Florence a refermé un long épisode de sa vie, qui avait étrangement commencé avec les images de la place Tian’anmen. Les émeutes eurent un effet déclencheur sur l’étudiante qu’elle était alors, inscrite aux cours de chinois de la fac de Jussieu. Le ministère des Affaires étrangères accorda une bourse à cette jeune femme douée et motivée pour qu’elle s’inscrive à l’université de Pékin, A partir de ce dépaysement total, elle a construit sa carrière et sa famille, présente à la remise de décoration à travers son mari Robinson et son fils Diego.

De retour sur notre continent, cette femme de caractère a relevé un nouveau challenge, au point de mériter les honneurs de la République, celui de rendre la Chambre de commerce française de Grande Bretagne encore “plus incontournable pour toutes les sociétés françaises et britanniques qui travaillent à l’expansion de nos relations bilatérales”, conclut Bernard Emié.

Jamais à court d’idées, ni d’énergie Florence Gomez continue à faire fructifier les talents économiques français, en coordination avec les pouvoirs publics et la confiance du président de la Chambre, Arnaud Bamberger, ainsi que le soutien indéfectible d’Arnaud Vaissié, désormais président de l’UCCIFE.

Je vous confie enfin que, dans le privé, c’est une femme altruiste, humaniste et amie des arts.

Je lui adresse mes plus cordiales félicitations.

Je vous invite à lire l’entretien que Florence Gomez a accordé à Simon Gleize du Petit Journal : “CCFGB –  “La Chambre : un acteur incontournable pour qui veut développer son business au UK !” du 23 avril 2013

Le métro transmanche, un projet toujours à quai.

Pourquoi le projet du métro transmanche n’avance-t-il pas ? Pourquoi une espérance si largement partagée, regroupant citoyens, entreprises, élus, et orientée vers le bien commun peine-t-elle à éclore ? Pourquoi les décideurs ne nous paient que de mots ? Parce que la démocratie, le pouvoir par le peuple, s’est laissée obscurcir par la technocratie, serait-on tenté de conclure dans un moment de découragement…

Richard Honvault, Olivier Cadic et Catherine Fournier au café Citoyen de Boulogne sur Mer

Richard Honvault, Olivier Cadic et Catherine Fournier au café citoyen de Boulogne sur Mer

Richard Honvault, lui, ne se décourage jamais. Candidat à la mairie de Boulogne sur Mer, dont il est conseiller municipal, il a organisé vendredi dernier un café citoyen sur le thème “comment sortir les Boulonnais du tunnel ?”. Richard m’a invité à cette rencontre, ce que j’ai accepté avec d’autant plus plaisir que je retrouvais Catherine Fournier, maire de Frethun et porte-étendard de ce combat pour le métro transmanche. L’enjeu est de taille, puisque ce nouveau moyen de transport ne peut que booster la performance sociale et économique de la côte d’Opale.

De quoi s’agit-il ? Il s’agit de créer une catégorie de travailleurs transfrontaliers entre la France et l’Angleterre, plus précisément entre le Kent qui manque de main d’oeuvre et le Nord Pas-de-Calais qui se débat avec un taux de chômage très élevé atteignant des pics supérieurs à 15% à Boulogne/Mer et Calais.

Les travailleurs transfrontaliers présentent la particularité de traverser une frontière le matin, pour aller travailler, et le soir, pour rentrer chez eux. L’Allemagne, la Suisse ou la Belgique, par exemple, accueillent journellement un flot de Français.

Entre le Kent et la côte d’Opale, séparés par quelques kilomètres d’eau salée, aucun phénomène de ce type. Le moyen est cependant à portée de main : le tunnel sous la Manche. Le tunnel et non pas l’Eurostar, de toute façon hors de prix pour jouer les navettes entre Calais et Ashford. Voilà l’astuce : le tunnel n’est utilisé qu’à 52% de ses capacités, une marge suffisante pour ajouter quelques trains régionaux , afin de transporter des travailleurs transfrontaliers, à prix modique et en 30 minutes.

Par ailleurs, les résidents du Kent se réjouiraient de pouvoir se rendre en France aussi simplement qu’ils se rendent à Londres. Cette navette multiplierait les échanges et dynamiserait le commerce local des deux cotés de la Manche.

