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Voter au Royaume-Uni en 2012 – Date limite pour l’inscription sur la liste électorale consulaire – samedi 31/12/11 !

Il ne reste plus que trois jours pour s’inscrire sur la liste électorale consulaire (LEC) afin de voter en 2012 à Londres pour les élections présidentielles et législatives.

Il m’arrive encore ce jour des messages pour me demander comment procéder.

Désormais, il faut faire vite !

Le plus sûr est de remettre personnellement vos documents au consulat. Vous pouvez néanmoins utiliser les services de la Royal Mail à condition que le courrier parvienne bien au consulat samedi au plus tard (si le courrier arrive lundi 2 janvier, il sera trop tard).

Je me joins au consul adjoint à Londres, Olivier Tulliez, pour vous adresser ces quelques recommandations :
Pour s’inscrire sur la LEC de Londres pour voter en 2012 : rien de plus simple, l’inscription s’effectue à distance.
1) Voir le site du consulat général de France à Londres :
www.ambafrance-uk.org/Inscription-sur-le-registre-des
2) Télécharger le formulaire d’inscription au Registre des Français établis hors de France
et sur la LEC à remplir et à renvoyer avec les pièces justificatives:
www.ambafrance-uk.org/Inscription-au-registre-des,12095

Je rappelle que votre dossier d’inscription devra parvenir au consulat, par voie postale ou en main propre, avant samedi 31 décembre 2011 à 18h00.

Afin de vous faire gagner du temps, vous trouverez ci-joint le formulaire à remplir, ainsi que la liste des pièces à fournir :
– Formulaire_1er_inscription 092011  (fichier pdf)
– Piece à fournir Inscription – Renouvellement au consulat  (fichier pdf)

Jean-Claude Poimboeuf poursuivra sa brillante carrière à Paris

Début décembre, pendant un entretien avec Bernard Emié, je lui ai dit ma surprise d’avoir appris le départ imminent Jean-Claude Poimboeuf pour Paris. Notre ambassadeur s’est soudain assombri, me confiant que c’était « un vrai coup dur ».

Olivier Cadic et Jean-Claude Poimboeuf encadrant une collaboratrice à l’ambassade de France à Londres

Jean-Claude Poimboeuf était ministre conseiller, numéro 2 de l’ambassade depuis juillet 2008.

En maintes circonstances, j’ai vu ce fin diplomate à la manœuvre. Discret et dévoué, il lui convient d’œuvrer dans l’ombre au service de l’ambassadeur. Mais il se révèle tout aussi à l’aise devant les feux de la rampe, comme lors de cette soirée de l’APL où il avait prononcé un vibrant discours devant les parents d’élèves du lycée Charles de Gaulle, jouant l’intérimaire de luxe avant l’arrivée de Bernard Emié.

Une petite anecdote qui en dit long sur son esprit affuté : lors du 50ème anniversaire de l’Appel du 18 juin alors que nous attendions l’arrivée du Président de la République Nicolas Sarkozy et du Premier ministre David Cameron, il m’a réglé un problème de protocole avec une insolente facilité, car aucun détail de la cérémonie ne lui avait échappé. Et cela, au moment même où la présence des ministres et des parlementaires atteignait un niveau jamais égalé à Londres !

« L’Histoire repasse rarement les plats », a-t-il plaidé pour justifier son brusque départ de Londres, qui n’était pas prévu avant l’été 2012. Depuis le 12 décembre 2011, Jean-Claude Poimboeuf est directeur des Ressources humaines du ministère des Affaires étrangères et européennes. Cette responsabilité exceptionnelle démontre que ses talents étaient connus en haut lieu.

L’émotion était palpable chez ses collaborateurs lors de la cérémonie d’au revoir, organisée par Bernard Emié, le 9 décembre dernier.

Je vous laisse découvrir sa biographie (fichier Pdf) : bio_JCPoimboeuf, ainsi que le discours de notre ambassadeur en vidéo :

Au Royaume-Uni, le nombre d’écoles Flam a été multiplié par 4 depuis 2008 !

Est-ce l’effet de ce charmant acronyme de Flam qui fait crépiter l’amour de la langue française aux quatre coins du Royaume-Uni ? Toujours est-il que l’essor du programme Français langue maternelle (Flam) est époustouflant : 10 écoles en 2008 contre 46 en 2011 !

Ce sont aujourd’hui près de 3000 enfants qui sont concernés par l’apprentissage du français dès leur plus jeune âge, si essentiel au sein des familles binationales. Le succès de cette démarche associative incombe essentiellement à des parents qui investissent leur temps et parfois leur argent. En effet, l’apprentissage étant délivré dans un contexte extrascolaire ou parascolaire, d’où le nom de petites écoles du samedi, il s’agit bien d’une nouvelle astreinte pour eux.

2898 écoliers Flam outre-Manche c’est presque autant de monde que le site de South Kensington du Lycée Charles de Gaulle ! Lors de ma visite à Manchester et Leeds, le mois dernier, j’ai pu juger que la vitalité des responsables d’école et des parents pour cet enseignement parallèle ne se dément pas.

Membre du conseil d’administration de l’AEFE, je suis attentivement le programme Flam désormais piloté et géré par l’AEFE, l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger. Si la progression enregistrée au sein du Royaume-Uni est éloquente, elle est également à mettre en perspective avec les résultats des autres pays : nous sommes clairement les leaders mondiaux !

Pour vous donner la mesure de notre dynamisme : 95.700€ de subventions ont été attribuées au Royaume-Uni sur une enveloppe totale de 600 000€ soit plus de 15% de l’enveloppe mondiale. En 2011, 78 dossiers de subventions avaient été instruits par l’AEFE, émanant de 25 pays !

L’année 2011 aura été un grand cru pour le plan Ecole. Je vous avais récemment fait un point très positif concernant l’objectif n°1 qui vise à augmenter le nombre de places dans le réseau d’enseignement français (lire : « Plan Ecole : 2/3 des 1 500 places supplémentaires prévues sont déjà créées » du 10 décembre 2011). Je me réjouis aujourd’hui des avancées de l’objectif n°3 du plan Ecole dédié au développement du programme Flam, qui, en qualité de « premier maillon de l’enseignement bilingue » rejoint l’objectif 2 relatif au bilinguisme.

