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“Créer une free school bilingue: pourquoi pas vous ?” par Bénédicte Yue

Il y a un an, presque jour pour jour, j’inaugurais l’Europa School UK, une nouvelle free school multilingue près d’Oxford, en compagnie de tous les élus locaux et de Lord Hill, Schools Minister (lire : “Inauguration officielle de l’Europa School UK” du 30 septembre 2012).

Michale Gove, Secretary of State for Education, aux parents d’élèves: « Les gens se souviendront de vous parce que vous aurez été à l’origine des premières free schools » (“Free Schools Live!” du 29 juin 2013)

Parmi les parents d’élèves figurait Bénédicte Yue, dont je vous ai parlé en mai dernier puisqu’elle a proposé de fabriquer un « kit d’information » à l’attention des parents qui souhaitent créer d’une Free School bilingue.

Son initiative a pris corps en même temps que la constitution d’une équipe dédiée à l’objectif 2 du plan Ecole, inchangé depuis 2007 : doubler en 5 ans le nombre d’établissements offrant un enseignement bilingue français-anglais au Royaume-Uni. (lire : “Le plan Ecole va permettre de doubler le nombre d’écoles bilingues !” du 31 mai 2013).

J’ai participé à la journée “Free Schools Live!” le 29/6/13 à Westminster en compagnie de Bénédicte. Le discours passionnant et visionnaire prononcé par Michael Gove, ministre de l’éducation britannique, offre des perspectives nouvelles pour les parents désireux d’obtenir un système éducatif répondant à leurs aspirations d’enseignement bilingue.

Rappelons que 2/3 des jeunes Français de Grande Bretagne fréquentent des écoles britanniques, principalement du fait de leur éloignement de Londres. Un  enseignement bilingue leur offrirait une ouverture culturelle française, tout en restant intégrés au système scolaire britannique.

Après l’Europa School en 2012, nous attendons l’ouverture en 2014 de l’école bilingue de Bromley (français/anglais) ou encore de l’International Academy of Greenwich (secondaire multilingue). Nous souhaitons que d’autres projets prennent forme et voient le jour en 2015. J’ai le plaisir d’ouvrir mes colonnes à Bénedicte Yue pour vous faire partager son expérience de création d’école à Culham et les informations recueillies lors du Free Schools Live conference and exhibition. Je la remercie vivement de cette contribution.

 Créer une free school bilingue: pourquoi pas vous ?  – Bénédicte Yue

Face à la saturation des établissements français sur Londres, le concept de free school pourrait s’avérer une alternative intéressante pour développer des écoles bilingues en Angleterre.

Les Free schools sont des écoles d’état anglaises disposant d’une gestion autonome sous contrôle d’un « Board of Governors ».  Elles sont indépendantes du contrôle des autorités locales et supervisées directement par le Department for Education, l’OFSTED et l’Education Funding Agency.

Les free schools disposent d’une plus grande liberté à plusieurs niveaux :
– Elles n’ont pas l’obligation de suivre le programme anglais (National curriculum) mais doivent offrir une éducation « vaste et équilibrée » ;
– Elles sont directement financées par l’Etat sur la base du nombre d’élèves et gèrent leur propre budget ;
– Elles ont également certaines libertés en matière de rythme scolaire ou encore de politique de recrutement et de rémunération ;
– Enfin, et ce qui n’est pas négligeable, elles sont « free » d’un point de vue financier.

Cette initiative, lancée par le gouvernement de coalition en juin 2010 et qui s’inspire des exemples américains (Charter schools) et suédois, connait un vif succès. Il y a aujourd’hui en Angleterre 171 free schools (24 ouvertes en 2011, 55 en 2012, 92 en 2013) et 115 ont déjà été approuvées pour ouvrir en 2014.

Très peu d’entre-elles axent leur curriculum sur un programme multilingue. On peut citer notamment Europa school UK (près d’Oxford) offrant 2 filières anglais/français et anglais/allemand et l’école de Brighton (primaire anglais/espagnol), Judith Kerr (primaire anglais/allemand), Tiger Primary school (primaire mandarin/anglais) et nous nous réjouissons de l’ouverture en 2014 de l’école bilingue de Bromley (fançais/anglais) ou encore de l’International Academy of Greenwich (secondaire multilingue).

La flexibilité qu’offrent les free schools en matière de programme pédagogique en font un véhicule idéal pour mettre en place des écoles bilingues/multilingues qui s’intègrent dans le système éducatif britannique.

Cela peut représenter une opportunité pour toutes les familles françaises ou franco-anglaises installées durablement en Angleterre qui tout en faisant le choix de l’immersion dans le système scolaire de leur pays de résidence peuvent continuer à offrir à leurs enfants une éducation multiculturelle. Cela favorise en outre l’intégration avec la communauté anglaise désireuse d’améliorer ses compétences linguistiques.  Enfin, cela peut également offrir une alternative aux familles qui n’ont pas de place dans les écoles françaises ou encore qui habitent en province.

Alors, quelle est la marche à suivre ?

1) Equipe. La première étape consiste à bâtir une équipe autour d’un projet éducatif dans une zone où la demande pour ce projet est forte. L’équipe est en général un groupe de volontaires de la société civile (parents, enseignants, associations, etc…) dont la multidisciplinarité est essentielle.  Pour créer une free school bilingue par exemple, il s’agira de démontrer des compétences en matière d’éducation tant du côté anglais que français, des compétences juridiques, et, ce sur quoi le Department for Education insiste de plus en plus, des compétences financières.

2) Projet. Il faut ensuite pouvoir articuler son projet pédagogique en respectant un format très précis.

3) Demande. Enfin, recenser la demande pour chaque niveau des classes à créer.

Notons qu’il n’est pas essentiel d’avoir identifié un site et que, si votre projet est retenu, l’Education Funding Agency sera à vos côté pour rechercher un site, en faire l’acquisition le cas échéant et engager les travaux.

(de g. à d.) Olivier Cadic, Natalie Evans, director New Schools Network, et Bénédicte Yue lors du “Free Schools Live” au Queen Elisabeth II Conference Centre, à Westminster.

Une fois ces trois conditions remplies (équipe-projet-demande), il conviendra de vous doter d’un statut juridique sous forme d’Academy trust sans but lucratif (charitable company limited by guarantee) et de déposer un dossier auprès du Department for Education selon le format indiqué sur son site internet ci-dessous.

En termes de calendrier, il faut compter minimum 18 mois entre le dépôt du dossier initial et l’ouverture de l’école.  Il existe maintenant 3 fenêtres par an pour déposer un dossier (septembre, janvier et mai).  Si votre dossier passe la présélection, vous serez ensuite convoqué 2 mois plus tard pour un oral de présentation devant un panel.  Suite à cet oral, vous aurez ou non un accord pour passer en phase de pré-ouverture.  A partir de ce moment-là, le gouvernement vous allouera des fonds pour mettre en place votre projet.  Vous serez en général assisté par des consultants spécialisés et si tout se passe bien, votre projet débouchera sur la signature d’un funding agreement, lequel constitue le véritable acte de naissance de l’école.

N’hésitez pas à informer Yves Letournel, attaché de coopération pour le français au service culturel de l’ambassade mail : yves.letournel@diplomatie.gouv.fr qui pourra vous mettre en contact avec d’autres équipes et faciliter la communication au sein de la communauté française.

Le gouvernement anglais a également mis en place le New School Network (NSN).   Le NSN, dirigé par Nathalie Evans, a pour missions de conseiller gratuitement les équipes sur le montage des dossiers.  Il dispose de nombreuses informations utiles sur son site internet référencé ci-dessous et propose également un programme de développement vous permettant de bénéficier de subventions et de conseils personnalisés.

Il ne reste plus qu’à vous lancer dans l’aventure !

Liens utiles:
News school network – Application guidance
Department for Education website – How to apply guide
Education Funding Agency – Recherche de site, acquisition  et construction

19ème session AFE : Fleur Pellerin présente un bouquet de mesures fanées aux PME-PMI exportatrices

Les premiers mots de Fleur Pellerin ont mis tout le monde d’accord et allumé la curiosité des membres de la commission Finances de l’AFE, Assemblée des Français de l’étranger : “La rentabilité trop faible de nos entreprises freinent leurs investissements, ce qui nous conduit à la compétitivité par les prix et, dans ce cas de figure, nous sommes vaincus d’avance”.

Où en sommes-nous dans la compétition mondiale ? Une entreprise française sur vingt justifie d’une présence sur le marché international, contre… une sur dix en Allemagne. Une situation qui empire, en dépit des opportunités de la mondialisation, puisque le nombre des exportateurs nationaux régresse : 130.000 en 2002 contre 120.000 en 2012.

Fleur Pellerin, ministre chargée des PME, de l’innovation et de l’économie numérique, lors des travaux de l’AFE, le 09 septembre 2013, est venue porter ce message de la part gouvernement : nos entreprises doivent se battre à armes égales.

Lorsque l’on sait que 30.000 entreprises démarrent à l’export chaque année, on ne peut pas nier une certaine dynamique. Dans le même temps, toutefois, 30.000 sociétés plient bagages et rentrent à la maison, a nuancé notre ministre déléguée auprès du ministre du Redressement productif, chargée des PME, de l’innovation et de l’économie numérique.