J’ai souligné à Boulogne sur Mer que la volonté des élus et des acteurs économiques n’avait pas faibli et que le bien-fondé du projet n’avait fait que se renforcer. Mais le temps a filé ! Il y a deux ans déjà, les médias s’emparaient avec enthousiasme du dossier, pour ne citer que la Voix du Nord (« Le métro Transmanche sur de bons rails ? », le 14 décembre 2011) et France 3 (lire : “Le métro transmanche s’invite sur France 3” du 23 novembre 2011).

Deux ans déjà que notre sénatrice des Français établis hors de France, Joëlle Garriaud-Maylam, avait obtenu du ministre des Transports, Thierry Mariani, « un avis extrêmement favorable » ainsi que « de précieux encouragements aux porteurs du projet » (lire : “Le gouvernement acquiesce au projet de métro transmanche” du 14 décembre 2011).

A l’époque, on osait espérer notre métro pour les Jeux olympiques de Londres ! Et puis, rien de bien concret. En mai dernier, Edouard Braine, notre ancien consul général de Londres a rappelé qu’avant de devenir un projet économique, ce projet est éminemment politique (lire : “Emploi : Un métro transmanche nommé désir !” du 21 mai 2013)

L’élan observé en fin d’année 2011 pour le métro transmanche s’est frigorifié au contact du conservatisme de gauche conforté en 2012, combiné à l’apathie du ministre chargé des Transports, Frédéric Cuvillier. Il s’était fait représenter par un sous-préfet pour débattre avec moi sur la question en mai 2013. On comprend que de nombreux élus de gauche freinent des quatre fers plutôt que de faciliter ce projet. Alors ministre du gouvernement Jospin, Martine Aubry, maire de Lille, déclarait “qu’il valait mieux être chômeur en France que travailleur en Angleterre”.

L’espoir doit vivre. Richard Honvault ne se résigne pas à voir sa ville passer à 45% de logements sociaux alors que les forces vives commencent à déserter et que la population décline. En soutenant cette idée de transfrontalité au service de l’économie locale et de l’emploi, Richard Honvault est un élu visionnaire et volontariste en matière d’action publique.

En défendant avec énergie l’idée du métro transmanche et en œuvrant pour une mobilisation populaire en faveur de ce projet, Richard Honvault multiplie les propositions économiques pour rendre son lustre d’antan à Boulogne/mer. Cela n’a pas échappé à la Voix du Nord qui décrit: “Démographie en berne, perte d’attractivité du centre-ville, crise économique et entreprises en difficultés, déclin du port, mauvaises relations avec la CCI… la liste est longue. Aux électeurs de lui faire confiance en mars prochain s’ils veulent retrouver fierté et panache”.

Voilà pourquoi j’appelle les habitants de Boulogne-sur-Mer à voter en faveur de Richard Honvault lors des prochaines élections municipales.

Mon Infolettre n°21 de janvier est disponible

Infolettre n°21J’ai eu plaisir d’adresser à un grand nombre d’entre-vous mon Infolettre n°21 qui liste les articles publiés en fin d’année 2013 et début 2014, regroupés par rubriques.

A l’attention des non-abonnés, je vous reproduis, ci-après, l’éditorial.

Madame, monsieur, chers compatriotes,

A l’aube de cette nouvelle année, je vous présente mes meilleurs vœux de bonheur, de santé et de réussite, pour vous-même et tous ceux qui vous sont chers. A toutes et à tous, une très belle année 2014 !

Centenaire de la Première guerre, 70ème anniversaire du Débarquement, 25ème anniversaire de la chute du mur de Berlin, l’année 2014 va raviver notre devoir de mémoire. Le 11 novembre dernier, notre ambassadeur Bernard Emié nous a invité à réfléchir à ces paroles de Winston Churchill : « Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre».