Depuis quatre ans, Vincent Gleizes, notre attaché de coopération pour le français à l’ambassade a su diffuser en réseau les bonnes pratiques, partager les expériences de tout ordre et, enfin, enrichir constamment un référentiel de compétences pédagogiques. On ne tarit pas d’éloges à son sujet dans toutes les petites écoles qu’il a aidées à émerger administrativement, financièrement et humainement.

Comment Flam peut-il continuer d’embraser le Royaume-Uni ? Il faut travailler à la fois l’aspect pédagogique pour garantir le sérieux de l’enseignement et le coté financement pour assurer la pérennité des écoles.

Sur le plan pédagogique, Vincent Gleizes travaille à faire émerger une méthode d’enseignement spécifique pour les maternelles.

En matière de financement, j’ai déclaré dans de nombreuses enceintes qu’il fallait revoir le concept de subvention dégressive. Il est préférable de faire croître l’aide pour accompagner le développement d’une école plutôt que de chercher à gonfler une subvention pour son lancement, puis de la diminuer progressivement dans le temps. De plus, je suis convaincu que nos entreprises nationales présentes à proximité de ces écoles pourraient être associées à cette dynamique et donner un modeste coup de pouce financier qui parfois change tout.

Le 30 novembre dernier, lors du dernier conseil d’administration de l’AEFE, la directrice Anne-Marie Descôtes a annoncé une réflexion mondiale sur l’évolution de Flam par rapport à l’AEFE. Elle a également développé l’idée de faire travailler l’AEFE avec le CIEP (Centre international d’études pédagogiques) sur ce sujet.

Opérateur public de référence des ministères chargés de l’éducation et de l’enseignement supérieur, principal partenaire opérateur du ministère des Affaires étrangères et européennes pour la langue française, le CIEP contribue à la réflexion dans le domaine de la coopération internationale en éducation. Le CIEP pourrait proposer utilement une méthode d’enseignement spécifique Flam pour les primaires.

Cette orientation proposée par Anne-Marie Descôtes me paraît très judicieuse. J’ai suggéré à la directrice que la réflexion au niveau mondial prenne en compte l’expérience réussie au Royaume-Uni et que le processus d’attribution des subventions aux associations soit rendu plus transparent.

Nous pouvons être fiers du chemin parcouru et confiants en nos possibilités. Nous avons notre destin en main, d’autant plus que n’importe quel citoyen peut venir apporter sa pierre à l’édifice, c’est là tout l’attrait et l’originalité du programme Flam.

Bilan FLAM pour le Royaume-Uni :

Nombre d’écoles** Nombre d’élèves* subvention pour
2008 10 705 43 364,00€ 11 écoles
2009 26 1302 34 500,00€ 13 écoles
2010 32 1426 95 700,00€ 13 écoles
2011 46 2898 99 500,00€ 13 écoles

*Estimation basée sur la moyenne des chiffres reçus.
Source Vincent Gleizes – Ambassade de France – Services culturels

Lire le rapport de l’AEFE (fichier pdf) : Bilan_Programme_Flam2011

Photo Flickr de Handkasteel

Mon Infolettre n°10 de décembre est disponible

J’ai eu plaisir d’adresser à nombreux d’entre-vous mon Infolettre n°10 qui liste les articles publiés en cette fin d’année, regroupés par rubriques.

A l’attention des non-abonnés, je vous reproduis, ci-après, l’éditorial:

Madame, monsieur, chers compatriotes du Royaume-Uni,

L’année 2011 s’achève avec deux annonces du gouvernement très encourageantes pour les Français du Royaume-Uni. Le ministre des Transports Thierry Mariani a répondu à la question posée par la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam sur le dossier du métro transmanche, objectif 2 de notre plan emploi. Il fait part de son « avis extrêmement favorable » et prodigue « de précieux encouragements aux porteurs du projet.» A l’heure où la compagnie Sea France est menacée d’une disparition pure et simple, je souhaite que les élus du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais s’investissent désormais pleinement à nos côtés pour concrétiser cette nouvelle liaison entre la côte d’Opale et le Kent.

Mon engagement pour affranchir nos aînés de la remise régulière et contraignante d’un certificat de vie pour continuer de percevoir leur pension, alors qu’une simple déclaration sur l’honneur suffit en France, a retenu l’attention d’Edouard Courtial, secrétaire d’Etat aux Français de l’Etranger. Il a annoncé le 16 décembre devant le bureau de l’AFE une concertation en janvier. Une réflexion interministérielle devrait faire émerger un nouveau dispositif simple et rapide.

J’ai pu le remercier pour ce soutien. Edouard Courtial prévoit de venir à Londres mi-janvier pour inaugurer le CFBL (Collège Franco-Bilingue de Londres), succès éminent de l’objectif 1 de notre plan Ecole. Il a répondu favorablement à ma suggestion de visiter le centre Charles Peguy. Plus de 1 400 jeunes français à la recherche d’un emploi sont venus au Centre en 2011. Avec plus de 700 placements par an, cette institution affiche nos meilleurs résultats en matière d’emploi à l’étranger. Dépasser les 1000 placements par an constitue le premier objectif de notre plan Emploi.

Je vous souhaite de très belles fêtes de fin d’année.

Très cordialement – Olivier Cadic

Accédez à l’infolettre n°10 (nov-dec 2011)

Photo Flickr de Holeymoon

Les certificats de vie bientôt simplifiés pour les Français de l’étranger ?

Je vous reparle avec plaisir de la question du certificat de vie puisque la situation pourrait évoluer favorablement.

Cet été, j’avais attiré l’attention de Jean Leonetti, ministre chargé des Affaires européennes, sur la discrimination de traitement des retraités résidant à l’étranger, en marge de son déplacement à Londres (lire : « Notre nouveau ministre chargé des Affaires européennes, Jean Leonetti, nous aidera-t-il au sujet des certificats de vie ? » du 27 juillet 2011 ). On exige de leur part la production régulière d’un certificat de vie tandis qu’une simple déclaration sur l’honneur suffit aux résidents en France pour continuer de recevoir leur pension. A la rentrée, j’avais soutenu et relayé la plainte d’un retraité britannique déposée auprès de la Commission européenne pour exercice d’une discrimination (lire : « Le certificat de vie objet d’une plainte pour discrimination auprès de la Commission européenne » du 05 septembre 2011).

Enfin, alors qu’Edouard Courtial venait d’être nommé secrétaire des Français à l’étranger, j’avais interpellé Serge Muscetti, son directeur de cabinet, au sein d’une réunion de l’AFE, Assemblée des Français de l’étranger, le 30 septembre 2011 (lire : Intervention O. Cadic auprès de Serge Muscetti  – fichier pdf).