Comment s’approcher dès lors de l’objectif fixé à Nicole Bricq, ministre du commerce extérieur, celui de rétablir l’équilibre de la balance extérieure d’ici 5 ans ? Un défi ambitieux ou insensé ?

Au rang des solutions, il faut d’abord être innovant. “60% des entreprises qui innovent, exportent, ce ratio est très élevé”, caractérise la ministre. Ensuite, il faut “créer de la synergie entre les acteurs”. Le modèle germanique est à nos portes, chacun connait cette technique de chasse en meute qui permet aux sous-traitants de s’engouffrer dans le sillage de leurs grands clients exportateurs.

Et quelles initiatives le gouvernement propose-t-il pour conquérir des marchés ? Tout commence par cette déclaration d’intention : permettre à nos entreprises de “se battre à armes égales”, nous a transmis Fleur Pellerin.

Concrètement et pêle-mêle, on a noté le lancement de BPI France Export, dans le but de créer “une nouvelle offre financière simplifiée et démocratisée” vers nos PME-PMI, tout comme l’extension du crédit d’impôt aux dépenses d’innovation et le renforcement du statut de “jeune entreprise innovante”. Pour faire bonne mesure, il faut ajouter le recadrage des missions des pôles de compétitivité et encore l’antienne du développement de l’emploi des VIE, Volontaires international en entreprise.

La création des Maisons à l’international, sorte d’incubateurs dans les pays où la France peut avoir des marchés à conquérir, se veut être une innovation selon la ministre, alors que les expériences similaires tentées précédemment par les régions françaises se sont surtout révélées être des structures de frais fixes difficiles à amortir. Ce sera Boston et San Francisco dès cette année, puis un autre site en Chine, précise-t-elle. Décidément, l’imagination n’est pas au pouvoir !

Puis, ce fut le temps des questions émanant des membres de la commission.

Pour ma part, ce fut d’abord l’occasion de dire à notre ministre qu’il est illusoire de corréler le nombre de VIE avec l’amélioration du commerce extérieur. Une entreprise ne gagnera pas des marchés stratégiques à l’international en les confiant à un junior qui a tout à apprendre. L’Etat confie à UBI France un rôle d’entreprise de travail temporaire qui n’a jamais démontré son efficacité pour nos exportations depuis huit ans. J’ai ensuite souligné que ce que veulent les entreprises, ce sont des commandes. Est-ce que cette idée n’a jamais effleuré nos innombrables conseillers publics qui vous aident volontiers à monter un salon à l’étranger ou des tournées “touristiques” et s’en repartent le sentiment du devoir accompli ?

Fleur Pellerin : “La France est décrochée en termes de compétitivité. Elle est pourtant bien placée en R&D, mais cela ne se transforme pas en excellence sur le terrain de l’innovation et de l’exportation” (AFE, 09/09/2013)

En troisième lieu, j’ai profité de l’occasion pour apporter une nuance économique de taille à mon sens. Il existe, d’une part, des entreprises qui peinent à exporter et, d’autre part, des entreprises qui s’implantent à l’étranger et qui réussissent brillamment. Dans ce second cas, le poids de notre fiscalité les incite à organiser leurs activités internationales depuis des centres localisés en dehors de France. Malheur aux PME-PMI qui souhaitent avoir un pied en France et un autre à l’étranger, car elles deviennent hautement suspectes aux yeux du fisc.

“Le Président est sensible à cet argument, m’a répondu tout sourire Fleur Pellerin, il veut éviter le harcèlement des PMI”, tout en complétant “qu’il faut trouver le bon équilibre entre le risque de détournement des nouveaux dispositifs et l’enjeu de la collecte des fonds pour l’Etat”. Mis à part “la priorité de redresser nos comptes publics”, la ministre a évoqué une réforme de la plus-value de cession de valeurs mobilières dans le projet de loi de finance 2014. Le Président de la République annule le montage fiscal de son gouvernement voté à l’automne dernier et décrié par les “Pigeons”, mouvement d’investisseurs dans les start-up internet. Que de temps perdu!

Pour sa part, Gérard Deleens, élu de la circonscription Chine-Corée-Japon, est resté perplexe devant tous ces mécanismes  gouvernementaux prétendument salvateurs pour notre commerce extérieur. Sa conviction est que « les vrais entrepreneurs n’ont pas besoin d’assistance ». Il fustige les systèmes d’aides et de subventions qui conduisent à une perversion des mentalités laissant penser que les entreprises doivent avoir “tout gratuit”. Désormais, celles-ci ne raisonnent plus en termes d’investissement, mais seulement en termes de coûts. Or, « vouloir aller en Chine représente un investissement commercial d’au moins trois ans, ce que comprend le vrai entrepreneur. »

Une occasion pour Fleur Pellerin de revenir sur son concept de Maison à l’international qui va dans le sens d’une mise en réseau des Français de l’étranger avec nos exportateurs potentiels. La prochaine maison ouvrira sur une colline de San Francisco, l’histoire dira si elle sera bleue, mais il n’est pas certain qu’on s’y retrouvera ensemble après des années de route… La cour des comptes pourrait passer par là avant !

Sciences Po Alumni UK organise son 6ème gala de charité, jeudi 26 septembre

Kenneth Clarke

Pour son diner annuel 2013, l’association des anciens élèves Sciences Po Alumni UK a prévu d’inviter une haute figure de la vie politique britannique, Kenneth Clarke.

Député depuis 1970, membre du cabinet ministériel de Margaret Thatcher dès 1979, puis au service de John Major, chancelier de l’Echiquier de 1993 à 1997, Kenneth Clarke est aujourd’hui ministre d’Etat, sans portefeuille.

Sous le patronage de Bernard Emié, ambassadeur de France au Royaume-Uni, vous êtes invités à vous rendre au

6ème gala de charité annuel des SciencesPo Alumni UK
Jeudi 26 septembre 2013, à partir de 19h
Royal Institute of Britsh Architects, sur Portland Place
Ticket standard : £100
Réservations en ligne, suivez ce lien

Comme chaque année, l’association propose une soirée au bénéfice du SciencesPo Alumni UK Charity Trust et nous permet de découvrir une personnalité atypique tout en passant un moment fort en convivialité dans un cadre raffiné.

Pour plus d’informations, vous pouvez contacter Cécile d’Angelin à cette adresse
cbdangelin@yahoo.co.uk

Signature du livre d’Eric Simon, “Londres au fil de la France Libre”, le 25 septembre 2013

Parmi ses passions, Eric Simon aime Londres. Depuis sa première visite en 1965, il a arpenté tous les recoins de la cité pour y ressentir ce frisson de nostalgie pour un passé mythique ou mystérieux.

Eric aime raconter l’histoire. C’est notre chance et c’est aussi pourquoi la télévision fait souvent appel à lui.

Après avoir publié “Londres, Balades au fil des ombres”, Éric Simon nous renvoie aux années 1940 en mettant ses pas dans ceux du général de Gaulle et dans ceux de ses compagnons qui ont relevé l’honneur et l’espérance de tout un peuple.

Je vous invite à rencontrer ce romancier et historien des plus agréable, autour d’un verre, qui vous dédicacera son nouveau livre “Londres au fil de la France Libre” (Keswick Editions) :

Mercredi 25 septembre 2013
de 18h30 à 20h30
The European Bookshop
5 Warwick Street, Londres

Cet ouvrage est une promenade qui vous conduira à travers les nombreux endroits qui, de South Kensington à Soho, ont fait la légende de la France Libre. Vous découvrirez la BBC du temps des services français, le lycée Charles de Gaulle lorsque nos concitoyens aimaient se retrouver chaque week-end pour se distraire, les maisons secrètes de Londres à l’époque des réseaux d’espionnage.

Grâce à Eric, nous découvrons aussi l’histoire de ces héros ordinaires, ces ainés dont nous pouvons être si fiers. Il nous fera faire la connaissance de Pierre Dac, Romain Gary, Joseph Kessel, Violette Szabo, Muriel Byck, lycéenne parachutée en France, la famille Berlemont, propriétaire du glorieux French pub, de ce grand amateur de jazz qu’est Franck Bauer. Il partage les anecdotes d’Eddy Hasson, engagé dans les Forces Françaises Libres qui réside toujours aujourd’hui à Londres à près de 100 ans.

Bientôt, si vous êtes londonien, vous marcherez dans votre quartier avec un tout autre œil…

J’ai déjà publié un extrait de l’ouvrage, avant sa sortie, relatif au commando Kieffer : “Extrait de Londres, balade au fil des Français libres…” du 12 mai 2012

CSG sur les revenus mobiliers des non-résidents : la Commission européenne ouvre une procédure d’infraction !

Soudain l’été dernier, le gouvernement avait fait voter, dans son projet de loi de finances rectificative 2012, une CSG (contribution sociale généralisée) de 15,5% sur les biens locatifs des Français de l’étranger situés en France ! Et de manière rétroactive au 1er janvier 2012… J’avais dénoncé cette décision du gouvernement Ayrault. En effet, les non résidents ne bénéficient pas de la protection sociale française.