A chacune de mes réunions publiques en dehors de Londres, les participants se plaignent de la difficulté à renouveler un passeport. Ils illustrent tout le bien-fondé du combat du député Meyer Habib, en faveur d’un « choc de simplification », notamment au sujet des passeports. De son côté, la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam a interrogé le Gouvernement sur les modalités de mise en œuvre du dispositif « Itinera » de recueil à distance des données biométriques destiné aux Français souhaitant renouveler leur passeport et ne pouvant se rendre au consulat en raison de l’éloignement. Et pour cause. Les deux valises Itinera reçues à Londres en 2011 et 2012 étaient défectueuses ! Celle reçue en novembre 2013 sera testée en janvier. Je souhaite que la patience de tous ceux qui attendent ce système mobile soit récompensée dès février.

De la patience, il en faudra aux non-résidents qui acquittent une CSG (contribution sociale généralisée) de 15,5% sur les revenus du capital de source française (revenus fonciers et plus-values immobilières). La Commission Européenne a ouvert une procédure d’infraction contre la France à ce sujet mais le Conseil d’Etat a saisi la Cour de justice de l’Union européenne afin de l’interroger sur l’application du Règlement (CEE) sur les prélèvements sociaux. L’action de la commission est donc suspendue dans l’attente du jugement de la Cour Européenne.

Protectrice de ses concitoyens, l’Union européenne a reçu le prix Nobel fin 2012 pour avoir fait avancer la paix, la réconciliation, la démocratie et les droits de l’homme en Europe. Elle nous donne rendez-vous le dimanche 25 mai 2014 pour l’élection des députés français au Parlement européen. Le même jour auront lieu les élections consulaires. Olivier Chambard et Pierre-Alain Coffinier, consuls généraux de Londres et d’Edimbourg auront besoin d’un grand nombre de volontaires pour faire fonctionner les bureaux de vote. Nous comptons sur vous.

Fidèlement, Olivier Cadic

Accédez à l’infolettre n°21 (décembre 2013 – janvier 2014)

Photo Flickr de Leo Reynolds

Rencontre avec Yves Jego à Londres : L’UDI, une certaine idée de l’Europe

Chers compatriotes, chers amis,

Le Club UDI de Londres a le plaisir de vous convier à une rencontre avec Yves Jégo, délégué général de l’UDI, député-maire de Montereau et ancien ministre

Le thème abordé sera le suivant :

L’UDI, une certaine idée de l’Europe
Evénement reporté à une date ultérieure avec toutes nos excuses
Université de Westminster, Marylebone Campus, Wood lecture Theatre,
35 Marylebone Road,  London NW1 5LS (Métro : Baker Street)
(entrée située en face du musée de Mme Tussaud)

Yves Jégo

Yves Jégo

L’UDI, la nouvelle formation politique qui rassemble la famille centriste, est la plus populaire aux yeux des Français selon un récent sondage BVA (lire : “L’UDI organise son réseau à l’étranger et lance le club UDI-Royaume-Uni” du 02 novembre 2013).

Refonder une Europe plus intégrée et fédérée, protectrice de ses concitoyens et mieux armée dans la compétition internationale est la première priorité de l’UDI.

A moins de quatre mois de l’élection européenne, cette rencontre avec Yves Jégo sera l’occasion d’échanger sur les enjeux de cette grande échéance pour la France et l’avenir de l’Europe.

La rencontre sera suivie du verre de l’amitié.

Les portes ouvriront dès 18h00 pour une séance dédicace du livre d’Yves Jego : “La Campagne de France 1814”.

L’entrée est libre, mais nous vous remercions de bien vouloir nous informer de votre présence par e-mail : clubroyaumeuni@parti-udi.fr

Eddy Hasson, Français libre, nous a quittés

Il aurait eu 100 ans, le 4 septembre prochain.

Eddy Hasson et Olivier Cadic

Eddy Hasson et Olivier Cadic

Eddy Hasson venait d’être nommé chevalier de l’ordre national du Mérite, lors de la toute dernière promotion. Trop juste pour recevoir sa décoration des mains d’un représentant de la République. Eddy était rompu à cet exercice puisqu’il collectionnait les distinctions, avec cette particularité d’avoir gagné ses premières médailles au feu de l’ennemi. Eddy a rejoint les Forces françaises libres à Londres le 1er juillet 1940, soit moins de deux semaines après l’appel du Général de Gaulle sur les ondes de la BBC. Eddy était un héros de guerre.