Edouard Courtial, secrétaire d'Etat chargé des Français de l'étranger, a annoncé devant l'AFE l'ouverture d'une réflexion interministérielle au sujet du certificat de vie

Je vous disais que la situation évoluait positivement. En effet, notre secrétaire d’Etat, Edouard Courtial, a annoncé aux Français de Stockholm, le 13 décembre dernier, que le gouvernement prévoyait de simplifier la procédure des certificats de vie : « Je souhaite aussi que des formalités, comme le versement des pensions ou les demandes de bourses scolaires, soient dispensées de la production de certains certificats qui alourdissent les démarches des Français de l’étranger. Par exemple, nous travaillons en ce moment sur le certificat d’existence ou de vie ».

Aussi, ai-je profité de sa venue devant l’assemblée de l’AFE, vendredi dernier, pour le remercier et lui demander à quelle échéance nous atteindrons l’égalité de traitement.

« Monsieur le ministre,

Le 30 septembre 2011, vous aviez délégué votre directeur de cabinet Serge Musceti pour rencontrer les élus de l’AFE de la zone Europe.

Je l’avais alerté sur un grand problème de discrimination lié au certificat de vie. Il y a deux formulaires CERFA, un pour les retraités qui résident en France. Pour le certificat de vie, c’est une déclaration sur l’honneur. Dès lors que vous n’êtes pas résident en France, vous avez un autre certificat et sur le document CERFA, il y a obligation de validation et signature par l’autorité consulaire. C’est une discrimination pour beaucoup qui commence à faire l’objet de procédures dont je me suis fait l’écho.

Depuis quelques semaines, des retraités d’Allemagne et du Royaume-Uni m’ont informé qu’une caisse de retraite de cadres acceptait désormais le certificat sur l’honneur. Je suis heureux de partager ce progrès avec vous.

J’ai pris connaissance de votre discours tenu devant les Français de Stockholm le 13/12/11. Je me suis réjoui de découvrir que vous souhaitiez que des formalités, comme le versement des pensions ou les demandes de bourses scolaires, soient dispensées de la production de certains certificats qui alourdissent les démarches des Français de l’étranger. Vous avez annoncé travailler en ce moment sur le certificat d’existence ou de vie.

Je voudrais vous remercier de cet engagement si important pour les Français de l’étranger et savoir si vous pouvez fixer des objectifs en terme de délai pour aligner la procédure pour toutes les caisses de retraite pour les retraités établis en France avec ceux établis dans l’Union Européenne. »

Le secrétaire d’Etat a répondu par l’annonce d’une concertation en janvier. Une réflexion interministérielle devrait faire émerger un nouveau dispositif simple et rapide.

Hélas, Edouard Courtial n’a pas pu s’engager sur une date limite. Souhaitons qu’il aboutisse avant le mois de mai prochain, il pourrait alors justifier pleinement d’une action réussie au service des Français de l’étranger.

Le consul Edouard Braine valorise les bonnes pratiques britanniques en matière de handicap

Edouard Braine, consul général à Londres, tétraplégique depuis neuf ans suite à une chute de cheval

« La Grande-Bretagne a cinquante ans d’avance sur la France en matière d’ingénierie sociale ! » Edouard Braine, notre consul général n’avait pas mâché ses mots lorsque le sujet du handicap était venu sur la table, lors du séminaire UFE Corporate du 20 octobre 2011 à Ashford (lire : « Conférence UFE Corporate (5) : Tous égaux devant l’emploi au Royaume-Uni » du 19 novembre 2011).

Quelques jours plus tard, le consul transformait opportunément la mise en service d’un ascenseur au consulat de Londres en une journée événementielle sur le thème du handicap.

Un colloque fut d’abord organisé, ce 8 novembre, dans le but de s’inspirer des bonnes pratiques britanniques réunissant une trentaine de personnalités et de journalistes, puis ce fut l’inauguration très officielle de l’ascenseur en faveur… de toute personne en peine avec des marches d’escaliers. Bernard Emié, ambassadeur de France, tenait le ruban tricolore coupé par Julie Mills, maire du Royal Borough of Kensington and Chelsea, elle-même accompagnée d’un aréopage de collaborateurs. Tous ces officiels réunis en grande pompe devant un ascenseur, la scène avait un caractère surréaliste, c’était bien l’intention du consul de donner force de symbole à un outil si banal et si évident qu’il a fallu attendre 2011 et l’arrivée d’un homme tétraplégique à la tête du consulat.

Ensuite, la journée s’acheva par un concert admirable, associé à une vente aux enchères au profit de jeunes socialement défavorisés, mais physiquement valides (lire : « Notre consul Edouard Braine vous donne rendez-vous au concert «Beyond difference – Musique en Selle», le 8 novembre 2011 » du 24 octobre 2011).

Le jour du colloque, le film « Intouchables » avait déjà dépassé deux millions d’entrées pour sa première semaine d’exploitation. Une situation fortuite qui donnait encore plus d’écho au discours d’Edouard Braine. A propos du titre même du film, il explique dans les colonnes de Valeurs Actuelles, que « ce refus du mot handicapé, qui singularise, stigmatise et marginalise socialement les victimes est le premier succès de ce plaidoyer en faveur de l’acceptation de la normalité. »

L’esprit singulier du sociologue Théodore Zeldin nous a offert d’une vision alternative de la normalité en postulant que « nous sommes tous handicapés. Chacun d’entre nous a ses faiblesses et celui qui n’en a pas conscience est le plus handicapé de tous ! » Les participants au séminaire d’Ashford se souviennent de la liberté de ton et de pensée du personnage (lire : « Conférence UFE Corporate (3) : Théodore Zeldin, l’Anglais qui adore la France » du 26 octobre 2011).

Au-delà des questions morales et éthiques, les intervenants furent toujours très pragmatiques. L’enjeu porte essentiellement sur l’accessibilité, parce que la ville fait figure de milieu hostile, surtout en France. Depuis la loi de 2005, il est vrai qu’on observe de plus en plus de rampes d’accès ou de sanitaires adaptés. Mais ce n’est pas suffisant, car le diable se cache dans les détails. Et puis, il n’y pas que les fauteuils roulants : 80% des handicaps sont invisibles, nous disent les études.  Comment l’environnement social français peut-il se rendre plus accueillant et donner simplement envie de sortir de chez soi pour le travail, les loisirs ou les démarches courantes ?