Claudine Schmid, députée des Français de l’étranger

Concernant cette extravagante affaire fiscale, nous étions en attente de la décision de la Commission européenne, sollicitée par Claudine Schmid, députée UMP des Français de l’étranger de la 6ème circonscription (Suisse) à propos du bien fondé d’un tel impôt.

Déjà, au tout début de cet été, la représentation en France de la Commission européenne avait répondu à notre parlementaire qu’elle était en attente de la réponse des autorités françaises à ses propres interrogations, ajoutant avoir été le réceptacle de « nombreuses plaintes » ! (lire : “CSG sur les revenus immobiliers des non-résidents : la Commission examine la conformité du dispositif” du 25 juin 2013).

Le temps de l’examen est désormais clos et c’est un pavé dans la mare que lance la Commission !

On peut ainsi lire sous la plume de Renaud Soufflot de Magny : “La Direction générale de l’Emploi, des Affaires sociales et de l’Inclusion de la Commission européenne a clôturé le dossier par un avis négatif. Une procédure d’infraction a donc été ouverte et une lettre de mise en demeure est en préparation.”

Nous sommes impatients de connaitre la suite donnée et, comme nous le promet Claudine Schmid sur son blog, elle ne manquera pas de vous tenir informés des suites de la procédure contre cet impôt inique.

Dans cette attente, je lui adresse mes plus vives félicitations.

Lire le courrier de la Commission européenne à Claudine Schmid, en date du 28 août.

L’UFE GB vous invite à une rentrée vitaminée, le lundi 23 septembre

Parmi vos bonnes résolutions de rentrée, j’espère avoir le plaisir de vous rencontrer à la prochaine réunion de l’UFE GB, Union des Français de l’étranger, d’autant que nous vous avons concocté un ordre du jour des plus savoureux.

Que vous soyez adhérent ou non de l’UFE, les membres du conseil d’administration se joignent à moi pour inviter :

LUNDI 23 SEPTEMBRE 2013
18h45 à 20h30
Hotel Pullman St-Pancras
100-110 Euston Road, London, NW1 2AJ

L’ordre du jour se déroulera en trois étapes :
1 – Rapport de la 19ème session de l’AFE (9-13 sept à Paris)
– intervenant : Olivier Cadic –
2 – Lancement de “The New Sparks” (Graines de Boss U.K)
– intervenant : Fabrice Delon –
3 – Les Français de Londres pendant la Révolution française
– intervenant : Eric Simon –

Ainsi, en début de réunion, je partagerai avec vous les moments forts de la 19ème session de l’AFE, Assemblée des Français de l’étranger, qui se tiendra à Paris dans les prochains jours, notamment sur le sujet de la réforme de la représentation des Français de l’étranger votée cet été (lire : “Feu vert du conseil constitutionnel à la réforme de l’AFE” du 23 juillet 2013).

Au cours de ces travaux de l’AFE à Paris, la Commission finances de l’AFE auditionnera, le 9 septembre, Fleur Pellerin, ministre déléguée, chargée des PME-PMI, de l’innovation et de l’économie numérique. Je profiterai de cette opportunité pour vous faire part des  mesures décidées par le gouvernement pour aider les PME et PMI françaises à se développer à l’international.

Dans un second temps, il reviendra à Fabrice Delon de nous présenter The New Sparks (Graines de Boss U.K) – The Mentoring Network for Start-ups.

Suite au succès de Graines de Boss en France qui depuis 10 ans contribue à soutenir le développement de jeunes entreprises en collaboration avec la chaîne de télévision M6, Fabrice Delon, fondateur de Graines de Boss France viendra vous présenter le lancement de « The New Sparks » au Royaume Uni. Sur le modèle de Graines de Boss, The New Sparks fait appel aux compétences d’entrepreneurs et cadres dirigeants expérimentés qui ensemble contribueront au succès de jeunes entreprises sous la forme d’un concours annuel.

The New Sparks a l’ambition de créer une passerelle entre les entrepreneurs britanniques et français et est ouvert à toute entreprise en France ou en Grande-Bretagne qui a moins de cinq ans d’existence.

Vous trouverez plus d’informations sur cette courte vidéo “Graines de Boss 9th édition” (4m)

Enfin, en dernière partie, nous accueillerons à nouveau l’historien Eric Simon, qui nous avait tant passionnés lors de la dernière réunion de l’UFE GB en nous présentant son dernier livre “Londres, ballade au fil de la France Libre”.
Cette fois, il nous entraînera aux heures sombres de la Révolution française. A l’occasion du 220ème anniversaire de la funeste loi des Suspects, il évoquera le destin de ces Français qui ont fui la Terreur pour s’installer à Londres. Bon nombre d’entre eux reposent au cimetière de St Pancras.

Il va sans dire que nous prolongerons la soirée autour du verre de l’amitié !

L’entrée est libre. Pour vous inscrire, il suffit d’envoyer un mail à event@ufecorporate.org.uk, en nous laissant vos coordonnées.

Dans l’attente de cette soirée exceptionnelle, je vous souhaite une bonne rentrée !

Photo Flickr de KGBKitchen

Passeport biométrique : des progrès, mais toujours de la frustration

L’obligation de se rendre au consulat général de France pour faire une demande de passeport représente une forte contrainte pour les Français vivant éloignés de Londres. La situation est si astreignante pour certains parents qu’ils préfèrent demander un passeport britannique pour leur progéniture ! J’en ai reçu le témoignage personnel, lors d’une réunion publique à Bristol le 11 mai dernier.

La procédure vient d’évoluer vers plus de souplesse concernant les enfants. En conformité avec les exigences de la Commission européenne, depuis le 26 juin 2013, la France ne peut plus recueillir les empreintes digitales des enfants de moins de 12 ans sur “TES”, la base de données centralisée dénommée « Titres Électroniques Sécurisés ». Avant l’âge de 12 ans, ils n’ont donc plus besoin de se rendre au consulat général de France à Londres pour obtenir un passeport.

Je me suis empressé de poser cette question à Olivier Tulliez, consul adjoint en charge des passeports : puisqu’il n’y a plus de prise d’empreinte pour les enfants de moins de 12 ans, peut-on déposer une demande de passeport auprès d’un consul honoraire ? Ils sont en effet une vingtaine à quadriller tout le Royaume-Uni.

Las, vous serez aussi désappointé que moi d’apprendre que l’Administration n’a pas prévu de formulaire pour une demande à distance ! Par conséquent, un parent doit toujours se déplacer à Londres pour déposer une demande de passeport au nom de son enfant… Quelle justification donne-t-on à ce périple exigé ? La demande doit s’effectuer “en face à face” et elle doit être signée de visu par le demandeur (le parent dans la plupart des cas).

Ce motif peut vous laisser sceptique et vous avez bien raison. En réalité, comme  c’était déjà le cas pour les enfants de moins de 6 ans (avant l’extension aux moins de 12 ans), le demandeur doit se présenter physiquement à Londres parce que le logiciel ne peut pas être exporté (pour l’instant) en dehors du consulat, pour des questions de sécurité essentiellement.

L’absence de formulaire pour une demande à distance repose sur cette considération informatique. Quelle solution pour l’avenir ? Si tu ne viens pas au consulat, le consulat viendra à toi. Puisque l’obligation de comparution est inhérente à la technologie du passeport biométrique (prise d’empreintes, photographie…), il nous faut un équipement itinérant à travers le Royaume-Uni. Nous attendons toujours la fameuse station mobile Itinéra, qui tiendrait dans une valise et qui permettrait de faire des saisies numériques dans le cadre de tournées administratives (lire : “Votre passeport biométrique sans se déplacer à Londres ? Le consulat s’y prépare” du 01 août 2011). Elle nous a été promise pour février, puis avril, puis septembre… Affaire à suivre, donc.

Nous avons évoqué, jusqu’à présent, la question du dépôt de la demande, considérons à présent le retrait du document.

La bonne nouvelle est qu’il est désormais possible de récupérer votre passeport des mains de votre consul honoraire. Du coup, les enfants de moins de 12 ans éloignés de Londres n’ont plus besoin de passer du tout par le consulat (ni pour le dépôt, ni pour le retrait). Vous trouverez, ci-dessous, la liste des consuls honoraires habilités à remettre un passeport à son titulaire, actualisée par un arrêté du 5 juin 2013.

Préoccupée par la gestion des passeports depuis longtemps, la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam a déposé une question écrite à l’attention de la ministre déléguée Hélène Conway au sujet de la simplification des procédures (Question écrite n° 07258 – publication au JO du 04/07/2013). Notre sénatrice souhaite notamment savoir si on pourrait envisager l’envoi des passeports par courrier sécurisé ou bien encore si le consulat pourrait confectionner le passeport le jour même de la demande (comme cela se pratique dans d’autres pays européens). Je vous tiendrai au courant de la réponse de la ministre.