Né en Turquie, il a bourlingué avant de s’établir en Angleterre auprès de son épouse Gwen et de devenir un membre actif et singulier de notre communauté française. Chaleureux, drôle, attentif à tous, l’homme savait donner de la saveur à chaque instant, comme ceux qui ont survécu aux bourrasques de l’Histoire.

Derrière l’homme, c’est le soldat qui s’incarnait lors de chaque cérémonie officielle. Ces rendez-vous étaient importants pour Eddy. Pas pour lui-même, pas pour la gloriole, loin de là, mais importants pour la France d’aujourd’hui, pour les copains d’hier, pour le devoir de mémoire, en somme.

Eddy était un personnage, comme on dit. Brigitte Williams, déléguée de la « Fondation de la France Libre » m’a confié que le 14 décembre 2013, au matin du jour de son départ, il lança avec un large sourire à l’infirmière : “Vous avez de beaux yeux !”. Il laisse ici-bas un grand vide et des amis emplis de tristesse.

Plusieurs pages lui sont consacrées dans le livre d’Eric Simon “Londres, au fil de la France Libre”. Sous le coup de la nouvelle, l’auteur m’a adressé ces quelques lignes en hommage à Eddy :

Eddy Hasson, notre légionnaire

À chaque commémoration, Eddy, coiffé de son képi blanc portait le drapeau des anciens combattants, arborant avec fierté son insigne de la France Libre au revers de son veston. Eddy était un personnage droit, discret. Sa vie, c’était celle d’un jeune immigré qui avait découvert notre pays en 1919 et qui lui donna beaucoup. Des sables du désert, en passant par les plages de Narwick, jusqu’à sa petite maison d’Ealing, il devait se donner sans cesse à sa communauté. Chez lui, sur les murs, on pouvait voir des témoignages signés par le général de Gaulle, des décorations gagnées au combat. Eddy Hasson Légionnaire

Eddy remontait notre moral à grands coups de bonne humeur et d’humour. Son dernier combat aura été pour Gwen, son épouse malade. Homme de devoir, volontaire déterminé, Eddy passa les dernières années de la guerre à aider à déterrer les cadavres des victimes des bombardements. Nul ne l’a jamais entendu gémir ou se plaindre; nul ne l’a jamais entendu se vanter. Pauvre Eddy, soldat, légionnaire, chanteur d’opéra, artiste, tu nous as quittés au moment même où la France venait de te faire chevalier de l’ordre du Mérite ! Tu nous as quittés dans la discrétion, sans qu’un drapeau tricolore orne ton cercueil et c’est dommage. Merci de nous avoir considérés comme tes amis !

Éric Simon

Photo : Eddy Hasson, entouré d’Eric Simon et Brigitte Williams, déléguée de la Fondation de la France Libre

Pour en connaitre davantage sur la vie d’Eddy, je vous invite à lire son portrait réalisé par Julie Philippe, l’an dernier, et publié dans Lepetitjournal : « Eddy, combattant poète de la seconde Guerre mondiale » du 28 juin 2012

Gala de bienfaisance du CFBL, le 1er février 2014

Vous êtes invités, dès à présent, à réserver cette date importante sur votre agenda.

Soirée de gala du Collège Français Bilingue de Londres
Samedi 1er février 2014 aux Grand Connaught Rooms
A partir de 18h30 (ou 17h pour vivre France-Angleterre de Rugby)

Pour toute information, veuillez visiter le site du gala 2014.

Affiche Gala CFBL 2014Par ailleurs, les organisateurs font un appel aux dons pour la vente aux enchères silencieuse qui a lieu pendant le dîner. Toutes les idées sont les bienvenues : objets ou services, consommables ou œuvres d’art. Pensez que votre générosité peut être l’opportunité de faire connaitre vos activités au sein de notre communauté.

Cette seconde édition prend très bonne forme, nous dit Elisabeth O’Regan, présidente de l’association des parents d’élèves du CFBL, avec des innovations, des surprises, bref tout sera encore mieux que la première fois (lire : “Le premier diner de gala du CFBL” du 11 octobre 2012).