Londres vit déjà à l’heure des Jeux Olympiques et l’acclimatation de la ville aux personnes à mobilité réduite sera encore renforcée en guise de vitrine mondiale, d’où la présence à la réunion de Sir Philip Craven, président du comité paralympique international, et Gérard Masson, président de la fédération française handisport et chef de la délégation française Londres 2012. Il a notamment été question de l’accessibilité exemplaire du métro de Londres.

Hervé Mariton, député UMP de la Drôme et maire de Crest, devant l'ascenseur du consulat de Londres, prêt à être inauguré

Une réalisation qui a retenu toute l’attention d’Hervé Mariton, député UMP de la Drôme et maire de Crest qui a fait tout spécialement le déplacement au consulat puisqu’il est d’une vigilance particulière en faveur de ses concitoyens physiquement diminués. Il a ainsi posé, le 4 octobre dernier, une question écrite au ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale pour s’indigner de l’impossibilité pour les personnes handicapées de cumuler l’allocation aux adultes handicapés (AAH) avec une pension de réversion en cas de perte du conjoint (question n°119041 toujours en attente de réponse).

Hervé Mariton rentrera en France en ayant également pris acte du succès outre-Manche du programme Motability, brillamment exposé par Christophe Desplace. Motability aide plus d’un demi-million de britanniques en situation de handicap à se déplacer individuellement, en finançant  leur automobile aménagée (ou bien un scooter, un fauteuil…). Par ailleurs, les parents d’enfants handicapés moteur de plus de trois ans bénéficient également d’une voiture entièrement financée.

Personnellement, j’emporterai de cette journée instructive le délicieux souvenir de ma rencontre avec Diane Szynkier, venue communiquer sur le réseau Hevah (Hautes Etudes et Vie Active avec un Handicap) qu’elle anime bénévolement. Réunissant plus d’une centaine de cadres supérieurs en situation de handicap (et d’étudiants en cursus supérieur), Hevah organise des rencontres et des échanges sur des thématiques professionnelles (Reseau Hevah octobre 2011 – fichier pdf). Les témoignages de ces cadres d’entreprises qui réussissent à concilier autorité et dépendance, déplacements internationaux et mobilité réduite ou encore compétition et regards condescendants sont le meilleur élixir de vie pour ceux que la vie a soudainement brisé physiquement et moralement.

Qui peut se prétendre à l’abri d’un coup du sort ? Seulement 15% des personnes handicapées le sont de naissance ou avant l’âge de 16 ans (Source Agefiph). Faut-il être personnellement affecté pour changer de regard et s’investir ?

L’action entreprise par Edouard pour aider la France à prendre conscience de son retard en matière d’infrastructures signifie bien que nos mentalités sont rétrogrades vis à vis des « Zandikapés », comme le dit notre consul aimant tant manier l’arme de l’humour. Pour le moins, il est parvenu à mettre en lumière un sujet « politiquement orphelin » en faisant un tabac médiatique : 10 minutes sur RTL avec Yves Calvi, les journaux Télévisés de France 2 et France 3 en prime time, un reportage sur M6 dans l’émission 66 minutes…

A ce propos, je vous encourage à lire son superbe texte publié dans Valeurs Actuelles qui lui a demandé son avis sur le film « Intouchables ». Sachez qu’Edouard avait lu « Le deuxième souffle », livre qui a inspiré le film dont il a rencontré l’auteur Philippe Pozzo di Borgo, à plusieurs reprises, au centre de rééducation de Kerpape près de Lorient où « nous avons tenté de réapprendre à vivre dans un corps brisé, à nous acclimater à notre condition de tétraplégique », dit-il. (lien vers l’article « Intouchables » est un plaidoyer pour l’acceptation de la normalité du handicap).

Dans ce combat, comme dans bien d’autres dès qu’il est question d’alléger un peu le fardeau de son prochain, Edouard Braine me fait penser à ces seigneurs de la Renaissance, érudits et humanistes, qui faisaient de l’Homme la mesure de toutes choses pour faire émerger un nouvel ordre, en invitant les plus beaux esprits et en puisant dans leurs fonds propres avec une discrétion proche de la désinvolture. J’avais envie d’évoquer ce petit détail.

Lire aussi : « Handicap : s’inspirer les bonnes pratiques britanniques » de Simon Gleize, Le Petit Journal du 9 novembre 2011

Le gouvernement acquiesce au projet de métro transmanche

Bonne nouvelle en provenance du palais du Luxembourg !

Lors du séminaire UFE Corporate, le 20 octobre dernier, Joëlle Garriaud-Maylam avait fait part de son enthousiasme et de sa détermination pour soutenir l’idée du métro transmanche. Quelques jours plus tard, notre sénatrice représentant les Français établis hors de France avait posé une question au ministre des Transports, dont nous venons d’avoir la réponse (lire : « Le métro transmanche s’invite au Sénat » du 21 novembre 2011).

Dans l’hémicycle du Sénat, c’est le secrétaire d’Etat Benoit Apparu qui s’est exprimé au nom de son ministre, Thierry Mariani, pour donner « un avis extrêmement favorable » et « de précieux encouragements aux porteurs du projet », nous fait savoir Joëlle Garriaud-Maylam.

C’est donc un pas très important qui vient d’être franchi ! La presse s’en fait déjà l’écho : « Le métro Transmanche sur de bons rails ? », La Voix du Nord du 14.12.2011

De plus, le ministère des Transports devrait prochainement proposer une évolution législative qui créerait les Groupements Européens de Coopération pour faciliter notamment ce type de projet, ajoute Joëlle Garriaud-Maylam . En effet, il va falloir faire travailler ensemble de nombreux intervenants publics et privés, dont les acteurs du transport (Sncf, Eurotunnel) et les élus des diverses collectivités territoriales (lire : « Conférence UFE Corporate (4) : Le Petit Journal fait le point sur le métro transmanche » du 28 octobre 2011).

Nous avons abondamment évoqué cette idée de liaison ferroviaire, d’une trentaine de minutes, entre le nord de la France (gare de Calais-Fréthun) et le sud-est de l’Angleterre (gare d’Ashford). Il s’agit d’un transport à bas coût qui emprunterait le tunnel sous la Manche, en s’intercalant entre les trajets Eurostar Paris/Londres. La finalité serait de multiplier le nombre de travailleurs transfrontaliers qui feraient quotidiennement l’aller-retour entre la côte d’Opale et le Kent. D’où le nom de « métro ».  (lire : « Conférence UFE Corporate (2) : Plaidoyer à 5 voix pour un métro transmanche » du 25 octobre, 2011).