Anachronique ! Ubuesque ! J’ai tout entendu et je sais combien ces procédures peuvent être source de frustration pour les Français du Royaume-Uni vivant éloignés du consulat général à Londres. Sachez que votre frustration est partagée par le personnel du consulat, lui-même, qui fait face à la situation avec beaucoup de patience et d’abnégation, compte tenu des moyens consentis par le ministère…

C’est pourquoi je tiens à féliciter l’équipe en charge de l’obtention et du renouvellement des passeports pour son organisation optimisée et son dévouement qui vient compenser les faiblesses du système.

Il faut prendre conscience que Londres est la ville qui délivre le plus de passeports au sein du réseau français à l’étranger !

Olivier Chambard, consul général, et Olivier Tulliez, consul adjoint en charge de ce service, scrutent au quotidien les flux et les listes d’attente. Ils travaillent dans un contexte tendu puisque 120.000 compatriotes sont enregistrés à Londres et ils ne peuvent résorber, avec les moyens du bord, les quelques semaines d’attente pour obtenir un simple rendez-vous afin d’établir ou renouveler un passeport.

Au Royaume-Uni, vous trouverez un consul honoraire habilité à remettre un passeport à son titulaire dans les villes suivantes : Aberdeen, Belfast, Birmingham, Bristol, Cardiff, Chester, Douglas, Douvres, Dundee, Georgetown (îles Caïmans), Glasgow, Jersey, Leeds, Lerwick, Manchester, Newcastle, Nottingham, Plymouth, Road Town (Tortola), Stornoway, The Valley (Anguilla).

Photo Flickr de Rémi Vincent

EM Lyon, l’école au service de l’esprit entrepreneurial

Tanneguy Cazin d’Honincthun, responsable de l’EM Lyon Forever UK, a accueilli François Bergerault, créateur de l’Atelier des Chefs et Olivier Cadic, à Londres, le 27 juin 2013.


Le 27 juin dernier, à l’invitation de Tanneguy Cazin d’Honincthun qui représente à Londres les anciens élèves de l’EM Lyon (EM Lyon Forever UK), j’ai eu l’honneur de partager la scène du sélect Adam Street Club avec François Bergerault, co-fondateur de l’Atelier des Chefs en 2004, et lui-même diplômé de l’EM Lyon. A coup d’anecdotes, nous avons illustré nos parcours d’entrepreneurs ayant réussi le double pari de fonder leur entreprise et de s’implanter au Royaume-Uni.

Les anciens élèves de cette fameuse Ecole de Management de Lyon qui travaillent désormais en Grande-Bretagne sont légion. François Bergerault, venu inciter nos amis britanniques à découvrir les secrets de l’art culinaire à la française, en fait partie. François place la notion de plaisir au cœur de son dispositif qui se décline en trois univers distincts : celui des ateliers où l’on rencontre les chefs, le site web et enfin l’univers des marques destiné aux partenaires (www.atelierdeschefs.com).

Près de 80 anciens élèves de l’EM Lyon se sont retrouvés à la conférence, organisée à l’occasion de la remise des annuaires 2013

Si l’EM Lyon fabrique de l’étoffe de héros, en se définissant elle-même comme “le lieu où naissent les entrepreneurs”, il faut savoir que l’école est elle-même une succès story ! En effet, au palmarès 2012 du Figaro / Étudiant, construit sur une base de 12 critères, EM Lyon s’est hissée à la troisième place, derrière HEC et l’ESCP  (lire : “Classement écoles de commerce: des surprises au sommet” sur Le Figaro / Etudiant, du13/11/2012).

Il s’agit d’une immense reconnaissance pour la direction de l’école lyonnaise et ses 99 professeurs qui ont brûlé la politesse à l’ESSEC sur le podium en 2012. De plus en plus attractive, l’école a enregistré près de 6500 candidats au concours 2012. Cette même année, EM Lyon accueillait 395 étudiants issus des classes préparatoires. A n’en pas douter, certains d’entre-eux ont déjà rejoint le campus de l’école à Shanghai ou encore son incubateur de jeunes pousses (1100 entreprises incubées depuis 1984 !).

Je félicite Tanneguy pour l’organisation de cet événement et le remercie de m’avoir fait passer une soirée chaleureuse et enrichissante.

Site de l’EM Lyon

Retraite : on peut racheter ses périodes d’activité à l’étranger

Si vous avez exercé une activité salariée à l’étranger et que vous n’avez pas cotisé pendant cette période pour votre retraite de base, il vous reste la possibilité d’effectuer un rachat de cotisations concernant ce temps d’expatriation.

Combien coûte un rachat ? Comment faire une demande ? Ou encore quelles sont les périodes qui peuvent-être rachetées ?

Dans sa nouvelle lettre d’information destinée aux Français de l’étranger,  la CNAV (Caisse nationale d’assurance vieillesse) vous informe de manière claire et synthétique sur le sujet (lire : LIFE Juin-Juillet 2013, fichiers pdf).

Photo Flickr de Elitatt

Arnaud Bamberger, nouveau président de la Chambre de commerce de Grande-Bretagne

Sise à Londres depuis 130 ans, la Chambre de commerce française en Grande-Bretagne (CCFGB) se distingue à tous points de vue de ses homologues à travers le monde, notamment par la gamme des services offerts. Plus de 600 membres voguent à bord de ce paquebot dans un esprit de fertilisation croisée et de découvertes partagées autour d’une cinquantaine d’événements par an.

Arnaud Bamberger

Le 8 juillet dernier, l’assemblée générale de la CCFGB a décidé de confier la barre à Arnaud Bamberger. Directeur exécutif de Cartier UK, l’homme justifie d’une brillante carrière internationale, il est aguerri à toutes les situations et connait parfaitement la maison puisqu’il siège au comité de direction depuis 18 ans.

Arnaud Bamberger succède ainsi à Arnaud Vaissié, appelé à diriger l’ensemble du réseau des chambres de commerce françaises à l’étranger (lire : “Arnaud Vaissié, nouveau président de l’UCCIFE” du 26 juillet 2013). Le nouveau patron a tenu à rendre “un hommage spécial” à son prédécesseur, ainsi qu’à Peter Alfandary, vice-président sortant, tout en soulignant le travail remarquable accompli par Florence Gomez, au poste de directeur général, et celui de son équipe.

Arnaud a également exprimé sa satisfaction de pouvoir travailler aux côtés de Richard Brown, promu vice-président de la Chambre, qu’il apprécie particulièrement.

Toujours attentif à valoriser son entourage, fin diplomate et homme de synthèse, Arnaud Bamberger n’en est pas moins un battant et un meneur d’hommes au tempérament forgé par la compétition internationale, où il faut demeurer rivé sur l’effort sans jamais perdre la vision globale.

Il endosse un rôle taillé à sa mesure qui lui permettra d’exprimer la plénitude de ses talents et sa fraicheur d’esprit au service du développement des relations économiques et commerciales entre la France et le Royaume-Uni.

J’adresse tous mes félicitations à Arnaud Bamberger et je lui souhaite les vents les plus favorables.

Crédit photo : José Farinha – ccfgb.co.uk

La Marelle fait la fête !

Cette année, le soleil a répondu à l’invitation de La Marelle et il a grandement contribué à la réussite de sa kermesse d’été ce 13 juillet, lui permettant de déployer ses attractions dans tout l’espace extérieur de l’école !

Le spectacle d’élèves, point d’orgue de la kermesse d’été

Le charme opère toujours comme chaque année, depuis quatre ans déjà, lorsque La Marelle, “petite école du samedi”, fut créée à Dartford dans le Kent par Emma Burrows et Hassina Harris, sa directrice pédagogique (lire : “La Marelle, à peine trois ans et des ambitions de géant” du 14 mai 2012).

J’ai dit tout mon bonheur aux parents de me trouver parmi eux et je les ai félicités pour leur choix d’offrir à leurs enfants un apprentissage de la langue française, dans un contexte pédagogique optimal. En effet, qui dit “petite école du samedi” dit des parents qui s’astreignent à accompagner leurs chérubins à La Marelle au lieu de se détendre le week-end…

La démarche porte ses fruits. Et de beaux fruits. Les parents le constatent tous avec fierté, c’est pourquoi La Marelle accueille plus de 130 élèves qui sont répartis comme suit :

Les classes françaises
Section maternelle : Les Fourmis (2-3 ans) – Les Coccinelles (3-4 ans) – Les Abeilles (4-5 ans) – Les Bourdons (5-6 ans)
Section primaire : Les Chenilles (6-7 ans) – Les Papillons (7-8 ans) – Les Libellules ( 8-9 ans) – Les Lucioles (9-10 ans)
Les classes FLE
Section FLE : Snails-Escargots (3-4 ans) – Frogs-Sauterelles (5-10 ans)
GCSE – General Certificate of Secondary Education (secondaire 12-14 ans)

Tout ce petit monde est dûment encadré par 13 enseignantes, 9 assistantes, une secrétaire, une trésorière, une présidente, une directrice, + un comité de Trustees (5 personnes) très impliqué m’a-t-on expliqué.