Les fonds recueillis serviront à alimenter l’opération Orphée, un projet formidable qui vise à faire chanter un opéra aux 700 élèves du collège sur une scène londonienne, en juin prochain  (lire : “Le CFBL lance l’opération Orphée” du 18 décembre 2013).

On rappelle que le premier diner de gala a servi à financer les £18.000 du projet « cour verte » qui devrait s’achever en 2015 pour donner un cadre de verdure aux élèves. En outre, votre générosité a permis de créer un fonds de solidarité au profit des parents ne pouvant couvrir la participation de leurs enfants à des voyages éducatifs (5000£) , ainsi qu’un « welfare fund » dont la responsabilité a été confiée à Sophie Routier pour aider les parents ne pouvant faire face aux frais de scolarité (7000£).

Ouvert en 2011, le Collège Français Bilingue de Londres (CFBL) a atteint sa pleine capacité et accueille plus de 700 élèves en primaire et en secondaire. Il est le deuxième établissement scolaire francophone de Londres, après le Lycée Charles de Gaulle.

A l’instar du lycée de Gaulle, l’établissement bénéficie de l’épatant dynamisme de ses parents d’élèves, multipliant les projets : lire le petit abécédaire des activités sur le site de l’association des parents d’élèves du CFBL.

L’année 2014 va raviver notre devoir de mémoire


En 2014, les peuples des cinq continents vont commémorer le centenaire de la Première guerre. On se souviendra aussi du 70ème anniversaire du Débarquement de Normandie.

Bernard Emié, ambassadeur de France, et Olivier Cadic au cimetière de Brookwood, devant le monument où figurent les noms des 226 Français Libres, aviateurs, marins et soldats

Bernard Emié, ambassadeur de France, et Olivier Cadic au cimetière de Brookwood, devant le monument où figurent les noms des 226 Français Libres, aviateurs, marins et soldats

Qu’est-ce que le devoir de mémoire ? Ne pas oublier ceux qui ont payé de leur vie notre liberté, a dit Bernard Emié, notre ambassadeur, le 11 novembre dernier devant la statue de maréchal Foch à Grosvenor garden.

Quelques drapeaux qui claquent au vent, un air de clairon qui fige l’assistance, des paroles protocolaires… la mise en scène peut paraitre bien sommaire, mais le sens est profond, abyssal même. “Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre”, pensait Winston Churchill, lui, qui a vécu les deux guerres. Il suffit à notre bonheur que les soldats portent des uniformes de parade et des fusils vides, parce que “c’est avant tout la paix que nous célébrons aujourd’hui”, a rappelé Bernard Emié dans son discours.

Au cours de la Grande guerre, un million trois cent mille soldats français, de tous âges et de toutes conditions, ne sont jamais revenus dans leurs foyers. “Sacrifice ultime”, “morts au champ d’honneur”, nous les payons de mots, certes, mais perpétuer leur souvenir fait assurément avancer l’humanité. Cent ans après, nous partageons la même monnaie avec l’Allemagne…

Lors des cérémonies de l’Armistice, notre ambassadeur de France à Londres s’est rendu, pour la première fois, au cimetière de Brookwood, le plus grand d’Angleterre, où reposent plus de 5000 combattants de toutes nationalités.

Brookwood 1 nov 2013

Bernard Emié salue Guy Audibert, pdt de l’association des Anciens combattants. En arrière-plan, Olivier Renard, pdt du Souvenir Français au Royaume-Uni. Au premier-plan, le contre-amiral Henri Schricke, élevé au rang d’officier de la légion d’honneur, le jour même, par notre ambassadeur.

Bernard Emié s’est recueilli devant le carré français où se projette l’ombre de la croix de Lorraine lorsqu’un rayon de soleil parait. Ce plan de verdure regroupe “226 tombes des Forces françaises libres, marquées par la croix latine, le croissant ou l’étoile de David”, nous a-t-il fait observer en expliquant que “les hommes et les femmes de la France Libre, par leur exil patriotique, sont venus servir l’espoir et l’ambition d’une France fidèle à elle-même, celle qu’incarnait le Général de Gaulle”.

Ils sont morts “pour une certaine idée de la France” a-t-il résumé, en citant ces mots célèbres du Général.