Les investissements seraient relativement modestes (on utiliserait des trains régionaux existants de la Sncf) pour lutter durablement contre le chômage endémique du Nord Pas-de-Calais, d’autant que le Kent recherche de la main d’oeuvre, notamment les entreprises françaises implantées localement (Lire : « Conférence UFE Corporate (1) : SBE marque les esprits » du 21 octobre 2011).

Au delà de la création d’emplois, Joëlle Garriaud-Maylam souligne que cette liaison va « contribuer à redynamiser la région Nord de la France, avec un accroissement du tourisme et des investissements britanniques. »

Détail qui souligne tout l’intérêt du ministre des transport,  son représentant a également indiqué « que le ministère de l’Intérieur travaillait de son côté aux procédures à mettre en place pour faciliter les contrôles de sécurité et d’identité des personnes qui emprunteraient régulièrement ce moyen de transport, la Grande Bretagne n’étant pas signataire des accords de Schengen ».

Oui, Joëlle Garriaud-Maylam, le métro transmanche semble donc désormais sur de bons rails, et c’est bien grâce à vous. Je partage intensément votre vœu qu’il donne « une dimension nouvelle aux concepts d’Europe des régions et de citoyenneté européenne ».

Lire l’intégralité de l’échange du 13 décembre au Sénat (fichier pdf) : Question orale – Joëlle Garriaud-Maylam – Benoist Apparu

Photo Flickr de Sénat

La lettre UFE de décembre dédiée à la future retraite des expatriés

Le fait de vivre à l’étranger a des conséquences sur vos droits à la retraite, notamment sur la prise en compte de vos années de travail dans votre pays d’accueil.

La dernière lettre de l’UFE, datée de décembre 2011, vous apporte un éclairage d’experts sur le sujet des retraites qui vient d’être réformé. (La « lettre de l’Union des Français de l’étranger », en pdf : 2011_12_07 Eclairage sur votre future retraite).

Même si vous n’êtes pas sur le point de cesser votre activité professionnelle, il est toujours utile de se familiariser avec la question et d’anticiper vos droits grâce à un bilan retraite pour envisager la meilleure stratégie.

Lire aussi :
–  « Votre retraite, à l’heure des réformes » du 28 avril 2011
–  « Quelle retraite pour les expatriés ? » du 6 décembre 2010

Photo Flickr de Ed Yourdon

La « ligne rouge » de l’ambassadeur Sir Peter Westmacott ou pourquoi le véto britannique était-il aussi logique que prévisible ?

Il fait gris et il bruine sur l’Europe. Elle doute d’elle-même notre vieille Europe. Elle essaie de conjurer son mauvais sort en multipliant les offrandes sur l’autel de la discipline budgétaire. Les Britanniques n’ont pas voulu suivre.

Aujourd’hui, beaucoup de citoyens européens pensent que le Royaume-Uni va ou doit quitter l’Union européenne. De leur côté, les bookmakers ne donnent pas cher de la peau de l’euro… On parie sur le premier pays qui va en sortir, la Grèce serait donnée à 1,05 contre 1, cela ne paye plus que 5 pences ! On en est là.

Vendredi matin, les médias français paraissaient confondus devant le véto britannique qu’ils analysaient comme une dérobade historique. Londres se drapait dans un superbe isolement, il est vrai que seul contre 26, on peut difficilement faire mieux.

Sir Peter Westmacott, ambassadeur du Royaume Uni en France (29-11-2011)

Aucune surprise du côté de ceux qui avaient eu le privilège d’entendre Sir Peter Westmacott, ambassadeur du Royaume Uni en France, au cercle de l’Union Interalliée, mardi 29 novembre.

Devant les anciens de Harvard, réunis à déjeuner par Pierre Gadonneix, président d’EDF, il a égrené les points de convergence entre nos deux pays, du nucléaire à la stratégie de défense, en passant par la lutte contre l’immigration clandestine. Il fut ensuite question de l’euro.

Dans son français admirable, ourlé d’une pointe d’accent qui fleure bon Oxford, Peter Westmacott a annoncé que les Britanniques avaient tracé une ligne rouge : la taxe sur les transactions financières.

En prévoyant cette taxe, le pacte qui vient d’être conclu par les pays européens menace la compétitivité de la City, première place financière mondiale, devant New York et Tokyo. Le refus de David Cameron de souscrire à cette perspective était donc prévisible car la City pèse 13% du PIB britannique.

Marginalisé à son retour du sommet, le Premier ministre reste confronté au dilemme exprimé par son ambassadeur.

D’une part, ils n’ont pas adopté la monnaie unique, « parce qu’on pensait que ça ne pouvait pas marcher », a énoncé avec flegme Peter Westmacott, alors que d’autre part, « l’intérêt des Britanniques est que la zone euro fonctionne bien puisque 50% de notre commerce se fait avec elle », complète pertinemment l’ambassadeur.

Tout le monde en convient avec lui : « si la zone euro éclate, cela sera très couteux pour tous les pays qui ne sont pas dans la zone », prévient-il. Rappelons en effet que l’euro ne concerne que 17 pays sur les 27 que compte l’Union européenne.

On se souvient que, agacé par une forme d’attentisme d’Angela Merkel, Nicolas Sarkozy avait dit au début de la crise : « La France agit, l’Allemagne réfléchit ». J’ai rappelé à Sir Peter Westmacott, le bon mot qu’il avait fait, il y a deux mois, lors du prix du rayonnement français, organisé par la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam : « Vous les Français vous rayonnez, tandis que nous, les Britanniques, nous réfléchissons. » (lire : « L’ambassade du Royaume-Uni à Paris abrite la remise du 2ème Prix du Rayonnement français » du 14 novembre 2011).

En observant le sourire de Nicolas Sarkozy à la sortie du sommet comparé au visage fermé de David Cameron, cette réflexion s’est révélée prémonitoire.

Plan Ecole : 2/3 des 1 500 places supplémentaires prévues sont déjà créées

La dernière réunion préparatoire, organisée par Laurent Batut, date du 24 novembre 2011 et elle avait pour thème les progrès de l’objectif 1 du plan Ecole (lire le compte rendu de la réunion du plan Ecole du 24-11-11 – fichier pdf).