Hassina Harris, Olivier Cadic et Emma Burrows, réunis sous le soleil radieux du Kent

Ce jour de fête fut l’occasion de revoir Hassina Harris, quelques semaines après la journée historique du 16 juin 2013 où les écoles Flam ont décidé de se doter d’une structure pour les fédérer toutes au Royaume-Uni (lire : “Création d’une fédération des écoles Flam au Royaume-Uni” du 21 juin 2013). Cette structure va aussi servir à fédérer les savoir-faire, les bonnes pratiques et les bonnes volontés des postulants pour entrer dans l’aventure et étoffer le réseau actuel de 46 écoles de ce type au Royaume-Uni.

Pendant ces “Premières rencontres Flam”, Hassina a passionné l’assistance lors d’une table ronde consacrée à la gestion d’une l’équipe pédagogique Flam. Je vous reparlerai bientôt de l’avancée de son projet de Free school primaire bilingue au sein de l’Ecole Tricolore à Bromley.

Toutes mes félicitations à Emma Burrows et Hassina pour leur travail remarquable et aux bénévoles qui ont concretisé cette belle kermesse.

Arnaud Vaissié, nouveau président de l’UCCIFE

Arnaud Vaissié préside désormais aux destinées de l’UCCIFE (Union des Chambres de commerce et d’industrie françaises à l’étranger), une nomination qui me ravit.

Arnaud Vaissié

Je vous ai souvent parlé d’Arnaud dans le cadre du plan Ecole et j’ai eu le plaisir de faire son portrait dans un billet, il y a quelques mois seulement, lorsqu’il reçut  les insignes d’officier dans l’Ordre national du Mérite pour son rôle dans l’enseignement et de la culture française outre-Manche et son influence auprès des entrepreneurs français au Royaume-Uni (lire : “Arnaud Vaissié devient officier dans l’Ordre national du Mérite” du 11 février 2013).

Le 24 juin dernier, il a donc été désigné par l’assemblée générale de l’UCCIFE pour succéder à Pierre-Antoine Gailly, auteur de deux mandats successifs et qu’il faut créditer d’une croissance constante et soutenue du réseau des CCI françaises à l’étranger (8,8% de hausse du CA entre 2011 et 2012).

Plus que jamais l’UCCIFE représente la “porte d’accès au monde pour nos entreprises françaises”, dont 31.637 sont déjà membres du réseau, contre 25.000 il y a six ans. Ce réseau international, autofinancé à 97%, offre ses compétences à nos entreprises à toutes les étapes de leur développement à l’étranger, se distinguant par une expertise du terrain irremplaçable, qu’il s’agisse de recueillir des informations sur les marchés, trouver des partenaires, aider à l’implantation ou accompagner les PME en phase de prospection commerciale.

Arnaud Vaissié se trouve désormais à la tête d’un groupement de 111 Chambres  de commerce et d’industrie françaises localisées dans 81 pays, dont il devra libérer toute la puissance au service de la conquête de marchés internationaux et enrayer enfin le long déclin de notre balance commerciale.

“Nul autre qu’Arnaud Vaissié ne m’aurait en effet semblé plus apte à la direction et au développement de l’UCCIFE en cette période troublée”, a commenté Joëlle Garriaud-Mayam, sénatrice des Français de l’étranger.

Je partage cet avis sans réserve. Les responsables des CCI à travers le monde auront un interlocuteur averti et chevronné sur les questions de développement international des entreprises. Rappelons qu’Arnaud est le co-fondateur et Pdg de International SOS, leader mondial des services de santé et de sécurité. Fruit de 25 années de croissance continue, cet organisme est aujourd’hui présent dans 76 pays et il mobilise plus de 10.000 collaborateurs.

Cette élection est le couronnement d’un cheminement au service d’autrui. En effet, Arnaud était jusqu’à présent le président de la Chambre de commerce française de Grande-Bretagne, après avoir présidé la Section des conseillers du commerce extérieur de la France au Royaume-Uni de 2003 à 2007.

Cette action en faveur de notre dynamisme économique fut prolongée et renforcée par la création du Cercle d’outre-Manche, un think tank de dirigeants français opérant au sein de groupes internationaux au Royaume-Uni, dont le but est de comparer et de promouvoir les meilleures pratiques. La dernière étude du comité, parue en mars 2013, compare les politiques d’immigration et d’intégration en France et au Royaume-Uni (lire : “La City de Londres, exemple de succès d’immigration qualifiée” du 14 juin 2013).

Certains hommes vivent plusieurs vies en une. Arnaud est dans ce cas. Il multiplie donc les missions (président du comité France-Singapour au Medef International) et les honneurs (Chevalier de la Légion d’honneur, prix Ernst & Young 2009 “Entrepreneur de l’Année” à Singapour).

Le plus important est qu’il les assume toutes ! Je l’atteste puisque j’ai travaillé à ses côtés dans le cadre du plan Ecole. Que ce soit en qualité de président du comité de gestion du CFBL, collège français bilingue de Londres à Kentish Town ou de Trustee du Trust FEPT pour traiter des questions sensibles de l’immobilier scolaire et de son financement, son implication fut inestimable (lire : “Rentrée des classes historique à Londres” du 22 septembre 2011). Pour l’avenir, Arnaud Vaissié sera encore à nos côtés afin de concrétiser le projet d’un troisième établissement secondaire français à Brent, près de Wembley.

Je ne doute pas un instant de sa réussite et de la nouvelle énergie qu’il saura insuffler à notre commerce extérieur.

Photo Flickr de French Embassy in the UK

Feu vert du conseil constitutionnel à la réforme de l’AFE

La messe est dite. Le 18 juillet, le Conseil constitutionnel a rejeté le recours formé contre la loi relative à la réforme de l’AFE, Assemblée des Français de l’étranger, et il a donc validé dans sa totalité la refonte de la représentation des Français établis hors de France (lire : “Réforme de l’AFE : ultime recours auprès du Conseil constitutionnel” du 10 juillet 2013).

Plus rien ne s’opposait à la promulgation, quelques jours plus tard, de la loi n° 2013-659 du 22 juillet 2013, relative à la représentation des Français établis hors de France (lire : JO du 23 juillet 2013  – fichier pdf). Le premier décret d’application devrait concerner l’élection et les compétences des conseillers consulaires, considère le sénateur Robert del Picchia.

La décision du Conseil constitutionnel est explicite sur les divers points formant le recours des 95 membres de l’opposition sénatoriale UMP (lire : Décision n° 2013-673 DC du 18 juillet 2013 – Fichier Pdf). Nos élus pensaient disposer de solides arguments. Par exemple, les sénateurs estimaient que l’envoi des professions de foi exclusivement par internet pouvait porter atteinte à l’égalité entre les électeurs… Les sages ont répondu que “le législateur pouvait, sans méconnaître aucune exigence constitutionnelle, prévoir que l’information serait communiquée par voie électronique aux électeurs ; que les dispositions contestées ne portent, en elles-mêmes, aucune atteinte à l’égalité entre électeurs”.

Cette loi laissera aux élus de l’AFE, toutes tendances confondues, un goût amer pour des raisons abondamment décrites dans les billets précédents. Nul ne nous ôtera de l’idée que le gouvernement socialiste a contourné l’esprit d’une réforme vers son propre bénéfice électoral (lire : “Charcutage électoral pour les nuls” du 15 mars 2013).

La réforme fait subir aux Français de l’étranger un “choc de complication”. Un simple coup d’oeil sur le nouveau schéma de fonctionnement de la représentation des Français de l’étranger donne le frisson à tout esprit rationnel (lire : “Réforme Conway : l’usine à gaz, c’est maintenant !” du 08 juillet 2013).

Je salue une dernière fois la vigilance et la combativité de nos parlementaires qui ont pris très tôt la mesure du danger et qui ont permis, au gré de leurs amendements, de multiplier les garanties démocratiques, une démarche qui n’est pas étrangère à la validation de la loi, en définitive, par le Conseil constitutionnel, estime le sénateur Christian Cointat.

Photo Flickr de Ores2k

2013, année exceptionnelle pour La Sylvaine

Blandine Lamaison m’avait prévenu : il fallait arriver bien en avance. Pourtant, même en suivant son conseil, difficile de trouver une place assise au Chelsea Theatre. La salle était déjà comble pour assister au récital de fin d’année de 200 jeunes danseurs, tous formés par La Sylvaine, prestigieuse école londonienne professant la méthode de la Royal Academy of Dance.

Cet événement annuel avait une saveur particulière aux yeux de Blandine puisque La Sylvaine fêtait ses trente-cinq ans d’existence à Londres ! En fondant cette institution en 1978, elle prenait naturellement le relais de sa mère, Jeanne, fondatrice de la première école de danse, La Sylvaine, à Fontainebleau, trente-deux ans plus tôt !

Beaucoup de Français de Londres connaissent l’institut au travers des cours de danse qui ont été dispensés au Lycée Charles de Gaulle, à South Kensington, pendant 27 ans grâce à l’intervention du regretté Jacques Iselin (lire : “Hommage à Jacques Iselin, ancien professeur d’art au lycée Charles de Gaulle” du 27 janvier 2012). Aujourd’hui, tous établissements confondus, l’école La Sylvaine (et la branche Wendy Bell de Fulham) regroupe près de 600 familles francophones, ainsi qu’un important noyau britannique.