Cette vision gaullienne de la France outrepasse largement le cadre guerrier : elle a suffisamment de chaleur et de lumière pour rappeler le peuple français à son propre destin.

Nous l’avons compris lorsque l’ambassadeur nous a lu ce fameux extrait des Mémoires de Guerre: “La France n’est réellement elle-même qu’au premier rang : que seules de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays tel qu’il est, parmi les autres, tels qu’ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans grandeur”.

Après la cérémonie, notre ambassadeur s’est rendu dans le pub de Brookwood pour partager le verre de l’amitié avec nos anciens combattants.

Sa venue à Brookwood constitue un geste fort qui a touché tous ceux qui sont attachés au devoir de mémoire. Lire Discours de Bernard Emié – Cérémonie du souvenir au cimetière militaire de Brookwood – 2013 (fichier pdf)

Red Carpet Day Report (7) : Pour le fisc français, les honnêtes gens sont-ils des fraudeurs qui s’ignorent ?

Lorsqu’on vient sonner à votre porte à l’aube, c’est rarement bon signe. Vous risquez de trouver, sur votre paillasson, quelques spécimens de cette France qui se lève tôt : les agents du fisc et les gendarmes. Sous le regard interloqué de votre famille, il faut d’abord faire bonne figure et se montrer rassurant. Il doit s’agir d’un malentendu. Du reste, vous avez la conscience tranquille et vous avez toujours prôné le respect vis-à-vis de l’autorité publique. Mais, petit à petit, et c’est tout naturel, vous allez vous sentir envahi par un sentiment d’indignation, surtout au moment où les “Men in Black” décident de monter à l’étage pour fouiller la chambre de vos enfants.

Catherine Fournier, maire de Frethun, fut "victime" d'un contrôle fiscal dont elle a fait le récit devant une assistance médusée

Catherine Fournier, maire de Frethun, fut “victime” d’un contrôle fiscal dont elle a fait le récit devant une assistance médusée

Catherine Fournier a vécu cette expérience, comme tant d’autres entrepreneurs installés en France et qui ont des activités à l’international. Elle a accepté de témoigner en préambule de l’intervention d’Alain Marchand, lors du Red Carpet Day, à Paris.

Catherine est maire de Frethun, une petite commune du Pas-de-Calais, depuis 1995. Elle est connue pour organiser chaque année en octobre, dans sa ville, les « Rencontres jobs transfrontaliers » où des entreprises du sud-est de l’Angleterre, mais aussi de Belgique ou de la Côte d’Opale viennent proposer des centaines de jobs ou de stages.

Catherine est aussi chef d’entreprise qui, avec son mari, a voulu étendre ses activités en Angleterre, à quelques minutes de Frethun à vol d’oiseau. Mal lui en a pris. L’établissement en question n’a pas fait l’objet d’un redressement sur la notion “d’établissement stable”, mais l’Administration ne s’est pas privée d’effectuer un contrôle sur ses autres sociétés.

Ne rentrons pas dans les détails d’une affaire pour laquelle elle fut totalement blanchie.

Le souvenir, lui, reste indélébile. Pour elle-même, pour ses enfants, ses voisins, ses salariés, disons tous ceux qui l’ont vue passer sous petite escorte.

Epilogue de l’histoire. Catherine fut invitée à se rendre sur le parking de l’administration fiscale pour la restitution de ses documents. N’y voyez pas une ultime brimade ! Non. Il est simplement plus facile de transférer des cartons de documents d’un coffre de voiture à l’autre. Des documents remis en vrac, pèle mêle. Debout devant ses cartons, taraudée par une envie de démarrer en trombe et de mettre un point final à ce mauvais feuilleton, Catherine a pourtant dit non. Elle a exigé et obtenu de l’Administration le tri des pièces saisies.

Le sourire et l’humour de Catherine ont empêché l’assistance de se congeler d’anxiété. Les applaudissements n’en furent que plus chaleureux et nourris lorsqu’elle céda la tribune à Alain Marchand, expert en fiscalité internationale.

Sur le plan des libertés publiques, Alain Marchand est clair : “il y réellement péril en la demeure” pour le contribuable. Et les atteintes aux libertés individuelles se font de plus en plus “violentes” souligne celui qui fut, lui-même, inspecteur des impôts pendant dix ans, dans les années 70.