Vous constaterez que les efforts paient : de 5031 places disponibles en 2007-2008, nous recensons désormais 5953 places à la rentrée de 2011-2012. Cette progression de 18,3% représente près des 2/3 de l’objectif 1 du plan Ecole (lire : « La capacité d’accueil au cœur des préoccupations de la 4ème réunion annuelle UFE du plan Ecole » du 26 mai 2011).

Le Lycée Charles de Gaulle (CDG) a absorbé la majorité des nouveaux élèves, notamment au travers de son école de Battersea. Toutefois, on observe depuis deux ans un tassement de ses effectifs puisque le site de South Kensington est saturé.

Heureusement, « cette année, l’ouverture du nouveau Collège Français Bilingue de Londres a permis d’augmenter la capacité d’accueil pour mieux répondre aux besoins de scolarisation de la communauté francophone et limiter ainsi la pression sur le Lycée Charles de Gaulle », se félicite avec raison Laurent Batut, conseiller culturel adjoint.

Le premier objectif du plan Ecole (création de 1.500 places dans l’enseignement français au Royaume-Uni) ne sera atteint que par la réalisation d’une dernière tranche de création de places. Justement, quelles sont évolution possibles pour le réseau ?

Nous devons absolument évaluer avec précision les besoins afin de répondre à la double augmentation nécessaire de places de collège et de lycée sur l’ensemble du réseau. La création d’un troisième collège à Londres se révèle incontournable.

Dans nos projections, il manquerait dix divisions (environ 30 élèves par division) au lycée à l’horizon 2013/2014.

3 scénarios, résultant de l’analyse d’une « task force » réunie par le proviseur Bernard Vasseur en début d’année à laquelle j’ai contribué, sont à l’étude :

– Création d’un collège de 20 divisions, soit 5 divisions pour chaque classe (640 élèves). Le Lycée Charles de Gaulle n’assurerait que la scolarisation en collège de ses effectifs de primaire. Il deviendrait en outre le seul lycée de Londres alimenté par 3 collèges (Charles de Gaulle, CFBL et un à créer).
– Création d’un collège/école primaire (un « deuxième CFBL » de 1140 élèves) 18 divisions d’élémentaires soit 3 divisions de chaque classe et 20 divisions de collège. Le site de South Kensington ne conserverait qu’une petite école primaire en permettant la création des classes bilingues de ses annexes.
– Création d’un collège/lycée de 32 divisions (960 élèves), soit 20 divisions de collège et 12 divisions de lycée (3 divisions pour chaque classe).

Pour évaluer ces options, il a été décidé le 24 novembre de constituer un groupe de travail sur le « cylindrage » qui aura pour objectif de finaliser les prévisions et valider les différents scenarii en fonction des sites disponibles et de la capacité de financement.

La seconde décision vise à constituer un groupe autour de l’équipe du FEPT (French Education Property Trust chargé de l’immobilier scolaire français au Royaume-Uni) qui devra se réunir au minimum tous les deux mois. A ce stade, il s’agit d’analyser les fiches et de pondérer les critères afin d’identifier les sites potentiels pour la construction d’un nouvel établissement.

Ces deux décisions seront soumises à l’approbation du comité de pilotage du plan Ecole réuni, ce mardi 13 décembre, sous la houlette de notre ambassadeur Bernard Emié.

En l’espace d’un an à peine, Laurent Batut a brillamment repris le flambeau de Michel Monsauret pour animer ce plan Ecole. La formule « CNED Royaume-Uni » inspirée par Laurent connait déjà un beau succès en étoffant l’offre de scolarité en français par un enseignement à distance (lire : ‘Enseignement à distance : le Cned présente sa formule Royaume-Uni 2011″ du 15 septembre 2011). Son expérience et son savoir-faire sont la source de nos récents progrès. Je lui en suis sincèrement reconnaissant.

Photo Flickr de Schplook

Bilan de la première campagne du Bleuet à Londres

Mission accomplie pour le colonel Laurent Kolodziej ! Le Poppy n’a plus le monopole du coeur à Londres. Le colonel restera celui qui a conduit la première opération en faveur du Bleuet de France, récoltant au passage la somme rondelette de 1651,08€ pour l’association du même nom.

Alexandre Fons, chargé de mission du Bleuet de France, a félicité le colonel d’avoir créé une nouvelle dynamique outre-Manche, en précisant que peu de grandes villes françaises avaient recueilli plus de dons que Londres, le 11 novembre dernier.

Le colonel Laurent Kolodziej, attaché des Forces terrestres, arborant son Bleuet lors des cérémonies du 11 novembre à Londres

J’avais reçu de nombreux emails me demandant où trouver ces Bleuets suite à ma dernière lettre d’information. Je suis heureux de constater qu’une fois encore notre communauté sait se montrer solidaire. Travaillant dans l’urgence, le colonel et moi-même avons regretté de ne pas avoir pu multiplier les points de distribution.

L’an prochain, la section britannique de l’UFE, Union des Français de l’étranger, que je préside, délèguera un volontaire pour assister le successeur du colonel dans cette démarche, au service du devoir de mémoire.

Pour mieux faire la prochaine fois, je proposerai à notre communauté de se distinguer par sa générosité vis-à-vis de nos anciens combattants.

Joli coup d’essai, mon colonel !

Lire : « La mémoire en partage et le Bleuet à la boutonnière » du 15 novembre 2011
Lire : « Le 11 novembre sera célébré le 12 et sous le signe du Bleuet ! » du 29 octobre 2011

Conférence UFE Corporate (8) : Témoigner pour servir notre compétitivité

J’ai créé la « France libre d’entreprendre » en 1996, une association destinée à faire profiter les entrepreneurs français de mon expérience sur le sol britannique, animée par des experts en tout genre et parfaitement bilingues. Pour répondre à l’afflux des questions soulevées par une immense vague d’espérance, nous avions organisé une journée de séminaire à l’Ashford International Hotel, affrétant quelques wagons de l’Eurostar pour la circonstance.

Le 20 octobre 2011, la conférence UFE Corporate fut pour moi l’occasion de mesurer le chemin parcouru. Quinze ans plus tard, au même endroit, dans la même salle, l’Histoire semblait balbutier : le Royaume-Uni ressemble toujours à une autre planète lorsqu’il s’agit de trouver un emploi, d’entreprendre ou simplement de rêver à entreprendre dans un écosystème incitatif et socialement reconnaissant.