Au théâtre, pendant 90 minutes, les apprentis danseurs nous ont montré tout l’éventail de leurs acquis techniques et, par-dessus tout, leur bonheur de danser ! Ce bonheur ineffable qui se conjugue avec la fierté de se produire sur scène et celle d’appartenir à un collectif. Ils ont fait, ce soir-là, provision de souvenirs inaltérables que seul permet le spectacle vivant.

Ce spectacle nous offrit un florilège de genres, du pur classicisme de ballet jusqu’au street dance, en passant par le hip-hop ou la comédie musicale, toujours avec cette grâce particulière de nous étonner à chaque tableau. La Sylvaine donne toute sa mesure à une discipline en l’inscrivant dans la modernité, pour qu’elle se régénère au gré des tendances, tout en perpétuant une tradition séculaire.

Le travail des professeurs mérite tous les superlatifs. J’adresse à leurs élèves toute mon affectueuse admiration pour leur performance. Tous ces jeunes savent désormais que suivre une école d’art est une chance incomparable et une initiation irremplaçable. Le chemin n’est qu’une suite d’épreuves, mais c’est l’éveil à la beauté, dans toute sa diversité et son pouvoir de transcendance sur la vie ordinaire. Une école de danse, c’est aussi se révéler à soi-même par des dépassements continus en recourant cette baguette magique qui s’appelle : travail acharné.

Le travail appelle la consécration. L’année 2013 demeurera un cru exceptionnel pour La Sylvaine puisque trois de ses élèves, issus d’établissements français, ont été admis au Royal Ballet School qui ne retient d’ordinaire qu’une vingtaine de candidats par an. Je leur souhaite bonne route et je tiens à les citer : Alexia Bourguet, Chloé Merry del Val et David Oldano.

Blandine Lamaison se donne sans compter pour ses élèves et sa générosité n’a rien de sélectif : les bénéfices du spectacle, auxquels s’ajoutent  £2050 de donations personnelles, iront à l’association caritative “Aidons Aisha” (jeune Guinéenne, orpheline, en partie aveugle, et qui réussit aujourd’hui de brillantes études de médecine à l’hôpital Avicenne, Paris).

Enfin, j’ai trouvé si remarquable le travail de la photographe Valérie Sieyes que j’ai eu envie de vous offrir ce diaporama de l’événement.

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Pour en savoir plus sur l’enseignement de l’Académie de danse La Sylvaine au Royaume-Uni

Dans les pas de l’abbé Pierre

On peut souffrir de diverses privations, mais rien n’est comparable à la détresse de se sentir socialement inutile. Personne pour vous confier un travail, ni personne pour vous accorder intérêt ou affection. C’est pourquoi Emmaüs porte plus qu’il n’apporte. Emmaüs incarne l’espérance, “cette petite fille de rien du tout” qu’affectionnait Charles Péguy, la petite Espérance, seule dans son coin, dont on remarque à peine la présence au milieu du tumulte des adultes.

La silhouette voutée d’un homme au béret noir, flanqué d’une vareuse grise, chemine dans le cœur de chaque Français. Depuis l’hiver 54, ses rêves fous d’amour du prochain, ses harangues contre l’indifférence, ses combats en tête d’une armée de chiffonniers devraient le rendre dérisoire à nos yeux, ils nous le rendent invincible.

Du reste, sur ce blog consacré aux Français du Royaume-Uni, mes premiers billets ont été consacrés à Emmaüs UK (lire : “Si chaque Français du Royaume-Uni parle d’Emmaüs à quatre Britanniques…” du 12 mai 2008), puis j’ai constamment relayé la démarche de son fondateur, Selwyn Image, qui me confiait, l’an dernier, lors du cinquième anniversaire de la disparition de l’abbé Pierre : « C’est malheureux à dire, mais on a de plus en plus besoin de nous » (lire : “Emmaüs UK fait honneur à son fondateur” du 22 janvier 2012).

Emmaüs UK vient juste de célébrer des 22 ans. L’association existe simplement parce que “la pauvreté n’a pas de frontière”, nous a rappelé Bernard Emié, ambassadeur de France à Londres, le 1er juillet dernier. En organisant une soirée à la Résidence pour faire connaître l’association à des donateurs, il tenait à pérenniser officiellement le soutien apporté par son prédécesseur, Maurice Gourdault-Montagne, à l’œuvre internationale de l’abbé Pierre.

De l’aveu de Bernard Emié, sa visite auprès de la communauté Emmaus installée Cambridge fut marquante. L’aventure anglaise de l’association avait en effet commencé à Cambridge, en 1991, où trône depuis 2011 une sculpture en fer, haute de 4,60m, à l’effigie de l’abbé Pierre, réalisée et offerte par Tony Hillier (lire : “Emmaüs UK fête ses 20 ans !” du 06 juillet 2011).

En compagnie de son épouse, Bernard Emié a longuement rencontré ceux qui furent un temps déclassés, fragilisés, puis marginalisés. Qu’espèrent-ils aujourd’hui ? “Une vie digne et, ce qui m’a beaucoup frappé en discutant avec les compagnons de Cambridge : un nouveau départ”, rapporte l’ambassadeur.

Par ailleurs, Bernard Emié se montre toujours “fasciné par la capacité de nos amis britanniques à parler d’Emmaüs”, un fait qui doit encourager la communauté française à jouer un “rôle d’ambassadeur” en faveur de l’association. Il a aussi salué l’engagement personnel de la duchesse de Cornouailles, épouse du prince Charles, en qualité de marraine de l’association britannique, qui mieux que personne sait mobiliser l’attention des médias sur le travail d’Emmaüs UK.

Le fondateur de la première communauté Emmaus à Cambridge, Selwyn Image, est revenu avec émotion sur sa rencontre avec l’abbé Pierre, il y a 22 ans. Depuis, Emmaus UK est devenu le second réseau dans le monde, après celui de la France ! La branche britannique du mouvement aide à ce jour 590 compagnons sans abri et s’articule autour de 24 communautés à travers tout le Royaume-Uni.

Duncan Gall, pour sa part, est venu raconter l’histoire édifiante de son père dont la vie bascula le jour où il reçut son avis d’expulsion. Sans logis, il sombra dans l’alcoolisme et tout le monde perdit sa trace. Emmaus UK lui a permis de retrouver un toit, un emploi, une dignité. Quelques années plus tard, son père l’invitait à son mariage entouré de 150 personnes de la communauté !

Par son récit touchant, Duncan a nous fait comprendre que donner un toit aux déshérités n’est qu’une première étape pour les communautés qui visent à reconstruire les individus en leur redonnant une utilité sociale, autrement dit un emploi.

Je vous invite à découvrir et soutenir l’action d’Emmaus en Grande-Bretagne : www.emmaus.org.uk
Vous pouvez les aider en contactant Anne Zwirlein au 01223 379 251 ou à cette adresse : contact@emmaus.org.uk

Réforme de l’AFE : ultime recours auprès du Conseil constitutionnel

Je vous ai fait part dans mon dernier billet de toute ma déception face à l’adoption par le Sénat de la réforme de la représentation des Français de l’étranger (lire : “Réforme Conway : l’usine à gaz, c’est maintenant !” du 09 juillet 2013).

Cette démarche était porteuse d’une grande promesse. Elle n’a pas été pensée dans l’intérêt des expatriés, mais dans celui des élus socialistes afin de conserver la majorité des sièges au Sénat, l’an prochain. Ainsi, du fait de son élection au scrutin indirect, l’AFE, Assemblée des Français de l’étranger, sera “réduite à un rôle de figuration, dont les membres n’auront aucune compétence régionale”, résume Joëlle Garriaud-Maylam, notre sénatrice à la pointe du combat depuis des semaines.

La loi a été votée, mais un espoir subsiste puisque le Conseil constitutionnel a été saisi par 95 membres de l’opposition sénatoriale UMP.  Les Sages disposent désormais d’un mois pour vérifier la constitutionnalité de tout ou partie du texte, dont on pourrait résumer les griefs en deux thèmes.

Méconnaissance de l’article 34 de la Constitution (domaine de la loi par opposition au domaine d’action du gouvernement)
La loi ne détermine pas le nombre de sièges à pourvoir au sein des circonscriptions consulaires ! En effet, ce nombre dépendra du nombre de Français inscrit au Registre des Français de l’étranger qui est publié chaque année au Journal officiel. Par conséquent, il n’est pas possible de prévoir le nombre de grands électeurs qui composeront le collège électoral des sénateurs en 2017 ou en 2020.

Méconnaissance du principe de pluralisme des courants d’idées et d’opinions
– La nouvelle loi, dans son article 19, prévoit une stricte parité hommes-femmes pour les élections à l’AFE. Il n’y aura sans doute pas assez de femmes pour composer 3 listes, réservant ces élections aux formations politiques importantes et disqualifiant les autres groupements politiques en mal de candidates.
– Selon les dispositions de l’article 40 de la loi, il faut compter un délégué consulaire pour 10.000 inscrits (au-delà de 10.000 inscrits dans la circonscription). Le nombre de candidats total doit être celui du nombre de sièges à pourvoir, augmenté de 5.
Ainsi, à Bruxelles, illustre le sénateur Robert-Denis Del Picchia, chaque liste de candidats devrait comporter au minimum 25 noms (9 conseillers consulaires, 11 délégués consulaires + 5 personnes). La barre est manifestement trop haute pour les petites formations politiques ou les candidats indépendants.