L’explication d’une telle dérive relève en premier lieu de “l’apathie complice de tous les législateurs successifs depuis une quinzaine d’années”, puis, s’ajoute l’évolution technologique et l’ouverture des marchés qui ont sérieusement compliqué la tâche du fisc. En effet, à l’époque d’internet, l’impôt repose toujours sur le principe de la territorialité, sanction pénale à la clé. Face à la dématérialisation, une tendance de fond conduit à une sévérité accrue des contrôles, prévient Alain Marchand.

Enfermé dans sa paranoïa, le fisc finit par "rendre douteux ce qui est légal", explique Alain Marchand, avocat fiscaliste international

Enfermé dans sa paranoïa, le fisc finit par “rendre douteux ce qui est légal”, explique Alain Marchand, avocat fiscaliste international

De plus en plus d’exemples, dramatiques et ubuesques, montrent que cette tendance lourdement répressive vire carrément à la “paranoïa fiscale”.

A côté des procédures traditionnelles de droit commun ont émergé des procédures « coup de poing » (droit de visite, flagrance fiscale), en même temps qu’un renforcement des moyens (police fiscale) et des sanctions.

Consterné, Alain n’hésite pas à faire un parallèle avec la “loi des suspects” votée le 17 septembre 1793 sous la Terreur ! Tous les suspects devaient être immédiatement arrêtés. Le texte étendait la qualité de suspect à “ceux qui n’ont pas constamment manifesté leur attachement à la révolution” ! Bref, tout le monde, potentiellement.

Ce climat anxiogène est funeste pour la vie des affaires, puisqu’il “rend douteux ce qui est légal”, stigmatise Alain.

Un exemple, basé sur un fait réel : vous avez créé une entreprise au Royaume-Uni et vous rentrez le week-end en France pour retrouver votre famille. Tout est absolument légal dans votre vie. Mieux vaut ne pas transporter un ordinateur portable qui pourrait prouver que vous gérez, de fait, votre organisation anglaise depuis la France…

Seule la poursuite de la construction européenne pourra restaurer nos libertés, du moins on peut l’espérer. Pour Alain Marchand, il ne faut rien attendre de gouvernements qui justifient leur pouvoir inquisitorial par une “connotation moralisante” qui fait mouche dans l’opinion publique, à fortiori en période de crise.

De nombreux témoignages de harcèlement fiscal à l’encontre d’entrepreneurs travaillant à l’international depuis la France me sont parvenus ces derniers mois. J’ai évoqué cette question lors de mes rencontres, en septembre dernier à Bercy, avec Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, puis à l’AFE avec Fleur Pellerin, ministre des PME. Les deux m’ont répondu que le ministre du Budget devait faire rentrer dans les caisses de l’état plusieurs milliards d’euros “pris sur la fraude fiscale”.

L’administration fiscale met sous pression nos entrepreneurs exportateurs car elle ne peut contrôler l’intégralité de leurs opérations situées à l’étranger.
Le Red Carpet Day a permis de prendre conscience de cette réalité. Merci à Catherine Fournier et Alain Marchand d’avoir décrit cette situation avec objectivité.

Jeremy Burton, consul honoraire au service des Français de Leeds

Chaque année à la même période depuis mon élection à l’AFE, je me rends dans le Yorkshire. Je suis très attaché à ce voyage tant j’ai plaisir à retrouver la petite école de Leeds que je vois grandir depuis 2006.

Olivier Cadic et l'équipe de la Petite école de Leeds : Fabienne Harrigan, Céline Faure, Olivia Neligan, Jeremy Burton

Olivier Cadic, l’équipe de la Petite école de Leeds : Fabienne Harrigan, Céline Faure, Olivia Neligan et Jeremy Burton, consul honoraire (18 nov. 2013)

En novembre dernier, une réunion publique m’a permis de discuter avec les parents de tous les sujets qui les préoccupent. Comme je vous l’avais annoncé, j’ai eu le privilège d’être accompagné par Jeremy Burton, consul honoraire de Leeds, dans les locaux de la Petite école de Leeds (lire : “Invitation à deux réunions publiques à Leeds” du 18 novembre 2013).