Il me semble pourtant que la France prend conscience de son retard surtout à la faveur des élections. Les charges sociales patronales sont de 48% en France contre 12,8% au Royaume-Uni. Désormais, beaucoup évoquent la TVA sociale pour remplacer des cotisations sociales. Une idée déjà émise lors de mon départ par Jean Arthuis, alors ministre des Finances. Disons que l’économie française se hâte lentement. On reparle même des 35 heures comme d’un fléau économique, cette loi qui est née il y a quinze ans, justement…

Ce 20 octobre, ce fut un bonheur et un honneur d’avoir obtenu la participation de professionnels de haut niveau à nos tables rondes. Ils ont tous été épatants, toujours pertinents et avisés dans leurs paroles, tout en se mettant à l’écoute de chacun dans le public, sans autre gain que le sentiment de se sentir utile.

Je veux adresser ma profonde reconnaissance à l’assistance. Je sais que certains, comme notre sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam, se sont levés à l’aube pour filer à la gare du Nord, quand d’autres ont découvert le nouveau train express reliant St Pancras à Ashford. D’aucuns m’ont dit qu’ils n’avaient pas regretté leur déplacement, j’ose espérer que la satisfaction fut générale.

Je reprends, ci-dessous, mes conclusions exprimées lors du discours de clôture, au sujet des quatre tables rondes.

Table ronde 1 : Emploi

Le centre Charles Péguy dont nous avons salué l’action émérite a besoin de recruter un conseiller emploi. Sa venue permettrait d’attribuer 300 postes supplémentaires aux  jeunes Français de Londres ! On dépasserait clairement, sur l’année 2012, un millier de jobs pourvus par le centre. Il n’y pas d’autre alternative que de trouver des fonds privés pour permettre cette nouvelle embauche. Pour y parvenir, nous aurions besoin de 5 entreprises dont l’implication serait équivalente au prix d’une page de pub dans un magazine. Grâce à leur contribution, un nouvel emploi par jour sera créé au profit de nos jeunes compatriotes.
Pour soutenir le centre Péguy, merci de prendre contact avec son président, Guillaume Dufresnes (g.dufresne@cei4vents.com)
Lire : « Conférence UFE Corporate (5) : Tous égaux devant l’emploi au Royaume-Uni » du 19 novembre 2011

Table ronde 2 : Création d’entreprises

Il y a quinze ans, j’expliquais que j’avais la chance de pouvoir partir pour permettre la survie de mon entreprise, ce qui n’était pas le cas de mes clients, les fabricants de circuits imprimés. Ceux-ci commençaient à subir les effets ravageurs de la mondialisation avec des taux de charges sociales qui leur donnaient la sensation de courir un marathon avec un sac de pierres sur le dos. Les usines se sont mises à fermer les unes après les autres. Ils étaient 138 fabricants de circuits imprimés en 1996, ils ne sont plus que 25…
Lire : « Conférence UFE Corporate (6) : Les entrepreneurs qui ont vu le bout du tunnel » du 24 novembre 2011

Table ronde 3 : Financement d’entreprises

Dans un pays où la fiscalité fait pousser les business angels comme des champignons, les « start-up britanniques sont cinq fois plus capitalisées, elles emploient cinq fois plus de personnes et elles ont une espérance de vie cinq fois supérieure », nous a dit Bruno Deschamps. Que c’est dur à entendre quand on aime son pays ! Comment sortir de la crise si les plus ambitieux et les plus doués décident, eux, de sortir de France ? Le Times a écrit que le tunnel sous la Manche avait provoqué la troisième vague d’immigration, après celles des Huguenots et des adversaires de la Révolution française. Cette génération de Français est entrée dans les livres d’Histoire en contribuant à faire de la City la première place financière mondiale.
Lire : « Conférence UFE Corporate (7) : Tout incite à financer les PME au Royaume-Uni » du 01 décembre 2011

Table ronde 4 : Métro transmanche

Aujourd’hui, le tunnel sous la Manche est devenu un axe Paris-Londres, propice aux affaires et au tourisme. Il est temps de disposer d’un moyen de transport de deuxième génération, de type métro ou RER, au profit des transfrontaliers. Il est important de rappeler que ce projet d’une liaison entre Calais et Ashford est né dans la société civile. A Ashford, nous avons accompli un nouveau pas en avant : la sénatrice des Français hors de France, Joëlle Garriaud-Maylam s’est engagée à porter la question au Sénat, ce qu’elle a évidemment fait depuis (lire : « Le métro transmanche s’invite au Sénat » du 21 novembre 2011).

Comme l’a regretté Edouard Braine, notre consul général, l’idéal eu été de réunir à Ashford tous les décisionnaires, qu’on pense à la Sncf, à Eurotunel, au Conseil régional ou encore à tel ou tel ministère. Nous y parviendrons un jour ! Notamment grâce à des hommes de la trempe de Jacques Gounon, président d’Eurotunnel, dont je salue l’implication sur ce projet formidable.
Lire : « Conférence UFE Corporate (1) : SBE marque les esprits » du 21 octobre 2011
Lire : « Conférence UFE Corporate (2) : Plaidoyer à 5 voix pour un métro transmanche » du 25 octobre, 2011
Lire : « Conférence UFE Corporate (3) : Théodore Zeldin, l’Anglais qui adore la France » du 26 octobre 2011
Lire : « Conférence UFE Corporate (4) : Le Petit Journal fait le point sur le métro transmanche » du 28 octobre 2011

L’infoLettre d’automne de Joëlle Garriaud-Maylam

Je vous invite à lire la dernière infoLettre de Joëlle Garriaud-Maylam qui aborde l’actualité du Sénat notamment au regard des Français vivant hors de France et qui recoupe certains thèmes dont il est parfois question sur ce blog, comme le métro transmanche.

Joëlle Garriaud-Maylam donne aussi son sentiment sur les prochaines législatives. Nommée, en mars dernier, par Jean-François Copé au poste de secrétaire national de l’UMP, en charge des « Comparaisons internationales et des relations franco-britanniques », elle n’a rien perdu de sa franchise et de sa sagesse. En effet, elle prône de faire confiance aux élus de terrain en désignant parmi eux les candidats aux prochaines législatives. On sait que les purs choix d’appareils se révèlent parfois aussi inefficaces qu’illégitimes.

(Extrait de l’InfoLettre : ) La gauche a donc pris le pouvoir au Sénat et elle entend bien l’utiliser…

Cette situation est certes la résultante des élections municipales de 2008, qui avaient été très favorables à la gauche, mais elle souligne également la nocivité des nombreuses divisions de la droite et la difficulté rencontrée par l’UMP pour investir des candidats dont la légitimité ne sera pas gravement remise en cause par l’électeur.