Si l’espoir d’aboutir est mince, il n’en est pas moins réel. Jusqu’à présent, le recours du sénateur Christophe Frassa devant le Conseil d’Etat pour faire respecter le calendrier électoral de l’AFE n’a pas abouti, pas davantage que la saisine du Conseil constitutionnel par 97 sénateurs UMP, dont 8 représentants des Français de l’étranger, sur le même thème du report des élections de l’AFE d’une année supplémentaire (lire : “AFE : Le conseil d’état rejette la requête du sénateur Frassa” du 12 avril 2013).

Le recours devant le Conseil constitutionnel constitue l’ultime combat de nos sénateurs des Français de l’étranger figurant dans l’opposition. Ils ont été admirables de pugnacité en défendant l’intérêt général face à un adversaire contraint de passer en force en escamotant le débat. J’ai souvent cité les initiatives de Christophe Frassa ou Robert-Denis Del Picchia, comme j’ai rapporté les passes d’armes de Joëlle Garriaud-Maylam et Christian Cointat.

La bataille fut longue et éprouvante, il faut les remercier de ne pas avoir ménagé leurs efforts pour inspecter tous les recoins de la tuyauterie de l’usine à gaz socialiste et, au final, bâtir ce recours auprès du Conseil constitutionnel.

Je me répète : tout le monde appelait la réforme de ses vœux. Sur son blog, le sénateur Christian Cointat aura cette remarque désabusée au sujet du mot réforme qui “a deux sens opposés ou presque. L’un conduit vers le progrès, l’autre dirige vers le …placard !” (www.cointat.com)

Pour sa part, Joëlle Garriaud-Maylam, exprime mon propre sentiment en se montrant “persuadée que cette réforme, totalement dénuée d’ambition, est condamnée à l’échec en matière de participation et constitue un recul démocratique notoire.” (www.joellegarriaud.com)

Photo Flickr de Martin Gommel

Réforme Conway : l’usine à gaz, c’est maintenant !

Le gouvernement peut sabler le champagne, la « grande réforme » de la représentation des Français de l’étranger a été définitivement adoptée au Sénat, d’extrême justesse, certes (176 voix pour, 168 contre, 2 abstentions), mais en conformité avec le texte adopté en deuxième lecture à l’Assemblée nationale

Depuis six mois, l’opposition aura tout tenté pour faire échec au projet de la ministre Hélène Conway, en vain (lire : “Réforme de l’AFE : passage en force du gouvernement” du 22 mars 2013). On ressent une impression de gâchis parce que tout le monde la voulait cette réforme, dans le sens d’une représentation plus proche, plus participative, en un mot plus contemporaine des Français qui vivent à l’étranger. Du reste, les joutes parlementaires n’ont jamais opposé le camp des “conservateurs” à celui des réformateurs. Que s’est-il passé ?

Le gouvernement a accompli une manœuvre politicienne visant à diluer le poids politique de la droite et du centre dans les pays étrangers, grâce à la multiplication par trois du nombre des élus locaux et qui se double d’un charcutage électoral invraisemblable ! Juste cet exemple, la circonscription d’Edimbourg/Glasgow, qui vote majoritairement à gauche, aura 3 conseillers consulaires en représentation de 3,5% du corps électoral au sein de la zone Europe du Nord ; d’autre part, la circonscription de Londres, plutôt orientée à droite, comptera 9 conseillers consulaires pour représenter… 77% de l’ensemble des électeurs ! (lire : “Charcutage électoral pour les nuls” du 15 mars 2013).

Sur ce blog, j’ai expliqué plusieurs fois par le détail les calculs de boutiquiers des socialistes dans le seul but de conserver sa majorité du Sénat en 2014 (lire : “Les raisons cachées de la réforme de l’AFE” du 10 mars 2013). La reprise de mes propos dans l’Express, puis dans Le Petit Journal, dénonçant ce déni démocratique qui s’illustre par la précipitation avec laquelle le gouvernement a opéré, n’auront pas davantage suffit que les charges de nombreux parlementaires pour déjouer des manigances indignes de la République.
Lire : “Français de l’étranger : Ce qui change avec la réforme de la représentation politique” – Le Petit Journal du 28.06.2013
Lire : “La réforme du mode d’élection des Français à l’étranger votée demain au Sénat” – L’Express du 26.06.2013

Un simple coup d’oeil  sur le schéma ci-dessous, construit en deux volets (“avant” et “après”), montre comment le processus électoral est devenu soudainement plus lourd et complexe. A n’en pas douter, voici un savoureux exemple du “choc de la simplification” promis par le président Hollande !

On observe que le corps électoral des 12 sénateurs des Français de l’étranger passe de 155 conseillers à 444 conseillers consulaires élus, eux, au suffrage universel direct, mais dépourvus de toute prérogative. Ces conseillers éliront les 90 membres de l’AFE, précédemment élus au suffrage universel… on croit rêver. Ce découpage en conseils consulaires bafoue la représentativité démographique dans l’espoir de faire basculer l’Assemblée des Français de l’Etranger à gauche. Comme ce découpage n’est pas constitutionnel pour une élection parlementaire, le gouvernement a complété le corps électoral pour élire les sénateurs. Des postes de délégués consulaires sont créés pour représenter les grandes circonscriptions de plus de 10 000 inscrits comme celle de Londres. Suivants de liste des conseillers consulaires élus dans les grandes circonscriptions, ils n’auront qu’une seule fonction: voter aux sénatoriales!

Si la recomposition du corps électoral nous laisse pantois, la réforme adoptée présente un autre aspect tout aussi insolite : la suppression du vote par correspondance. Le législateur mise tout désormais sur le vote électronique. Cette volonté de dématérialisation s’étend à tout document de campagne électorale et porte évidemment atteinte à l’égalité de traitement des électeurs dans cette perspective fatale : internet ou rien.

Naissance de l’AFEP-EF au service des élèves précoces

Il comprend tout du premier coup ? Son esprit critique détecte rapidement les failles de raisonnement ? Il est insatiable de curiosité, au point de vous harceler de questions sur des sujets qui ne semblent pas de son âge ? Son âge mental est peut-être en avance sur son âge réel. Les cas s’étalent entre 2 à 7 ans d’avance, selon les spécialistes. Vous avez certainement un enfant précoce.

Votre fierté toute légitime de parents ne doit pas faire écran à votre devoir de précaution. Un enfant surdoué est d’abord un enfant différent. Ce constat peut expliquer un mal être chronique, d’autant que l’enfant précoce est fréquemment hypersensible, rétif à la routine ou récalcitrant au rabâchage scolaire. Devant un environnement inadapté, il va souvent préférer s’isoler des autres et se réfugier dans son imaginaire…

Des associations spécialisées ont pour mission de détecter, comprendre et accompagner ces enfants vers leur propre épanouissement. Véronique Cartoux vient de créer une association qui intéresse les Français du Royaume-Uni. Il s’agit de l’AFEP-EF, l’association française pour les élèves précoces des écoles françaises, de la zone académique de l’Europe du Nord-Ouest : Grande-Bretagne, Irlande, Pays-­Bas, Belgique et Luxembourg.

Cet organisme va travailler en étroite collaboration avec l’AFEP France, agréée par le ministère de l’Education nationale, qui apporte son aide aux parents et enseignants pour prévenir l’échec scolaire et social auquel les enfants précoces sont souvent confrontés.

Véronique Cartoux, responsable de l’AFEP-EF

Pour y parvenir, Véronique Cartoux juge que “c’est au quotidien qu’un parcours scolaire se construit”. Le moteur essentiel de l’AFEP-EF est donc de rendre plus facile le quotidien du personnel enseignant, comme celui des enfants et de leurs parents.

L’association se concentrera uniquement sur les élèves des écoles françaises à l’étranger, devenant l’interlocuteur centré sur les intérêts des élèves intellectuellement précoces au sein du réseau de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger). Précisons que l’AFEP-EF offre aussi des activités extrascolaires, ludiques et culturelles, afin de créer des espaces de rencontre entre parentes et enfants.

Véronique Cartoux se félicite déjà “des premiers échanges constructifs avec les établissements et personnels en charge de l’éducation à Londres”. Je lui souhaite bonne route au service de nos enfants précoces que les Britanniques qualifient si poétiquement de “gifted children” !

Site internet de l’AFEP-EF

L’ordre national du Mérite et les aviateurs de la France Libre à l’honneur aux cérémonies du 18 juin

Un rayon de soleil complice éclaira la scène lorsque que Bernard Masson s’avança devant la statue du général à Carlton Gardens.

Ce furent de belles minutes durant lesquelles Bernard a prêté sa voix pour lire l’Appel du 18 juin 1940.
Il rendait hommage à ces Français qui nous ont précédés, à ces combattants de la liberté, dévoués corps et âme à leur patrie, fidèles à leurs engagements jusqu’au sacrifice, dont nous ranimons le souvenir par reconnaissance.