Nous avons été chaleureusement accueillis par Olivia Neligan qui, avec Fabienne Harrigan et Céline Faure, constituent la nouvelle équipe dirigeante de l’école. Fondée en 2005 par Patricia Lefèvre, Catherine Blain et Corinne Lapierre, elle regroupe 120 élèves tous les samedis matin répartis en neuf classes de niveaux différents (de la maternelle à la classe ado, équivalent de la 6ème) pour découvrir la langue française à travers diverses activités.

Lors de la réunion d’information proprement dite, les participants se sont plaints de la difficulté à renouveler un passeport. Jeremy Burton a mis en relief les disparités de traitement administratif par les pays d’Europe pour établir le même document à l’attention de leurs ressortissants.

Le Royaume-Uni se satisfait d’une demande de renouvellement du passeport électronique par La Poste ; L’Allemagne permet aux consuls honoraires de prendre les empreintes biométriques contre 30 euros de défraiement ; la France, quant à elle, impose le déplacement de ses expatriés au consulat général, sauf pour les mineurs de moins de 12 ans…

Les participants ont plébiscité le modèle allemand : payer 30 euros au lieu de se rendre au consulat de France à Londres !

Entourés par Isabelle Emié et Bernard Emié, ambassadeur de France au Royaume-Uni, Jeremy Burton arbore sa Légion d'honneur à coté de son épouse Martine

Entourés par Isabelle Emié et Bernard Emié, ambassadeur de France au Royaume-Uni, Jeremy Burton arbore sa Légion d’honneur à coté de son épouse Martine.

Cette réunion a permis aux Français de Leeds de saluer aussi unanimement l’hommage que la République vient de réserver à Jeremy Burton, en le décorant des insignes de l’Ordre national de la Légion d’honneur, par l’entremise de notre ambassadeur Bernard Emié.

La cérémonie a eu lieu à Londres il y a deux mois. Notre ambassadeur a vu en Jeremy « l’incarnation de notre diplomatie d’influence ».

Son engagement au service de la France s’est officialisé en 1985. En effet, depuis bientôt 30 ans et à titre bénévole, Jeremy est le consul honoraire de France à Leeds, ville qui l’a vu naitre en 1951.

Sa mission consiste à rapprocher nos services publics de la communauté française du  nord du Royaume-Uni. Sous l’autorité du consul général de Londres, il est ainsi habilité entre autres à délivrer des procurations de vote ou remettre des passeports (lire : “La remise des passeports confiée aux consuls honoraires” du 13 septembre 2010). D’une manière générale, il apporte assistance aux Français vivant sur place ou à ceux de passage, notamment auprès des autorités locales.

Au-delà de ses attributions administratives, le consul honoraire joue le rôle d’un diplomate local au service des intérêts de la France. Ils sont une vingtaine au Royaume-Uni à agir quotidiennement avec talent et abnégation au service de nos compatriotes éloignés de Londres.

Lorsque l’ambassadeur,  Bernard Emié, a brossé le portrait de cette “personnalité si attachante”, chacun a mesuré la profondeur et la latitude avec laquelle Jeremy conçoit son rôle. Diplomatie économique, culturelle ou encore diplomatie des territoires, égrena notre ambassadeur. Concrètement, lorsque le Tour de France  va prendre le départ à Leeds, le 5 juillet 2014, ou encore lorsque Lille et Leeds décident de tisser des liens particuliers, c’est que Jeremy a mis son grain de sel, dirons-nous seulement pour ménager sa modestie.

J’ai été très heureux de pouvoir adresser mes plus vives félicitations à Jeremy Burton à la Résidence de France puis en compagnie de nos compatriotes de Leeds pour lesquels il ne ménage ni son temps, ni ses efforts.

Mes vœux 2014 aux Français de l’étranger

Mes chers compatriotes,

J’ai le plaisir de vous adresser mes vœux sur Angleterre21.tv et remercie toute l’équipe de cette web tv dédiée à tous les Français et francophones résidant au Royaume-Uni.
Voeux 2014 Olivier Cadic sur TV Angleterre21

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Olivier Cadic sur Angleterre21.tv