A 7 mois des élections présidentielles et législatives, cet ultime avertissement devrait servir de leçon et amener l’UMP à reconsidérer certaines investitures, notamment sur les 11 nouvelles circonscriptions législatives des Français établis hors de France. C’est à travers l’AFE et ses représentants sur les zones électorales établies que les investitures déjà proposées devraient être confirmées, s’il y a lieu, ou reconsidérées dans le cas contraire.

Sera-t-elle entendue ? Il est encore temps.

Lire l’infoLettre d’automne de Joëlle Garriaud-Maylam

Conférence UFE Corporate (7) : Tout incite à financer les PME au Royaume-Uni

Quelle est la ville au monde où les trois plus grosses fortunes sont étrangères ? Réponse : Londres. Un fait qui ne doit rien au hasard et tout à l’attractivité de la fiscalité individuelle. Tant et si bien que le top 10 des plus belles fortunes comprend 80% de non-Britanniques, a récemment révélé le Sunday Times.

Lors d’une table ronde consacrée au financement des entreprises, au cours de la conférence UFE Corporate du 20 octobre dernier, à Ashford, David Blanc, Partner Vestra Wealth LLP, nous a expliqué pourquoi Londres parvenait si bien à aimanter les capitaux internationaux. « Tout gain à l’étranger n’est pas assujetti à la fiscalité britannique », justifie-t-il, en ajoutant qu’il est même possible de ne pas être imposé pendant les sept années suivant son installation. Preuve du volontarisme britannique dans ce domaine, David Blanc a conclu que le 6 avril 2012 de nouveaux avantages fiscaux prendraient effet en faveur des non-domiciliés au Royaume-Uni.

(g. à d.) Christophe Gasc, d'Alliance manager IBM Europe ; David Blanc, Partner Vestra Wealth LLP ; Alexis Grabar, fondateur d’Avolus Group ; Olivier Cadic ; Stéphane Rambosson, associé gérant de Veni Partners ; Bruno Deschamps, président fondateur de Entrepreneurs Partners LLP, mais aussi président des conseillers du Commerce extérieur de France au Royaume-Uni, et administrateur de la Chambre de Commerce franco-britannique ; Alexandre Terrasse, Partner Jeffrey Green Russell (table ronde "Financement d'entreprises" - Conf. UFE du 20/10/11)

Je ne vous l’apprends pas, le Royaume-Uni n’a jamais voulu être un paradis fiscal, mais une terre d’élection pour les investisseurs. Les entreprises, surtout les jeunes pousses, ont un besoin vital de fonds propres, au moins pour la raison qu’elles peuvent emprunter plus aisément. L’économie exige donc de véritables investisseurs et c’est eux qu’il est logique de favoriser fiscalement, plutôt que de transformer les entrepreneurs en quémandeurs attitrés par une ribambelle de subventions et de dégrèvements, couvrant la quasi-totalité des actes de management.

L’Angleterre nous démontre que séduire les investisseurs est plus simple qu’il n’y parait : « Les pertes en capital sont déductibles des impôts et les gains taxables », expose Bruno Deschamps, président fondateur de Entrepreneurs Partners LLP, mais aussi président des conseillers du commerce extérieur de France au Royaume-Uni et administrateur de la Chambre de commerce franco-britannique. Cette règle de bon sens s’incarne dans l’EIS, Enterprise Investment Scheme, un dispositif conçu pour aider les petites entreprises à lever des fonds auprès d’investisseurs en actions, souvent de simples particuliers. Aujourd’hui, 80% des investisseurs bénéficient de l’EIS, précise Bruno Deschamps. Ce mécanisme permet de déduire jusqu’à 340k€ (300k£) de ses impôts en cas de perte en capital, contre 45k€ en France… Autant dire que beaucoup de citoyens britanniques se sont sentis pousser des ailes de business angel. Ils sont au moins cinq fois plus nombreux qu’en France ! Il s’ajoute à cette incitation fiscale, l’absence de droit de succession après trois ans de détention du capital et « la reconnaissance sociale de la prise de risque, dit M. Deschamps. Il y a une reconnaissance du droit à l’échec, on vient toujours vous féliciter si vous avez tenté. » (lire le document « L’incitation fiscale est primordiale pour inciter l’investissement direct » du Comité national des conseillers du commerce extérieur de la France , fichier pdf).

La conclusion de notre président des conseillers du commerce extérieur de France au Royaume-Uni est implacable : par rapport aux jeunes pousses françaises, les « start-up britanniques sont cinq fois plus capitalisées, elles emploient cinq fois plus de personnes et elles ont une espérance de vie cinq fois supérieure », assène-t-il.

Le système britannique tire sa cohérence du fait que « l’Angleterre croit beaucoup à l’entrepreneur », estime Alexis Grabar, fondateur d’Avolus Group, lui qui a levé jusqu’à 5M£ au nom de sa compagnie d’aviation privée, séduisant même James Kahn, « le porte parole de entrepreneuriat anglais », entré à 12% du capital. Dans le même ordre d’idée, les financiers se projettent naturellement en termes de création de valeur. En d’autres mots, c’est « la business value du produit qui compte et on se moque de la techno », stigmatise Christophe Gasc, d’Alliance manager IBM Europe.

Le droit commun anglais, pour sa part, évolue afin de libérer les initiatives, inciter au risque, plutôt que de cimenter des acquis, même en période de crise. « En France, se faire licencier est traumatisant, en Grande-Bretagne, c’est naturel », commente Stéphane Rambosson, associé gérant de Veni Partners. Entre acteurs économiques, on peut souvent relancer les dés et « la liberté contractuelle est totale », prévient Alexandre Terrasse, Partner Jeffrey Green Russell. On comprend que de nombreux Français peinent à apprivoiser un tel concept culturel. Pour finir, Alexandre Terrasse a provoqué un silence gourmand dans les rangs en égrenant les règles du jeu britannique : on peut être consultant de sa propre société, ou gérant actionnaire avec un contrat de travail, les charges employeur sont de 13,8%, l’impôt sur les sociétés s’élève à 20% jusqu’à 300 000 livres…

Mettant en avant une « vraie culture de la performance et de la récompense » assise sur un « capital humain plus rentable et plus libre », Stéphane Rambosson démontrait que le souffle de la « France Libre… d’entreprendre » ne s’était pas éteint.