Rappelons que Bernard Masson préside la section britannique de l’association des membres de l’ordre national du Mérite, une distinction née il y a cinquante ans exactement par la volonté du général de Gaulle pour récompenser les mérites militaires ou civils, rendus à la nation.

Notre ambassadeur, Bernard Emié, retenu en Irlande du nord pour le G8 ne pouvait être présent. Ceux qui participaient à cette cérémonie en 2011 se souviennent encore de sa phrase : “Je sais qu’en cet instant, tandis qu’en Lorraine émerge de la brume l’immense croix de “l’homme qui a dit non”, avec nous, les âmes de tous ses compagnons vibrent à l’unisson”. En mettant l’ordre national du Mérite à l’honneur cette année, Bernard Emié marque son attachement à l’idéal républicain et au Général de la plus belle manière.

J’arborais donc cette décoration que l’ambassadeur m’a remis en octobre 2011 pour déposer une gerbe au nom de l’AFE, Assemblée des Français de l’étranger. Anne Faure procédait au même rituel au nom de FAFGB, Fédération des associations françaises de Grande-Bretagne, dont elle est la nouvelle présidente, suivie par plusieurs représentants d’associations.

Premier décoré du jour, de la main du ministre conseiller, Antoine Anfré, le capitaine Duborgel fut fait chevalier de l’ordre national du Mérite. Le Flight Lieutenant Abson recevait ensuite la Croix de la Valeur militaire avec étoile de bronze, suivi par le lieutenant de vaisseau Godelain décorée de la médaille OTAN de “l’Operation Unified Protector”. Enfin, M. Dubet (Association du Souvenir Français) recevait l’insigne de porte-drapeau.

La nouvelle vitrine dédiée aux “Pilotes Français Libres” dévoilée au lycée Charles de Gaulle en ce 18 juin 2013, créée par le Yorkshire Air Museum

Vers midi, au sein du lycée Charles de Gaulle, l’heure fut à l’inauguration de la vitrine dédiée aux “aviateurs Français Libres”. On doit cette superbe composition d’objets utilisés par les pilotes de la Seconde guerre au Yorkshire Air Museum, à l’initiative de la fondation de la France Libre, représentée au Royaume-Uni par Brigitte Williams.

Celle-ci prononça un discours pour remercier Ian Reed, directeur du mémorial des Forces aériennes alliées et le musée de York d’avoir collaboré à cette réalisation historique qui nous fait vivre, par procuration, le quotidien de ces chevaliers du ciel. Brigitte Williams rappela que deux escadrilles françaises libres avaient été créées par le général de Gaulle. Juste avant de les rejoindre, tandis qu’il servait dans la RAF, René Mouchotte nota dans son carnet : “Si le destin ne m’accorde qu’une courte carrière de combattant, je remercie le ciel d’avoir pu donner ma vie à la libération de la France”.

Au lycée toujours, on se souviendra de l’excellent discours républicain et historique prononcé par notre consul général, Olivier Chambard. Nous en retiendrons que nos valeurs républicaines ne sont pas quelques règles de savoir-vivre ensemble, mais des armes péniblement forgées par le marteau de l’Histoire. Le 18 juin fut un moment de vérité, comme il y en eu d’autres, parce que la France fut en péril. Qui se sent le dépositaire ultime de nos valeurs, interrogeait le consul en filigrane ? Qui est encore capable de se relever et galvaniser les autres, lorsque le sol tremble et le ciel vrombit, lorsque nos élites elles-mêmes ont renoncé et que s’entrechoquent toutes nos angoisses personnelles ?

L’après-midi se déroula à l’Institut français, où fut projeté “In Search of René Mouchotte”, un film de la BBC réalisé par Jan Leeming, relatant l’histoire héroïque de ce pilote de chasse qui a commandé l’escadrille Alsace en 1943 jusqu’à sa disparition en août de la même année. Puis, Ian Reed, directeur du musée de York, apporta des éclaircissements sur cette période et répondit à diverses questions.

Ce fut ensuite au tour de l’écrivain, Eric Simon, auteur du récent ouvrage “Londres, ballade au fil de la France Libre” de nous raconter l’histoire du quartier général des “Forces Aériennes Françaises-Libres”… établi au lycée Charles de Gaulle ! L’historien a précisé combien les Français de Londres aimaient se retrouver chaque week-end en ce lieu, où l’on profitait de l’instant présent sans savoir si l’on serait de la partie la semaine suivante… On s’amusait comme on pouvait et on buvait du vin d’Algérie qui s’échangeait à 5 pences la bouteille, une anecdote dont tous les Anciens se souviennent.

Cette cérémonie du 18 juin eut un écho intime et pénétrant pour l’un des participants. Il s’agit de Laurent Burin des Roziers, notre conseiller culturel. Son père, récemment disparu, a fait la guerre en étant parachuté en France en 1944 avant le débarquement. Nous le remercions d’avoir partagé ses souvenirs et son émotion au cours de son allocution.

Mon Infolettre n°18 de juin est disponible

J’ai eu plaisir d’adresser à un grand nombre d’entre-vous mon Infolettre n°18 qui liste les articles publiés en ce printemps 2013, regroupés par rubriques.

A l’attention des non-abonnés, je vous reproduis, ci-après, l’éditorial.

Madame, monsieur, chers compatriotes du Royaume-Uni,

Ingrid Loyau-Kennett, une mère de famille française établie au Royaume-Uni a commis un acte héroïque lors du lâche attentat de Woolwich. Je souhaite commencer ma lettre en lui rendant hommage. Elle fait la fierté de notre communauté.

Dans l’article du magazine Marianne intitulé « Ces ministres qui ne servent à rien (… ou à si peu)», Hélène Conway, notre ministre des Français de l’étranger a justifié l’utilité de son portefeuille en présentant deux réformes : celles des bourses scolaires et de l’AFE (assemblée des Français de l’étranger).

La première réforme a retiré 15,5 millions d’euros à l’aide à la scolarité aux Français de l’étranger (110,3M€ en 2013 contre 125,5 M€ en 2012), en formelle contradiction avec l’engagement de campagne du parti socialiste. Cette économie ne compense pas le coût annuel estimé à 17 millions d’Euros pour financer la création d’un ministère de plein exercice pour Mme Conway.

Les bourses scolaires sont calculées d’après les revenus des bénéficiaires. La réforme autorise les commissions locales à diminuer la bourse de l’un pour augmenter celle d’un autre, de manière discrétionnaire. Je regrette cette démarche. Elle ouvre la voie au favoritisme et aux pressions individuelles sur les membres des commissions. Nous constatons que les parents boursiers de Londres font partie des perdants de cette réforme. En refusant d’accéder à ma demande de divulguer aux élus la répartition du budget des bourses par pays, l’administration nous empêche de vérifier si la répartition de l’argent public est équitable.

La réforme de la représentation des Français de l’étranger épaissit le millefeuille représentatif et n’a pas tenu compte de l’orientation proposée unanimement par l’AFE. Elle crée des postes de conseillers consulaires dont nous ne connaissons pas les attributions. Pourquoi les députés socialistes des Français de l’étranger tiennent impérativement à vous retirer la possibilité d’élire directement les membres de l’AFE ? Mystère !

Il n’est pas sain qu’un seul parti politique puisse imposer ses vues en matière électorale. La recherche du consensus est préférable pour réformer efficacement. C’est cet esprit qui anime l’équipe du plan Ecole à Londres. Les progrès enregistrés ainsi pour l’enseignement français au Royaume-Uni sont spectaculaires et historiques. Mais pour maintenir cette unité, il faut veiller à ne pas politiser le sujet de l’école.

C’est pourquoi il me paraît important d’obtenir la transparence et la neutralité dans l’attribution des aides publiques accordées aux associations. L’AEFE (Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger) s’est opposée à cette démarche suite à l’arrivée du nouveau gouvernement. Cette année encore, les aides aux petites écoles du samedi du programme FLAM sont attribuées par l’AEFE dans la plus totale opacité. Ces petites associations ne doivent pas non plus devenir les otages de parlementaires qui chercheraient à les instrumentaliser politiquement ou les assujettir moralement en contrepartie d’aides publiques complémentaires et discrétionnaires.

En demandant à Bernard Masson, Président de la section britannique de l’association des membres de l’ordre national du mérite, de lire l’appel du 18 juin à Carlton Garden lors des cérémonies commémoratives, notre ambassadeur Bernard Emié a honoré toutes les associations françaises établies en Grande-Bretagne. Merci à toutes celles qui organisent des festivités à l’occasion de notre fête nationale, et toutes mes félicitations à Londres Accueil qui a fêté son 30ème anniversaire avec éclat.

Le mandat des élus à l’AFE a été prolongé d’un an par le parlement, décision validée par le conseil constitutionnel. Je poursuis donc mon action à votre service avec le même engagement et vous souhaite de bonnes vacances.

Fidèlement – Olivier Cadic

Accédez à l’infolettre n°18 (avril – juin 2013)

Photo Flickr de Leo Reynolds